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26 décembre 2021

LES AVENTURES DE JEAN-MARIE CABIDOULIN - JULES VERNE

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Ne pouvant différer davantage le départ du Saint Enoch pour sa nouvelle campagne de chasse à la baleine, le capitaine Bourcart est contraint d’engager le seul tonnelier disponible : Jean-Marie Cabidoulin. Ce n’est pas que le vieil homme ne connaisse pas son affaire mais il traîne derrière lui une réputation de porte-poisse et a déjà miné le moral de plus d’un équipage en colportant la légende d’un dangereux serpent de mer. Très vite pourtant, des faits étranges surviennent. Le monstre marin existerait-il vraiment ?

On sait l'intérêt que Jules Verne portait aux choses de la mer. La marine à voile tient une place importante dans son œuvre et il a lui-même effectué de nombreuses croisières sur ses propres bateaux. Il est donc parfaitement à son aise pour nous conter l’histoire de ces navires qui, au XIXème siècle, partaient pour des campagnes de pêche, souvent fort longues.

C’est de chasse à la baleine qu’il a choisi de nous parler dans ce petit roman assez méconnu. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il maîtrise parfaitement son sujet. Qu’il s’agisse du matériel utilisé, de la composition de l’équipage, des zones de pêche, des comptoirs de ventes ou de tout ce qui touche aux cétacés (harponnage, dépeçage, transformation en huile…), Jules Verne est d’une érudition sans faille. Avec un vocabulaire technique parfois un peu hermétique, il nous narre par le menu le rude métier de ces hommes contraint de prendre de grands risques pour gagner de quoi vivre.

C’est très instructif mais il faut bien l’avouer aussi, guère passionnant. Car côté aventure, on n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent si ce n’est les multiples dangers qui guettent les marins d'alors (tempêtes, récifs...) et quelques épisodes illustrant la rivalité du Saint Enoch avec un baleinier anglais.

Finalement le seul vrai suspens de cette histoire repose sur le fait de savoir si le serpent de mer évoqué par le tonnelier est bien réel et s'il fera son apparition avant la fin du récit. Les amateurs de fantastique resteront toutefois sur leur faim puisque l’on en restera aux conjectures. A chacun de se faire son opinion. Celle de Jules Verne semble toute faite et l’on devine sans mal qu’il se rallie à la raison et à la science plutôt qu’à la crédulité populaire !

Avec ses personnages qui manquent de profondeur et le peu d’ambition de son intrigue, « Les aventures de Jean-Marie Cabidoulin » n’est donc qu’un récit bonasse qui n’enflamme jamais l’imagination du lecteur. Dommage.

Les Humanoïdes Associés - Bibliothèque Aérienne

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19 décembre 2021

LA FLÛTE DE VERRE FROID - GILLES THOMAS

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« La flûte de verre froid » fait partie de ces romans de Fantasy qui me rappellent pourquoi j'ai cessé de m'intéresser de près au genre. Des livres sans originalité qui se contentent d’utiliser les mêmes vieilles recettes avec  les mêmes ingrédients un peu périmés. Et c’est bien le cas ici avec cette histoire on ne peut plus classique où il est question d’une dangereuse quête menée par un guerrier sans peur et presque sans reproche.

Le récit de Gilles Thomas manque d'enjeu et de profondeur.  Il se résume à une succession d’épreuves au cours desquelles son héros affrontera une idole de bronze, un serpent de mer, un arbre anthropophage, des libellules géantes, un ogre à trois têtes et bien d’autres saloperies, dentues, poilues, griffues ... A priori, pas de quoi s'ennuyer. Et pourtant, si. En dépit de leur diversité, les dangers auxquels le brave Jax et son chat se trouvent confrontés finissent par être répétitifs et installent une sorte de lassitude que rien ne vient secouer et surtout pas les autres personnages, monolithiques et sans envergure.

Le back-ground aussi n'est qu'esquissé. La qualité des descriptions n'est pas en cause mais on reste beaucoup trop en surface : paysages, vêtements, bâtiments, rien que du factuel. Pas un mot sur la culture ou les régimes politiques ni sur les interactions entre les différents peuples rencontrés. Il est certes difficile de s'en tirer avec seulement 190 pages mais tout de même, en retranchant deux ou trois scènes de combat et quelques galipettes, l'auteur eut trouvé un peu de place pour étoffer son univers et lui donner davantage de matière.

« La flûte de verre froid » n’est donc qu’un petit divertissement sans prétention qui ne laissera pas grand souvenir chez le lecteur. Un lecteur qui fera bien de ne pas s’en tenir à ce seul opus pour découvrir l’œuvre de l’auteur qui, par ailleurs, en vaut vraiment la peine.

Fleuve Noir Anticipation - 1993

12 décembre 2021

UN CHÂTEAU EN BOHÊME - DIDIER DAENINCKX

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Après en avoir terminé avec les enquêtes de l’inspecteur Cadin, je poursuis mon exploration de l’œuvre de Didier Daeninckx avec ce one-shot qui met en scène un privé bien plus rigolo.

François Novacek est un  ancien journaliste reconverti en détective privé. Sollicité par une ancienne collègue, il accepte de se rendre dans la toute jeune République Tchèque – nous sommes en 1994 – afin de retrouver la trace de son écrivain de mari.

Disons-le tout de suite, l’enquête n’est guère palpitante. Il y a pourtant ce qu’il faut de filatures et de scènes d’action pour maintenir le lecteur éveillé tout au long des deux cent et quelques pages que compte le bouquin.. Il n’empêche, les déambulations du détective, ses rencontres, ses discussions et même ses découvertes ne parviennent pas à nous passionner. Le fait qu’il dispose de contacts bien placés qui aplanissent considérablement les difficultés y est sans doute pour quelque chose. Quant à l’intrigue secondaire sur l’attitude de son père avant qu’il n’émigre en France, elle n’apporte absolument rien à l’histoire.

Reste donc une peinture intéressante d’un pays qui entame sa transition vers l’économie de marché sans avoir tout à fait réglé ses comptes avec son passé soviétique. L’ambiance encore austère est également parfaitement rendue avec ses files de HLM staliniens, ses statues déboulonnées, le froid, la neige… Et puis l’histoire se déroule dans l’univers du livre, entre bouquinistes, bibliothèques, archives, cercles littéraires et conventions. Les amoureux de vieux papiers seront ravis.

Gallimard - Folio Policier - 1999

5 décembre 2021

LES MIRACLES DU BAZAR NAMIYA - KEIGO HIGASHINO

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Pour échapper à la police après un cambriolage, trois jeunes gens se réfugient dans une boutique désaffectée. Alors qu’ils attendent que l’aube se lève pour se mêler à la foule des citadins partant travailler, une lettre apparait mystérieusement dans la boite aux lettres du commerce. Plus étonnant encore, elle semble avoir été écrite trente ans plus tôt… 

Après avoir lu les tout premiers chapitres de ce roman, je me suis fait la réflexion que j’allais avoir du mal à en venir à bout. Un huis-clos avec seulement trois personnages pas forcément très profonds, des dialogues qui sonnent franchement faux et un jeu de questions/réponses tout juste agrémentée de quelques surprises sur les conséquences de ces échanges, voilà qui ne laissait rien présager de très passionnant.

Heureusement, Keigo Higashino a eu la bonne idée de nous livrer un récit déstructuré. On quitte assez vite le bazar, ses petits délinquants et même le XXIème siècle pour se retrouver balloté en différents lieux et différentes époques. Les intrigues se télescopent, les fils narratifs s’imbriquent et les personnages se croisent et se recroisent, mêlant leurs existences et leurs destinées. Cela apporte du rythme à son histoire tout en la faisant baigner dans une ambiance doucement nostalgique.

Ceci dit et malgré la virtuosité dont l’auteur fait preuve dans la conduite de son récit, j’ai été déçu par ce roman où le thème du voyage dans le temps m’a paru sous employé. Il y a bien quelques idées sympathiques ainsi qu’un petit paradoxe temporel à la fin de l’histoire, mais cela reste assez anecdotique. En fait, « Les miracles du bazar Namiya » est davantage une fable qu’un véritable roman de SF. Il n’est qu’un prétexte permettant à l’auteur de nous immerger dans le Japon de ces cinquante dernières années au travers de divers évènements, marquants ou non, de son histoire récente.

Il sera ainsi question du boycott des jeux olympiques de Moscou, de la Beatlemania, de l’éclatement de la bulle spéculative à la fin des années 80, de la révolution internet… L’occasion aussi pour l’auteur d’évoquer des sujets aussi divers que la place des femmes et des jeunes dans une société encore très patriarcale, la mutation vers un mode de vie résolument occidental ou les inégalités sociales.

Cela nous donne un de ces romans « feel good » comme en écrit Ito Ogawa : une petite douceur pleine de bons sentiments. C’est mignon et un peu moralisateur mais l’auteur parvient heureusement à ne pas sombrer dans le sirupeux. Il n’y a pas à proprement parler de happy-end et le seul miracle qu’accomplit le bazar Namiya, c’est de redonner confiance à des personnes un peu perdues qui ont juste besoin de croire en elles : « Tout dépend de vous. Votre liberté est infinie, comme vos possibilités. »

Actes Sud - Babel - 2021

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  • Blog consacré à mes lectures dans les domaines de la fantasy, du fantastique et de la science fiction. Mais comme je ne suis pas sectaire et que mes goût sont assez éclectiques, il n'est pas exclu que j'y parle aussi d'un bon polar ou d'un essai.
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