646-1Un soir qu'elle boit un verre dans le bar où elle a ses habitudes, Tsuliko rencontre son ancien professeur de japonais. Entre la trentenaire indépendante et le vieux professeur, le contact passe immédiatement et les rencontres, fortuites ou provoquées, se multiplient. Une amitié sincère va se nouer entre ces deux personnes pourtant si différentes.

La traduction littérale du titre de ce roman signifie « La serviette du professeur ». L'éditeur lui a cependant préféré « Les années douces » et je dois dire que je suis plutôt d'accord avec ce choix tant il est vrai que ce livre est empreint de douceur.

Douceur de ces choses toutes simples que l'on fait sans presque y penser. Douceur de moments qui n'ont de saveur et d'intérêt que parce qu'ils sont partagés. Douceur du temps qui s'écoule paisiblement et du plaisir de vivre au rythme des saisons sans chercher à en accélérer la course. Douceur enfin des sentiments qui, petit à petit, rapprochent deux solitudes.

Les années douce, c'est la très belle histoire d'une amitié qui se transforme en un amour profond. Au travers d'une succession de tableaux (une flânerie sur un marché, la cueillette des champignons à l'automne, la visite d'un musée), nous assistons à la naissance puis à l'épanouissement d'une idylle. Nous découvrons comment les deux personnages s'apprivoisent, apprennent à s'apprécier puis surmontent leurs derniers scrupules. Le tout raconté avec beaucoup de pudeur mais sans pudibonderie.

Quant à la différence d'âge entre Tsukiko et le maître, elle n'est que très peu évoquée. Exception faite de la remarque d'un ivrogne, il n'en sera d'ailleurs question qu'à la toute fin du roman. Et encore, cela ne sera que du point de vue du temps qu'ils peuvent espérer passer ensemble et non des trois décennies qui les séparent. L'auteure n'est pas tombée dans le piège du politiquement correct. Son histoire n'est pas celle d'un couple hors norme confronté au regard des autres mais juste le récit d'une belle rencontre.

Picquier Poche - 2005