BUNKER - SERGE BRUSSOLLO
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Premier des trois romans mettant en scène le personnage d’Oswald Caine, quadragénaire baroudeur et auteur de littérature populaire, « Bunker » n’est assurément pas du niveau des deux suivants (oui j’ai lu la trilogie dans le désordre mais, comme souvent chez l’ami Serge, cela n’est pas du tout gênant).
Et pourtant, tous les ingrédients d’un bon « Brussolo » étaient réunis : une société en déliquescence, des milices toutes puissantes qui font régner la peur et la violence, une maison inquiétante peuplée des « fantômes » de ses derniers habitants, un trésor mystérieux, il y avait a priori de quoi faire.
Malheureusement, l’auteur ne s’est guère foulé question intrigue. Il s’est contenté de développer deux fils narratifs assez simplistes et qui, au premier abord, ne semblent pas avoir grand-chose en commun. D’une part, une chasse au trésor de guerre nazi dissimulé dans un petit coin d’Amérique latine. De l’autre, une passionaria révolutionnaire qui souhaite se venger d’un dictateur local.
Le premier nous propose un quasi huis-clos dans une maison-bunker construite sur une île. Demeure tarabiscotée tombant en décrépitude, passages secrets et face à face délétère avec un concierge dangereusement fantasque sont au menu de ce versant du récit. Pour le second, c’est une ville quasi désertée de ses habitants qui sert de décor. Une cité balnéaire où la végétation et la faune sauvage reprennent peu à peu leurs droits, où les derniers citadins se terrent dans des appartements transformés en fortins et vivent dans une atmosphère de crainte permanente.
Comme toujours, l’auteur nous abreuve d’idées hallucinantes et de fulgurances démentielles et, sans que l’on comprenne trop comment, les deux fils conducteurs finissent par se rejoindre pour un final d’une ironie macabre et déprimante.
Ceci étant, il manque à ce roman un petit quelque chose pour le hisser au niveau des meilleurs opus de l’auteur. Pas assez original, pas assez surprenant, pas assez délirant, « Bunker » est un Brussolo relativement moyen. Mais un Brussolo moyen, c’est déjà très bien !
Le Livre de Poche - 2006
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