LA PAPETERIE TSUBAKI - OGAWA ITO
Après quelques années passées à l'étranger, la jeune Ameniya Hatoko revient dans sa ville natale avec l'intention de reprendre la papeterie que tenait sa grand-mère. La gestion de ce petit commerce va l’amener à faire quantité de rencontres qui lui feront considérer d’un œil nouveau son passé et son avenir.
« La papeterie Tsubaki » est le dernier en date de ces romans « feel good » dont Ogawa Ito s’est fait une spécialité. La recette est ici très proche de celle utilisée dans « Le restaurant de l’amour retrouvé », puisqu’il est de nouveau question d’une jeune femme qui retourne dans la ville de son enfance pour y tenir un commerce. Il s’agit cette fois-ci d’une papeterie mais c’est surtout grâce à son activité d’écrivain public que la jeune Hatoko va enchainer les rencontres et nous faire découvrir le microcosme de la petite ville de Kamakura située à une cinquantaine de kilomètres de Tokyo.
Notre héroïne va en effet être amenée à rédiger des courriers aussi divers que des lettres de rupture ou de condoléances, des dépêches administratives ou des courriers d’affaires. Ce sera à chaque fois l’occasion de faire connaissance avec des personnages fort divers mais aussi de découvrir des coutumes et des traditions bien différentes des nôtre. Saviez-vous par exemple qu’au Japon, on envoie des faire parts de divorce, qu’à l’occasion de la nouvelle année on accroche à sa porte des cordes sacrées (shime Kazari), que les cartes de vœux permettent de participer à la grande loterie annuelle de la poste nippone et qu’il convient de se couper les ongles le 7 janvier (Wanagusa-tsume) ? Moi pas. Et ce ne sont là que quelques-uns des nombreux aspects de la vie au pays du soleil levant que nous dévoile Ogawa Ito.
Ces découvertes et ces rencontres se font en toute simplicité, au gré des saisons qui rythment la vie de Hatoko et de ses nombreux amis. Car l’autre point fort du récit est de s’attacher aux rapports humains en nous montrant les personnages dans leurs occupations quotidiennes, sans tralala ni fioritures. Pour autant, c’est un réel plaisir que de lier connaissance avec Madame Barbara, la sexagénaire toujours partante pour une virée ou une soirée dansante, la jolie Panty et ses histoires de coeur, le Baron, vieil épicurien grincheux mais attachant ou la petite QP et sa fraîcheur désarmante. On est ravi de se promener avec eux un peu partout en ville et les voir se livrer à ces petits riens qui font de chaque jour une journée spéciale.
La papeterie Tsubaki est aussi une histoire de liens familiaux et de transmission. En reprenant le flambeau de sa défunte aïeule, Hatoko va peu à peu s’imprégner de son art et cerner sa personnalité. Elle en viendra à apprécier la rigueur de l’enseignement reçu et comprendre que la sévérité de sa grand-mère cachait un véritable amour. Ce sera également l’occasion de nous faire partager les subtilités de la calligraphie japonaise et de tout ce qui touche à l’univers de l’écriture, papier, encres, plumes…
Vous l’aurez compris, j’ai une fois de plus succombé au charme de ces romans où il ne se passe pas grand-chose mais qui se dévorent en un rien de temps, comme une friandise un peu trop sucrée que l’on mange avec un plaisir vaguement coupable.
Editions Philippe Picquier - 2018



























