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20 juillet 2019

LE PONT DES SOUPIRS - MICHEL ZEVACO

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Pour Roland Candiano, l’avenir s’annonce sous les meilleurs auspices. Jeune et valeureux fils du doge, aimé du peuple vénitien qui voit en lui le successeur de son père, il doit épouser bientôt la ravissante Léonore. Il ignore hélas qu’un quarteron d’arrivistes, dont certains sont de proches amis, conspirent à sa perte. Accusé le jour de ses noces d’un crime qu’il n’a pas commis, il est condamné et emprisonné dans un cul de basse fosse tandis que son père est destitué et aveuglé. Après six ans de captivité, il parvient à s’échapper avec la complicité d’un bandit repenti qui va l’aider à punir les responsables de ses malheurs. 

Il fut une époque, désormais bien lointaine, où j’ai lu pas mal de romans de Michel Zevaco et notamment toute la série des Pardaillan. Un temps qui ne risque pas de revenir de sitôt au vu de la grosse déception qui fut la mienne à la lecture des deux forts volumes que sont « Le pont des soupirs » et sa suite « Les amants de Venise ». Ma déconvenue tient à plusieurs choses et tout d’abord au style de l’auteur. Un style certes solide et bénéficiant d’une belle écriture tout de mots choisis et d’expressions recherchées, mais malheureusement aussi beaucoup trop grandiloquent. Cela sonne la plupart du temps terriblement faux et donne au récit des allures de conte ou de légende. A aucun moment on n’arrive à croire aux aventures qui nous sont contées ni à faire nôtres les angoisses et les peurs des personnages.

Ceux-ci sont d’ailleurs beaucoup trop monolithiques et presque totalement dénués d’ambigüité. Les gentils sont parés de toutes les qualités, bonté, pitié, modestie, alors que les méchants ne pensent que pouvoir, crime et luxure. Les premiers se sacrifient, les seconds trahissent sans vergogne. Le couple de héros n’échappe pas à la règle puisque Roland, aussi fort que magnanime, devient l’égal de son illustre homonyme tandis que sa fiancée est le prototype de la vierge antique qui préfère la mort à la souillure. Seul le personnage (réel celui-là) de Pierre l’Arétin, trouillard opportuniste, vaniteux et débauché, tire son épingle du jeu et apporte au roman une note de légèreté et d’humour grâce à sa roublardise et ses bons mots.

Et que dire de l’histoire ? Qu’il s’agit d’un plagiat du Comte de Monte-cristo, c’est évident et ce n’est pas ce qui m’a gêné. Le célèbre roman de Dumas a été copié à de nombreuses reprises, parfois avec bonheur, parfois non. Ce qui ici, m’a vraiment déplu, c’est la façon dont le héros réalise sa vengeance. Alors qu’Edmond Dantès procédait avec méthode et froideur, agissant dans l’ombre et se faisant reconnaître au tout dernier moment, le héros de Zevaco avance à découvert et crie sa colère sur tous les toits. Ses « sentences » manquent aussi de finesse et se concluent presque toujours par la mort du coupable tandis que son modèle ne tuait jamais ses victimes mais utilisait leurs mauvais penchants pour les mener à leur perte.

Le livre de poche - 1972

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14 juillet 2019

BLUE - JOËL HOUSSIN

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Pour le quinquagénaire que je suis, Il est bien difficile de ne pas faire de lien entre "Blue" et "Les Guerrier de la nuit", ce film de Walter Hill sorti dans les salles en 1979. Certes, le film a pour cadre le New-York des seventies et non un Paris post-apocalyptique mais, cette différence exceptée, les deux œuvres se ressemblent tout de même sacrément. Elles partagent notamment une atmosphère est un thème fort proches puisqu’il est question dans les deux cas de gangs urbains ultra violents qui se livrent une guerre sans merci ponctuée de trêves et, plus rarement, d’alliances.

Une bonne part du roman est tout naturellement consacrée aux combats de toute nature au cours desquels les différents clans font preuve de la même sauvagerie, se distinguant seulement par leur façon de liquider leurs adversaires. Les « Saignants » sont ainsi adeptes des armes blanches, les « Youves » préfèrent les armes à feu tandis que les « Bouleurs » utilisent la plaque d’acier qu’ils se font greffer sur le front pour estourbir les malchanceux qui croisent leur chemin. Quant à Blue, c’est le chef des « Patineurs », le clan le plus puissant du moment qui règne sur les ruines du Trocadero grâce à la mobilité de ses truands équipés de rollers. Une suprématie qui ne le satisfait toutefois pas. Ce qu’il veut Blue, c’est franchir le Mur, la gigantesque barrière de béton qui ceinture la capitale. Mais pour cela, il faut anéantir les innombrables guerriers télépathes armés de lasers qui opposent à toute tentative de franchissement une résistance farouche. D’autres que lui, et de plus puissants, s’y sont déjà cassé les dents. Alors il est contraint de trouver des alliés et même, c’est un comble, de solliciter l’aide des Saignants.

Toute l’intrigue va donc reposer sur les relations entre Blue et les autres chefs de gang. Suspicions, trahisons, vengeances, le jeu de la haine et de la diplomatie va s’exprimer dans toute sa cruauté avec ce qu’il faut de meurtres et de règlements de comptes. C’est sans doute un peu léger niveau scénario mais Joël Houssin a du métier. Il fait intervenir de nombreux personnages de premier plan et initie suffisamment d’intrigues parallèles pour maintenir un suspens constant. Cela permet d’atteindre sans ennui la bataille finale, véritable point d’orgue du roman au terme duquel on espère découvrir ce qui se cache derrière le mur. La révélation sera à la hauteur de nos attentes : sombre et grandiose. Dérisoire aussi, avec un petit goût de cendre, surtout pour les personnages !

Fleuve Noir Anticipation - 1982

FLEUVE NOIR
fl no
ANTICIPATION

 

 

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  • Blog consacré à mes lectures dans les domaines de la fantasy, du fantastique et de la science fiction. Mais comme je ne suis pas sectaire et que mes goût sont assez éclectiques, il n'est pas exclu que j'y parle aussi d'un bon polar ou d'un essai.
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