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31 octobre 2013

LA LEGENDE DES NIVEAUX FERMES - GILLES THOMAS

FnAnt1764-1990Voilà longtemps que Gerd cherche un moyen d'échapper à la condition d'esclave qui est le lot de tous les hommes de la Matriarchie. Mais quand on est un simple jardinier du secteur 42-23 Sud il n'y a guère d'espoir de voir son sort s'améliorer. Aussi, lorsque Josep le chanteur lui apprend que les "niveaux fermés" dont parle la légende existent bel et bien, il persuade ses amis de le suivre dans la recherche de cette zone de liberté où d'anciens révoltés auraient trouvés refuge. Josep les accompagnera. Ainsi que que son amante...

Gilles Thomas est décidément un fantastique conteur capable de vous embarquer dès la première page pour ne vous lâcher qu'à la toute dernière. Elle en fait une fois de plus la démonstration avec ce roman qui n'est pourtant pas des plus originaux.

Une société matriarcale où les femmes ont asservis les hommes ; déjà lu. Un monde souterrain dans lequel l'humanité à trouvé refuge des siècles plus tôt ; pas neuf non plus. Un groupe d'hommes déterminés à secouer leur carcan ; on s'en doute un peu. Quant à la chute, elle se laisse deviner quasiment dès le début (à votre avis que signifie "l'arli" pour des gens qui vivent sous terre ?).


Mais ce manque d'originalité disparait bien vite derrière la maîtrise avec laquelle tout cela nous est conté. Il lui suffit d'un petit chapitre pour tout mettre en place (décor, personnages, enjeux) et dès le second nous sommes plongés au cœur de l'action. Varappe dans les conduits d'aération, lutte contre une faune mutante, faim, soif, fatigue et désespoir. De quoi passer de bons moments d'angoisse et d'émotion.

Et ce n'est pas tout. Les relations tendues entre hommes et femmes viennent ajouter un parfum de haine et de suspicion dont on se demande sur quoi il va bien pouvoir déboucher. A cet égard, leur lente remontée vers la surface a des allures d'allégorie. Partageant les mêmes épreuves, contraints de s'entraider, les deux sexes finiront par surmonter leurs dissensions : "Nous étions deux, mais totalement unis. Un homme et une femme, qui avaient réussi à se rejoindre malgré l'abîme des coutumes de la Matriarchie, et qui s'acceptaient." Ils démontreront ainsi que pour vivre ensemble, il faut aller vers l'autre et apprendre à le connaître.

Ces éléments de réflexion qui n'entravent en rien le cours du récit sont l'une des choses que j'apprécie chez Gilles Thomas. Ses personnages ne sont jamais monolithiques. Ils ont des défauts, ils doutent, ils sont humains. Tout cela nous donne un bon roman, peut-être un tantinet en-deçà de ses meilleurs opus (L'ange aux ailes de lumière, Les voies d'Almagiel...) mais néanmoins fort recommandable.

Fleuve Noir Anticipation - 1990

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26 octobre 2013

L'HOMME AUX MAINS DE CIRE - JULES CLARETIE

glenat-marginalia13-1978Jules Clarétie m'étant totalement inconnu, je suis allé wikipédier pour me faire une idée du monsieur. Né en 1840, mort en 1913. Romancier, historien, dramaturge et chroniqueur ; président de la Société des gens de lettres, vice président de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, administrateur général de la Comédie Française et membre de l'Académie Française. Ouf ! Voilà un emploi du temps bien chargé mais qui, semble-t-il, lui a laissé le temps d'écrire quelques nouvelles.  

Celle qui donne son titre au présent recueil a pour thème le vampirisme. L'histoire commence de façon tout à fait classique sur un épisode de la vie aventureuse d'un jeune français. Tous les ingrédients inventés par le papa de Dracula sont évoqués : la Valachie, un mystérieux homme au teint cadavérique, une jeune victime, la vengeance du père, le pieux dans le cœur... rien ne manque à l'appel. Puis nous revenons à Paris où l'histoire va connaître un prolongement dramatique qui jettera un doute sur l'aspect fantastique du récit de Ange-Gontran de Rouvre (tu parles d'un blase !). Ce dernier va en effet reconnaître dans un jeune homme aux mains particulièrement pâles, le vampire rencontré des années plus tôt. Or, cet individu s'intéressant de près à sa fiancée, il sera poussé à commettre l'irréparable. Ceci dit, Ange-Gontran avoue lui-même croire au magnétisme, aux sorciers, aux nécromants, à la magie, au spiritisme, à la chiromancie, bref, à tout ce qui est inexplicable. Aussi ne faut-il pas s'étonner de le voir sombrer dans une paranoïa sans doute suscitée par sa jalousie.

Bien que se déroulant aussi à Paris, le second texte présente toutes les caractéristiques du roman russe à la Pouchkine. Serge Soménof compose en effet un bel exemple de héros romantique. Tourmenté, passionné, révolté mais néanmoins respectueux de ses devoirs, écartelé entre son attachement au milieu aristocratique dont il est issu et son rejet d'un régime archaïque et violent. La nouvelle s'ouvre d'ailleurs sur un long portrait du jeune homme et sur quelques épisodes militaires de sa jeune mais déjà triste existence. Mais le drame qui va se dérouler a bel et bien pour cadre Paris. Celui de la bonne société avec son aristocratie et ses parvenus ; celui des demi mondaines et des jeunes filles sorties du couvent pour le mariage ; celui des querelles qui se vident sur le pré au petit matin. Or, c'est précisément d'un duel dont il sera question et des diverses tentatives dont usera Serge pour éviter à son ami une mort certaine. Ce récit écrit à une époque où les duels étaient encore monnaie courante est aussi un petit réquisitoire contre ces soit disant affaires d'honneur. Les réflexions de l'un des duellistes réalisant qu'il risque de tout perdre à cause d'un instant de colère illustrent bien le ridicule de cette coutume barbare.

Avec Le premier jugement de Salomon, nous changeons de cadre et d'époque. C'est la Judée au temps du bon roi David et de son jeune fils Salomon. Une petite nouvelle amusante où le futur roi réputé pour sa sagesse fait preuve d'humour et d'esprit.


Histoire d'une ganache est un récit très court ; à peine cinq petites pages. Pour sauver l'honneur de la femme dont il est amoureux, un homme endosse la paternité d'un autre en l'épousant. Ce faisant, il devient la risée du village et des environs. Il fera pourtant preuve d'un don de soi encore plus extraordinaire et prouvera par la même occasion qu'il n'est pas la ganache que l'on croyait.

Voilà donc quatre récits dans lesquels le fantastique et le merveilleux ne jouent aucun rôle mais où le destin est néanmoins aux commandes. Un sort qui se joue des actes des personnages, les transformant en de ridicules marionnettes dont les fils seraient tenus par des parques vicieuses. Chacune de ces histoires illustre aussi quelques uns des grands défauts de l'homme : la jalousie, le sens de l'honneur exacerbé, la soif de triomphe. «Vanité des vanités, tout est vanité » nous dit l'écclésiaste, à quoiJules Claretie fait écho : « Le cri de l'amour-propre parle quelquefois plus haut que celui de la conscience ».

Glénat - Marginalia - 1978

21 octobre 2013

LA CORRECTION - BERNARD FLORENTZ

fn-frayeur07-1994

Depuis le décès de son mari, Jackie reprend petit à petit goût à la vie. Finies les raclées et les insultes. Terminée la terreur quotidienne. Elle peut désormais penser à elle et, qui sait, refaire sa vie. Avec Louis Cornillon par exemple, le gentil pharmacien qui la couve de son regard énamouré. Mais le mistral qui souffle sur Marseille semble porteur d'une aura maléfique qui pourrait bien réveiller les morts et les esprits torturés. Et si son époux revenait la faire souffrir !

Décidément, Bernard Florentz aime bien les zombies. Déjà, La femme morte mettait en scène le cadavre d'une prostituée qui reprenait vie pour assouvir sa vengeance contre son proxénète. Cette fois, il s'agit d'un homme décédé depuis peu qui décide de sortir de sa tombe pour retourner emmerder une épouse pourtant bien contente de sa disparition.

Celle-ci a en effet toutes les raisons d'être satisfaite de son veuvage. Son époux était un individu détestable, alcoolique et violent. Il ne se passait pas un jour sans qu'il ne la batte. Sans compter les humiliations de toutes sortes, les viols et la torture psychologique (il la forçait à écouter du Richard Kledermann !). Bref, quand le bonhomme s'est aplati comme une crêpe après une chute du haut d'un échafaudage, elle ne l'a pas regretté bien longtemps. Elle demeure néanmoins un peu perturbée et hésite encore à refaire sa vie.

Ce portrait de femme battue est sans doute ce que le roman nous propose de mieux. La description du calvaire de Jackie m'a paru assez juste. Sont notamment bien rendus ses terreurs journalières, son incapacité à s'en sortir et le vague sentiment de culpabilité que son tortionnaire parvenait à instiller dans son esprit.

En revanche l'histoire frise, une fois encore, le ridicule. Passés les trois premiers chapitres et les nombreux flash-backs qui exposent la situation, l'action se résume à un long huis clos qui voit Jackie aux prises avec son époux d'outre-tombe et deux affreux ectoplasmes.

Bon, ça passe tout de même mieux que dans son précédent roman. C'est plus second degré. Beaucoup plus marrant aussi. La scène où l'affreux macchabée essaye de violer son épouse mais pars en morceaux avant d'y parvenir est assez comique.

Côté style, Bernard Florentz confirme son goût pour les images et les métaphores. Mais cette recherche constante de l'allégorie, ces effets de langage me semblent surtout destinés à masquer la faiblesse de l'intrigue. Ainsi de ce gimmick sur le mistral (imagine un faune dansant nu sur la plage, imagine un capitaine sans visage débarquant sur le quai, imagine l'affolement d'un homme jeté dans une benne à ordure... et bien d'autres) qui revient à de trop nombreuses reprise, chacune plus improbable que la précédente. Et le coquin en a d'autres dans son sac, et des pas piquées des vers : «La lune de novembre, lourde et pleine à craquer de vaisseaux engloutis et d'enfants morts. », « La bouche de Jackie se tordit comme un beignet chinois dans l'huile bouillante".

Ce roman est donc légèrement, mais alors vraiment très légèrement, meilleur que le précédent. Il y a donc une petite, mais alors une très petite chance pour que je lise le troisième qui traîne dans ma bibliothèque. Eh oui, j'ai toute la collection Frayeur achetée en lot pour un prix dérisoire !

Fleuve Noir - Frayeur - 1994

 

16 octobre 2013

LE MANOIR DES SORTILEGES - SERGE BRUSSOLO

ldp17203-2001

Lorsque son maître meurt au cours d'un sanglant tournoi, Gilles devient la propriété d'un bien étrange seigneur. Foulques de Braz est en effet un chevalier peu ordinaire qui ne quitte jamais son armure rouillée et prétend être la victime d'une malédiction qui l'oblige à se nourrir de chair humaine. Mais son invincibilité en fait le parfait candidat pour les missions les plus dangereuses. Le voici donc chargé par un inquisiteur de mettre la main sur un grimoire de sinistre réputation. En compagnie de Gilles et de Tara, une jeune égyptienne versée dans les écrits sataniques, il entreprend de fouiller le château de Lilith de Niel, la bergère devenue châtelaine grâce à ses formules démoniaques et ses philtres d'amour.

Lorsqu'il s'agit de donner dans l'étrange ou l'ambiguë Serge Brussolo n'est jamais en reste. Cette fois c'est l'imagerie populaire des contes de fées qui a les honneurs de son imagination sans limite. Ogre, sorcière, géant assoupi, loups et brebis son conviés à une drôle d'histoire où il ne faut toutefois pas se fier aux apparences.

Brussolo a du métier. Il s'est bien documenté et son moyen âge est plutôt réaliste. Le vocabulaire médiéval sonne juste tout comme le décor ou les mentalités des personnages. Des personnages guère sympathiques, victimes de leur passion ou de leur folie. Seul Gilles, l'écuyer narrateur, semble sain d'esprit même s'il demeure prisonnier de ses superstitions. Ces trois alliés de circonstances vont vivre un huis clos particulièrement délétère dans un château où chaque pièce recèle son lot de périls.

La demeure de la bergère diabolique est en effet truffée de pièges. Bibliothèques aux étagères à bascule déclenchant des avalanches de livres, grimoires empoisonnés, chandelles farcies de poudre, le moindre objet peut s'avérer mortel. Sans oublier le troupeau de moutons qui a élu domicile à l'intérieur des murailles et qui semble n'avoir de cesse de les précipiter du haut des remparts. Il leur faudra donc faire preuve de patience et de ténacité pour surmonter ces épreuves et mettre la main sur le mystérieux livre.

La chute est bien amenée et assez surprenante. Elle permet surtout de dégonfler la fantasmagorie qui imprégnait jusqu'alors le récit. Tout reprend de justes proportions, le surnaturel disparait et laisse place à une réalité bien plus prosaïque. Comme le dit la jeune Tara, une sorcière c'est avant tout une bonne empoisonneuse, une femme versée dans la chimie et connaissant les propriétés des plantes.

Mais avec Brussolo, le fantastique ne disparait jamais totalement tant est grande sa capacité à vous transporter vers les hypothèses les plus folles à partir de simples détails. Sous sa plume les moustiques se transforment en fées dont chaque baiser vous vole un souvenir et des enfants jouant au milieu des menhirs deviennent des lutins malintentionnés. De quoi espérer encore quelques jolies pages empreintes de mystère avec ses autres "romans médiévaux".

Editions du Masque - Le Livre de Poche - 2001

 

11 octobre 2013

LE JOUR DES TRIFFIDES - JOHN WYNDHAM

terrbrume246-2005

Pour avoir assisté à une spectaculaire pluie d'étoiles filantes, la quasi-totalité de l'humanité a perdu la vue. Seuls quelques chanceux ont échappé au fléau et se demandent comment venir en aide aux hordes d'aveugles qui tentent de survivre dans un monde devenu soudain périlleux. Mais le pire est encore à venir. Les triffides, des plantes d'origine extra-terrestre, carnivores, dotées de pseudopodes et de flagelles dont la piqure est mortelle, ont quittés les enclos ultra sécurisés où elles étaient cultivées pour leurs qualités nutritives. Elles menacent désormais les millions d'humains devenus des proies faciles. A Londres, William Masen est confronté à un choix cornélien : assurer sa survie sans s'occuper des autres ou sauver les non-voyants de ces terribles prédateurs.

Le jour des Triffides est l'un des tout meilleurs post-apo que je connaisse. C'est en tout cas l'un de ceux qui explore le mieux la question du choix de l'organisation sociale qui s'offre aux survivants. Quel type de société doit succéder à la civilisation qui vient de s'écrouler ? Lequel sera le plus à même d'assurer leur sécurité et de permettre un "redémarrage" ? Voilà l'enjeu fondamental qui s'impose aux personnages.

William Masen, le héros de ce livre, aimerait ne pas avoir à choisir. Profondément individualiste, il n'est pas prêt à troquer sa liberté contre n'importe quel projet de vie. Malheureusement pour lui, les circonstances font le faire à sa place et lui faire expérimenter différents modèles communautaires.

Le premier dont il tâtera est le régime théocratique instauré par Miss Durrant dans le manoir de Tynsham. Une société conservatrice qui prône la perpétuation des anciennes règles de vie et le respect des dogmes religieux. Une organisation sclérosée qui lui semble vouée à l'échec car incapable de s'adapter à un nouvel environnement.

Le second semble plus viable même s'il s'agit là encore d'un modèle fort ancien. Torrence cherche en effet à mettre en place un régime féodal avec résurgence du lien de vassalité. Il proposera ainsi à notre héros de « régner » sur une peite seignerie héréditaire et de bénéficier de la protection d'un suzerain en échange d'une totale soumission.

Finalement, la forme de société qui emportera l'adhésion de Masen est celle mise en place par le docteur Vorhess. Guidée par les seules considérations utilitaires, sans restrictions de liberté autres que celles rendues nécessaires par la vie en communauté, la colonie d'Elspeth Gary sur l'île de Wight, est aussi celle qui offre les meilleurs chances de succès sur les triffides.

En conclusion, et ce n'est pas une surprise, la religion, la force et la raison sont bien les fondements des systèmes politiques qui, de tout temps, se sont disputés le pouvoir. Bien sûr, aucun d'eux n'est exempt de défauts et Masen aurait préféré continuer à vivre en dehors de tout système. Toutefois, pour assurer sa sécurité et celle de ses proches, il devra choisir car, ainsi qu'il finira par l'apprendre, hors la société, point de salut !

Terre de brume - Poussières d'étoiles - 2005

 

 

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6 octobre 2013

VOUS PLAISANTEZ, MONSIEUR TANNER - JEAN-PAUL DUBOIS

Livre - Dubois - Tanner

La vie de Paul Tanner, documentariste animalier de son état, est bouleversée le jour où il hérite de la maison de son oncle dans les environs de Toulouse. Désireux de restaurer la vieille bâtisse, il va se retrouver confronté aux pièges et chausses trappes d'une corporation redoutable : les ouvriers du bâtiment.

Tous ceux qui ont déjà eu affaire à un plombier, un électricien ou un maçon se retrouveront dans Paul Tanner. Enfin, presque. Parce que le pauvre semble avoir une poisse incommensurable. Il attire les ouvriers les plus farfelus ou les moins compétents et se retrouve invariablement plongé dans les situations les plus invraisemblables.

Il devra tour à tour affronter des couvreurs voleurs, un peintre qui refuse de se tacher, un électricien mystique, un chauffagiste dépressif, un fumiste irascible et bien d'autres tout aussi loufoques. Il lui faudra apprendre les idiomes les plus divers de cette internationale laborieuse qui parle russe ou arabe, décrypter les devis, traduire des notices, manier toutes sortes d'outils et composer avec la météo.

Il devra enfin subir les coups du sort : les orages, les inondations, les courts circuits sans oublier bien sûr les retards, les malfaçons et les "petits suppléments" qui viennent grossir le montant de la facture.

Drôle de bout en bout, ce livre réjouissant dont les courts chapitres se dévorent en un rien de temps, vous fera passer un bien bon moment. Il vous donnera aussi une furieuse envie de rester locataire.

Editions de l'Olivier - 2006

 

1 octobre 2013

LE LONG DETOUR - A. BERTRAM CHANDLER

albin-supfic46-1980

Lorsque vous êtes perdu dans le temps et dans l'espace et que l'équipage de votre vaisseau menace de se mutiner, il y a de quoi regretter d'avoir rempilé. Heureusement, le commodore Grimes en a vu bien d'autres au cours de sa longue carrière et il est bien décidé à ramener tout son petit monde sur Terre. Sur Terre, oui, mais à quelle époque ?

En lisant ce roman j'avais le sentiment de revoir un bon vieil épisode de Star Trek. Un vaisseau spatial explorant les confins de la galaxie, un commandant compétent et facétieux, de longs échanges de points de vue entre officiers dont chacun a sa spécialité (radio, biologiste)... tout me rappelait la célèbre série des années soixante.

D'ailleurs, de même que celle-ci évoquait les aventures du commandant Kirk, ce livre s'inscrit dans un important cycle de romans mettant en scène le commodore Grimes à divers moment de son existence. Dans celui-ci, il est question d'une rencontre avec nos voisins les martiens et de voyage dans le temps.

Bertram Chandler y manie le paradoxe temporel avec bonheur et s'en sert pour expliquer quelques-uns des mystères qui entourent la planète rouge, ses canaux ou son absence de vie. Cela lui permet aussi d'élaborer une théorie amusante sur les origines de certaines religions et une explication inattendue au mythe de la baleine de Jonas.

D'une manière générale l'humour est très présent, qu'il tienne aux relations entre Grimes et son épouse acariâtre (qu'elle idée d'emporter sa femme en mission) ou à leur confrontation avec les habitants de la Grèce archaïque. J'ai bien rit à l'occasion d'un repas qui tourne à l'orgie romaine ou à la façon peu conventionnelle dont un duel protocolaire se conclue.

Avec son rythme soutenu, son action, son humour, ce roman constitue un cocktail idéal pour se divertir le temps d'une ou deux soirées. On regrettera juste une entrée en matière un peu rapide (à peine une demi-page pour éclaircir la situation des personnages en début de roman), et une fin non moins abrupte.

Albin Michel - Super Fiction - 1980

 

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  • Blog consacré à mes lectures dans les domaines de la fantasy, du fantastique et de la science fiction. Mais comme je ne suis pas sectaire et que mes goût sont assez éclectiques, il n'est pas exclu que j'y parle aussi d'un bon polar ou d'un essai.
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