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27 juin 2015

FREAKSHOW ! - XAVIER MAUMEJEAN

baleine433-2007

C'est Noël au Bedlam Asylum où Hugo Van Helsing a convié quelques un de ses chasseurs à venir partager un petit moment de convivialité. Mais la fête tourne court lorsqu'un commando de vampires et de loups-garous joue les invités surprise. Un grand nombre d'amis du maître des lieux sont mis hors de combat et, plus grave encore, l'informatique du Club Van Helsing est piratée. Qui donc a orchestré ce coup de force ? Qui a pu réunir des créatures si différentes et souvent opposées ? Qui et surtout, pourquoi ?

Même s'il en respecte l'esprit, ce dernier opus de la saison 1 du Club van Helsing se démarque nettement des précédents. Xavier Mauméjean y prend en effet des libertés avec la principale règle de la série : un monstre, un chasseur. Et pas qu'un peu puisqu'il commence par inverser les rôles en plaçant Hugo Van Helsing dans la situation d'une petite souris avec laquelle un vilain matou aurait décidé de s'amuser.

Débusqué du Bedlam Asylum, privé de ses moyens matériels et financiers, le grand chef va devoir mouiller la chemise pour venir à bout d'un ennemi particulièrement coriace et grand connaisseur en matière de monstre : T.P. Barnum. Et des monstres justement, ce n'est pas ça qui manque. Des démons chinois faiseurs de pluie, des gorgones, des vampires et pas moins de trois espèces de lycanthropes, bref, une sacrée tripotée de vilains-pas-beaux qui aimeraient bien s'offrir la peau de leur ennemi juré.

Mais pas d'inquiétude. Hugo le Boss (désolé !) est également bien entouré car, deuxième entorse à la sacro-sainte règle, trois chasseurs l'accompagnent. Et pas des moindres. Il y a là Tatiana Dovchenko ex-exécutrice en chef du KGB dont les armes favorites sont un marteau et une faucille forgés avec de l'uranium de Tchernobyl. Il y a aussi la jolie Farimba, mannequin vedette capable de vous clouer le bec avec ses talons aiguilles. Il y a enfin James Citrin un porte-flingue expert en toute sorte d'armements. Il pourra également compter sur l'aide ponctuelle de guerrier zoulous ou japonais, sur l'assistance d'une compagnie de navy seal ainsi que sur les conseils pas toujours avisés d'un avocat new-age.

Voilà qui nous fait tout de même pas mal de monde. Un peu trop sans doute puisqu'il faut encore y ajouter un dessinateur de comics dont les dessins peuvent changer le cours des évènements, un escapologue (z'avez qu'à chercher dans le dico) et quelques bêtes de foire. Une véritable débauche de personnages qui vous tombent dessus sans même vous laisser le temps d'apprendre à les connaître.

De la même manière il y a aussi trop de pistes, de lieux différents et de références pour un roman d'à peine 200 pages. On finit par s'y perdre et comme l'affrontement final, le mano a mano annoncé entre TPB et HVH tourne court, on ressort de tout ça un peu déçu.

En fait, j'ai eu l'impression pas forcément très agréable que le seul but de ce roman était de servir de liaison entre la première et la seconde saison du Club Van Helsing. Une sorte de cliffhanger destiné à appâter le lecteur. J'ai aussi eu le sentiment que Xavier Mauméjean voulait surtout se faire plaisir, fut-ce au détriment de son histoire.Il s'en donne à cœur joie, manie l'humour le plus fin ou le plus grossier, nous fait profiter de son érudition éclectique mais ne parvient pas à nous intéresser aux aventures de ses héros.


Bon, pour être tout à fait honnête, je reconnais que ça ne passe malgré tout pas trop mal grâce à la qualité de son écriture. Qui d'autre que lui serait en effet capable de discuter des mérites comparés des albums de Lenny Kravitz au beau milieu d'une scène de combat sans pour autant perdre le fil de son propos ? Pour autant, il me semble être complètement passé à côté de l'exercice. Dommage.

Baleine - Club Van Helsing - 2007

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22 juin 2015

LES HOMMES FRENETIQUES - ERNEST PEROCHON

MarSF0388-1971

Plusieurs millénaires après notre époque, alors que la Terre est sur le point de sombrer dans une guerre totale, un savant de renom s'inquiète de l'issue d'un nouveau conflit dans un monde où la science a permis la création d'armes redoutables.

"Les hommes frénétiques" est la seule incursion d'Ernest Pérochon dans le domaine de la science-fiction, ce qui est bien dommage au regard de la qualité de son roman. Il nous livre une œuvre remarquable empreinte d'un pessimisme profond du sans aucun doute à l'époque à laquelle il fut rédigé. Ecrit une dizaine d'années après la fin de la première guerre mondiale, il y exprime en effet son dégoût des combats et sa crainte d'un nouveau conflit encore plus destructeur.


Il le fait avec beaucoup de distance et d'ironie, à la manière d'un cours magistral donné par un maître de conférences. Une véritable leçon d'histoire où il nous raconte comment l'humanité, pourtant échaudée par un premier affrontement qui manqua l'exterminer, remit le couvert quelques centaines d'années plus tard. Ce mode de narration empêche toute empathie avec les rares personnages auxquels il s'intéresse. Il est vrai que ces derniers font partie de ces scientifiques auxquels il fait endosser une bonne part de responsabilité dans les hécatombes militaires.


C'est d'ailleurs l'une des idées forces de son roman. Tout du long, Pérochon plaide en faveur d'une science plus responsable. Selon lui, le savant devrait toujours avoir à l'esprit l'usage néfaste qui pourrait être fait de ses découvertes. Il déplore le fait que leurs recherches ne soient pas davantage encadrés :
« Sous le prétexte de liberté individuelle, le savant demeurait maître de ses actions tout aussi bien que le mortel le plus inoffensif » et propose même une mise sous tutelle de leur activité.


Les scientifiques ne sont pas ses seules cibles. Il s'en prend aussi violemment aux hommes politiques : «Ils avaient le courage obstiné, l'orgueil claironnant des grands féodaux chrétiens, des hardis chefs d'État, d'armées ou de bandes. Ils en avaient aussi l'ignorance sereine et la profonde insouciance. Et, derrière ces aveugles, on entendait déjà le piétinement des foules aventureuses et crédules» et dresse quelque portraits au vitriol de ces orateurs populistes qui n'aiment rien tant que diviser les peuples pour mieux les opprimer.


La religion, la nationalité, l'idéologie sont aussi présentés comme des facteurs de division :
« Harrison soulignait le danger des misérables rivalités ethniques et corporatives. L'humanité était trop puissamment armée pour jouer encore à ces jeux hasardeux ». Ici, ce qui sépare les belligérants est encore plus dérisoire puisqu'il s'agit de leur position sur le maillage du réseau énergétique qui quadrille la Terre. La guerre entre les parallèles et les méridiens est donc totalement absurde : « On ne trouvait point chez la plupart des meneurs, de convictions profondes et raisonnées. Il n'existait, d'ailleurs, entre les deux groupes, aucun conflit réel d'intérêts, mais ce qui était pire, une absurde opposition sentimentale, une grandissante aversion née du goût, longtemps comprimé, de la lutte et de l'aventure».  Pérochon insinue ainsi que les conflits ont rarement des motifs sérieux mais sont simplement le fruit du besoin atavique que l'homme éprouve à affronter ses semblables.


Et pour le satisfaire, l'homme n'est pas avare d'idées : guerre chimique, bactériologique, météorologique, tout lui est bon. Avec un peu de complaisance et un humour bien noir, il nous raconte sur plusieurs dizaines de pages les ravages de cette nouvelle guerre mondiale. Il s'attarde en particulier à décrire les effets abominables des féériques, une arme effrayante et mal maîtrisée. Peut-être espère-t-il, en le choquant, provoquer une prise de conscience chez le lecteur. Ses descriptions font en tout cas froid dans le dos :
« Des chiliens aveugles, phosphorescents et hilares, fouissaient verticalement les parties meubles du sol et n'avaient de répit qu'ils ne fussent enterrés la tête en bas » ;
« ...des mexicains rongeaient en pleurant le crâne de leurs enfants, mais après l'avoir épilé avec des précautions minutieuses et une tendresse infinie » ;
« Cinq millions de chinois du Yunnam parallèle eurent, tout à coup, des os cassants comme verre ; les malheureux périrent au bout de peu de temps, après d'atroces souffrances, le squelette émietté, la chair bourrée d'esquilles » ;

« Les persans d'un alignement général surpeuplé devenaient en quelques heures poilus, griffus, prodigieusement sexués ; comme si une force invisible les eût poussés aux étreintes mortelles, ils s'agglutinaient en essaims et, râlant de fureur, s'étouffaient mutuellement ».


Malgré ce déchaînement de violence et de bêtise, les trois derniers chapitres concluent le livre sur une note d'espoir, l'humanité parvenant à éviter de justesse l'extinction totale. Mais, ultime pied de nez de l'auteur envers cette race humaine si obtuse et belliqueuse, cette renaissance sera le fait d'un couple de parfaits idiots.


Au vu de ce qui précède, peut-on dire des
"Hommes frénétiques", qu'il est un roman prophétique ? La ressemblance avec les évènements de la première moitié du XXème siècle est en tout cas troublante et ses féériques préfigurent sans conteste l'arme atomique. De toute évidence, Ernest Pérochon avait une vision extrêmement pessimiste de l'avenir de l'homme et craignait, avec raison, que sa science ne progresse plus vite que sa sagesse.

Bibliothèque Marabout - 1971

17 juin 2015

LA FARCE DU DESTIN - J-B POUY ET PATRICK RAYNAL

9782915438048_1_m

Gégé et Lulu, alias Jésus et Lucifer, s'emmerdent copieusement. Pour passer le temps dans le rade où ils ont leurs habitudes, ils s'adonnent à un jeu de rôle grandeur nature, histoire de voir si leurs créatures arrivent encore à les surprendre. Avec Mado la strip teaseuse et Antoine le moine tourier, ils ne vont pas être déçu.

Pouy et Raynal ont dû s'amuser comme des petits fous en écrivant ce roman à quatre mains. Ils ont en tout cas profité de l'occasion pour se laisser aller à leur amour du bon mot.

Ca commence dès le titre avec un petit clin d'œil à Verdi, pour ne plus jamais s'arrêter. Philosophie de comptoir (Avant de créer le monde, Dieu a sûrement fait un stage dans un magasin de farces et attrapes), jeu de mots facile (Te v'là bâillonné comme un jambon) ou plus subtil (Il va se faire sonner les cloches et ça lui fout d'avance le bourdon), c'est un véritable feu d'artifice.


Côté histoire en revanche, nos deux compères se sont beaucoup moins foulés. Cette rencontre improbable entre un moine et une effeuilleuse n'est qu'un prétexte permettant la confrontation de deux univers extrêmement différents. Un télescopage riche de dérapages en tout genres auquel vient se greffer, vieux réflexe des nos deux polardeux, une petite intrigue policière avec des mafiosis russes qui désirent voler le reliquaire d'une abbaye (Ils veulent tirer la châsse !).


Mené à cent à l'heure, le récit est entrecoupé de conversations entre Dieu et Diable, riches de réflexions parfois plus profonde qu'il n'y paraît sur la nature humaine. Bref, une agréable petite friandise à déguster un soir de déprime.

Les Contrebandiers Editeurs - 2008

10 juin 2015

LE DIEU DE LUMIERE - JEAN-PIERRE ANDREVON

FnAnt1656-1988En 2003 la Terre est dans une situation critique. La surpopulation conjuguée à une pression économique accrue ont considérablement obérées ses ressources, obligeant l'humanité à envisager un exode vers une autre planète. Un vaisseau spatial capable de voyager à la vitesse de la lumière est donc apprêté pour tenter de découvrir un monde susceptible d'accueillir de futurs colons. Ses quatre membres d'équipage ignorent encore qu'ils vont faire un voyage dans l'espace... et dans le temps.

Jean-Pierre Andrevon est décidément un grand conteur. Il le prouve une fois encore avec ce roman qui ne brille pourtant pas par l'originalité de son intrigue. Le thème de la découverte d'une exoplanète, qu'elle soit habitée par une peuplade primitive ou au contraire extrêmement évoluée, est en effet un classique du space-opera. Quant au coup de la « boucle temporelle » on nous l'a déjà fait et ce n'est pas Stefan Wul et son "Orphelin de Perdide" qui nous diront le contraire.

Pour autant, j'ai été immédiatement happé par cette histoire d'expédition spatiale et de voyage supra-luminique. En premier lieu parce que les quatre spationautes que l'auteur nous propose de suivre sont extrêmement sympathiques. Deux hommes et deux femmes aux caractères très marqués, qui animent agréablement le récit de leurs chamailleries, de leurs débats et de leurs ébats.

En second lieu grâce à la remarquable inventivité dont fait preuve l'auteur. Qu'il s'agisse des vaisseaux spatiaux ou des deux mondes qui seront visités, il déploie une imagination riche et colorée qui ajoute beaucoup aux aventures de ses quatre héros.

Finalement, mon seul véritable regret concerne la conclusion du roman. On comprend très vite que la solution aux questions que se posent les quatre compagnons est liée à un paradoxe temporel et qu'ils marchent, comme qui dirait, sur leurs propres traces. Cela n'enlève toutefois pas trop au plaisir de cette lecture, attrayante et dépaysante.

Fleuve Noir Anticipation - 1988

5 juin 2015

CRIANT DE VERITE - KÂÂ

fn-frayeur20-1995David Grandfons est un jeune écrivain un peu excentrique qui vit retiré au fin fonds de l'Auvergne entre sa chatte, son cheval, son piano à queue et sa traction avant. Au cours d'une de ces balade en forêt qu'il affectionne, il ramasse un objet brillant perdu par un cavalier qui prend la fuite en l'apercevant. En examinant de plus près sa trouvaille, David découvre qu'il s'agit d'une sculpture en or massif reproduisant avec une fidélité stupéfiante une main de femme. Intrigué, il décide de mener sa petite enquête...

Bien que publié dans cette collection frayeur où pullulent fantômes, loups-garous et autres vilaines bêbettes, ce roman aurait bien davantage sa place dans une collection de romans noirs ou, à la limite, de romans gore. On y trouve en effet aucun élément d'ordre surnaturel, juste un grand méchant issu du croisement improbable entre un savant fou et un artiste déjanté.

L'enquête que l'auteur nous propose de suivre commence plutôt bien. Le cadre n'est pas banal et le personnage principal ne manque pas d'intérêt non plus. Cet écrivain épris de solitude est en effet fort sympathique, travaillé par ses passions et sa quête de la beauté sous toute ses formes. Un héros qui s'avérera cependant bien démuni face à un trio de malfaisants sans scrupules dont une femme animée d'un besoin viscéral de faire le mal.

Mais, en dépit de quelques scènes sanguinolentes et grand guignolesques saupoudrées d'une pincée de cul, l'histoire peine à maintenir intact l'intérêt du lecteur. Il lui manque un peu de suspens ou de tension et peut-être l'auteur dévoile-t-il trop vite l'identité et la personnalité des coupables.

La fin est également un peu précipitée et un rien confuse. Les trois assassins sont pistés par beaucoup trop de personnes puisque ce sont pas moins de quatre couples qui leur filent le train. Nous suivons ainsi alternativement un duo formé par une journaliste et une de leurs victimes, un autre composé du héros et d'un ancien complice ainsi que deux paires de gendarmes et de policiers... voilà qui ne facilite pas la fluidité du récit.

Il y a heureusement une atmosphère. La montagne auvergnate à l'automne, la brume et la pluie, les petits restos de campagne où l'on déguste le tripoux ou l'aligot. Bref, divertissant, sans plus.

Fleuve Noir Fraur - 1995

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  • Blog consacré à mes lectures dans les domaines de la fantasy, du fantastique et de la science fiction. Mais comme je ne suis pas sectaire et que mes goût sont assez éclectiques, il n'est pas exclu que j'y parle aussi d'un bon polar ou d'un essai.
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