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31 mars 2019

LE TERRITOIRE HUMAIN - MICHEL JEURY

pp5188-1985

Sous la férule du Grand Etat II, il est bien difficile de trouver sa place. Que vous soyez un pauvre étudiant, la fille du directeur de l’AIRE de Normandie ou un estimé procurateur, tout semble joué d’avance. Seul le Timindia, pays de rêve et de folie où furent jadis déportés les opposants politiques semble en mesure d’offrir quelques perspectives. Mais qui peut l’affirmer avec certitude ? 

L’une des raisons pour lesquelles j’aime autant la science-fiction c’est qu’elle laisse aux écrivains une liberté quasi totale qui leur permet toutes les audaces sans être freinés par les contingences de la réalité et du plausible. Mais, pour que les lecteurs puissent pénétrer leur univers, encore faut-il que les auteurs leur en donne les clés et veillent à leur offrir des repères suffisants pour visualiser leur monde et, pourquoi-pas, s’identifier à leurs personnages. Or, qu’il s’agisse des protagonistes du roman, du décor ou de l’intrigue, je suis resté totalement extérieur à cette histoire de Michel Jeury.

C’est d’abord avec ses personnages que j’ai eu du mal à me familiariser. On ne sait pas grand-chose d’eux, leurs motivations restent obscures et leur comportement est le plus souvent imprévisible voire même proche de la folie. Qu’est-ce qui pousse Jonas Claude à entrer en opposition avec le gouvernement mondial ? Dona Rejren n’est-elle qu’une gosse de riche en rupture avec le système ? Qu’espère Jaël Denak en se réfugiant au Timindia ? Beaucoup de questions, aucune réponse. Bien difficile dans ces conditions d’éprouver de l’empathie à leur égard ou de comprendre leurs raisonnements et leurs aspirations.

Idem pour ce qui est de l’univers. On n’en sait pas assez même si l’on imagine sans trop de mal ce qui a pu conduire notre planète à son et état présent : capitalisme débridé, apocalypse écologique et régime dictatorial. Mais là encore l’auteur ne va pas au fond des choses. Exception faite d'une sorte de poste frontière, on ne visite pas le Timindia, ce territoire mystérieux qui semble être l’enjeu de toutes les convoitises et on ne connaît du reste du monde qu’un château normand ou une résidence marocaine. Il y a bien un long passage qui se déroule dans une sorte de campus où résident les jeunes convoqués au service civique mais les descriptions restent assez confuses et ne permettent pas de visualiser correctement les lieux et leurs occupants. On n’en voit ni le début ni la fin, les gens y errent sans but, se heurtent et se rencontrent sans vraiment se lier nous laissant une impression de vacuité assez désagréable.

Quant à l’intrigue, je ne sais qu'en dire ou en penser. On devine un jeu de pouvoirs entre industriels et politiques, une révolution de palais et quelques intérêts particuliers mais cela reste trop flou pour s'y retrouver. D'une manière générale "Le territoire humain" est un roman abscons et fort étrange dans lequel on a du mal à pénétrer et dont on n’est pas mécontent de sortir. Ce n’était sans doute pas la meilleure porte d’entrée dans l’œuvre de l’auteur et je retenterai sans doute ma chance avec Jeury un autre jour.

Pocket SF - 1985

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24 mars 2019

LES QUATRE VERITES - DAVID LODGE

sans-titre

Adrian est un écrivain qui a connu son heure de gloire mais qui s’est depuis longtemps retiré à la campagne avec son épouse Eleanor. Lorsque leur ami Sam, un scénariste à succès, leur demande de l’aider à piéger une journaliste qui vient de l’égratigner dans sa chronique hebdomadaire, le couple n’est guère enthousiaste. Toutefois, au nom de leur vieille amitié, Adrian accepte finalement de se laisser interviewer par la jeune femme dans le but de la « cuisiner » à son insu afin de brosser d’elle, et publier, un portrait satirique. Bien entendu, rien ne va se passer comme prévu. 

Ce tout petit roman d’à peine 150 pages est la novellisation d’une pièce de théâtre que l’auteur avait écrite quelques années auparavant. Il en a d’ailleurs conservé la structure puisqu’on y retrouve ses principaux éléments : un seul décor, quatre personnages et tout juste trois petites scènes espacées d’une semaine chacune. Ceci étant et malgré ce contenu relativement épuré, David Lodge parvient à nous trousser une redoutable satire du monde de la création littéraire, des écrivains, des scénaristes et des journalistes qui gravitent autour.

Avec une parfaite virtuosité, il tisse une histoire où passé et présent s’entremêlent pour venir éclairer d’une lumière crue, la vie et les ambitions de trois quinquagénaires liés par une amitié vieille de 30 ans. Il fait resurgir les non-dits et les jalousies, les blessures mal cicatrisées et les petites rancunes. Petit à petit, la foire aux vanités se transforme en un jeu de dupes où tous les protagonistes sont piégés les uns après les autres. Il nous dévoile ainsi, sans avoir l’air d’y toucher, les aspirations et les renoncements de ces auteurs qui oscillent constamment entre le besoin de reconnaissance et l’appât du gain, entre l’épanouissement personnel et les sirènes de la célébrité.

Si vous hésitiez encore à découvrir l’œuvre de David Lodge, je vous conseille de commencer par ce livre. Une petite heure de lecture et vous serrez conquis !

Rivages Poche - 2002

17 mars 2019

UN TOUR EN THAERY - JACK VANCE

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En Thaery, lorsque vous êtes le cadet d’une maison noble, vous ne pouvez compter que sur vos qualités pour vous faire une place au soleil. Jubal Droad l’a bien compris qui prend très vite le chemin de la capitale pour solliciter un emploi dans l’administration. Hélas là encore les bonnes places sont prises par des citoyens « mieux nés » que lui et Jubal doit se contenter d’un modeste poste au service de la santé et de l’hygiène. Fort heureusement, un litige d’ordre privé qui l’oppose à un grand seigneur va le faire remarquer par Nai le Hever, chef des services secrets thariotes…  

Si l’on fait abstraction du cadre général de l’histoire, ce roman de Jack Vance est incontestablement un roman d’espionnage. Enquêtes, filatures, assassinats, intrigues politiques et commerciales, « Un tour en Thaery » réunit la plupart des ingrédients de ce genre en y ajoutant toutefois une bonne dose d’humour grâce à un personnage particulièrement intéressant. Ambigu, pugnace et malin, Jubal Droad est un héros typiquement vancéen. Il possède l’esprit d’entreprise d’un Gavin Waylock, l’instinct de révolte d’un Gastel Etzwane ou d’un Ghyl Tarvoke, la soif de vengeance de Kirth Gersen et le sens de l’autodérision d’un Magnus Ridolph. Il est en tout cas éminemment sympathique et l’on prend immédiatement son parti d’autant que le sort semble s’acharner contre lui. Mais le bonhomme a de la ressource comme il va le démontrer au cours de multiples aventures qui lui feront parcourir la Thaery en tous sens avant de s’embarquer pour l’étrange pays des waels et même s’envoler vers d’autres planètes.

Ces voyages seront bien sûr l’occasion pour l’auteur de donner corps à quelques-uns de ces univers chatoyants et originaux comme lui seul en a le secret. Il nous balade ainsi dans des contrées rétrogrades ou futuristes faisant alterner la SF pure et dure avec des éléments qu’on pourrait qualifier de steampunk et incorpore bien sûr à son récit une multitude de détails ethnologiques. Parmi ceux-là j’ai particulièrement aimé l’idée de la « Yallow », sorte de service civique que tout jeune adulte doit accomplir durant une année au cours de laquelle il voyage à travers le pays en essayant de se rendre partout utile. Autre jolie trouvaille : le « Juste Châtiment » qui permet à une personne qui s’estime lésée par une autre d’obtenir de la justice un mandat qui l’autorise à lui infliger la punition de son choix ou à la faire exécuter par des agences spécialisées !

Si le ton du roman est globalement léger et humoristique grâce aux relations conflictuelles que Jubal entretient avec son supérieur et aux mauvais tours qu’il joue à ses ennemis, il s’avère néanmoins un peu plus profond et politique qu’il n’y parait. On y trouve en effet, çà et là, une critique discrète mais bien réelle du commerce, de la société de consommation et des multinationales plus fortes que les états. Vance y dénonce aussi un système de castes qui empêche les plus humbles de révéler leurs qualités en réservant ses meilleures places aux fils des familles nobles, montrant à cette occasion une conscience sociale plus vive que je ne l’aurais cru.

Finalement, mon seul petit reproche - ou plutôt mon seul regret - concerne le manque de présence du « grand méchant » de l’histoire. Pendant l’essentiel du roman, Ramus Ymph n’est qu’une ombre après laquelle Jubal passe son temps à courir. On ne le connaît qu’au travers de ses ambitions et de ses agissements et il faut attendre la toute fin de l’histoire pour le rencontrer en chair et en os. Et là encore, la confrontation tourne court puisque ce n’est même pas notre héros qui en vient à bout. Ceci étant, la nature du châtiment qui attend Ramus et la façon méchamment drôle dont Jubal se dédommage de ses déboires valent bien à elles seules cette longue attente.

Pocket SF - 1981

13 mars 2019

DE L'AUTRE CÔTE DU LAC - XAVIER LAPEYROUX

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Hermann vit une existence paisible avec son épouse et sa fille dans un quartier résidentiel au bord d’un lac. Sous la chaleur accablante de ce début d’été, sa tranquillité va toutefois être mise à mal par l’irruption de plusieurs évènements, petits ou grands, anodins ou angoissants. Il y a d’abord les problèmes de santé de son épouse et ses conditions de travail dans un foyer pour jeunes qui se dégradent sensiblement. Il y a aussi ces disparitions d’enfants signalées par la police ainsi que la mort accidentelle de l’un des fils de son voisin. Il y a enfin cette apparition, de l’autre côté du lac, d’une maison en tout point semblable à la sienne… 

C’est à un voyage au bout de la folie que Xavier Lapeyroux nous invite dans son troisième roman. Grâce une narration à la première personne du singulier, il nous fait pénétrer les pensées d’un paranoïaque et met à jour les mécanismes mentaux qui vont conduire son personnage toujours plus loin dans son délire. Nous sommes ainsi aux premières loges pour assister à la transformation de celui que l’on prenait pour un homme parfaitement équilibré en un malade mental dangereux pour lui-même et pour ses proches.

L’une des principales qualités du roman repose sur le fait que l’on met un certain temps à comprendre qu’Hermann souffre d’une paranoïa aigüe. Il parait au premier abord absolument normal. Mari prévenant, père aimant et complice d’une ado de seize ans, il exerce en outre la profession d’éducateur social, un boulot qui nécessite d’avoir les pieds sur terre. Il a certes quelques idées fixes concernant la pollution ou les ondes électro magnétiques et couve sans doute un peu trop sa fille mais dans l’ensemble, c’est un père de famille tout à fait raisonnable. Et puis, des raisons de craindre pour la sécurité des siens, il en a quand même quelques-unes quand on sait que les camarades de classe de sa fille disparaissent les uns après les autres.

Bref, a priori rien d’inquiétant dans son comportement et ses attitudes. On est donc légitimement amené à se poser les même questions que lui et l’on ressent la même impression de danger et de mystère : qui a construit une maison identique à la sienne de l’autre côté du lac ? Pourquoi la police perd-elle son temps à l’interroger plutôt que d’enquêter sur les disparitions ? Pourquoi ses relations avec sa femme et sa fille se dégradent-elles ?

Et puis, petit à petit, on se rend compte que quelque chose cloche. L’agacement naturel d’Hermann devant les petits soucis de l’existence se transforme en manie de la persécution. L’idée que le monde se ligue contre lui l’emporte sur toute autre considération et son comportement devient de plus en plus étrange, D’indices en évidences on finit par comprendre qu’il est en train de basculer dans l’irrationnel et tente de se construire une existence parallèle où il pourrait tout contrôler, un peu comme lorsqu'il joue aux échecs, seul contre lui-même.

Avec ce roman psychologique qui se lit comme un thriller, Xavier Lapeyroux nous brosse le portrait d’un homme incapable de faire face aux angoisses du siècle. Son écriture particulièrement fluide permet à l’histoire de se dérouler sur un rythme endiablé qui maintient le lecteur sous tension et le pousse à enquiller les chapitres jusqu’à la conclusion, d’une logique insensée. Une belle découverte.

Anne Carrière - 2019

10 mars 2019

CONAN LE VAILLANT - ROLAND GREEN

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Avec l’aide d’Illyana la sorcière et de Raihna, l’intrépide guerrière bossonienne, Conan tente d’empêcher le nécromant Eremius et son armée de Métamorphosés de conquérir le royaume de Turan. 

Aucun des Conan édités par les éditions Fleuve Noir ne se hisse au niveau des récits de R. E. Howard, le créateur du célèbre barbare. La plupart sont très moyens voire médiocres et seuls ceux écrits par Leonard Carpenter, Robert Jordan ou Karl Edward Wagner sortent du lot. Malheureusement pour moi, ce « Conan le Vaillant » n’a pas été écrit par l’un d’eux mais par Roland Green qui réussit l’exploit de ravir à Steeve Perry le titre de plus mauvais auteurs de cette collection dédiée au héros cimmérien.

Que vous dire de ce roman sans être trop méchant ? Que l’histoire (un énième récit de sorcier décidé à dominer le monde grâce aux pouvoirs d’un antique bijou !) est d’une rare indigence, c’est certain. En mes jeunes années, lorsque je m’adonnais aux jeux de rôles, je connaissais des MD capables de vous trousser en un rien de temps des scénarii bien plus palpitants. Ici, aucune tension, pas d’originalité, guère de rebondissements. Tout est attendu, plat, sans saveur.

Il est vrai que le roman a été amputé d’un bon nombre de pages afin de respecter le format imposé par le Fleuve. Il est donc bien difficile de suivre les différents fils narratifs ou de comprendre les intrigues secondaires. L’histoire se résume à une succession de dialogues entrecoupés de scènes de combats sans panache et de moult séances érotiques. D’ailleurs, ce que je reproche le plus à l’auteur c’est d’avoir transformé le fier cimmérien en dragueur impénitent qui passe son temps au bordel et dans les auberges à s’envoyer en l’air avec les danseuses ou les guerrières de passage. Du coup, la véritable intrigue n’est pas de savoir si Conan et ses deux compagnes triompheront du sorcier, mais qui, de la guerrière ou de la sorcière, finira dans son lit.

Des femmes, le récit n’en manque pas. Elles sont toujours assez peu farouches et fort peu vêtues (on apprend d’ailleurs incidemment qu’une sorcière doit toujours être nue pour pratiquer la magie !) et même si elles jouent un rôle dans le déroulement de l’histoire, on sent bien que leur présence sert surtout à provoquer des scènes un peu olé olé. Cette impression est encore renforcée par le style de Roland Green qui donne volontiers dans l’humour grivois et les commentaires graveleux comme en témoigne cette réflexion très subtile de Conan : « Les danseuses m’ont tant remercié que je doute de pouvoir encore bander, ne serait-ce qu’un arc ! ». Et même quand il n’en a pas l’intention, Roland Green nous fait hurler de rire comme lors de cette échauffourée où l’on apprend que « Le barbare avait un don naturel : courir à reculons presque aussi vite que normalement ».

Vous l’aurez compris, « Conan le vaillant » est un roman qui alterne le mauvais avec le ridicule et dont le seul mérite est de meubler la biographie du héros en nous le montrant dans sa vingt-deuxième année, capitaine des mercenaires du roi Yildiz.

Fleuve Noir - Conan - 1994

 

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3 mars 2019

LE LISEUR - BERNHARD SCHLINK

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À quinze ans, Michaël fait par hasard la connaissance, en rentrant du lycée, d'une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours, et l'un de leurs rites consiste à ce qu'il fasse la lecture à haute voix. Cette Hanna reste mystérieuse et imprévisible, elle disparaît du jour au lendemain. Sept ans plus tard, Michaël assiste, dans le cadre de ses études de droit, au procès de cinq criminelles et reconnaît Hanna parmi elles (Gallimard – Folio - 4ème de couverture).

« Le liseur » est un roman qui aborde le thème de la Shoah sous un angle original puisqu’il ne s'intéresse pas aux victimes des camps de la mort mais à un de leurs bourreaux. En prenant pour héroïne l’une des petites mains de l’horreur nazie, en l’occurrence une gardienne du camp d’Auschwitz, l’auteur va nous montrer la femme derrière la criminelle de guerre. Ce faisant il ne cherche pas à nous faire oublier ses actes mais à nous montrer que celles et ceux que l’on qualifie de monstres, comme pour les extraire du genre humain et se persuader que l'on a rien de commun avec eux, sont bel et bien des hommes et des femmes ordinaires.

Le roman de Bernhard Schlink est intelligemment construit. Il nous présente Anna bien avant de nous mettre au courant de son passé criminel. Comme le jeune Michael, on apprend donc à la connaître, à l'apprécier, à l'aimer peut-être. On s'interroge certes à son sujet, on se doute que ses silences cachent un lourd secret mais on la considère comme une héroïne tout à fait digne de notre intérêt, touchante et sympathique. Aussi, lorsque son passé nous est révélé, on est bien obligé d'admettre que le « monstre » ne diffère en rien de nous. Il n’est dès lors plus possible de la rejeter en bloc et l’on en vient à s’interroger sur ce que l’on aurait fait à sa place ou à celle de Michael.

Bien sûr, il ne s’agit ni d’excuser ni de justifier des actes qui doivent indubitablement recevoir une réponse pénale à la hauteur de la faute commise. En revanche le jugement moral est bien plus malaisé à établir. Il nécessite de connaître parfaitement la personne jugée, sa personnalité, son histoire ainsi que les circonstances qui l’ont amenées à faire tel ou tel choix. Pour faciliter son propos, l’auteur a d’ailleurs affublé son personnage d’un handicap dont je ne dirai rien pour ne pas divulguer un élément essentiel de l’intrigue, mais qui explique en partie son parcours. Pourtant et bien qu’ayant pénétré le secret d’Anna, Michael ne pourra s’empêcher de la juger. Cela le conduira à éprouver une double culpabilité, celle d’avoir trahi la conscience collective de son pays en s’éprenant d’une criminelle de guerre et, plus tard, le regret d’avoir abandonné l’être aimé en le rejetant et en ayant honte de leur relation.

Tout en retenue et délicatesse, « Le liseur » est un très beau livre dans lequel l’auteur est parvenu à éviter le double écueil de la repentance et de l’absolution. Une opération sans doute loin d’être évidente pour un auteur allemand.

Gallimard - Folio - 2017

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FLEUVE NOIR
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  • Blog consacré à mes lectures dans les domaines de la fantasy, du fantastique et de la science fiction. Mais comme je ne suis pas sectaire et que mes goût sont assez éclectiques, il n'est pas exclu que j'y parle aussi d'un bon polar ou d'un essai.
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