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28 mai 2017

LE LIVRE DE SWA - DANIEL WALTHER

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Après la « Grande Déflagration » et la terrible « Guerre de Cristal » qui suivit, la Terre est revenue à sa sauvagerie primitive. Seuls subsistent quelques îlots de connaissance jalousement conservés dans des forteresses gouvernées par une oligarchie religieuse. Jeune apprenti promit à un brillant avenir, Swa trahit les siens et livre sa Citadelle à la horde de Visage-de-l’Ours, un chef nomade en qui il a décelé les qualités d’un dirigeant charismatique et impartial. Poursuivi par la vindicte des zélateurs du Grand Serpent, il doit fuir dans le Nomansland, territoire immense et dangereux qui conserve intactes les séquelles des cataclysmes passés. 

Cette trilogie parue au Fleuve dans les années 80 est l’une des rares incursions de Daniel Walther dans le domaine de la Fantasy. Encore s’agit-il d’une Fantasy timide où la SF n’a pas abdiqué tous ses droits mais qui respecte néanmoins la plupart des codes du genre. Les combats ont lieu à l’arme blanche, il y a des chefs de guerre et de bien méchants religieux et l’histoire s’ouvre sur le traditionnel apprentissage d’un jeune héros promis à un grand destin.

Après un premier tome très conventionnel mais néanmoins bien mené qui se termine sur la promesse d’une confrontation entre deux camps et deux modes de vie, l’histoire s’enlise quelque peu. Les deux volumes suivants traînent en longueur sans pour autant apporter beaucoup de nouveauté, se résumant à une succession de rencontres, presque toujours mauvaises.

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Swa et ses deux compagnons ne cessent de tomber de Charybde en Scylla et l’on ne compte plus les fois ou tantôt l’un, tantôt l’autre, tantôt les trois, se retrouvent prisonniers et doivent subir les sévices de leurs geôliers. Ils seront notamment captifs d’une vieille folle et de ses mutants assoiffés de sang, de robots pas si bêtes mais trop disciplinés et de peuplades nomades où ils subiront les derniers outrages.

Ils font aussi d’autres rencontres moins déplaisantes mais tout aussi répétitives pour le lecteur. Elles permettent cependant de se faire une idée de ce qu’est devenu le monde après une lointaine apocalypse. L’auteur confronte ses personnages aux débris de l'ancienne civilisation, leur faisant ressentir ce qu’elle pouvait avoir de superbement évolué mais aussi d’immensément dangereuse. Swa se frottera ainsi à divers peuplements humains qui survivent tant bien que mal des vestiges du passé mais dont l’avenir s’assombrit de jour en jour.

Car, et c’est une habitude  chez l’auteur, « Le livre de Swa » nous parle de lutte entre civilisation et barbarie, connaissance et ignorance. Mais qu’on ne s’y trompe pas, ses faveurs ne vont pas forcément aux tenants de la science. Les sociétés évoluées y sont décrites comme corrompues et proches de sombrer tandis que la sauvagerie des jeunes peuplades, sa force brute et destructrice semble porteuse d’un renouveau violent mais salutaire. Bref ses avis sont partagés.

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Pour le reste on se rend compte que Daniel Walther s’est beaucoup amusé à rédiger cette trilogie. Cela se sent notamment dans les noms donnés à certains personnages (Lord Vashar) ou à la longue litanie des titres de Dunja IV de Mahagonny Dumdum, Grande-Duchesse de Carniole, souveraine de Cambrie et régente d’Estrellasz qu’il aime à égrener tant et plus. Ce style un peu précieux ainsi que son goût pour les ambiances baroques et luxurieuses aident heureusement à surmonter l’absence d’une réelle intrigue et nous permettent d’arriver au terme de l’histoire sans trop d’ennui.

Fleuve Noir Anticipation - 1982

 

 

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21 mai 2017

LES CAVALIERS DE LA PYRAMIDE - SERGE BRUSSOLO

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Antonus Crassus Samsalla est à la recherche du trésor d’Ankhnoût qui, selon la légende, serait caché dans les tréfonds d’une pyramide elle-même engloutie dans une poche de sables mouvants. Pour mener à bien son entreprise il lui faut décrypter des hiéroglyphes quasi effacés par l’usure du temps et la seule personne capable d’une telle performance, est une jeune femme sévèrement gardée dans un temple. Il confie son enlèvement à Junia et Shagan, la paire de mercenaires la plus redoutable d’Egypte… 

Serge Brussolo a beau être pourvu d’une imagination époustouflante, il lui arrive parfois d'être moins inspiré et de recycler certaines idées ou certains personnages. C’est le cas avec ce roman dans lequel on retrouve le duo Julia/Shagan, les héros du dyptique du Roi Squelette. Il se permet même de reprendre mot pour mot le récit des origines du cul de jatte et de l’ogresse, s’assurant ainsi une soixantaine de pages à peu de frais.

Tanita Taït est en revanche un personnage tout à fait neuf. Elle rappelle cependant beaucoup celui d'Anouna, l'héroïne des deux volumes que l’auteur a consacré à l’Egypte ancienne (Le labyrinthe de Pharaon & Les prisonniers de Pharaon). Une différence toutefois, Tanita Taït n’a pas d’odorat surdéveloppé mais est dotée d’un sens du toucher et d’une ouïe exacerbés. Quant à l'intrigue, elle reprend plus ou moins celle du premier de ces deux romans puisque nous sommes encore une fois lancés dans une chasse au trésor dans le désert égyptien puis à l’intérieur d’une pyramide recelant quantité de pièges et de périls. 

Bien que dieux, divinités, sorcières et autres fantômes soient fréquemment évoqués, l’histoire ne fait que flirter avec le fantastique. On est incontestablement en présence d’un péplum quand bien même l’Egypte de Brussolo est plus fantasmée que franchement réaliste. Il nous donne cependant ce qu’il faut d’éléments et de détails (vestimentaires, alimentaires, religieux…) pour que  l’immersion soit suffisamment crédible.

Les égyptologues ou, plus modestement, les amateurs de Christian Jacq, seront sans doute déçus d’autant qu’il se permet aussi quelques fameux anachronismes (le scaphandre, les chars à voiles). Mais cela n’est pas bien grave puisqu’au bout du compte, le maître nous régale une fois de plus d’idées aussi grandioses que ridicules : une pyramide coulée dans des sables mouvants, une carte au trésor auditive ou un défilé au vent si abrasif qu’il écorche jusqu’à l’os quiconque a le malheur de s’y hasarder : qui dit mieux !

Le livre de poche - 2004

14 mai 2017

CARNAGE - CRAZY FARMER

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Clotide et Vanessa viennent d’emménager dans une vieille ferme des Ardennes où elles rêvent d’ouvrir un lieu de culture alternative, un endroit qui leur corresponde, indépendant et atypique. Mais deux jolies nanas seules dans un coin paumé ça suscite forcément des interrogations… et des envies. 

A la lecture du pitch de ce 19ème opus des éditions Trash, je m’attendais à un roman gore on ne peut plus classique, mettant en scène des citadins confrontés à des culs-terreux arriérés façon « Délivrance ». Ce en quoi je ne m’étais guère trompé même s’il me faut avouer que l’auteur est parvenu à me surprendre en détournant légèrement les codes de ce genre de littérature.

Il faut d’abord souligner le fait que Crazy Farmer (un pseudo de circonstance) n’est pas tombé dans l’excès. Si certains passages sont particulièrement éprouvants, le nombre de scènes de violence demeure finalement assez limité. Six morts en tout et pour tout, ce n’est vraiment pas beaucoup pour les amateurs d’hémoglobine. Idem côté sexe puisque, excepté quelques attouchements saphiques, on ne dénombre qu’une malheureuse scène de cul, deux si l’on compte les amours zoophiles de l’un des personnages ! Cela n’empêche toutefois pas « Carnage » de nous fournir quelques séquences bien cracra et très « visuelles » dont un dépeçage en règle réalisée par les deux charmantes héroïnes en tenue d’Eve.

C’est d’ailleurs la façon dont l’auteur utilise ces jolies demoiselles qui donne au récit toute son originalité. Dans le roman gore, les femmes jouent la plupart du temps le rôle de victimes et la violence, la perversion ou la domination y sont presque toujours l’apanage des hommes. Ici, c’est exactement le contraire puisque, perversité mise à part, tous les meurtres sont à imputer à Clotilde ou Vanessa. Renversement de point de vue ? Girl power ? Pas vraiment car si nos deux lesbiennes deviennent meurtrières, c’est à leur corps défendant et pour tout dire un peu par hasard. 

Les circonstances de leurs premiers assassinats sont même carrément burlesques et je dois dire que c’est un ton que j’aurais aimé voir perdurer. Mais cet humour décalé reflue très vite pour se réfugier presque exclusivement dans les titres des chapitres ou dans les monologues intérieurs d’un abruti consanguin. C’est peu mais néanmoins suffisant pour faire de « Carnage » un gore rondement mené qui remplit pleinement son rôle : deux heures d’une lecture bien sympa.

Trash Editions - 2016

10 mai 2017

L'ILE D'EVE - EDGAR WALLACE

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A la fin du XIXème siècle, un aventurier américain met sur pied une incroyable opération visant à s’approprier un minuscule îlot perdu au milieu de l’Atlantique. Une fois parvenu à ses fins, il n’aura de cesse d’en faire un état indépendant. 

Sympathique petit roman qui nous conte avec un peu d’action et beaucoup d’humour, de quelle manière un homme parvient à réaliser un rêve insensé.

L’un de ses principaux attraits réside dans son mode de narration. L’histoire nous est en effet dévoilée au travers des témoignages de plusieurs des acteurs de cette aventure, ce qui donne un peu de distance à la narration et lui apporte un vernis de réalisme.

Pour le reste, on ne sera guère surpris par une intrigue qui suit son petit bonhomme de chemin entre réceptions mondaines et détournement de navire, course hippique et chasse au trésor.

Nouvelles Editions Oswald - Le Miroir Obscur - 1988

5 mai 2017

LE DIEU CARNIVORE - CLARK ASHTON SMITH

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Des sept volumes parus chez Néo j’ai déjà lu « Ubbo- Sattlah » et « Les abominations de Yondo ». Je suis donc  familiarisé avec l’écriture pointue et rigoureuse de M. Smith ainsi qu’avec les différents cycles (Zothiques, Poseidonis, Averoigne…) auxquelles se rattachent la plupart de ses nouvelles. Le présent recueil se distingue toutefois par le fait qu’il nous propose huit récits qui, justement,  n’appartiennent à aucun de ces cycles. Quatre nouvelles fantastiques et quatre autres qui s’apparentent à la SF. Des textes la plupart du temps horrifiques et angoissants mais dont l’humour n’est cependant  jamais totalement absent. 

C’est Genius Loci qui ouvre le bal par une histoire de lieu hanté. Non, pas de maison ni de château écossais mais une mare perdue au milieu des prés. Un cadre bucolique propice aux idylles mais qui, sous la plume de Smith, prend des allures de cloaque immonde suscitant chez ceux qui s’en approche des visions morbides qui les poussent au suicide.

Le paysage aux saules a la candeur et la fraîcheur d’un conte pour enfants. Dans la Chine impériale, un vieil érudit est contraint de vendre un à un les trésors dont il a hérité : jades, ivoires, porcelaines. Pourras-t-il  se résoudre à se séparer d’une huile sur soie représentant un paysage agreste où il aime à vagabonder par la pensée ?

Le neuvième squelette et Les cendres du passé sont deux histoires dans lesquelles le narrateur vit une expérience extra lucide : vision du passé pour la première, prémonition pour la seconde. 

Suivent quatre récits de science-fiction : 

Le monde éternel fait irrésistiblement songer à « La machine à explorer le temps ». Comme dans le grand roman de H. G. Wells, un savant parvient à construire un appareil qui lui permet de voyager vers le futur. Une erreur de calcul le projette « au-delà du temps, aux confins d’univers oubliés, là où le temps n’existait peut-être même plus et où, par conséquent, rien ne pouvait jamais se produire. » Un concept intéressant mais pas assez fouillé, l’histoire reprenant trop vite une tournure beaucoup plus conventionnelle.

Science-fiction très classique aussipour La cité première qui nous offre un récit de cité perdue,  protégée par une terrible malédiction. Un texte beaucoup trop court pour accrocher le lecteur en dépit  de descriptions assez convaincantes.

Si Vulthoom ne figurait pas dans un recueil consacré à C. A. Smith, je l’aurais attribué sans l’ombre d’une hésitation à C. L. Moore tant le cadre, l’intrigue et le ton ressemblent à ceux des nouvelles qu’elle a composé pour « Shambleau ».La planète rouge,une demeure sinistre qui dissimule des secrets millénaires, un être aussi puissant que dangereux, deux héros en quête d’aventure… on se croirait bel et bien dans l’une des aventures de Northwest Smith et Jarol. Une différence toutefois, l’histoire se termine mal pour les deux héros.

Dans Mutation cosmique, le pauvre Lemuel Sarkis ne s’en sort pas mieux même si lui est victime de la sollicitude des habitants de la planète Mlok et non de leurs visées expansionnistes ! 

Des trois récits « médiévaux » issus du cycle d’Averoigne, La vénus de Périgon est le plus intéressant grâce à son double niveau de lecture. Peu après la découverte de la statue d’une déesse païenne dans le potager d’une abbaye, un certain relâchement des mœurs est constaté chez la plupart des frères. Un puissant sortilège émane-t-il de la Vénus ou bien sont-ce ses rondeurs de marbre qui tourneboulent les pensées de moines sevrés des plaisirs de la chair ?

Le colosse d’Ylourgne est un classique de l’œuvre de Smith puisqu’il met en scène un redoutable nécromant qui ourdit une terrible vengeance contre les habitants de la ville qui l’a rejeté. Rien de très nouveau mais quelques jolies scènes de ce fameux colosse ravageant une contrée pacifique.

Le satyre est un agréable récit qui nous conte l’infortune conjugale du Seigneur de la Frénaie. Mais alors que l’on pense assister au récit de sa vengeance, Smith passe en un rien de temps de la tragédie à la comédie en introduisant un troisième larron qui vient ridiculiser les deux rivaux ! 

Zothique est un univers qui emprunte à la fois à l’Egypte ancienne et aux contes des mille et une nuits. Rois tous puissants, vils sorciers, jeunes vierges et guerriers courageux évoluent dans un décor oriental fantasmé aussi plaisant à l’œil que dangereux.

Le jardin d’Adompha en est le meilleur exemple qui nous emmène visiter le paradis secret du roi de Sotar, un parc orné d’arbres sur lesquels des morceaux de corps humains - nez, cheveux, seins, mains ou oreilles – ont été greffés grâce à la magie du sorcier Dwerulas…

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Le dieu carnivore nous propose une aventure qui aurait pu être vécue par le célèbre barbare de R. E. Howard. A Zul-Bha-Sair, cité vouée au culte du Dieu Mordiggian auquel sont offerts les cadavres de tous les défunts, Phariom a fort à faire pour récupérer le corps de son épouse cataleptique. Atmosphère angoissante, culte mystérieux et sorciers félons sont à l’honneur dans ce texte où l’action est aussi bien présente. 

Des combats encore avec Le Supérieur noir de Puthuum qui nous emmène à la suite de deux guerriers chargés d’escorter la nouvelle favorite de leur souverain. Dans les profondeurs sauvages et désolées du désert d’Izdrel, Zobal et Cushara vont affronter les maléfices d’Ujuk, fils d’un moine et d’une lamie. Une nouvelle animée qui se conclue sur une note féministe. Si, si !

La fileuse de momies est en revanche beaucoup plus sombre. Sur ordre de leur roi, trois soldats doivent récupérer une momie enfouie dans les ruines de la cité maudite de Chaon Gacca. Une fin funeste les y attend… 

Nouvelles Editions Oswald - 1987

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  • Blog consacré à mes lectures dans les domaines de la fantasy, du fantastique et de la science fiction. Mais comme je ne suis pas sectaire et que mes goût sont assez éclectiques, il n'est pas exclu que j'y parle aussi d'un bon polar ou d'un essai.
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