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28 janvier 2024

BUNKER - SERGE BRUSSOLLO

Premier des trois romans mettant en scène le personnage d’Oswald Caine, quadragénaire baroudeur et auteur de littérature populaire, « Bunker » n’est assurément pas du niveau des deux suivants (oui j’ai lu la trilogie dans le désordre mais, comme souvent chez l’ami Serge, cela n’est pas du tout gênant).

 

Et pourtant, tous les ingrédients d’un bon « Brussolo » étaient réunis : une société en déliquescence, des milices toutes puissantes qui font régner la peur et la violence, une maison inquiétante peuplée des « fantômes » de ses derniers habitants, un trésor mystérieux, il y avait a priori de quoi faire. 

 

Malheureusement, l’auteur ne s’est guère foulé question intrigue. Il s’est contenté de développer deux fils narratifs assez simplistes et qui, au premier abord, ne semblent pas avoir grand-chose en commun. D’une part, une chasse au trésor de guerre nazi dissimulé dans un petit coin d’Amérique latine. De l’autre, une passionaria révolutionnaire qui souhaite se venger d’un dictateur local. 

 

Le premier nous propose un quasi huis-clos dans une maison-bunker construite sur une île. Demeure tarabiscotée tombant en décrépitude, passages secrets et face à face délétère avec un concierge dangereusement fantasque sont au menu de ce versant du récit. Pour le second, c’est une ville quasi désertée de ses habitants qui sert de décor. Une cité balnéaire où la végétation et la faune sauvage reprennent peu à peu leurs droits, où les derniers citadins se terrent dans des appartements transformés en fortins et vivent dans une atmosphère de crainte permanente.

 

Comme toujours, l’auteur nous abreuve d’idées hallucinantes et de fulgurances démentielles et, sans que l’on comprenne trop comment, les deux fils conducteurs finissent par se rejoindre pour un final d’une ironie macabre et déprimante.

 

Ceci étant, il manque à ce roman un petit quelque chose pour le hisser au niveau des meilleurs opus de l’auteur. Pas assez original, pas assez surprenant, pas assez délirant, « Bunker » est un Brussolo relativement moyen. Mais un Brussolo moyen, c’est déjà très bien !

 

Le Livre de Poche - 2006

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21 janvier 2024

FACE AU DRAPEAU - JULES VERNE

Thomas Roch a mis au point une arme nouvelle convoitée par toutes les nations. A défaut de payer le prix exorbitant exigé par l'inventeur, le gouvernement américain l'a fait interner dans une maison de repos où il est surveillé à son insu par un ingénieur français qui espère percer ses secrets au profit de la France. Mais les deux hommes sont bientôt enlevés par le richissime et mystérieux comte d'Artigas...

 

"Face au drapeau" n'est pas le plus connu des livres de Jules Verne et, après l'avoir lu, j'avoue ne pas en être autrement surpris. Il s'agit en effet d'une histoire assez insipide qui ne fait que recycler, sans rien leur apporter de neuf, les idées de certains de ses romans précédents. On n’est donc guère étonné d'y trouver un sous-marin révolutionnaire, une base secrète au coeur d'une caverne sur une île déserte et une arme incroyablement dévastatrice.

 

Certes le comte d'Artigas n'est pas mû par les mêmes motivations qu'un Némo ou un Robur. C'est un bandit de la pire espèce qui ne cherche ni à prouver la supériorité de ses idées, ni à faire disparaître les navires militaires qui souillent les océans. Il n'est pas non plus l'inventeur du fulgurateur, cette arme surpuissante capable de détruire des armées entières. Pour autant, les péripéties qui nous sont narrées rappellent irrésistiblement celles de "Vingt mille lieues sous les mers" ou de "Maître du monde". Le déroulement de l'histoire est d'ailleurs assez semblable à celui de ces deux chefs d'œuvres. Là aussi, il est question de scientifiques enlevés par un homme tout puissant et maintenus en captivité sur un engin de son invention ou dans son repaire. Là encore, les captifs parviendront à faire échec à ses entreprises en agissant de l'intérieur.

 

Pour le reste, " Face au drapeau" s'inscrit dans la veine pessimiste de l'œuvre de Jules Verne qui le voit pointer les dangers d'une science sans contrôle ou aux mains d'individus motivés par de mauvaises raisons : l'argent, la vengeance, le nationalisme...

 

Le Livre de Poche - Jules Verne - 1967

 

14 janvier 2024

ACHERON - ALAIN PARIS

Le thème des mutants possédant des pouvoirs psy est un classique de la SF. La plupart du temps, ce type d'histoires s'attarde sur la lutte qui s'installe entre ces derniers et les humains "normaux" qui s'inquiètent de l'émergence d'une race qui risque de les supplanter. Or, très vite, le combat tourne court en raison de ces pouvoirs fabuleux qui viennent facilement à bout des politiques ségrégationnistes ou génocidaires des autorités. Le roman d'Alain Paris parvient à éviter cet écueil. En premier lieu parce qu'il se termine précisément au moment où ses personnages prennent la mesure de l'étendue de leurs pouvoirs. Ensuite parce qu'il met l'accent sur la façon dont ceux-ci leurs sont révélés.

 

L'auteur s'attarde en effet longuement sur l'origine de ces capacités hors normes et sur leurs premières manifestations. Sa théorie concernant les éruptions solaires et le clignement de temps m'a semblé un peu tirée par les cheveux et le lien entre cet évènement et les pouvoirs psy fort ténu. En revanche, leurs premières manifestations sous la forme de rêves prémonitoires, sont plutôt bien amenées.

 

Mais les pages les plus intéressantes sont celles qui ont trait au recrutement des "mutants" et à leur installation dans une propriété coupée du monde. Les liens qui se tissent entre les six cobayes, les examens qui s'enchainent, le manque de liberté et la surveillance constante, tous les aspects de leur vie sous contrôle sont détaillés et parfaitement rendus. De même des premiers doutes sur les véritables motivations des scientifiques qui les évaluent.

 

A partir de là, tout va très vite. Deux des cobayes s'évadent. Ils sont poursuivis, se défendent et contre-attaquent. Rien que de très classique mais c'est rondement mené et l'auteur n'hésite pas à trancher dans le vif en faisant disparaître des personnages de premier plan sans soucis d'une hypothétique happy-end. "Achéron" est donc un roman efficace que l'on rapprochera avec intérêt de celui que Gilles Thomas a écrit sur le même sujet, dans la même collection (cf : Les ratés).

 

Fleuve Noir Anticipation - 1993

 

Et si vous souhaitez découvrir un autre titre de la collection, ça se passe ici : 

fl no

 

7 janvier 2024

RHIALTO LE MERVEILLEUX - JACK VANCE

"Rhialto le merveilleux" et le quatrième et dernier volume que Jack Vance a consacré à l'univers de la Terre mourante. Vaut-il y voir l'une des raisons de sa moindre qualité ? Un certain essoufflement ? Un manque d'inspiration ? Possible. En tout cas, je me suis passablement ennuyé en lisant les aventures de son héros éponyme. Je n'y ai pas trouvé le dépaysement qui prévalait dans les opus précédents et les trois nouvelles qui composent le recueil m'ont semblé ternes et sans intérêt.

 

Qu'il s'agisse, pour Rhialto et ses confrères, de contrer les manigances d'une redoutable sorcière, de remonter le temps pour retrouver le recueil qui régit les lois de la magie ou de partir au bout de l'univers à la recherche du "Rien", chaque récit se résume à de longs échanges verbeux entre les magiciens ou les créatures qu'ils rencontrent. Il y a bien quelques coups fourrés et quelques retournements de situation mais le plus souvent, on se menace ou on s'invective sans que cela n'aille plus loin. Bref, beaucoup d'effets de manche mais peu d'action.

 

Et puis, en dépit de leur mauvais caractère et de leur suffisance, cette tripotée de magiciens ne souffre pas la comparaison avec Cugel. Ils n'ont ni son aptitude à duper tout un chacun, ni son inventivité pour se sortir des situations les plus invraisemblables. Pour se tirer d'affaire, ils se contentent de s'en remettre à leurs pouvoirs magiques ou d'exploiter les compétences de petits démons familiers. Du coup, on ne les sent jamais vraiment en danger et cela ôte tout de même un peu de suspense et d'attrait à leurs aventures.

 

J'ai Lu - Science-Fiction - 1985

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FLEUVE NOIR
fl no
ANTICIPATION

 

 

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  • Blog consacré à mes lectures dans les domaines de la fantasy, du fantastique et de la science fiction. Mais comme je ne suis pas sectaire et que mes goût sont assez éclectiques, il n'est pas exclu que j'y parle aussi d'un bon polar ou d'un essai.
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