UNE DERNIERE LUEUR - VINCENT KING
Le héros du roman (on ne connaîtra jamais son nom) est l'un des derniers hommes libres à résister aux terribles envahs. Dans les fin fonds de la toundra où il a trouvé refuge il leur mène une guérilla sans merci mais aussi sans espoir. Après une embuscade au cours de laquelle il abat deux envahs et détruit l'un de leurs aérôdeurs, il est contraint de s'enfuir vers le sud. Ses faits d'armes l'ayant précédés, il est approché par les partisans de Craghead, un mutat qui souhaite sonner le vent de la révolte face aux envahs. Mais la situation est loin d'être aussi simple qu'elle le paraît.
L'intrigue de ce roman, c'est un peu le paradoxe de l'œuf et de la poule : lequel des deux a précédé l'autre. En l'espèce il s'agit de savoir qui des "mollusques", des humains ou des "originels" sont les premiers occupants de la planète et, incidemment, lesquels sont les envahisseurs.
Le récit s'ouvre sur un postulat tout simple : les humains ont été anéantis par de vilains extra-terrestres qui se sont ensuite livrés à des manipulations génétiques pour créer une race de serviteurs : les mutats. Le combat du héros nous semble donc tout à fait légitime et l'on espère en la réussite de son entreprise.
Puis, la découverte d'un vaisseau spatial visiblement construit par les humains, inverse la donne. Les envahisseurs ne seraient pas ceux que l'on croyait et les aliens (une sorte de colonie de moules accrochée à son rocher et dotée de pouvoirs psy) n'auraient donc fait que se défendre. Au temps pour nous.
Mais le mea-culpa ne dure pas longtemps. Des profondeurs de la planète surgissent les Originels qui, comme leur nom l'indique, seraient les seuls vrais autochtones. Les mutats seraient aussi leurs lointains descendants et non pas des humains transformés. Bon, d'accord.
Mais c'est pas tout ! Les personnages eux-même ne sont pas ce qu'ils semblent être. Certains mutats sont des humains déguisés tandis que le héros est, lui, un véritable mutat. Un mutat qui décide de servir les humains...avant de se retourner contre eux ! Vous me suivez toujours ? Non ? Aucune importance. Car en plus d'être confus le roman est insipide de bout en bout.
Rédigé dans un style «ras des pâquerettes» avec un humour potache qui ne fait rire que l'auteur, il ne vous procurera pas une once de plaisir. Seule sa petite critique (bien timide et en filigrane) du nationalisme et de la pureté ethnique et l'idée que les mélanges raciaux pourraient être un remède à ces maux sauvent le livre du néant absolu.
Le Masque SF - 1979






