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24 décembre 2016

DEMAIN LES LOUPS - FRITZ LEIBER

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Ce recueil nous présente quatre  nouvelles se déroulant avant, pendant et après l’apocalypse nucléaire :

« Le loup solitaire » met en scène un individu qui rejette la fuite en avant d’une société toujours plus mécanisée et sophistiquée au détriment des relations humaines.

« La paire de loups » s’attache au parcours d’un couple au milieu des « terres mortes », ces étendues bouleversées par les bombardements et les radiations.

Enfin, « Loup fou » et « La horde des loups » nous content deux épisodes de la difficile reconstruction d’une société plus humaine et libérée de sa folie meurtrière. 

Toutes ces nouvelles ont en commun une lecture pessimiste de la nature humaine et de sa capacité à faire le bien de tous. L’auteur nous suggère d’ailleurs au travers des quelques portraits qu’il nous brosse, que cette propension au mal est due à la folie qui habite chaque homme. Mais une folie qu’il est néanmoins possible de canaliser et même d’utiliser à des fins autres que destructrices. Il suffit pour cela d’un peu de bonne volonté et surtout de savoir écouter autrui comme le démontre plus particulièrement la seconde nouvelle du recueil.

Malgré tout, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’avenir selon Leiber n’a rien de réjouissant.

Pocket - SF - 1986

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18 décembre 2016

UNE JEUNE FILLE AU SOURIRE FRAGILE - PIERRE PELOT

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A la recherche de tranquillité pour écrire le scénario de son prochain film, Cathy Tolviac a loué une maison dans la petite ville de l'Est où, enfant, elle passait ses vacances. Elle est accueillie par la propriétaire, Aline Bihrlinger, une jeune femme névrosée qui ressemble étrangement à l'image qu'elle se faisait de l'héroïne de son script. Intriguée, Cathy s'emploie à devenir son amie. Ce faisant, elle ignore qu'elle partage elle même quantité de points communs avec la défunte sœur de la jeune femme… 

Les éditions Patrick Siry présentent ce livre sous l'étiquette "Science-Fiction". Une initiative qui risque d'induire en erreur plus d'un lecteur car, s'il est vrai que Pierre Pelot a beaucoup versé dans la SF, il s'agit ici d'un thriller psychologique ou, à la rigueur, d'un roman fantastique.  

L'intrigue mêle en effet fantasme et réalité. Egarés dans un délire paranoïaque ou dans les méandres de la création littéraire, les personnages perdent progressivement pied. Cette lente plongée dans le délire mono maniaque et le mal être des héroïnes constitue l'essentiel de l'histoire.  

Pour le reste, pas grand-chose à signaler si ce n'est une fin tellement ouverte qu'elle laisse le lecteur en carafe. Pourtant, les premiers chapitres promettaient mieux. L'emménagement dans la maison, le mystère qui entoure le premier étage, la visite nocturne de la propriétaire ou encore la façon dont Kate utilise ce qui l'entoure pour écrire son scénario (peut-être la façon de travailler de Pelot lui-même), tous ces éléments laissaient espérer une histoire plus captivante.  

Mais au final, la seule chose qui m'ait réellement plu, c'est la peinture de cette petite ville de province et son atmosphère qui respire la déprime. Les averses incessantes, la rivière et ses eaux gonflées par la pluie, la grisaille, la brume et les arbres dénudés nous plongent dans une ambiance cafardeuse à souhait. Bref, si l'emballage est joli, le cadeau déçoit. 

Patric Siry - SF - 1988

 

11 décembre 2016

BALLET DE SORCIERES - FRITZ LEIBER

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Norman Saylor a tout pour être heureux. Une épouse aimante, un joli pavillon, un poste de professeur à l’université de Hempnell et une promotion qui lui tend les bras. Bref tout va pour le mieux jusqu’à ce qu’il découvre que sa femme s’adonne à la sorcellerie. Dès lors, sa vie va prendre un tour pour le moins inattendu… 

Toutes les femmes sont des sorcières. Non, je ne suis pas devenu un affreux misogyne. Cette assertion n’est pas de moi mais de Fritz Leiber ou plutôt c’est le postulat de départ de son roman. Une idée intéressante et fort bien développée qui ne nous plonge cependant pas dans un fantastique pur et dur mais dans une histoire où la science aura aussi son mot à dire.

Les femmes sont donc des sorcières. Au sens propre du terme. Elles confectionnent des sortilèges et réalisent des charmes afin de prendre l’ascendant sur leurs voisines ou favoriser la carrière de leur époux. Norman Saylor va en faire l’amère expérience. Lui le cartésien pur jus, professeur de sociologie et auteur d’une étude intitulée « Superstitions et névroses » se retrouve confronté à l’irruption du merveilleux dans son existence. Et le bougre va mettre rudement longtemps avant de rendre les armes et reconnaître que la magie, blanche ou noire, existe bel et bien.

L’essentiel du roman traite d’ailleurs de sa prise de conscience et de son acceptation progressive du phénomène magique. Tout au long de l’histoire nous le voyons repousser les explications fantastiques et justifier l’inexplicable à grand renfort de coïncidences, de maladies mentales et autres suggestions hypnotiques. Et même lorsqu’il se rend à l’évidence, il tente encore de rationaliser et de réduire ces manifestations surnaturelles à une conjonction de facteurs tout à fait normaux.

Partant du constat que les pratiques magiques existent dans toutes les cultures et toutes les religions, il décide de les confronter les unes aux autres, de les comparer afin d’en retirer quelques principes irréfutables comme pour la physique ou la chimie. Il en vient ainsi à établir un parallèle entre formule mathématiques et formules magiques ; la sorcellerie n’est qu’une science comme une autre, les incantations des théorèmes et les potions des précipités chimiques.

Cette approche « rationnelle » de la sorcellerie dépoussière agréablement ce thème de la littérature fantastique. C’est sans doute l’aspect le plus intéressant de ce roman qui nous propose aussi une jolie peinture de la vie dans une petite ville universitaire de province.

Il est  en effet possible de voir aussi dans « Ballet de sorcières » une critique timide de la société américaine des années cinquante et de la place qu’elle réservait  aux femmes. Cantonnées dans le rôle d’épouse et de mère, les américaines d’alors (et les femmes en général) n’avaient que peu d’occasions de s’épanouir. Grâce à la sorcellerie, Fritz Leiber leur permet de prendre leur revanche. Elles ont enfin un domaine qui n’appartient qu’à elles, où elles peuvent s’épanouir et s’affranchir de la tutelle des hommes…

Le Masque - Fantastique - 1976

4 décembre 2016

LA FILLE DE LA NUIT - SERGE BRUSSOLO

 

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Sauvée in extremis après avoir été retrouvée à moitié morte avec une balle dans la tête, Jane Doe comme l’a nommée le personnel hospitalier, est désormais amnésique. Qui est-elle ? Pourquoi a-t-on voulu l’assassiner ? Qui lui en veut au point de tenter encore de l’éliminer ? Son ignorance est un calvaire. Mais la vérité est peut-être plus pénible encore. 

Le thème de l’amnésie est un classique de la littérature policière. La page blanche que constitue la mémoire de l'amnésique permet en effet toutes les spéculations, des plus raisonnables ou plus folles. Il n'est donc pas étonnant que Serge Brussolo s'en soit emparé pour, une fois de plus, laisser cours à son inépuisable imagination.

D’allusions en découvertes, à peu près toutes les hypothèses seront envisagées. Dédoublement de personnalité ou double jeu, folie ou comédie, on oscille constamment d’une certitude à une autre pour finalement cesser d’avancer la moindre supposition et attendre bien sagement que l’auteur ait fini de jouer avec nous.

Il faut dire que l’animal s’y entend pour brouiller les pistes. Petit à petit il instille le doute dans notre esprit et l’on en vient à penser que Jane Doe n’est peut-être pas la victime innocente que l’on croyait. Cette impression est d’ailleurs renforcée par le changement de mode narratif qui passe du point de vue neutre et impersonnel du narrateur extérieur à celui, plus intrusif et empreint de suspicion, de Sarah Calhoun.

En nous proposant de suivre l’enquête de ce nouveau personnage, l’auteur semble en effet changer d’héroïne et prendre ses distances avec Jane. Il est vrai que Sarah a du tempérament et un vécu qui ne manque pas de saveur. Avec une fille prisonnière d’une secte et un fils immuno déficient  vivant dans une bulle stérile elle a en effet de quoi s’occuper – et nous avec. L’intrigue s’en trouve relancée, les pistes se multiplient et la suspicion grandit…

Outre ses multiples rebondissements qui sont la marque de fabrique de Brussolo, ce roman est intéressant en ce sens qu'il interroge sur la question d'identité. Qu’est-ce qui caractérise un individu ? Dans quelle mesure ses traits de caractère, sa personnalité, sont-ils innés ? Quelle est la part de l'éducation, du milieu social, des expériences vécues ? Peut-on changer ou reste-on prisonnier de son passé ? Des questions auxquelles l’auteur ne répond pas mais qu’il a au moins le mérite de poser.

Le Livre de Poche - 1997

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FLEUVE NOIR
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ANTICIPATION

 

 

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  • Blog consacré à mes lectures dans les domaines de la fantasy, du fantastique et de la science fiction. Mais comme je ne suis pas sectaire et que mes goût sont assez éclectiques, il n'est pas exclu que j'y parle aussi d'un bon polar ou d'un essai.
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