Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
SF EMOI
Publicité
31 mai 2015

L'ÎLE DU DOCTEUR MALO - STEPHEN FRY

sans-titrePrésident des élèves de son collège, capitaine de l'équipe de cricket, doté d'un physique avantageux et aimé de la ravissante Portia, Ned Maddstone semble béni des dieux. Mais tant de bonheur et de réussite ne sont pas sans éveiller quelques jalousies. La malveillance d'un trio de faux camarades et les hasards de la politique vont le conduire dans un asile de la pire espèce. Il n'en sortira que vingt longues années plus tard avec une seule idée en tête : se venger.

La quatrième de couverture (Editions j'ai Lu) compare ce roman au "Conte de Monte-cristo". Doux euphémisme. Le récit de Stephen Fry est en tout point calqué sur celui du grand Alex. Protagonistes, conspiration, évasion, vengeance, le déroulement de l'intrigue est absolument identique à celui de son modèle, l'auteur se contentant de la transposer dans l'Angleterre de la fin du XXème siècle et de changer les patronymes.

Pourtant, malgré cette ressemblance par trop évidente, l'histoire demeure plaisante à suivre. La plongée en enfer de Ned Madstone est aussi douloureuse que celle d'Edmond Dantes et l'hôpital psychiatrique du Dr Mallo vaut bien le château d'If. Alors, même si l'on comprend vite qu'il n'y a guère de surprises à en attendre, on continue à tourner les pages pour assister au châtiment ô combien mérité des vilains délateurs. Et on ne sera pas déçu.

Grâce à son immense fortune (non, non, pas de trésor enfoui mais un compte en Suisse, c'est plus pratique) et aux moyens illimités de la technologie moderne (télévision, internet) l'ange vengeur va anéantir leur réputation avant de régler leur compte de façon plus définitive. Mais cette fois encore, sa vengeance aura un goût amer et c'est bien seul que le héros implacable s'en retournera vers son île.

J'ai Lu - 2004

Publicité
26 mai 2015

LES EMMURES - SERGE BRUSSOLO

GdV-sb06

Pour se faire pardonner une faute professionnelle, Jeanne a accepté un reportage sur la "Maison Malestrazza" où, vingt ans plus tôt, des meurtres abominables ont été perpétrés. Il s'agit de recueillir les témoignages de ceux des habitants qui ont connu Beppo Mallestrazza, l'architecte-assassin qui murait ses victimes dans les parois de l'immeuble. Afin de s'imprégner de l'atmosphère des lieux elle emménage dans l'un des appartements resté vacant et commence son enquête. Très vite, elle acquiert la certitude que le meurtrier, qui ne fut jamais arrêté, habite toujours la sinistre résidence.


La plupart des romans de Serge Brussolo ont pour cadre un univers clos : une île, une pyramide, un bunker, un château. Des lieux en marge du temps, microcosmes étouffants régis par leurs propres règles.
Cette fois, il s'agit d'un immeuble qui pourrait être banal si un serial killer n'y avait trouvé refuge depuis bientôt vingt ans.

Et comme le bonhomme n'est autre que le concepteur du bâtiment, les rumeurs les plus folles circulent sur son agencement. Passages secrets, murs creux, glaces sans tain, nul n'est à l'abri du psychopathe. Sa présence, réelle ou supposée, fait peser sur tous les locataires une angoisse irraisonnée qui les pousse aux conduites les plus étranges. Offrandes déposées dans l'ancien appartement du tueur, lits protégés par une cage, murs recouverts de zinc, chacun exorcise sa peur comme il le peut.

Cette ambiance de folie latente et de crainte permanente donne le ton de la première partie du roman. Sans elle, l'enquête de Jeanne serait bien terne malgré ses allures de randonnées en haute montagne. L'exploration de l'immeuble a en effet tout d'une l'expédition. Les corridors succèdent aux escaliers déserts, les étages abandonnés aux appartements vides. L'héroïne bivouaque dans les chambres de bonnes et fait du rappel sur les toits. Quant aux rares habitants qu'elle rencontre, ce sont pour la plupart de vieux originaux rappelant ces paysans qui refusent de quitter leurs alpages. Elle finira néanmoins par retrouver la trace de l'architecte et, à partir de là, le roman changera d'allure.

Sans déflorer l'intrigue, indiquons simplement qu'il s'ensuit un huis-clos particulièrement stressant. Jeanne se retrouve prisonnière au fond d'une courette, véritable cul de basse fosse qu'elle partage avec un fou de la pire espèce. Un dément auquel elle doit disputer sa part de nourriture et surveiller en permanence pour éviter d'être mutilée. Un face à face éprouvant qui trouvera sa conclusion tout au bout d'un crescendo de folie et d'horreur.

Editions Gérard de Villiers - 1990

21 mai 2015

LE TRAIN POUR L'ENFER - ROBERT BLOCH

neosff109Ce deuxième recueil de nouvelles de Richard Bloch publié par les éditions Néo comprend 15 textes parus de 1953 à 1963 aux États-Unis. Tous les genres de prédilections de l'auteur y sont convoqués, le policier bien sûr mais aussi la SF et le fantastique. Toutefois, les frontières étant parfois floues et il n'est pas rare qu'ils se chevauchent à l'occasion : fantastique et policier (Cher fantôme !), SF et fantastique (Le casque à penser).

Les thèmes choisis ne sont pas foncièrement originaux. Des grands classiques de la SF (voyage temporel, exploration planétaire, fin du monde), aux intemporels du fantastique (diable et fantômes, Faust et Circé) nous sommes en terrain de connaissance. Mais d'autres sujets reviennent fréquemment : la folie, la création littéraire ou encore le monde du cinéma.

Toutes ces nouvelles se distinguent par la qualité de leur chute et le fait qu'il faille presque toujours attendre la toute fin du récit, parfois même la dernière phrase, pour en apprécier toute la saveur. Autre constante, l'humour. Un humour souvent noir et ironique mais parfois aussi un peu potache, voire un tantinet égrillard (Si vous n'y croyez pas, Mon barman et son monstre).

Bloch manie même un humour encore plus grinçant lorsqu'il s'agit d'égratigner la société américaine et ses « ... pittoresques maisons blanches modernes, avec leur lignes légères et leurs lourdes hypothèques...". Bref, un recueil de fort belle tenue.

Le casque à penser Une nouvelle Circé appâte un écrivain en manque d'inspiration grâce à un casque permettant de stimuler son imagination par le rêve. Mais s'agit-il bien de songes ?

Le lecteur impénitent Sympathique petite nouvelle qui confronte les classiques de la littérature (Les voyages de gulliver, L'Odyssée) à la découverte d'une forme particulière d'intelligence.

Si vous n'y croyez pas Ou comment Bloch nous rejoue Roméo et Juliette sur fond de dissensions entre un scientifique cartésien et un partisan des pouvoirs paranormaux.

Cher fantôme ! Le spiritisme et la convocation des esprits peuvent rendre de grands services lorsqu'on est confronté à une famille qui en veut à votre argent.

Mon barman et son monstre Une rencontre du troisième type qui démontre que les bonnes relations entre les humains et les extra-terrestres tiennent parfois à peu de choses.

A l'aube du grand soir Le survivant d'un bombardement nucléaire découvre ce qui reste de sa ville. Sans doute la nouvelle la plus sombre du recueil. Bloch y suscite quelques tableaux apocalyptiques d'une grande tristesse mais néanmoins traitées avec une pointe d'ironie à tel point que l'on se demande parfois s'il faut en rire ou en pleurer. Voici un bel exemple de cet humour macabre : « Au centre de la pièce se dressait le chevalet, mais l'artiste avait disparu. Ce qui restait de lui était étalé en une masse dégoulinante sur le tableau, comme si l'artiste avait finalement réussi à mettre quelque chose de lui-même dans sa peinture... ».

Le train pour l'enfer Petite variation sur le thème de Faust se distinguant par la nature du vœu accordé, en l'occurrence la possibilité de bloquer l'écoulement de sa vie lorsqu'on pense avoir trouvé le bonheur le plus absolu. Mais à quoi le reconnaît-on ?

Le bracelet vivant A peine trois pages et pourtant une histoire bien complète : adultère et tentative de meurtre, retournements de situation, serpent, pistolet... et un final !

L'homme aux doigts d'or Histoire de machination financière et boursière assez pertinente qui conserve sans aucun doute son actualité.

In vino veritas Tout comme "Le train pour l'enfer", ce texte nous parle de quête du bonheur et démontre que chaque époque à ses bons et ses mauvais côtés. C'est aussi un petit hommage à H. G. Wells et sa « Machine à explorer le temps ».

Tel est pris Belle illustration du célèbre proverbe avec cette nouvelle qui met en scène une escroquerie dans le milieu des producteurs de cinéma.

Le sosie de Napoléon Guère d'originalité pour cette nouvelle qui se contente de jouer outrancièrement du thème de la coïncidence et qui se conclue par une chute que l'on voit venir de fort loin.

Un crime impardonnable Une actrice vieillissante tendre de séduire un homme qu'elle avait délaissé pour obtenir le rôle qui relancerai sa carrière. Portrait sans concession et néanmoins touchant d'une starlette déchue qui se conclue sur une note d'humour très noir.

Belzebuth Récit qui nous fait vivre la progression de la folie chez un homme stressé, obsédé par un besoin de reconnaissance.

Nouvelles Editions Oswald - 1984

15 mai 2015

LE MONSTRE DES HAWKLINE - RICHARD BRAUTIGAN

9782264040572Greer et Cameron, deux tueurs à gage très efficaces, prennent du bon temps dans un bordel de Portland lorsqu'une jeune indienne vient leur proposer d'entrer au service de sa patronne. La demoiselle étant ravissante et guère farouche, les deux compères acceptent de suite et se retrouvent bientôt au fin fonds de l'Orégon dans une étrange demeure qu'il doive débarrasser d'un hôte encombrant. Mais les choses ne sont pas aussi simples qu'elles le paraissent !

« Le monstre des Hawkline » fait partie de ces livres qu'il est difficile de ranger dans une catégorie bien précise car flirtant avec des genres aussi différents que le western, la SF et le récit humoristique.

Le western, c'est surtout pour le décor. L'histoire se déroule aux States en 1902, et plus précisément dans les Dead Hills, une région paumée de l'est de l'Orégon. Il y a un shérif, des diligences et les branches des arbres témoignent de la justice expéditive qui avait cours à l'époque dans ces contrées sauvages. Pour autant l'intrigue n'a pas grand chose à voir avec le mythique Far West. Pas de duel au soleil ou d'indiens sur le sentier de la guerre. Pas de grandes chevauchées non plus. Au contraire. Brautigan a choisi de nous plonger dans un huis-clos déroutant pour une chasse au monstre pas banale.

Et c'est là que la SF prend le relais. Mais une SF à l'ancienne avec savant fou, vieille demeure isolée et laboratoire souterrain. Quant au monstre qui donne son nom au titre, il s'agit bien sûr d'une vilaine créature échappée au contrôle de son papa. Une sorte d'ectoplasme capable de se fondre dans le décor et doté du pouvoir d'influer sur l'esprit et même de modifier la matière. Ces dons quasi-divins seront la cause de bien des situations drôles ou scabreuses, les personnages se voyant contraints d'agir en dépit du bon sens ou succombant à des lubies aussi soudaines qu'étranges.

Et tiens, parlons-en des personnages. Il n'ont pas franchement besoin d'un monstre pour être bizarres. Deux porte flingues dont l'un est à moitié autiste et passe son temps à compter tout et n'importe quoi, une paire de jumelles fortement portées sur la chose, un majordome géant qui se transforme en nain... bref une jolie brochette de barjeots.

Mais le plus amusant est sans conteste la façon dont l'auteur nous conte son histoire. Il utilise un humour pince sans rire fait de non sens et de répétitions. De répétitions surtout. Brautigan ne se donne pas la peine de chercher des synonymes et répète ad libitum les même mots ou expressions. Ainsi du « porte-parapluies en forme de patte d'éléphant » qui revient une bonne demi douzaine de fois en l'espace de deux ou trois pages ou des sœurs Hawkline désignées non par leurs prénoms respectifs (on ne les connaîtra que très tardivement) mais par un unique Miss Hawkline, cause de nombreux quiproquos.

Tout cela donne lieu à des scènes et des dialogues complètement surréalistes et insuffle au roman un ton résolument décalé, joyeusement foutraque, original et surtout drôle de bout en bout.

Christian Bourgeois - 10/18 - 2004

 

10 mai 2015

LE RESTAURANT DE L'AMOUR RETROUVE - OGAWA ITO

restaurant-lamour-retrouve-ito-ogawa-L-jXE98z_jpeg_pagespeed_ce_PcGJBB1sRYR1COyt8C1EA la suite d'une séparation douloureuse qui la laisse aphone, Rinco est contrainte de retourner vivre chez sa mère avec laquelle elle entretient des rapports conflictuels. Pour gagner sa vie elle ouvre un petit restaurant où elle laisse libre cours à sa passion pour la cuisine. Ce faisant elle va répandre le bonheur autour d'elle et parvenir à se renouer le contact avec sa mère.


Si l'on veut apprécier à leur juste valeur la douceur et la fraîcheur de ce petit roman, il faut absolument mettre son cynisme de côté. A défaut, on risque de trouver bien mièvres les aventures culinaires de Rinco.

Il est vrai que l'auteur accumule les clichés écolos en situant son histoire dans une idyllique petite ville de montagne, véritable rêve pour citadin stressé. Les produits du terroir y sont savoureux, les sources thermales bienfaisantes et, à part un ou deux grincheux, tout le monde est fort sympathique. N'oublions pas non plus un cochon qui donnera beaucoup de lui-même, un hibou d'une rare ponctualité, un mignon lapin... Stop, voilà que je fais exactement le contraire de ce que je recommande. D'ailleurs tout n'est pas rose au pays des mangas et l'histoire ne manque pas de passages tristes et émouvants.

Non vraiment, j'ai passé un bien agréable moment avec ce livre qui vous donne de envie de jardiner et de cuisiner. Avec précision et simplicité Ogawa Ito nous décrit les menues tâches auxquelles se livre son héroïne. On a l'impression d'être avec elle, dans sa cuisine, de sentir et toucher les aliments qu'elle prépare. On se rend alors compte que les gestes du quotidien peuvent être gratifiants dès lors qu'ils sont accomplis sans contrainte. On constate aussi que nos actes sont plus éloquents que nos paroles et que ce qui est fait de bon cœur est toujours plus réussi.

Picquier - 2014

Publicité
2 mai 2015

LA PARABOLE DES TALENTS - OCTAVIA E. BUTLER

audiable010Lauren Olamina, son époux et leurs compagnons de route ont finalement décidé de s'installer à la Chênaie, dans le nord de la Californie. Grâce à un travail acharné, ils parviennent à créer une communauté prospère qui sert aussi de socle à la diffusion des idées de Lauren. Mais leurs efforts vont être compromis par l'arrivée au pouvoir d'un fondamentaliste religieux et nationaliste qui embarque le pays dans une guerre hasardeuse contre le Canada et commence à persécuter ceux qu'il juge responsables de la déchéance de la nation. La communauté dirigée par Lauren en fait partie.

Si "La parabole du semeur" baignait dans une atmosphère résolument post-apocalyptique, sa suite a plutôt des allures de dystopie. "L'épidémie", cette catastrophe économique et écologique qui a mis à genou les USA continue à produire ses effets néfastes. La population est toujours aussi pauvre, la vie demeure rude et précaire mais le gouvernement a repris la main et un avenir semble désormais possible.

Malheureusement les élections changent la donne et les Etats-Unis de 2032 prennent rapidement des allures d'Allemagne des années trente. Pour décrire les méfaits de ce régime autoritaire, Octavia Butler s'est en effet copieusement inspirée du régime nazi et de ses manifestations les plus nauséabondes. Propagande, guerre, boucs émissaires et camps d'internement, les buts recherchés et les méthodes utilisées sont bien les mêmes. 

C'est donc dans des circonstances toujours aussi troublées que nous retrouvons ses personnages là où nous les avions laissés cinq ans plus tôt, un peu mieux lotis tout de même puisque leur communauté s'est étoffée et leurs conditions matérielles améliorées. Mais cela ne dure pas. Au bout de deux cents pages, leur petit paradis est pris d'assaut et transformé en enfer.

Octavia Butler évite ainsi de nous servir une resucée de son précédent roman dans lequel il était déjà question d'une communauté contrainte de vivre en autarcie. Cela lui permet d'élargir le champ d'action de son récit et d'installer ses personnages dans un contexte plus général, celui de leur pays et de leur époque. C'est qu'on avait tendance à oublier que si le mode de vie de nos héros est proche de celui des pionniers du XIXème, il n'en va pas de même pour tout le monde. En Amérique ou ailleurs, la recherche scientifique continue... et les découvertes. Ainsi d'une forme de vie originale sur la planète Mars ou de la mise au point des dreamasks, des appareils de réalité virtuelle.

La seconde bonne initiative de l'auteur est d'introduire un point de vue différent de celui de son héroïne en insérant entre les pages de son journal les commentaires de sa fille rédigés une vingtaine d'années plus tard. Celle-ci porte un regard distancié et volontiers critique sur la vie de sa mère. Il souligne ce que l'idéal de Lauren peut avoir d'exclusif et comment elle relègue au second plan tout ce qui pourrait la distraire de son objectif.

Enfin, la dimension religieuse qui n'était que esquissée dans "La parabole du semeur" s'affirme davantage. Le rôle messianique de l'héroïne y est flagrant et la comparaison avec Jésus évidente. Tout comme le Christ, Lauren partage les joies et les peines des hommes et femmes qu'elle côtoie (son hyperempathie lui fait en effet éprouver la douleur ou le plaisir d'autrui). Comme lui elle s'entoure de fidèles et vivra une passion (ses deux années d'esclavage et de tortures quotidiennes) dont elle sortira fortifiée dans sa volonté de répandre ses idées.

Heureusement, cet aspect "christique" n'entrave en rien la lisibilité du roman. Il reste toujours aussi passionnant, exactement dans la même veine que le précédent et clos de fort belle manière cette peinture d'un futur angoissant parce que plausible.

Au Diable Vauvert - 2001

Publicité

FLEUVE NOIR
fl no
ANTICIPATION

 

 

Publicité
SF EMOI
  • Blog consacré à mes lectures dans les domaines de la fantasy, du fantastique et de la science fiction. Mais comme je ne suis pas sectaire et que mes goût sont assez éclectiques, il n'est pas exclu que j'y parle aussi d'un bon polar ou d'un essai.
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Newsletter
Archives
Publicité