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27 février 2015

VISAGES ET CHOSES CREPUSCULAIRES - JEAN RAY

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Publiées dans diverses revues entre 1932 et 1961, les dix huit nouvelles qui composent ce recueil ne forment pas un tout homogène. On peut toutefois les regrouper en trois catégories principales.

La première rassemble des récits d'ambiance qui ont pour cadre des villes d'Europe du Nord, ports allemands ou flamands où règnent le brouillard, l'obscurité des ruelles et la fumée des troquets. Le plus souvent le fantastique n'y est que suggéré. Entre cauchemars et racontars de marins ivrognes, difficile de faire la part de la vérité et celle de la superstition. Dans Storchaus ou La maison des cigognes, une maison organique propose un bien étrange marché à ses occupants, Le bout de la rue est une allégorie sur le destin et la mort, Baraterie interroge le sentiment de culpabilité d'un capitaine hanté par les fantômes de marins disparus en mer et Passez à la caisse ! est une insignifiante histoire de pesée des âmes. La présence horrifiante est sans doute la meilleure du lot. Elle parvient en tout cas à installer une vraie tension jusqu'à une chute qui ferait presque sursauter. 

Les six nouvelles suivantes ont pour sujet des thèmes d'un fantastique plus traditionnel : Mondschein-Dampfer nous propose une gentille variation sur la légende de Faust, Dieu, toi et moi est un récit de vampire assez banal et Merry-go-round met en scène un objet possédé par une force mauvaise, en l'occurrence le cheval de bois d'un manège. Secte malaise et lycanthropie sont au cœur de La Princesse Tigre tandis que La trouvaille de Mr Sweetpipe nous parle de quatrième dimension d'une façon assez terne et confuse.

Coïncidence ou pas, les nouvelles les plus intéressantes sont celles qui ne comportent aucun élément d'ordre surnaturel. Celles-ci se déroulent presque toujours en Angleterre et se distinguent par un humour particulièrement grinçant. Ainsi de Mr Gless change de direction ou comment un épicier est conduit à jouer les émules de Jack l'éventreur, La chandelle du réveillon qui nous dévoile une façon originale mais peu charitable d'échapper à une malédiction, Je cherche Mr Pilgrim, un modèle de vengeance et de réalisme, Dents d'or ou quant un pilleur de tombes doit faire face à une coriace concurrente, J'ai tué Alfred Heavenrock ! récit dans lequel un séducteur beau parleur apprend à ses dépens que les mensonges se réalisent parfois. Enfin, L'idylle de Monsieur Honigley est une histoire d'amours contrariées entre un lord anglais est une jeune allemande un peu simplette qui vient confirmer le fameux adage : "le cœur à ses raisons que la raison ignore".

Le recueil se termine sur deux versions inachevées d'un même texte. Prélude à Saint-Judas-de-la-nuit et Saint-Judas-de-la-nuit nous parlent d'un livre maudit, de bateleurs et d'envoutement. Malheureusement les récits sont bien trop tronqués pour se faire une juste opinion de leur valeur.

Nouvelles Editions Oswald - 1982

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22 février 2015

SCHLUMP - HANS HERBERT GRIMM

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En 1915, alors qu'il vient de fêter ses 17 ans, Emil Schulz alias Schlump, s'engage dans l'infanterie. Il est d'abord affecté à Loffrande où sa connaissance du français le désigne comme chef de la Kommandantur locale. Loin des combats, il en oublierait presque la guerre qui fait rage à deux pas de là. Mais celle-ci a tôt fait de le rattraper. Il se retrouve alors en première ligne où il découvre l'horreur des combats et la folie des hommes.

Ce roman de Hans Herbert Grimm est l'un des plus surprenant qu'il m'ait été donné de lire sur la première guerre mondiale. Non qu'il soit plus réaliste ou plus pointu que d'autres mais le ton utilisé par l'auteur le démarque résolument du reste de la production. C'est en effet sur un mode gentiment bonhomme que nous sont racontés les aventures militaires du soldat Schlump.

De ses premiers pas dans la guerre en tant qu'administrateur de villages jusqu'à la débâcle finale, il conservera son optimisme et sa joie de vivre, un peu comme un nouveau Candide déterminé à voir le meilleur dans tout ce qui lui arrive. Les horreurs du front ne lui seront pourtant pas épargnées même si elles se limiteront à une longue attente dans des conditions épouvantables (le froid, la boue, la faim et la peur) et à une attaque des positions adverses qu'il vivra dans un état quasi second. Mais ce seront les seuls épisodesguerriers.

Le plus gros du roman traite en effet de la vie à l'arrière. Certains passages se déroulent en Allemagne à l'occasion de permissions ou de séjours du héros dans un hôpital militaire et la majeure partie du récit a pour cadre les villes françaises et belges administrées par l'armée allemande. C'est dans ces secteurs préservés que Schlump occupera divers postes administratifs qui lui permettront de couler des jours relativement tranquilles.

Le contraste entre ce calme relatif et l'enfer des tranchées contribue à démontrer l'absolu inanité de cette guerre ignoble et absurde. L'horreur des combats est telle que ceux qui ne les ont pas vécus ne peuvent pas la concevoir et que les autres préfèrent l'oublier. A l'arrière, la guerre est perçue comme un cauchemar lointain, une espèce d'ogre affamé qui dévore les hommes par milliers. Elle perd un peu de sa réalité et de sa crudité pour ne plus exister que dans les récits des soldats et dans le lointain grondement des canons (« De l'ouest, par beau temps, on entendait retentir les coups de canons du front et cela leur rappelait que des milliers de jeunes gens mouraient là-bas de la plus cruelle des façon»). Et c'est heureux, car serait-il possible autrement de vivre normalement alors qu'à quelques kilomètres des hommes se battent dans des conditions inhumaines ? Pourrait-on accepter une telle abomination sans se révolter ?


Schlump lui, ne se pose plus de questions. Ses velléités d'héroïsme ont rapidement fait place à l'envie de rester en vie. Il côtoie les simulateurs, les profiteurs et les planqués. Il se livre même à quelques trafics sur le dos des soldats et des civils chassés de chez eux par la guerre. Bref un anti héros qui prouvera que la débrouillardise vaut mieux que l'héroïsme.

Sorti en 1928, "Schlump" fut, parait-il, éclipsé par le célèbre roman de Remarque. Il n'en est pas moins plus corrosif et plus violemment antimilitariste que "A l'ouest rien de nouveau". L'absurdité de la guerre y est plus évidente et les critiques - des stratèges, des gradés, des patriotes - bien plus virulentes. Il n'est que de lire cette violente diatribe du héros pour s'en convaincre : « De toute façon, dit-il, la guerre est cruelle, c'est une abjecte boucherie, et une humanité qui supporte une chose pareille ou qui en est témoin pendant des années ne mérite aucun respect. Quant à celui qui a créé les êtres humains, qu'Il rampe de honte, car son œuvre est une infamie ! »

Un dernier mot pour signaler la beauté des dessins qui accompagnent le récit ainsi que la superbe couverture tirée d'une œuvre d'Emil Preetorius, un artiste que j'ai bien envie de découvrir plus avant.

Presses de la Cité - 2014

17 février 2015

LES MONDES DE MAGNUS RIDOLPH - JACK VANCE

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Magnus Ridolph, dandy épicurien célèbre pour ses talent de détective, promène son snobisme décontracté dans toutes les régions de l'espace où le Commonwealth a étendu l'ombre de la civilisation terrienne. Sa propension a vivre au-dessus de ses moyens et sa tendance à effectuer des placements financiers hasardeux le contraignent régulièrement à proposer ses services moyennant rétribution. Rien d'étonnant donc à ce qu'on le rencontre aussi bien sur la cosmopolite Sclerotto que sur la décadente Morabita, dans la Roue de Sagittarius supérieur ou au spa des étoiles de la planète Eta.

Les mondes de Magnus Ridolph fait partie de ces œuvres de Jack Vance où l'histoire n'est qu'un prétexte pour vagabonder de part les milles et un mondes merveilleux issus de son imagination fertile. Comme dans Space Opera ou Les Cinq rubans d'or, nous y emboîtons le pas d'un personnage haut en couleur et particulièrement doué pour se plonger dans les situations les plus délicates.

Dans presque toutes les nouvelles de ce recueil qui en compte six, Magnus est en effet victime de financiers filous, de marchands véreux et d'entrepreneurs indélicats qui tentent de l'escroquer ou d'utiliser ses talents pour leur propre compte. Heureusement pour lui, notre sympathique héros est doté d'un esprit d'à propos assez remarquable et retourne invariablement la situation à son avantage. « En général, je suis capable de m'adapter aux circonstances » nous dit-il et c'est vrai qu'il sait tirer parti des particularismes « régionaux » des planètes sur lesquels il est amené à séjourner. Cette qualité, ajoutée à sa connaissance de la nature humaine, lui permet de triompher de la cupidité des colons terriens et des coutumes parfois singulières des races autochtones.

Il parviendra ainsi à utiliser le tempérament belliqueux des guerriers insectoïdes de la planète Kokod pour châtier d'affreux bookmakers, il se servira du métabolisme si particulier des hurleurs de Naos V pour sauver sa récolte de ticholama et même en tirer un petit bénéfice supplémentaire et prouvera au roi des voleurs de Moribata qu'un terrien n'a pas de leçons à recevoir en matière de cleptomanie.

Mais la nouvelle qui illustre le mieux ses dons est sans conteste « Coup de grâce », véritable enquête policière façon Agatha Christie, dans laquelle Magnus Ridolph doit identifier le coupable d'un meurtre parmi dix suspects originaires de planètes, de races et de cultures différentes. Une façon de nous rappeler qu'il ne faut pas se laisser guider par les apparences et qu'avant de juger autrui, il faut avoir appris à le connaître.

Pocket - SF - 1982

12 février 2015

LES INCENDIAIRES - JEAN ROLLIN

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Anissa est tombée sous la coupe de l'Homme Pourpre qui se sert d'elle pour attirer les deux orphelines vampires dans un piège redoutable. Mais les drôlesses ne manquent pas de ressort et, avec l'aide de rencontres de passage, elles découvriront le point faible de leur ennemi et le pousseront dans ses derniers retranchements.   

Ce cinquième et dernier volet des aventures des deux orphelines vampires est de loin le meilleur de la série. En lançant ses petites héroïnes sur les traces de leur ennemi de toujours, Jean Rollin nous propose pour la première fois une intrigue qui tient véritablement la route. Il nous embarque dans un véritable jeu de piste au terme duquel Pluviôse et Ventôse (tu parles de blases !) espèrent découvrir l'origine de ce jeu d'échecs surréaliste qui voit s'affronter l'homme pourpre et l'homme chantant.

Elles devront pour cela remonter la piste d'un mystérieux navire, chercher des indices dans les musées, recouper et interpréter des informations pour mettre la main sur le cercueil contenant le corps de leur adversaire qui, figurez-vous, serait un petit cousin de l'affreux des Carpathes (du moins un bonhomme originaire d'Europe de l'est et qui semble avoir pour habitude de roupiller dans sa bière).

Pour le reste, on demeure tout de même en terrain de connaissance avec quantité de cimetières et de souterrains ainsi que l'habituelle tripotée de dangereux farfelus. Jean Rollin n'innove donc que fort peu en introduisant quelques personnages (Gudule la voyante extra lucide, Véro l'avaleuse de sabre et Casimir Plantu, l'expert en phénomènes paranormaux) et de nouveaux lieux chargés d'histoire et de mystère : le donjon de la Roche-Guyon ou les îles Chausey.

"Les incendiaires" clôturent donc agréablement le cycle des "Orphelines vampires" sans toutefois apporter de réponses réellement satisfaisantes à toutes les énigmes soulevées. C'est là un défaut qui tient à la nature même des romans de Jean Rollin, des récits qui ressemblent à ces histoires pour enfants qu'on invente à mesure qu'on les raconte, sans trop se soucier de vraisemblance.

Fleuve Noir - Frayeur - 1995

7 février 2015

L'EMIGRANT A LA RECHERCHE D'UNE FAMILLE - CHARLES ROWCROFT

 

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Un profond mystère entoure la naissance de Georges Mayford. Elevé par une nourrice et entretenu grâce à l'argent fourni par un notaire, le jeune homme n'a jamais vu ses parents et ignore tout de ses origines. Déterminé à rompre avec un pays où il se sent étranger, il décide d'émigrer au Canada. Une rencontre inopinée va le mettre sur la piste de sa famille et le lancer par la même occasion dans un bien long voyage. 

Ce roman écrit en 1851 peut être regardé comme une sorte de guide touristique de l'empire britannique et de manuel pour l'apprenti colon. Rédigé à une époque où les voyages sont rares et où les informations circulent peu, il permet d'éclairer les anglais sur la vie dans leurs lointaines colonies, les pérégrinations du héros permettant à l'auteur de fournir quantité d'informations et d'anecdotes sur le climat, les populations autochtones, l'élevage, les cultures...

L'histoire, elle, est particulièrement romanesque. Elle rappelle un peu ces romans de Dickens dans lesquels un orphelin doit faire le jour sur le secret de sa naissance. Sauf qu'ici, la quête de ses origines fera effectuer au jeune héros un véritable tour du monde.

Fertile en rebondissements, péripéties et coïncidences, l'intrigue ne lui laisse pas un instant de répit. Il combat des indiens alcooliques au Canada, manque être lyncher par des esclavagistes en Virginie, est enrôlé par des pirates à la Jamaïque, survit à un naufrage, devient l'esclave d'une tribu hottentote avant d'atteindre l'Australie... Il affronte les animaux les plus dangereux de ces lointaines contrées, lion, ours, requin et échappe de peu à un tremblement de terre. Bref, bien des aventures avant de retrouver sa famille, la femme qu'il aime et un nouveau foyer.

Tout cela nous est conté avec un humour et une ironie délectables qui s'expriment particulièrement dans ce chapitre où le repas dominical d'une famille londonienne est constamment interrompu par les réclamations de nombreux créanciers.

Finalement le seul mauvais côté de ce livre, c'est qu'il doit être difficile à dénicher : mon exemplaire est âgé d'un petit siècle et j'ignore s'il a été réédité depuis.

Librairie Nationale d'Education et de Récréation - 1894

 

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2 février 2015

L'ULTIME RIVAGE - URSULA LE GUIN

imgVingt années se sont écoulées depuis les aventures relatées dans "Les tombeaux d'Atuan" et Ged occupe désormais la fonction d'Archimage à l'école de magie de Roke. C'est là que Arren, fils du roi d'Enlad, vient le trouver pour lui faire part d'une nouvelle inquiétante : les sorciers de son royaume ont perdu leurs pouvoirs. Ayant déjà eu vent de telles rumeurs en provenance d'autres contrées, Ged embarque pour le sud lointain à la recherche des causes de cette "épidémie". Le jeune prince l'accompagne...

L'ultime rivage reprend à peu près le même canevas que le premier opus de la « trilogie de Terremer ». Il nous propose d'accompagner Ged dans un nouveau voyage initiatique qui le conduira une fois encore au bout du monde à la recherche d'un ennemi redoutable.

C'est aussi pour Ursula Le Guin, l'occasion de nous faire découvrir les parties de cet univers maritime qui nous demeuraient encore étrangères. Nous visitons ainsi le sud mystérieux peuplés d'îliens austères et sauvages et l'ouest légendaire, patrie des dragons millénaires.

Mais plus que sur ces petits bouts de terre isolés les uns des autres, l'essentiel de l'intrigue se déroule sur l'océan, à bord de Voitloin, le désormais célèbre voilier de Ged. Ce décor minimaliste permet un face à face intense entre le mage vieillissant et le jeune prince à peine sorti de l'adolescence. Une confrontation à l'issu de laquelle le caractère d'Arren se révélera, non sans être passé par toutes sortes d'émotions et de sentiments.

Sur le fond, l'histoire n'a rien de particulièrement spectaculaire, juste quelques mésaventures avec des voleurs, des marchands d'esclaves ou des iliens sauvages, et la chute est assez prévisible, attendue même. Mais cela n'a finalement pas beaucoup d'importance puisque le voyage importe bien plus que la destination.

Il permet aux personnages de réfléchir à leur condition d'homme, à la fragilité de l'existence et à la nécessaire fin de toutes choses : « Rien n'est immortel. Mais il n'y a qu'à nous qu'il est donné de savoir que nous devons mourir. Et c'est un don précieux : c'est la chance d'être soi-même. Car nous ne possédons que ce que nous savons que nous devons perdre, ce que nous acceptons de perdre... Etre soi, c'est notre tourment, notre gloire et notre humanité ; et cela ne dure pas. ». Arren apprendra ainsi à accepter sa destinée ; non pas à être fataliste mais admettre qu'il existe des choses sur lesquelles on n'a pas de prise. Accepter sa condition d'humain, sans en tirer honte ni orgueil.

Comme beaucoup de romans de l'auteur, « L'ultime rivage » nous parle aussi de responsabilité - vis à vis des autres et vis-à-vis de notre environnement - et met en avant l'idée déjà évoquée dans Le sorcier de Terremer, d'un équilibre naturel qu'il faut à toute force préserver : « Mais nous, dans la mesure où nous avons un pouvoir sur le monde et sur les autres, nous devons apprendre à faire ce que la feuille et la baleine et le vent font naturellement. Nous devons apprendre à conserver l'Equilibre. Ayant l'intelligence, nous ne devons pas agir avec ignorance. Ayant le choix, nous ne devons pas agir sans responsabilité. ». Une fibre écologique que l'on retrouve encore dans son évocation du "peuple des radeaux", une communauté vivant en accord parfait avec l'océan et ne tirant de la mer que ce qui lui est nécessaire.

Ainsi se termine la célèbre trilogie d'Ursula Le Guin mais pas mon voyage en Terremer puisque l'auteur a écrit depuis deux autres ouvrages partageant le même univers et les même personnages.

 

Pocket SF - 1985

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FLEUVE NOIR
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ANTICIPATION

 

 

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  • Blog consacré à mes lectures dans les domaines de la fantasy, du fantastique et de la science fiction. Mais comme je ne suis pas sectaire et que mes goût sont assez éclectiques, il n'est pas exclu que j'y parle aussi d'un bon polar ou d'un essai.
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