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22 juillet 2018

EXOPLANETES - DAVID FOSSE

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Je ne sais plus trop à quand cela remonte mais je me souviens que lorsque j’ai appris que le système solaire ne constituait qu’une infime partie de la constellation de la voie lactée et qu’elle-même était ridiculement petite à l’échelle d’un univers peuplé de milliards d’étoiles, je fus saisi d’une impression de vertige. Comment en effet concevoir l’inconcevable ? Comment imaginer que notre monde n’est qu’une particule insignifiante du « grand tout » et que d’autres espèces intelligentes existent très vraisemblablement et se posent peut-être en ce moment les mêmes questions que nous ? Cet univers où se heurtent et se croisent en un fantastique pandemonium les planètes les plus invraisemblables, David Fossé nous le présente en se référant aux découvertes les plus récentes.

Il le fait avec beaucoup de méthode en prenant les choses par le début. Nous découvrons donc tout d’abord comment sont repérées ces fameuses exoplanètes (planètes situées dans d’autres systèmes solaires) et de quelles manières elles se forment. On apprend à cette occasion qu’elles migrent ou s’évaporent, qu’elles sont orphelines ou possèdent deux ou trois soleils et que certaines sont alignées quand d’autres peuvent être éjectées. L’auteur évoque ensuite l’aspect qu’elles peuvent revêtir (gazeuses ou rocheuses, métalliques ou couvertes d’un seul et gigantesque océan) et la possibilité que certaines puissent abriter la vie. Il nous explique notamment comment on détermine la « zone habitable », c’est-à-dire à qu’elle distance de son étoile une planète doit se situer pour être dotée d’eau et n’être ni congelée, ni grillée. Il s’interroge enfin sur la possibilité d’entrer en contact avec une civilisation extra-terrestre, nous rappelant que quelques tentatives en ce sens ont déjà eu lieu et nous dit même quelques mots du célèbre Paradoxe de Fermi.

J’ai parfois regretté de n’avoir pas été plus attentif lors de mes cours de physique et de chimie car certaines notions évoquées par l’auteur ainsi que certaines de ses démonstrations me sont un peu passées au-dessus de la tête. Néanmoins, je suis dans l’ensemble parvenu à suivre son propos grâce notamment aux nombreux croquis et schémas qui viennent expliciter certaines théories. Il y a aussi de nombreux apartés qui illustrent d’autres aspects de ce domaine passionnant : l’astronomie participative, la façon de nommer une exoplanète, les lunes du système solaire… Et puis il y a les superbes illustrations de Manchu qui viennent souligner son propos et donner de la matière à ses hypothèses.

Une chose reste en tout cas certaine, toutes ces tentatives de deviner à quoi ressemblent exactement les quelques 3800 exoplanètes découvertes à ce jour, resteront limitées en raison d’une part des outils dont nous disposons pour le moment mais surtout parce que nous les imaginons en fonction de schémas propres à notre système solaire. Il y a donc fort à parier qu’en la matière comme en beaucoup d’autre, la réalité dépasse la science-fiction !

Belin - 2018

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11 juillet 2018

ICEBERG LTD - SERGE BRUSSOLO

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Après la traumatisante affaire du club des dévorés vifs de Key West, Peggy Mitchum se voit contrainte d’accepter la proposition d’une jeune japonaise. Il s’agit de retrouver le père de cette dernière, un génie de l’informatique dont l’avion s’est écrasé quelque part au-dessus du pôle nord. En Alaska, elles louent les services de Rolf Amundssen et de son brise-glace, le seul à accepter de les convoyer au milieu des icebergs en cette période de l’année. L’atmosphère à bord du navire est vite pesante. Le capitaine a des tendances suicidaires, la commanditaire de Peggy semble lui cacher bien des choses et l’équipage s’avère hostile. Lorsqu’un matelot est retrouvé mort, la peur s’installe définitivement. Qui s’acharne à leur perte : le capitaine fou et suicidaire, l’homme-phoque des légendes inuits, des yakuzas ? 

Après « Les enfants du crépuscule » et « Baignade accompagnée », « Iceberg Ltd » est le troisième roman mettant en scène le personnage de Peggy Mitchum. Le fait de ne pas avoir lu les deux premiers ne m’a aucunement gêné. Exceptées les quelques allusions qui y sont faites (l’assassinat de sa sœur, ses échecs professionnels) le passé de l’héroïne n’a aucune incidence sur le déroulement de l’aventure qu’elle va vivre. L’auteur ne perd d’ailleurs pas beaucoup de temps à nous la présenter et il expédie de même en quelques pages la présentation des autres protagonistes de l’histoire. Pourtant, c’est bien leur caractère et leur vécu qui sont au cœur de ce quasi huis clos où les mensonges des uns vont se heurter à la folie et aux obsessions des autres.

Serge Brussolo nous propose quatre personnages hauts en couleur, quatre personnalités forts différentes mais tout aussi extrêmes. En plus de notre héroïne, jeune femme socialement inadaptée et souffrant d’un grand manque de confiance en soi, nous avons ici un capitaine suicidaire hanté par la mort de sa famille, une japonaise intrigante et un vieil esquimau superstitieux. Dans un décor minimaliste qui se limite à un navire marchand puis à un bout de banquise, ils vont se livrer à un jeu de dupes, obligés de démêler constamment le vrai du faux et la réalité derrière la légende car, comme le dit l’auteur, « Quand la peur se met à gangrener la logique, la conscience devient étrangement perméable à la superstition ».

Malgré un cadre limité, le récit est bourré d’action et de rebondissements. Outre cette menace indéterminée qui rôde autour d’eux et laisse des cadavres dans son sillage il doivent aussi lutter contre les multiples dangers du climat arctique : eau gelée, esquilles de glace, montagnes de neige branlantes, ours sauvages et bien sûr l’omniprésence du froid. Mais il faut aussi compter avec l’incroyable capacité de Serge Brussolo à relancer sans cesse son intrigue grâce à des trouvailles aussi fantastiques qu’improbables telles ce charmant petit cottage reconstitué dans les soutes du navire ou une base militaire désaffectée plantée au milieu des glaces…

Tout cela nous donne un roman très prenant dans lequel on s’immerge avec une grande facilité à condition de ne pas trop prendre garde aux invraisemblances même si l’auteur prend soin de toujours rester dans les limites du plausible.

Gérard de Villiers - Livre de Poche - 2002

5 juillet 2018

LE VILLAGE EVANOUI - BERNARD QUIRINY

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Un beau matin de septembre 2012, la commune de Chatillon-en-Bierre se retrouve coupée du monde. Impossible de s’éloigner de plus de cinq kilomètres du village. Quels que soient la direction ou le chemin empruntés, les voitures tombent en panne et les piétons ont beau marcher des heures, ils ne parviennent nulle part et sont contraints de faire demi-tour. Pire encore, toute communication avec « l’extérieur » s’avère impossible. Le temps passant, les villageois sont contraints de s’organiser pour assurer à tout un chacun le nécessaire vital et éviter ainsi les dissensions entre ceux qui possède quelque chose et ceux qui n’ont plus rien. Mais certains agriculteurs refusent de mettre leurs terres au service de la collectivité et décident de faire sécession… 

J’aime les robinsonnades à peu près autant que les romans post-apocalyptiques. Rien d’étonnant à cela puisque ces deux genres partagent une même idée, celle d’hommes et de femmes obligés de repenser les rapports communautaires à l’aune d’un bouleversement total de leurs habitudes de vie. Avec « Le village évanoui » Bernard Quiriny nous en propose une un peu particulière puisque c’est une ville entière et ses environs qui se trouvent transformés en île : « un vaisseau miniature et arboré, comme une planète en réduction ». Les habitants de Châtillon-en-Bierre ne sont donc pas de nouveaux vendredis échoués sur une île déserte. Ils n’ont quittés ni leur pays ni leurs maisons et continuent de vivre dans leur environnement quotidien. Les changements auxquels ils sont confrontés sont donc moins radicaux ; iIs n’en sont pas moins intéressants.

C’est donc sur un territoire d’une quinzaine de kilomètres carrés et peuplés de deux à trois mille âmes que se déroule l’histoire. Un espace limité mais suffisant pour permettre à l’auteur de dérouler une intrigue avec assez de personnages et un décor conséquent où les faire évoluer. Et cela commence plutôt pas mal avec la description du phénomène d’isolation, de sa découverte aux premières réactions qu’il suscite : incompréhension, émotions diverses et variées, tentatives pour s’échapper… Vient ensuite le temps de la résignation avec pour conséquence la nécessité de s’organiser dans le temps. Les premières difficultés surgissent alors et notamment le problème de l’approvisionnement en produits de première nécessité. L’occasion pour l’auteur de glisser quelques passages amusants dont celui relatif à la baisse des réserves d’alcool dans les troquets ou les scènes de ruées vers le supermarché et les épiceries qui préfigurent mal des relations futures entre les villageois

Et de fait les chatillonais vont devoir s’adapter… et faire des choix. Faut-il changer de régime politique ou conforter dans leur rôle le maire et les gendarmes ? Doit-on mettre en commun toutes les ressources ou laisser fonctionner la loi du marché ?  Deux questions parmi tant d’autres auxquelles il faut répondre urgemment dans ce monde qui semble faire marche arrière, où la « hiérarchie des compétences » se renverse et où ceux qui savent coudre, réparer, cultiver et chasser deviennent les personnes importantes de la communauté. On le voit, il y avait de la matière à exploiter. Malheureusement, on reste beaucoup trop en surface. Il eut fallu approfondir les personnages et prendre le temps de faire évoluer les choses, mais tel n’était sans doute pas le but recherché par l’auteur.

Ici, on est davantage dans la fable moderne qui doit permettre de donner quelques axes de réflexion, de s’interroger sur soi-même et sur la vie que nous menons. Et il est vrai que les pistes que soulève l’auteur sont nombreuses et pertinentes. Cette micro société recentrée sur elle-même redécouvre en effet le mode de vie des anciens. Plus de télé, plus de téléphone ou d’informatique, on se déplace à pied ou en vélo, on redécouvre sa région à défaut de partir en vacances à l’autre bout du monde, on relocalise les activités de production, en un mot on mène un mode de vie plus écolo qu’aucun militant de Greenpeace n’aurait osé l’imaginer.

Tout cela est indéniablement intéressant mais, si ces réflexions constituaient le véritable objectif de l’auteur, pourquoi donc consacrer une si grosse part de son intrigue au personnage de Verviers, au régime pseudo féodal qu’il met en place sur ses terres et à ses relations tumultueuses avec les autres châtillonais ? Pourquoi en faire le personnage principal, je n’ose dire le héros tant le bonhomme est détestable, pour finalement le faire disparaître sans tambour ni trompettes et revenir à un statu quo ante assez décevant ? Quant à la fin, elle est tout aussi frustrante. Le phénomène d’isolement ne sera pas expliqué, ce qui en soi n’est pas bien grave, mais surtout aucun des problèmes de la communauté ne se trouve résolu et l’histoire se conclut sur un nouveau mystère. J’espérais mieux !

Flammarion - J'ai Lu - 2014

FLEUVE NOIR
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ANTICIPATION

 

 

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  • Blog consacré à mes lectures dans les domaines de la fantasy, du fantastique et de la science fiction. Mais comme je ne suis pas sectaire et que mes goût sont assez éclectiques, il n'est pas exclu que j'y parle aussi d'un bon polar ou d'un essai.
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