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30 août 2016

SECTION ROUGE DE L'ESPOIR - DEMOUZON

!Br!9,kQ!2k~$(KGrHqYOKjYEujr0-T5RBL)261IJCg~~_12Mais qu’est-ce donc que cette « Section rouge de l’espoir » qui vient de revendiquer un attentat d’une rare violence ? Qui sont ces révoltés d’un genre nouveau qui laissent une trace sanglante sur leur passage ? Que veulent-ils et jusqu’où sont-ils prêts à aller ?

Lorsque vous passez vos vacances dans un village paumé au fin fond de la Touraine, mieux vaut avoir bien évalué le nombre de livres nécessaires à un séjour réussi. A défaut vous voilà bientôt contraint de vous rabattre sur ceux de vos amis ou, pire encore, sur ceux qui traînent dans la bucolique chaumière où vous êtes venu vous ressourcer.

C’est ainsi que je me suis retrouvé à lire ce polar signé Demouzon, Oui, Demouzon tout court, sans prénom, comme on dirait Zola ou Balzac. Sauf que « Section rouge de l’espoir » ce n’est pas franchement un classique de la littérature, ou alors de celles que l’on trouve dans les gares et qui n’a d’autre prétention que de vous faire passer deux ou trois heures pas trop désagréables.

Ce roman a été écrit en 1979, année qui vit la première manifestation violente  du groupe « Action directe ». Il y a donc fort à parier que l’auteur se soit inspiré de ces évènements même si ses insurgés à lui donnent dans le terrorisme aveugle et non dans l’assassinat ciblé comme le faisaient Joëlle Aubron et ses petits copains.

Mais là n’est pas la question puisque, de toute manière, ce n’est pas son intrigue qui fait la qualité du livre. Elle se résume d’ailleurs à une longue cavale entrecoupée de quelques fusillades et à une enquête mollassonne assurée par un commissaire désabusé. Non, ce qui a éveillé mon intérêt c’est le profil psychologique des membres du groupuscule et les relations qu’ils entretiennent les uns avec les autres. 

C’est qu’on trouve un peu de tout dans cette fameuse section. Il y a là un avocat certes engagé mais qui a conservé quelques habitudes - cigares et bimbo peroxydée - un peu trop bourgeoises, un soixante-huitard à shilom, une universitaire qui se rêve passionaria bolchevique ou encore un truand qui donne à ses braquages l’excuse de la lutte prolétarienne. Bref des individus avec un passé et des motivations beaucoup trop différents pour s'entendre bien longtemps et c'est l'histoire de la lente désagrégation de leur groupe que nous conte ce livre. 

Eh oui camarade, le Grand Soir c’est pas demain la veille !

Editions J'ai Lu

 

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10 août 2016

CATACOMBES - SERGE BRUSSOLO

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Pour se sortir de la mouise noire dans laquelle elle est empêtrée Jeanne a accepté de poser nue pour un peintre. Un travail a priori tranquille et de l’argent vite gagné si ce n’est que l’artiste en question réside dans la maison Van Karkersh, une grande et vieille demeure baroque autrefois occupée par un vieil original  sur lequel courent de bien sombres rumeurs.

Le décor et le personnage principal de « Catacombes » ne comptent pas parmi les plus originaux de l’œuvre de Serge Brussolo, loin s’en faut. Des histoires mettant en scène une jeune femme confrontées aux pièges d’une maison mystérieuse, l’auteur nous en a déjà servies quelques une et pas des moindres. Il y a eu Jeanne et la maison Malestrazza des « Emmurés », Cécile et le palais insulaire de « La nuit du venin » ou encore Sarah et la villa hollywoodienne de Rex Feinis dans « La maison des murmures ».

Mais le roman avec lequel « Catacombes » entretient le plus de points communs est sans conteste « La meute ». Il est en effet question dans ces deux livres d’une demeure où furent commis des meurtres particulièrement affreux et sur laquelle plane encore l’ombre malsaine du défunt propriétaire. Une maison occupée par un ou deux de ses descendants ainsi que par une inquiétante galerie d’œuvres d’art, animaux empaillés ou statues de plâtre. Dans les deux cas aussi, l’héroïne est une femme cabossée par la vie, sans attaches et sans domicile, contrainte par les évènements à emménager dans les lieux. Mais si Sarah est une jeune femme qui a du répondant et qui va se servir des forces démoniaques qui l’entourent pour accomplir sa vengeance, Jeanne est en revanche beaucoup plus passive.

L’intérêt du récit réside d’ailleurs dans la façon dont elle se laisse happer par l’atmosphère délétère de la maison jusqu’à abdiquer tout esprit critique et accepter l’irruption du fantastique dans son quotidien. Cela se fait peu à peu, au gré de ses découvertes  sur le passé de la famille Van Karkersh et sur les évènements dramatiques qui se déroulèrent dans leur demeure. Des révélations et des pistes qui sont constamment remises en question dès qu’elle se reprend en main, sort de la maison, raisonne au lieu de se laisser porter par son imagination et ses terreurs.

Le roman laissera d’ailleurs subsister jusqu’à la fin le doute sur la réalité de ces manifestations démoniaques. Si Jeanne finit par adhérer totalement aux théories foldingues des autres occupants, quantité d’indices plaident pour une interprétation plus rationnelle des évènements. Il y a d’abord la santé psychique des différents protagonistes de l’histoire. Difficile en effet de faire confiance à un concierge alcoolique, à deux cousins dégénérés issus d’unions consanguines ou à une héroïne particulièrement névrosée et constamment sous médocs. Il faut aussi et surtout souligner que, malgré ce qui ressemblait à une destruction en règle, la maison reprend finalement son apparence normale, preuve peut-être que toute l’histoire n’a jamais existée que dans les cerveaux malades des personnages.

Fleuve noir Anticipation - 1986

5 août 2016

LE GEANT INACHEVE - DIDIER DAENINCKX

51i5jpaCcuLLorsque le principal suspect du meurtre d’une jeune femme se suicide en clamant son innocence, l'inspecteur Cadin décide de se pencher sérieusement sur son dossier. En fouinant dans l'entourage de la victime il découvre des éléments qui vont orienter son enquête sur un autre terrain que le crime passionnel, un terrain glissant…

 

Deuxième enquête de l’inspecteur Cadin, ce policier dépressif qui semble avoir pour habitude de traîner ses guêtres dans les cités les plus tristounettes de l’hexagone. Après Marsheim l’alsacienne et sa centrale nucléaire le voici dans les Flandres, à Hazebrouck, ville qui n’est pas particulièrement connue pour ses plages ensoleillées ou sa douceur de vivre. C’est dans cette cité morose où la grisaille du ciel le dispute à celle qui assombrit les pensées qu’il traîne sa mélancolie native et sa déception amoureuse toute neuve.


Largué par sa copine Blandine il se lance à corps perdu dans une enquête qui le conduit une fois de plus à dévoiler les mauvais penchants de ses congénères. Ce n’est donc pas une surprise s'il est question de corruption, de pognon, de pouvoir et des passe-droits qu'il procure. Nous plongeons une fois de plus dans les méandres de cette société pourrie où les puissants exploitent les humbles et où les fils de bonne famille s'en sortent toujours alors que leurs camarades moins bien nés finissent en tôle.


Daeninckx nous fait découvrir le charme discret de la bourgeoisie flamande et les taudis du quartier du "Nouveau Monde". On y rencontre des mémères à chats et des détective privés, des prêtre défroqués, des politiques et des paumés, un panel bien représentatif de cette région déshéritée où les clivages socio-professionnels sont plus marquées qu'ailleurs


L'auteur a eu la bonne idée de situer l'action de son roman pendant les fêtes pascales. Cela lui permet de nous présenter quelques éléments du folklore flamand, son carnaval, ses géants, sa ducasse et son orphéon. Il en profite aussi pour nous faire faire un brin de tourisme et nous donner une petite leçon d’histoire. On visite donc les fortifications de Bergues (vous savez, la ville des Ch’tis) et on apprend que c’est à quelques kilomètres de Hazebrouck que les allemands construisirent la rampe de lancements de leurs tristement célèbres V2.

Folio Policier - 1999

FLEUVE NOIR
fl no
ANTICIPATION

 

 

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  • Blog consacré à mes lectures dans les domaines de la fantasy, du fantastique et de la science fiction. Mais comme je ne suis pas sectaire et que mes goût sont assez éclectiques, il n'est pas exclu que j'y parle aussi d'un bon polar ou d'un essai.
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