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27 mars 2022

CAVALIERS DE L'ORAGE - MARC FALVO

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Deux histoires en une. C’est ce que Marc Falvo nous propose avec « Cavaliers de l’orage ». Deux trajectoires sanglantes, deux folies.

D’un côté il y a Malone, un ancien douanier qui a perdu son fils, puis son emploi et qui s’est recyclé hôtelier. Malone, c’est un peu la réincarnation du Norman Bates de « Psychose » ou, mieux encore, celle de Judd dans « Le crocodile de la mort » de Tobe Hooper. Dans son auberge truffée de passages secrets et de chambres de torture, il s’en prend aux plus agaçants de ses clients, ceux qui ont la conscience trop propre, qui se sentent à l’aise dans cette société sans frontières et sans règles.

De  l’autre, nous avons Vincent, Agnès et Clara, un trio de jeunes sans repères qui parcourent la France dans leur petite citadine. De motels en aire d’autoroutes, ils sèment les cadavres au gré de leurs rencontres et de leurs lubies, mélangeant sang et sexe en un cocktail halluciné.

L’auberge rouge d’un côté, la road story sanglante de l’autre. Deux classiques de la littérature et du cinéma d’horreur. Pas super original d’un point de vue scénaristique, mais sacrément efficace. L’écriture de Marc Falvo est d’une simplicité redoutable. En particulier dans sa façon de nous décrire les scènes de meurtres. Pas de figure de style, pas d’allégorie ni de périphrases. La réalité seule, dans son horreur la plus brutale. La description précise et minutieuse des sévices infligés, le sang, les chairs, les humeurs, les odeurs… Certaines scènes (meurtre à l’acide sulfurique, nécrophilie…) sont à la limite du soutenable et justifient amplement la mention « pour un public averti » qui figure en 4ème de couverture. Au moins, on n’est pas trompé sur la marchandise !

Bien entendu les deux intrigues finiront par se rejoindre pour un final inattendu qui permet de jeter un autre regard  sur ces tristes zhéros, monstres sanguinaires certes, mais peut-être aussi un peu victimes. Des asociaux, des inadaptés abandonnés sur le bord de la route du conformisme et qui se raccrochent à ce qu’ils peuvent, fut-ce le manche d’une hache ou d’un couteau.

Faute de Frappe - Chrysantem - 2022

Et pour vous procurer le livre, c'est ici : https://www.editionsfautedefrappe.fr/page-d-articles/cavaliers-de-l-orage-chris-anthem

 

 

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20 mars 2022

LE GORILLE BLANC - HENRI VERNES

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Il m’arrive encore, lorsque je veux me reposer les neurones avec une lecture facile, de me faire un petit Bob Morane. J’y trouve à chaque fois ce que je suis venu y chercher : un style simple mais solide et de l’aventure en veux-tu en voilà.

Ce trente-deuxième volume des aventures du célèbre aventurier nous emmène en Centrafrique sur les traces d’un gorille albinos que le grand Bob a accepté de capturer pour le compte d’un marchand de bêtes sauvages. Il va trouver sur sa route un redoutable chasseur de fauves bien décidé à ajouter le grand singe à son palmarès.

Ce petit résumé le prouve, « Le gorille blanc » n’est pas le plus passionnant ni le plus original qu’ait écrit Henri Vernes. Gaëtan d’Orfraix, le grand méchant de l’histoire, a beau camper un personnage particulièrement détestable, imbu de lui-même et revanchard, il n’a pas l’envergure d’un Roman Orgonetz ou de l’Ombre jaune.

C’est donc plutôt du côté de la nature sauvage que viendra le danger. Léopards, éléphants, éruption volcanique, la jungle réserve bien des surprises à ceux qui osent s’y aventurer. Bob Morane et ses amis triompheront de ces épreuves sans trop de difficultés mais le célèbre aventurier en tirera néanmoins une petite leçon d’humilité.

Editions Gérard - Marabout Junior - Bob Morane - 1963

13 mars 2022

ENDER PRELUDES - ORSON SCOTT CARD

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Après « Ender Premières rencontres » publié par l'Atalante, ce sont les éditions J'ai Lu qui nous ramènent dans l’univers de « La stratégie Ender » avec un nouveau recueil de nouvelles. Celles qui nous sont présentées ici ont été écrites entre 2005 et 2007. Trois reprennent le thème du petit génie sélectionné par la Flotte Internationale pour intégrer l’Ecole de Guerre. Une autre concerne Peter, le dangereux frère d’Ender, et la cinquième Mazer Rackham, le célèbre vainqueur de la première guerre formique.

C’est par celle-ci que débute le recueil. « Mazer en prison » se déroule juste après la première victoire contre les doryphores. La Terre s’en est tirée de justesse et ses gouvernants savent qu’il n’en ira peut-être pas de même la prochaine fois. Une flotte spatiale a donc été expédiée aux confins de l’univers pour détruire l’armada ennemie. On compte bien entendu sur Mazer pour la commander à distance via l’ansible mais, le voyage étant extrêmement long, celui-ci est placé dans un vaisseau voyageant en espace relatif afin de le conserver en vie pour l’instant crucial. Un récit qui mélange humour (ses dialogues avec le jeune colonel Graff) et tristesse (ses contacts avec la famille qu’il a dû abandonner et qui aura disparu depuis longtemps à son retour) et donne quelques informations sur la genèse de l’Ecole de Guerre.

La nouvelle suivante met en scène Bonito Bonzo, l’un des futurs rivaux d’Ender. Dans « Joli garçon » il est encore tout jeune et vit à Madrid entouré de l’amour d’un père célèbre et d’une mère au foyer. Le jeune prodige qui croit encore que le monde tourne autour de lui, va prendre brutalement conscience que tout un chacun, même ses parents, dissimule des failles.

« Le tricheur » est construit sur un schéma presque identique à celui du texte précédent. Enfant précoce et surdoué, le jeune Han Tzu a été repéré par la Flotte Internationale. Rêvant d’une destinée hors normes pour son fils, son père s’arrange pour lui faire connaître à l’avance le contenu des tests qu’il doit passer pour intégrer l’Ecole de Guerre. Une tricherie qui va lui faire considérer d’un œil nouveau l’ambition de son père et le monde surprotégé dans lequel il a vécu jusqu’alors.

Noël approchant, les membres de la famille d’Ender ressentent plus cruellement que d’habitude son absence. De son côté, Peter souffre de voir son cadet occuper la première place dans le cœur de ses parents. Mais le futur Hegemon a tôt fait de se reprendre et d’élaborer une technique pour inspirer de la sympathie à son entourage et gagner ainsi leur confiance. « Un cadeau pour Ender » nous montre un Peter plus sensible qu’on ne l’aurait cru tout en nous donnant des pistes sur la façon dont il parviendra à se rendre maître de la Terre.

Dans « Une guerre de dons » nous retrouvons de nouveau un petit génie confronté à la figure paternelle. Zeck est le fils d’un fondamentaliste chrétien qui lui a prodigué une éducation particulièrement stricte. Envoyé contre son gré à l’Ecole de Guerre, il oppose à l’institution un pacifisme sans faille et s’insurge contre l’interdiction faite aux élèves de pratiquer leur religion. Une attitude qui sera cause de bien des remous avant qu’Ender ne prenne les choses en mains. Un récit dans lequel le jeune Wiggin fait, déjà, la démonstration de son sens de la psychologie et de sa profonde empathie.

J'ai Lu - Science-fiction - 2016

6 mars 2022

LA REPUBLIQUE DU BONHEUR - ITO OGAWA

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Hatoko a épousé Mitsuro, le père de la petite fille dont elle était devenue très proche. Ravie, la jeune femme n’en est pas mois assaillie de doutes. Parviendra-t-elle à créer une famille harmonieuse et à s’occuper d’un enfant, elle qui ignore ce qu’est l’amour d’une mère 

En dépit du plaisir que j’ai éprouvé à retrouver les personnages de « La papeterie Tsubaki », je n’ai pas été enthousiasmé par cette suite qui n’apporte pas grand-chose de nouveau au lecteur. Ito Ogawa y applique la même recette que dans son précédent roman pour nous conter la vie toute simple de son héroïne dans la petite ville de Kamakura.

Au programme : ballades dans la cité et visites de ses nombreux temples, cueillette de feuilles de thé et de bourgeons de pétasites, repas préparés en famille ou dégustés au restaurant et bien d’autres menus faits qui forment le quotidien et vous font une vie bien remplie. Bien entendu, il est aussi question des clients d’Hatoko et de leurs requêtes parfois fort surprenantes. Mais son activité d’écrivain public passe cette fois au second plan et s’efface derrière les scènes de vie de sa famille toute neuve.

Il ne faut donc pas attendre de ce roman qu’il vous surprenne ou qu’il vous bouleverse. « La république du bonheur » est une ode à la simplicité et aux petites joies de l’existence. C’est aussi un éloge du temps retrouvé qui nous invite à apprécier le lent défilement des saisons et nous pousse à nous extraire du tourbillon technologique que la société de l’immédiateté veut nous imposer.

Pris séparément, les romans d’Ito Ogawa sont plutôt sympas. Mis bout à bout, on se rend compte qu’ils sont tous plus ou moins construits sur le même modèle et développent les mêmes idées. Il n’est donc pas sûr que j’y retourne. A moins que l’auteur ne change de registre…

Philippe Picquier - 2020

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  • Blog consacré à mes lectures dans les domaines de la fantasy, du fantastique et de la science fiction. Mais comme je ne suis pas sectaire et que mes goût sont assez éclectiques, il n'est pas exclu que j'y parle aussi d'un bon polar ou d'un essai.
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