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30 septembre 2014

L'AUTEUR - VINCENT RAVALEC

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Récit autobiographique et humoristique des premiers pas de Vincent Ravalec dans le petit monde de l'écriture et de l'édition.

Quant il écrit ce livre en 1995, Vincent Ravalec est déjà un auteur reconnu, primé même. C'est donc en homme qui s'est déjà passablement frotté au milieu de l'édition qu'il nous fait part de son expérience. Il le fait de manière anecdotique en insistant sur deux moments clés de sa "carrière" : la publication de son premier roman et l'obtention du Prix de Flore.

Cela donne lieu à une succession de saynètes hilarantes agrémentées de réflexions décapantes. Des tranches de vie qui nous montrent notre apprenti écrivain dans des situations inimaginables : hébergé dans une maison de retraite à l'occasion du minuscule salon du livre de Coudekerque-Branche ou déclamant du Racine déguisé en lapin lors d'un atelier d'écriture. On découvre avec lui de jeunes auteurs en quête de reconnaissance et des moyens de vivre de leur art, obligés de cachetonner pour joindre les deux bouts.

Vient ensuite le temps des premiers succès, des soirées mondaines et des émissions télés. Là encore les situations cocasses sont nombreuses et nous dévoilent un microcosme d'éditeurs, d'agents littéraires et d'attachés de presse. Un monde de paillette et d'argent où Vincent Ravalec a dû mal à trouver sa place.

Tout cela nous est raconté dans un style très vivant, un langage de tous les jours bien agréable. Pas de bons mots ou de jolies formules, mais une prose toute simple qui atteint parfaitement son objectif : présenter le plus justement possible ces années qui ont vu l'existence de l'auteur prendre une nouvelle direction.

Points Virgule - 2002

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25 septembre 2014

LA JAUNE - JEAN-PIERRE FONTANA

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A la suite d'un incident d'origine inconnue, un vaste nuage de gaz extrêmement nocif se répand sur la ville. Passé le sauf qui sait général, seuls demeurent quelques laissés pour contre : SDF, malfrats, prostitués ou travailleurs immigrés coincés dans une cave. Commencent alors pour ces rescapés une lutte de tous les instants contre la lente montée des vapeurs délétères.


"La jaune" est un roman dans lequel l'ambiance s'avère beaucoup plus intéressante que l'histoire elle-même. Il nous plonge dans une atmosphère de fin du monde en nous invitant à découvrir une ville presque entièrement vidée de ses habitants. « Une ville quasiment pour lui tout seul, libérée des voitures et des cons. ».

Nous y suivons les déambulations des rares citadins restés sur place, pour la plupart des marginaux qui se retrouvent d'un seul coup les maîtres des lieux avec toutes sortes de richesses à portée de main. Ils se livrent bien entendu à quelques bacchanales et autres scènes de vandalisme, se saoulent, se goinfrent et s'entre tuent même un petit peu. Bref rien de très original, du moins rien qui n'ait déjà été raconté dans maints roman post-apocalyptique.

La suite est heureusement plus palpitante. Les gaz prennent lentement possession de la cité, se répandent dans les rues et, à la façon de la marée montante, commencent leur inexorable ascension. Les derniers groupes de survivants sont alors contraints de se réfugier dans les immeubles les plus hauts. Comme des naufragés gagnants les parties encore émergées de leur navire, ils se retirent, étage après étage, jusqu'aux toits où ils finiront par se disputer les derniers mètres carrés disponibles...

Le fait que la nature de la catastrophe (militaire, industrielle...) reste indéterminée et que l'on ne connaisse pas le nom de la ville dans laquelle se déroule l'histoire n'a pas beaucoup d'importance. En revanche, Jean-Pierre Fontana aurait dû creuser davantage la psychologie de ses personnages. En se limitant la plupart du temps au nom et à l'apparence physique, il ne parvient pas à créer l'élan de sympathie ou de haine suffisant pour que l'on s'intéresse à leur sort. Dans ces conditions leur survie nous importe peu et c'est d'un œil distrait que l'on suit leur dangereuse équipée jusqu'à son terme.

Fleuve Noir Anticipation - 1986

 

20 septembre 2014

CAR LA VIE EST DANS LE SANG - FRANCIS MARION CRAWFORD

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Avec ses demeures isolées, ses châteaux perchés, ses caveaux et ses tombes, le fantastique de Francis Marion Crawford est très représentatif d'un XIXème siècle gothique et romantique.

Qu'ils s'agissent de fantômes, de banshees ou de vampires, ses revenants sont en effet tout à fait classiques. Ils viennent hanter les assassins ou leurs complices (Un homme à la mer, Le cri), témoigner de leur infortune (Car la vie est dans le sang), ou simplement effrayer leur monde sans raison particulière (La couchette supérieure).

Rédigées à la première personne, la quasi totalité des nouvelles prennent la forme d'une confession à un ami, une assemblée ou, plus rarement, au lecteur lui-même. Le narrateur prend à témoin l'auditoire de sa bonne foi. Il semble constamment hésiter entre crédulité et raison, envisageant même parfois sa propre folie. C'est tout particulièrement sensible dans Le cri, récit dans lequel le Capitaine Braddock rejette toute cause surnaturelle aux événements qu'il relate mais ne cesse d'en souligner les aspects inexplicables.

La poupée fantôme joue sur un autre registre, celui du conte merveilleux. Un réparateur de poupées attentionné voit ses bons soins récompensés par l'aide que l'une de ses petites patientes lui apporte dans la recherche de sa fille disparue.

Entre rêve prémonitoire et superstitions de vieille femme, Les fontaines du paradis et Le messager ne font en revanche que flirter avec le fantastique. Le premier texte est une gentille histoire d'amour triomphant du spleen d'un jeune aristocrate tandis que le second est une allégorie sur la mort.

Le sourire mort ne comporte pas davantage d'éléments surnaturels. Il utilise néanmoins les clichés du genre (tombeau et malédiction familiale) pour une histoire de vengeance post mortem.

Nouvelles Editions Oswald - 1987

 

15 septembre 2014

LES CHEVALIERS SANS EPERONS - JEAN D'ESME

imagesC'est avec une immense joie que Jacques Debat accueille sa nomination au Groupe Nomade du capitaine Croisville. Cette unité qui opère au cœur du Sahara est en effet considérée comme l'élite des troupes montées et tous les officiers rêvent d'y être affectés. Le jeune lieutenant a toutefois un motif plus personnel de se réjouir : le capitaine est un ami de longue date ainsi que le frère de Françoise, sa fiancée. Sa déception est donc d'autant plus grande lorsqu'il est accueilli fraîchement par son supérieur qui lui annonce derechef que sa sœur a décidé de rompre ses fiançailles. Mais alors que les relations entre les deux hommes tournent à l'orage, les tribus berbères montrent des signes de révolte... 

Il était mince, il était beau, il sentait bon le sable chaud, mon méhariste. Désolé pour la rime mais je n'avais pas de légionnaire sous la main. Ce qui n'a finalement pas grande importance puisque les soldats de la coloniale font aussi bien l'affaire. Il sont tout aussi bronzés, musclés et sévèrement burnés que les affreux jojos de la légion.

Et c'est heureux parce que c'est bel et bien à un roman guerrier que nous avons affaire. Un récit d'aventures coloniales comme on en écrivait avant guerre. Une histoire qui célèbre l'honneur et le sens du devoir, l'amitié virile et le courage.

On y croise tout plein d'officiers parfaitement à l'aise dans leurs jolis uniformes, de braves tirailleurs sénégalais parlant petit nègre et qui, comme en quatorze, viennent servir de chair à canon pour les beaux yeux du gentil bwana, sans oublier les méchants de services, ces fourbes chefs de tribus qui refusent de reconnaître les bienfaits de la colonisation française !

Bon, soyons honnête, tous ça nous est fort bien raconté. L'auteur sait très bien de quoi il parle. Il a lui même fait l'école coloniale et a bourlingué un peu partout dans le monde, notamment dans ce désert mauritanien dont c'est qu'il nous cause. Faune, flore, vocabulaire militaire ou indigène, il est parfaitement à son affaire.

Mais son histoire est un peu terne et le livre tient presque plus du documentaire que du roman.  Il y a juste une petite intrigue sentimentale qui vient pourrir les relations entre deux officiers, lesquels se retrouveront toutefois à la faveur d''un engagement contre l'ennemi. Ce combat dans les dunes constitue d'ailleurs le morceau de bravoure du livre : charges à dos de chameaux, soif, sable et sang, une belle démonstration d'héroïsme et de patriotisme.

Flammarion - 1942

10 septembre 2014

LE HAUT-LIEU - SERGE LEHMAN

imgC'est avec beaucoup d'espoir qu'Anne Murat entame avec son client la visite d'un immense appartement sur l'ïle Saint-Louis. L'affaire s'annonce bien. L'immeuble est exceptionnel et l'acheteur est un jeune artiste américain pour qui les questions d'argent semblent secondaires. Mais alors qu'ils s'apprêtent à quitter les lieux, les deux visiteurs s'aperçoivent que l'entrée à disparue, remplacée par une fresque en trompe-l'œil. Pris aux piège d'une souricière qui rétrécit peu à peu leur espace vital, les deux captifs n'auront de cesse de trouver une échappatoire.


Le Haut-lieu
reprend le thème, ô combien classique, de la maison hantée, en lui apportant toutefois de subtiles nuances. Ici, pas de vieille demeure gothique ou victorienne, pas de malédiction ou de fantômes mais un appartement au cœur de Paris qui piège ses occupants en se refermant littéralement sur eux.

L'impression de captivité domine le récit et conditionne tous les rebondissements de l'histoire. Tout tourne en effet autour de la façon dont les captifs ressentent leur situation et tentent de s'échapper.

L'auteur les fait passer par différentes phases psychologiques, jouant avec leurs nerfs et leurs émotions. L'incrédulité tout d'abord et la recherche d'une explication rationnelle (jeu ou farce réalisé à leur dépens) et de solutions plausibles (issue cachée, tentative de contact avec l'extérieur, escalade sur les balcons... ). Puis, quand le surnaturel s'impose, vient le temps de l'apathie et enfin, le rebond, l'acceptation de l'impossible et la recherche d'une solution tout aussi extraordinaire.

Le roman alterne parfaitement scènes d'action et périodes introspectives permettant de faire connaissance avec deux personnages légèrement stéréotypés tandis que sa conclusion, très bien amenée, répond à toutes les questions que l'on a pu se poser : Qui ? Pourquoi ? Comment ?

De la quinzaine de romans de cette modeste collection Frayeur que j'ai lus jusqu'à présent, celui-ci compte parmi les tout meilleurs et Serge Lehman est à n'en pas douter un auteur à découvrir plus avant.

Fleuve Noir - Frayeur - 1995

 

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5 septembre 2014

KÂ LE TERRIFIANT - LYON SPRAGUE DE CAMP

imgSi la nouvelle qui donne son titre au recueil appartient indéniablement au domaine de la Fantasy, les six récits qui l'accompagnent sont tous d'inspiration fantastique. Sprague de Camp y convie tous les représentants du petit peuple. Fantômes, dryades, sirènes et autres esprits élémentaires viennent se mêler à des humains certes surpris mais jamais à court de ressources. Ils parviennent même le plus souvent à conjurer leur influence néfaste ou la tourner à leur avantage. Tout cela s'accomplit comme de juste dans une atmosphère joyeuse propre au vaudeville et à la grosse farce.

Les fantômes de Melvin Pye

Quant un individu souffrant d'un dédoublement de personnalité est assassiné, ce n'est pas un, mais deux fantômes qui reviennent hanter l'immeuble où il est mort. Le propriétaire des lieux apprend alors que pour le chasser, mieux vaut un bon psychiatre qu'un mauvais exorciste.

Sagesse orientale

Un adepte de la méditation est confronté à des Maîtres Yogi pas aussi zen qu'ils le devraient. L'auteur en profite pour se moquer de certains de ces faux maîtres qui sont en réalité de vrai escrocs : « J'ai maîtrisé le Yoga de Patanjali, le grand Yoga de l'inaction. Je vais retourner en Inde et me consacrer à la forme la plus élevée de ma philosophie, ne rien faire. »

Chamane malgré soi

Sympathique petite histoire d'esprits frappeurs à la mode iroquoise.

La pile de bois dur

Une nymphe des bois dont le refuge a été abattu et débité en planches va souffler un vent de panique parmi le personnel d'une scierie.

Monsieur Incendiaire

Lorsque l'on vend par correspondance des méthodes pour invoquer les esprits élémentaires, il n'y a rien d'étonnant à ce qu'un esprit du feu viennent vous rendre une petite visite. Avec tous les désagréments que cela peut comporter...

Rien dans le règlement

Faire participer une sirène à une compétition de natation n'est peut-être pas interdit par le règlement mais peut causer bien des soucis.

Kâ le Terrifiant est de loin le meilleur texte du recueil et prouve, s'il en était besoin, que Sprague de Camp fut un maître de la fantasy humoristique, bien avant Terry Pratchett et son disque-monde. Ici, en une vingtaine de page seulement, il parvient à nous trousser une histoire qui tient parfaitement la route et où les ingrédients qui font le charme du genre sont parfaitement en place. Le cadre est dépaysant (une ville où une multitude de cultes se partagent les faveurs des fidèles), les personnages suffisamment étoffés (un escroc sinistre et mégalomane, sa charmante fille, un barbare plus malin qu'on ne croit et un démon familier) et la chute, bien que prévisible, est absolument délicieuse. Ce texte se rattache au cycle Pusadien, antérieur mais très proche de celui auquel appartient la célèbre trilogie de Jorian.

Marabout - Fantastique - 1977

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FLEUVE NOIR
fl no
ANTICIPATION

 

 

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  • Blog consacré à mes lectures dans les domaines de la fantasy, du fantastique et de la science fiction. Mais comme je ne suis pas sectaire et que mes goût sont assez éclectiques, il n'est pas exclu que j'y parle aussi d'un bon polar ou d'un essai.
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