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SF EMOI
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16 mai 2013

MAUVAISE CHAIR - DENIS LEROUX

untitledA peine arrivée à Grisemuraille, Capucine regrette déjà d'y avoir suivi Maël pour sa visite parentale annuelle. La bourgade lui paraît triste et arriérée, les habitants antipathiques et sa future belle-mère ne semble pas la porter dans son cœur. Il règne aussi au village une atmosphère pesante. Les habitants semblent partager un lourd secret qui a peut-être quelque chose à voir avec le repas dominical que tous vont prendre à l'auberge de "L'os trouble". Désorientée, Capucine aimerait partir au plus vite mais son compagnon ne semble pas décidé à écourter sa visite. Une mauvaise rencontre va faire basculer son existence dans l'horreur.

 

Ce petit roman de la collection Frayeur remet à l'honneur le bon vieil ogre des contes de notre enfance. Un ogre toujours aussi laid et monstrueux mais un peu rajeuni tout de même puisqu'il a quitté ses forêts profondes pour les cuisines d'un restaurant.

Craeb Derg, puisque c'est son nom, officie en effet entre poêles et casseroles, four et frigo, la toque sur le crâne et le hachoir à la main. Une place somme toute assez logique pour un amateur de bonne chair ! La brute sanguinaire forme un duo infernal avec Gru-de-Mil, un nabot pervers avec lequel il dirige une auberge au nom évocateur : L'os trouble. Tout deux imposent leur loi aux habitants d'un village dont ils ont fait leurs complices en partageant avec eux une cuisine assez particulière.

Ce lien abominable et honteux, agissant à la façon d'une malédiction, est l'idée la plus intéressante du livre. Prisonniers d'une coutume ancestrale, paralysés par la peur, les villageois finissent par devenir aussi monstrueux que la bête qui les tyrannise. Il en va notamment ainsi de la mère du héros qui, confondant amour filial et haine de sa bru, est capable de passer en un instant de la ménagère attentionnée à la virago la plus impitoyable.

Malheureusement le récit souffre de quelques maladresses et de nombreuses invraisemblances dont la moindre n'est pas la liberté de mouvement de Maël que tout un chacun devrait pourtant avoir à l'œil. On peut aussi, à juste titre, se demander comment la communauté parvient à cacher les disparitions aux autorités et surtout, pourquoi ses membres croient encore que le cannibalisme les rend immortels alors qu'ils continuent de subir les outrages du temps.

Honnête mais sans plus, ce livre ne procure pas les délicieux frissons que l'on est en droit d'attendre d'un titre de cette collection. Son épouvante est finalement bien trop sage et tient surtout à quelques images saisissantes (le vivier où sont engraissées les futures victimes, l'alignement des crânes des précédents repas de l'ogre...).

Fleuve Noir - Frayeur - 1994

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16 mai 2013

LE DOCTEUR MYSTERE - PAUL D'IVOI

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Cigale est un orphelin d'une douzaine d'années qui a quitté son Paris natal pour la Bretagne où il travaille comme mousse à bord d'un bateau de pêche. Une nuit que son embarcation rejoint le port d'Audierne, il se jette à l'eau pour sauver une jeune indienne de la noyade. Retrouvés inanimés, les deux adolescents sont secourus par un étrange docteur, indien lui aussi, qui se propose de veiller sur la miraculée et la ramener dans son pays.

Cigale décide de l'accompagner pour l'aider à faire la lumière sur le passé de la petite Anoor. Commence alors un long périple à travers la péninsule indienne qui les verra secourir la sœur de leur petite protégée, dépositaire d'un lourd secret. Ils devront pour cela lutter contre la toute puissante caste brahmanique alliée de l'oppresseur anglais et déjouer les pièges de l'infâme Arkabad. Mais le docteur Mystère ne manque pas de ressources ni Cigale d'astuce. 

Exit la famille Lavarède, place à Cigale ! Ce septième volet des voyages excentriques nous propose en effet un nouveau héros. Un adolescent au grand cœur, l'un de ces orphelins courageux tels que les aime le roman populaire. Cigale, c'est l'éternel gavroche, le titi parisien, le gamin de Paris cher à Boussenard. Gouailleur et débrouillard, indépendant quoique fidèle, moqueur mais sentimental, il incarne aux yeux de Paul d'Ivoi la quintessence de l'esprit français.

Il ne sera toutefois pas seul à tenir le haut de l'affiche et cède même le premier rôle à ce mystérieux docteur qui donne son titre au roman. Un personnage qui doit beaucoup au capitaine Némo avec lequel il partage nationalité, connaissances scientifiques et famille décimée par les anglais et leurs alliés. D'ailleurs, comme le héros de Jules Verne, il s'en prendra aux intérêts britanniques et c'est donc sans surprise qu'il sera question de lutte et de rébellion contre l'occupant.

Mais sur un ton beaucoup moins dramatique que dans La capitaine Nilia. Certes, les anglais y sont toujours les dindons de l'histoire et leur empire colonial est une fois encore ébranlé. Mais les attaques de Paul d'Ivoi sont redevenues bon enfant et c'est avec humour qu'il continue ses piques envers les infortunés rosbeefs. Il se moque de leur flegme assimilé à de la fainéantise, les affuble de noms grotesques (Capitaine Bullfrog), souligne leur mercantilisme et les place dans les positions les plus ridicules. Somme toute rien de bien méchant. Les plus mauvais rôles ne leur sont pas dévolus et l'on se contente de rire à leur dépens.

On se moquera ainsi de Ellick et Loo, les gras et roses commissaires assermentés suant sang et eau sous le soleil indien, de Fathen père et fils, gouverneurs du Penjab aussi incompétents que âpres au gain et surtout de la tribu Sanders-Van Stoon, famille recomposée anglo néerlandaise en proie aux incessantes disputes entre mari et femme au sujet de la guerre du Transvaal.

Mais il y a bien d'autres personnages dont un couple d'italiens excessivement romanesques, un équipage de marins bretons transformés en pilotes de véhicule expérimental et un ours de Sumatra qui remplace avantageusement Hope l'orang-outang (cf : Corsaire Triplex et La capitaine Nilia). N'oublions pas non plus un méchant bien vicieux, j'ai nommé Arkabad, l'exécuteur des brahmes d 'Ellora, individu infâme qui dissimule sa duplicité sous toute sorte de déguisements.

Ainsi que je l'ai dit plus haut, l'intrigue ne se distingue guère des précédents romans de l'auteur. Une banale histoire de trésor caché et d'orphelines qu'il faut secourir. Le rythme est néanmoins effréné et nous voilà lancés dans une longue course poursuite ponctuée de nombreux enlèvements et de non moins nombreuses évasions. Il y a aussi des sacrifices et des rites initiatiques, des sectes et des sociétés secrètes, le tout dans des décors propres à frapper les imaginations : palais orientaux, temples souterrains, cromlechs et nécropoles. Bref, un joli voyage à travers une Inde de carte postale peuplée de fakirs, de tigres et d'éléphants.

Bien entendu, l'auteur nous donne notre habituelle leçon de choses. Il le fait au travers des explications que Mystère dispense à ses petits compagnons et qui portent cette fois-ci sur les méfaits de l'alcool et sur la nature des ondes électriques : volts, ampères, watts, ohms et coulombs.

Du côté des inventions, c'est encore la fée électricité qui est à l'honneur : cannes foudroyantes, cottes de maille électriques et la fameuse Maison d'aluminium, wagon d'une dizaine de mètres mu lui aussi par l'énergie électrique et qui n'est pas sans rappeler le Karrovarka de La Diane de l'archipel. Mais le plus innovant est sans conteste ce dispositif étrange qui permet de capter les flux électriques ou thermiques dégagés par tous corps, inanimés ou vivants, et de les restituer sous la forme d'images impressionnant une plaque de cuivre.

Je terminerais cette présentation en m'interrogeant sur l'état d'esprit de Paul d'Ivoi à l'égard des populations indigènes puisqu'il fait dire à Cigale au sujet de sa compagne : ...nulle européenne ne me semble aussi jolie, aussi digne de tendresse que vous, puis, quelques pages plus loin, s'exclamer à propos des frères de race de sa belle : Il s'agit de ne pas perdre la trace de ces macaques au teint de chocolat.

J'ai Lu - Voyages Excentriques - 1983

 

16 mai 2013

BARBE-GRISE - BRIAN ALDISS

untitledVers 2030, l'espèce humaine est au bord de l'extinction. Voilà bientôt cinquante ans qu'aucun enfant n'a vu le jour et la planète n'est plus peuplée que de vieillards proches de la tombe. Dans une Angleterre qui se délite lentement, un sémillant quinquagénaire et son épouse entreprennent un dernier voyage le long de la Tamise.

 

Mes premières expériences avec la prose de Brian Aldiss (Mars la blanche, Le monde vert) s'étaient soldées par d'amères déceptions. J'ai heureusement persévéré pour être enfin agréablement surpris avec Terrassement. Mais le livre qui achève de me réconcilier avec le grand écrivain britannique, c'est incontestablement ce Barbe-Grise.

Avec lui, l'auteur nous livre une superbe histoire, triste, poignante mais pas désespérée. Sur un sujet particulièrement grave qui met en scène rien moins que la fin de l'espèce humaine, il nous raconte quelques épisodes de l'existence d'un couple qui s'accroche à son bonheur de vivre.

Nous suivons donc Barbe-Grise et Martha dans leur équipée le long de la Tamise, sur une terre où la présence de l'homme commence à s'effacer et où la nature reprend progressivement ses droits.

Au cours de leur voyage, ils feront un tas de rencontres pathétiques et amusantes : une septuagénaire qui s'imagine être enceinte, un vieux fou qui cohabite avec une dame blaireau, un charlatan intelligent et dangereux. Ils participeront à la foire de Swifford où les vieillards s'étourdissent dans l'alcool, la danse et les plaisirs. Ils s'arrêteront un temps dans une Oxford plus médiévale que jamais où les différents collèges se disputent encore et toujours le pouvoir.

Ils trouveront partout la même ambiance de fin du monde, la même déchéance physique et morale, la même certitude que la civilisation disparaîtra bientôt puisque, ainsi que le dit le héros : Il n'y a pas d'avenir. On l'a tué dans le passé.

Des flash-backs nous permettent également d'appréhender la genèse de cette fin de l'humanité ainsi que les évènements qui ont conduit Barbe-grise et sa femme là où ils en sont. Au travers des moments clés de leur existence (Washington 1990, Cowley 2018) quelques pages du naufrage de la planète nous sont dévoilées. On apprend ainsi que la stérilité des femmes est due à une catastrophe nucléaire pudiquement appelée "l'accident", que les nations se sont épuisées en d'inutiles conflits plutôt que de préserver l'espoir que représentaient les rares enfants encore en vie.

On s'aperçoit enfin que l'homme est décidément incorrigible et que, même confronté à la fin de son espèce, il demeure le jouet de ses passions. Car croyez-vous que ces têtes chenues fassent preuve de la sagesse que l'on attend de leur grand âge ? Bien sûr que non ! Elles continuent à mentir, à voler, à dominer leurs semblables...

Alors, malgré ou à cause de tout cela, et en dépit de la tristesse dont il est empreint, le roman de Brian Aldiss est une célébration de l'instant présent. Une véritable leçon de vie. Il nous encourage à profiter de ce que l'existence nous propose sans penser à demain. Au diable postérité, ambition, descendance ! Fi des rêves de gloire et de richesse. Seul compte le bonheur reçu et donné.

Denoël - Présence du Futur - 1991

16 mai 2013

HORS CONTRÔLE - P-J HERAULT

untitledC'est une bien mauvaise surprise qui attend Cal à l'occasion de ce nouveau réveil. HI, le super ordinateur qui le seconde en toutes choses et dirige sa base secrète, semble avoir oublié ses ordres et obéit de nouveau aux Lloys. Traités comme des intrus qu'il convient d'éliminer, Cal et Giuse doivent fuir en urgence et trouvent refuge sur l'une des îles du grand archipel. Aidés de quelques uns de leurs fidèles androïdes, ils parviendront à reprendre le contrôle de la situation, non sans avoir au préalable joués les corsaires et être intervenus dans la destinée d'une état insulaire et de quelques uns de ses habitants.

 

Si le troisième volume des aventures de Cal avait introduit un peu de neuf dans l'existence de notre demi dieu, avec « Hors contrôle » PJ Herault est retombé dans un rythme plus routinier. Son schéma est quasi identique à celui du précédent et alterne immersion dans le passé et épisodes plus "futuristes" liés à la technologie Lloy.

Ce sont d'ailleurs ces scènes qui permettent à P-J de nous injecter notre dose de SF car, pour l'essentiel, l'action est centrée sur l'évolution de nos héros dans une reproduction des Antilles à l'époque de la flibuste.

Cela nous donne de chouettes combats entre frégates et sloops avec ce qu'il faut d'abordages et de canonnades, de sabre et de poudre. C'est très réaliste (P-J a dû pas mal se documenter sur le marine à voile du XVIIIème), c'est bourré d'action et sans temps mort avec juste une ch'tite romance pour souffler un peu entre deux combats.

Par contre l'auteur recoure un peu trop facilement aux raccourcis et aux coïncidences bien pratiques. La preuve : nos héros débarquent à peine avec une cargaison à vendre qu'un jeune homme paré de toutes les qualités leur propose son aide, ils souhaitent acheter une demeure, le cousin est "agent immobilier", ils sauvent deux sœurs, elles tombent immédiatement amoureuses de nos deux compères.

Cette petite réserve mise à part, on prend toujours un plaisir naïf à suivre les aventures de Cal et à voir évoluer les habitants de la planète Vaha, même si cette incursion de Cal dans la destinée de ses "ouailles" n'est pas la plus significative et aura pour seul mérite de les doter de la banque, des chèques et du boulier. Le capitalisme est pour demain !

Alors que dire de plus sur cette épopée ? Que çà se lit toujours très bien. Oui. Que son petit côté merveilleux est bien sympathique. C'est encore vrai. Mais quand même, cela commence à ronronner dangereusement.

Alors j'espère un peu plus de surprises dans le prochain épisode.

Fleuve Noir Anticipation - 1979

15 mai 2013

TERRE DE GLACE, RÊVE DE FEU - JOHN MORRESSY

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Hraggellon est une planète aux climats extrêmes. L'inclinaison particulière de son axe et le décentrage de son orbite maintiennent l'une de ses faces dans une nuit perpétuelle et l'autre sous un soleil permanent. La vie n'est donc possible que sur la frange médiane où l'hiver et l'été durent une année et seuls les onhlas, natifs de la planète, parviennent à survivre dans sa partie obscure et glaciale. Ou plutôt parvenaient. Car leur race est sur le point de s'éteindre, victime de la restriction de leur espace vital et de la terrible maladie des frissons.

Pourtant, Hult ne s'avoue pas vaincu et conserve l'espoir d'une renaissance. A condition bien sûr de trouver une femelle. Sur Insgar peut-être, la lointaine planète dont parlaient les anciens. Mais pour s'y rendre, il lui faut négocier son voyage sur un vaisseau de la toute puissante guilde commerciale. Et traiter avec la Sternverein, n'est-ce pas pactiser avec le diable ? 

John Morressy ne semble pas jouir d'une grande renommée en France où seuls trois ou quatre de ses romans ont été traduits. Ce qui est bien dommage quant on considère la bonne tenue de ce Terre de glace, rêve de feu qui possède la plupart des qualités qui me semblent essentielles à un bon bouquin de SF : une histoire simple mais puissamment imaginative, des personnages fouillés, ce qu'il faut d'action et un nombre de pages raisonnable. Pour mieux vous le situer, je placerais ce livre quelque part entre Vance et Herbert.

On y trouve en effet toute l'inventivité et le sens du détail du roi du planet opera. Une précision redoutable qui rend très crédible sa planète glacée et rétrograde avec son décor neigeux et venteux, sa faune et sa flore adaptées aux températures polaires, l'alternance annuelle des saisons et l'hibernation morose sous l'énorme dôme de la capitale.

Il y a même quelques idées mineures qui apportent une dimension ethnologique intéressante tel le Mémur, la folie engendrée par les conditions climatiques ou le Dur-ron-rag, le jeu ancestral des mémoriseurs dont les parties peuvent s'étendre sur plusieurs générations.

Et tiens, parlons en un peu de ces mémoriseurs, il le méritent. Sur un monde où l'écriture n'existe pas, les lildodes, les évodes et autres mendodes ont pour tâche de fixer les évènements et les connaissances. Ils sont la mémoire vivante de la planète. De véritables hommes-bibliothèques qui rappellent un peu les hommes-livres de Farenheit 451. Et comme dans le classique de Bradbury ils sont pourchassés par un régime tyrannique qui a compris le danger que représentait la diffusion du savoir et des idées. Voilà pour le côté Vancéen de l'histoire.

L'aspect Herbertien lui, tient tout entier dans le postulat d'une planète inhospitalière mais néanmoins convoitée pour ses richesses (la fourrure des Gorwols). Un monde peuplé d'une race adaptée à ses conditions de vie extrêmes et dotée d'un mode de pensée résolument imperméable aux colons. Vivant en symbiose avec leur environnement, ayant conscience de n'être qu'une partie du « grand tout », les onhlas sont une race encore plus étonnante que les fremens de Dune.

Quant à Hult, le personnage principal, il est réellement touchant dans sa quête d'une compagne qui lui donnerais une descendance et lui permettrais d'éviter l'extinction de sa race.

Signalons enfin que ce roman est un joli réquisitoire contre toutes les formes de colonialisme et d'exploitation des peuples. La Sternverein c'est un peu la world company des guignols et les Onhlas les opprimés de tout temps et de tous lieux. Il y a notamment de nombreux points communs avec la colonisation espagnole de l'Amérique du sud, en particulier cette maladie des frissons que les onhlas contractent auprès des humains et qui rappelle l'épidémie de petite vérole qui décima les amérindiens. Sans oublier bien sûr les conditions de vie imposées par les colons, les contraignant à un exil toujours plus lointain, exclus de la société de Hraggellon, étrangers sur leur propre monde.

Opta - Galaxie-Bis - 1982

 

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15 mai 2013

LES AVENTURES DE JOHN DAVYS - ALEXANDRE DUMAS

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Fils d'un ancien amiral de la marine britannique, John Davys s'engage comme Midshipman (élève officier) à bord du "Trident", un navire militaire en partance pour la Méditerranée. Très vite, il se retrouve en butte aux mesquineries du second, un individu brutal et unanimement détesté de l'équipage. A la suite d'une altercation plus vive qu'à l'accoutumée, John le provoque en duel et le tue. Responsable de la mort d'un supérieur il n'a dès lors d'autre solution que de fuir. S'ensuivront quelques aventures dans les îles grecques et un périple à travers les Balkans au terme desquels il retrouvera son honneur mais connaîtra aussi un bien grand malheur. 

"Les aventures de John Davys" est un roman de jeunesse du maître. Il ne faut donc pas être trop exigent et accepter que l'intrigue soit moins étoffée que dans ses œuvres plus tardives. Au vrai, le livre tient presque davantage du récit de voyage que du roman et les descriptions de paysages, de sites antiques ou des mœurs des peuples rencontrés y ont la part belle. Alexandre Dumas se permet même de longues digressions pour nous conter quelques faits historiques qui l'auront marqué comme le massacre de Janina ou la révolte d'une garnison grecque sur l'île de Malte.

L'essentiel de l'action a donc pour cadre la Méditerranée et notamment les contrées et populations subissant le joug de l'empire Ottoman. Nous découvrons par les yeux du jeune John, la Sublime Porte, les Balkans et l'archipel des Cyclades. Nous rencontrons des maltais et des grecs, des marins et des pirates, des despotes et des sages et nous côtoyons même un temps Lord Byron dont Dumas brosse un portrait sans doute plus fidèle à la légende qu'à la réalité.

Ce roman est aussi une grande et belle description de la marine à voile du début du XIXème siècle et nous permet de découvrir les rudes conditions de vie des équipages et la discipline de fer qui règne alors sur les navires.

Pour ce qui est de l'intrigue, nous sommes en présence d'une histoire dominée par les sentiments. L'amour bien sûr mais surtout l'honneur qui est ici porté à son paroxysme. Celui du héros qui met en péril son existence et sa carrière pour laver l'affront de son supérieur, mais aussi celui de la famille de son amante que les circonstances le conduiront à bafouer.

Roman méconnu mais néanmoins sympathique et dépaysant « Les aventures de John Davys » se termine de façon si abrupte que j'ai d'abord cru que mon exemplaire avait perdu ses dernières pages. Mais non, elles étaient toutes là ! Alors tant pis. Ou tant mieux !

Editions Marabout

 

15 mai 2013

LA VENUS ANATOMIQUE - XAVIER MAUMEJEAN

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Sous le règne de Louis XIV, Julien Onffroy de la Mettrie, chirurgien de talent retiré en province, est démarché par un envoyé des services secrets royaux. On lui propose de s’associer avec deux savants (un biomécanicien et un anatomiste) pour participer à un concours organisé par le roi de Prusse et dont le thème est la création du « nouvel Adam ». Esprit curieux, Julien accepte. Mais la réalisation de leur chef d'œuvre ne se fera pas sans mal car, en plus d'une concurrence acharnée, ils devront affronter une société secrète déterminée à stopper leurs travaux hérétiques. 

Le mélange des genres en littérature donne souvent naissance à d'excellentes choses ; ce roman en est la preuve. J'ai pour ma part été d'abord surpris puis conquis par un livre qui combine littérature de "cape et d'épée" et SF ancienne.

Par moments j'ai eu l’impression d'être plongé dans un bon vieux bouquin d'Alexandre Dumas où chaque page vous apporte son lot de complots et de poursuites effrénées. A d'autres, il me semblait être en compagnie d'une autre créature, celle de Mary Shelley auquel « La Vénus anatomique » rend visiblement hommage.

C'est en tout cas dans une atmosphère d'aventures débridées que débute cette étrange histoire. Nous sommes en 1752, au beau milieu de ce fameux siècle des lumières qui voit partout s'allumer la flamme de la connaissance et avec elle l'envie de penser et vivre autrement. Mais les forces de l'obscurantisme sont encore puissantes et entendent bien contrecarrer les efforts des esprits éclairés qui osent remettre leurs dogmes en question.

Julien Onffroy de la Mettrie est de ceux-là. Personnage réel et véritable chirurgien auquel Xavier Mauméjean donne ici une dimension littéraire inattendue (c'est lui le narrateur), il aura fort à faire pour échapper aux noirs desseins de la "chambre ardente", ultime avatar de l'inquisition. Il affrontera même ses terribles mousquetaires noirs qui le poursuivront jusque dans la Prusse de Frédéric II.

A compter de ce moment toutefois, l'action cède la place aux discussions scientifiques et aux réflexions métaphysiques. Nous assistons avec amusement à des rencontres parfois surprenantes (Casanova, La Pompadour...) et découvrons avec la même incrédulité que nos trois compétiteurs un Berlin alternatif et son Panopticon, ce gigantesque bâtiment sphérique rappelant les projets futuristes de Claude Nicolas Ledoux que je n'aurais pas été surpris de croiser entre ces pages.

Teinté d'humour, truffé de références, vocabulaire particulièrement riche, le style de Xavier Mauméjean est extrêmement agréable et je renouvellerais sans doute très prochainement cette expérience.

Mnémos - Icares - 2004

 

15 mai 2013

LA PETITE FILLE AUX ARAIGNEES - ANNE DUGUËL

untitledDepuis le décès de sa mère, Miquette s'est réfugiée dans le silence. Considérée comme autiste par le personnel médical de l'institution où elle a été placée, la fillette passe son temps à ressasser ses souvenirs et à s'occuper de son élevage d'araignées. Mais derrière ce visage fermé bien des images se bousculent ainsi que la ferme volonté de ressusciter sa mère? Si, si, c'est possible. C'est écrit dans l'Almanach des sorcières. Il suffit juste d'avoir les bons ingrédients...


Une fois n'est pas coutume, ce petit roman d'Anne Duguël m'a légèrement déçu. En premier lieu, j'ai trouvé qu'il ressemblait un peu trop à Asylum : même petit héros orphelin, même histoire de vengeance, même folie latente et même cadre médicalisé.

Secundo, si l'idée de laisser le lecteur décider s'il tient entre ses mains le récit d'une fillette instable ou un roman fantastico-gore est séduisante, son traitement m'a paru imparfait. Pour que cela fonctionne pleinement il eut fallu que les deux termes de l'alternative soient aussi bien amenés l'un que l'autre. Or, si la folie de Miquette semble tout à fait probable, l'aspect fantastique n'est pas traité avec suffisamment de force pour susciter une conviction chez le lecteur.

Pourtant cette histoire de transfert de la jeunesse d'un corps vers un autre, décrépi, n'est pas mauvaise. J'ai même trouvé très original le remplacement du sorcier vaudou et de sa poupée de cire par un acupuncteur travaillant in vivo. Mais il y a par ailleurs trop d'incohérences dont l'absence de réactions de la maman de Miquette n'est pas la moindre. Car enfin, vous avouerez que passer en l'espace de quelques semaines du statut de trentenaire sexy à celui de vieille peau grabataire sans s''inquiéter plus que cela n'est pas très crédible. Du coup, le choix m'a paru un petit peu biaisé.

Heureusement, il y a la façon dont tout cela nous est raconté. A la première personne du singulier, par la bouche de Miquette ou plutôt, par le biais de ses pensées. Les pensées d'un enfant, avec ses mots, ses hésitations et ses doutes. Cela donne un récit désordonné qui va et vient au gré de ses souvenirs. L'histoire d'une fillette qui croit encore aux contes de fées, aux sorcières et aux potions. La confession d'une gamine qui se raccroche à ce qu'elle peut. A toutes fins utiles je précise que j'ai lu ce roman dans son édition originale et non la réédition revue et augmentée parue chez Denoël.

Fleuve Noir - Frayeur - 1995

15 mai 2013

SURVIVANTS DE L'APOCALYPSE - PIERRE BARBET

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Américains et Russes ont déclenché une nouvelle guerre mondiale et la France a écopée d’une partie des missiles nucléaires envoyés de part et d’autre. Alors que Paris et diverses autres villes ont été sévèrement touchées, quelques d’individus tentent de trouver un asile sûr pour échapper aux radiations.

Nous suivons ainsi le périple de la famille Dubois : le père, riche PDG, qui cherche à quitter la capitale pour rejoindre son abri nucléaire en région parisienne, sa femme et sa fille du côté de La Baule luttant pour échapper à des bandes de pillards, sa seconde fille et son ami sur un voilier au large de la côte d’Azur décidés à gagner une Corse épargnée par les bombes.

D’autres personnages auront également leur mot à dire : un vieux couple d’employés de maison et deux ouvriers qui se trouveront confrontés à une bande organisée ayant investi les ruines de château-Gaillard. 

Voici un roman de science-fiction apocalyptique de facture bien classique mais néanmoins honnête. Son principal intérêt  réside dans le fait qu’il nous décrit les premiers jours qui suivent le feu nucléaire et les réactions d’une poignée d’hommes et de femmes face à cet évènement. Nous assistons ainsi, passé la stupeur des premiers instants, à leurs efforts pour se mettre hors de portée des radiations et trouver un refuge sûr.

Pierre Barbet à dû pas mal se documenter car il n’est pas avare de détails et nous fait découvrir des mots aussi barbares que « röntgens » ou « stylo-dosimètres ».

Pour le reste, l’intrigue ne recèle aucune surprise et décline les idées habituelles associées à ce genre de SF : scènes de pillages et retour rapide (trop ?) à une organisation médiévale de la société.

La chute du livre ne fait preuve de guère plus d’originalité puisqu’elle décrit l’une des conséquences des radiations à savoir la mutation génétique des nouveaux nés. L’auteur est d’ailleurs sacrément optimiste puisque ces mutations ont pour effet de doter ces enfants de capacités hors normes en lieu et place des malformations que l’on s’attendrait à découvrir.

Fleuve Noir Anticipation - 1982

 

 

15 mai 2013

LE CERCLE DE QUINCEY - RENE REOUVEN

untitled"Les membres du cercle ne se connaissent pas entre eux, et c'est seuls, dans le secret de leur âme, qu'ils imaginent et préparent un beau crime, inspiré par un personnage littéraire marquant." C'est ainsi que Grégoire Saranian, riche oisif amateur d'énigmes policières, a imaginé le jeu de rôle à l'issu duquel sera désigné le créateur du crime idéal.

Ce faisant, il ignore que les trois candidats qu'il a sélectionné ne comptent pas se contenter d'une expérience virtuelle et ont bien l'intention de passer à l'acte. Mais quand hasard et coïncidences se mettent de la partie, on peut s'attendre à bien des surprises....

 

Le cercle de Quincey est un roman policier sacrément original dans lequel René Reouven réussi à s'approprier les personnages de quatre chefs d'œuvres de la littérature, à pénétrer leur psychologie et à la transposer à ses propres personnages.

Il y a ainsi Quermois, le délinquant en col blanc, l'usurier, le maître chanteur qui a choisi pour victime un policier. Son modèle, c'est Quinette, un personnage des Hommes de bonne volonté, la saga de Jules Romains. Son but, réaliser le crime parfait.

Vient ensuite Nicolas Mejenko le grand reporter en phase terminale. Lui c'est à Raskolnikov qu'il s'identifie, le héros déchiré de Crime et châtiment. Et comme lui, il entend bien débarrasser la société de l'un de ses parasites. Un usurier par exemple.

Il y a enfin Bertille Jenizat, la très jolie et très compétente commissaire de police qui aimerait faire disparaître un rival à la promotion. Un crime pour satisfaire son ambition à l'instar de Lady Macbeth. Sa cible est donc un confrère. Un commissaire. Comme la victime de Quermois. Ou comme elle !

Et n'oublions pas le maître du jeu lui-même dont la passion pour Gide et son Lafcadio, l'apôtre de la liberté absolue, le chantre de l'acte gratuit, mèneront à sa perte.

Cela nous donne un roman à trois voix où chacun prend la parole tour à tour pour nous conter la conception et la réalisation de son crime. Or, à pénétrer ainsi le secret de leur âme, on se rend vite compte que tout ne se passera pas comme ils l'escomptaient. Les apprentis criminels devront faire face à quelques imprévus. Leurs victimes ne seront pas forcément celles qu'ils s'étaient choisis et ce ne sont pas toujours les scènes de leur livre de chevet qu'ils seront amenés à jouer.

Au final : un roman d'une grande intelligence, drôle et dramatique d'un bout à l'autre, Des rebondissements presque à chaque page, de l'humour bien noir et une plongée instructive dans quatre grandes œuvres littéraires, de Shakespeare à Jules Romain, de Dostoievsky à André Gide.

Une mécanique d'une précision redoutable où tout s'emboîte parfaitement, s'imbrique à la façon de poupées russes pour nous révéler un final en feu d'artifice, à la fois attendu et surprenant. Du grand art !

Denoël - Sueurs Froides - 1998

15 mai 2013

LA PLANETE FOLLE - P-J HERAULT

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Bien des épreuves, mais aussi une belle surprise, attendent Cal à l’occasion de son nouveau réveil. Après avoir été obligé de détruire quelques fusées de technologie Loys qui menaçaient la planète Vaha, il entreprend d’aider ses lointains descendants, des nobles désargentés et menacés par d’infâmes rivaux (cinq siècles se sont écoulés depuis sa dernière visite et ces derniers évoluent à une époque « renaissance »).

Dans le même temps, il lui faut trouver le moyen de détourner une planète qui, sortie de son orbite originelle, menace d’entrer en collision avec Vaha. Il pourra heureusement compter sur le soutien de l’ordinateur HI, de ses nombreux androïdes et, surtout, de son vieil ami Giuse qu’il retrouvera dans des circonstances étonnantes. 

P. J. Herault  apporte un peu de nouveauté dans ce troisième épisode de l’épopée de Cal de Ter.

C’est tout d’abord un nouveau personnage qui fait son entrée dans l’histoire, et pas des moindre puisqu’il s’agit de Giuse, le meilleur ami de notre héros avec lequel  nous avions fait brièvement connaissance dans le premier livre de la saga. Cal n’est donc plus le seul « Deus ex machina » de la planète Vaha. Il peut désormais compter sur l’appui de son ami et échanger ses idées et ses impressions d’égal à égal.

C’est ensuite l’intrigue qui rompt un peu avec les premières aventures puisqu’elle a ici une dimension extra planétaire. Cela permet d’éviter que s’installe la routine du héros tout puissant qui châtie les méchants grâce à ses « pouvoirs » exceptionnels.

Enfin, nous faisons pour la première fois connaissance avec quelques-uns des descendants de notre héros et assistons à quelques scènes amusantes entre Cal, Giuse et ces derniers.

Je suis en tout cas ravi que P. J. Herault ne se soit pas contenté de transposer une même histoire dans un contexte historique différent. Cela m’encourage à lire les 4 derniers volumes….quand je serais parvenu à mettre la main dessus.

Fleuve Noir Anticipation - 1977

 

15 mai 2013

LES BATISSEURS DU MONDE - P-J HERAULT

untitledAprès un sommeil artificiel de quelques centaines d’années, Cal est enfin réveillé par HI, le super ordinateur de technologie Loys. Désireux de savoir comment les vahussis ont évolués au cours des derniers siècles, il entreprend immédiatement de les rencontrer. Il s’aperçoit alors que ses protégés, dont l’évolution a atteint un stade médiéval, subissent le joug des hommes du Frahal, prêtres d’une religion obscurantiste qui maintient le peuple dans l’ignorance et le mène à sa perte. Grâce à ses androïdes et avec l’aide de quelques opposants, Cal entreprend de mettre un terme à cette dictature théologique. Il continuera également à guider les vahussis sur  le chemin de la connaissance et trouvera encore le temps de nouer une idylle. 

Pour la première intervention de Cal dans la destinée de ses protégés, P. J. Herault a choisi un cadre médiéval et c’est donc sans surprise que nous le trouvons confronté à une noblesse arrogante et des prêtres fourbes et bornés.

Malheureusement, les aventures de Cal sont elles aussi très convenues et sans grande originalité. Il faut dire que le coup du héros qui triomphe grâce à ses connaissances plus évoluées et des objets ou techniques « anachroniques » est usé jusqu’à la corde. L’auteur aurait pu innover davantage et j’espère sincèrement qu’il le fera dans ses prochaines aventures.

J’ai en revanche beaucoup apprécié de découvrir l’impact que les anciens actes de Cal commencent d’avoir sur la civilisation vahussie. Ainsi, le char à voile dont il avait donné l’idée à ses amis dans le précédent volume (soit quelques siècles plus tôt) constitue désormais le principal moyen de transport et l’on devine que la société secrète des « bâtisseurs du monde » aura un rôle à jouer dans le futur. 

C’est d’ailleurs cet aspect que j’aimerais voir développer davantage car il me semble intéressant de confronter Cal aux effets, bons ou mauvais, de ses actions passées. Bien sûr je ne souhaite pas que cela débouche sur d’ennuyeuses considérations philosophiques sur le fait de savoir s’il est moral ou non d’intervenir dans l’existence des vahussis, mais quelques allusions ici ou là apporterait un petit plus.

En tout cas, et malgré ces légers regrets, je commence de suite le troisième volume.

Fleuve Noir Anticipation - 1976

 

 

15 mai 2013

L'OEIL D'EMERAUDE - HENRI VERNES

untitledBob et son ami écossais explorent la baie de Hong-kong à bord d'un petit yacht lorsqu'ils sont pris à parti par une jonque pirate. Pour échapper à leurs assaillants, ils se réfugient au fond d'une faille ménagée dans la falaise d'un îlot isolé. Là, à l'intérieur d'une grotte, il découvre un squelette couverts de vêtements somptueux et dont l'une des orbites est comblée par une grosse émeraude.

Il s'agit des restes de Lin Peï Min un célèbre mandarin qui dirigeait un siècle plus tôt une puissante organisation criminelle et qui, selon une légende, fut exécuté sans avoir avoué où il avait enfoui son immense fortune. Des inscriptions gravées sur le joyau vont mettre les deux aventuriers sur la piste du trésor. Mais ils s'apercevront vite qu'ils ne sont pas les seuls à s'y intéresser. 

Oui ! Voilà ! Cà c'est du Bob Morane. Rien à voir avec les minables aventures citadines qui m'avaient tant déçues lors de ma première rencontre avec le célèbre aventurier (cf : Les sosies de l'ombre jaune). Ce roman-ci réunit tous les ingrédients que l'on se figure trouver dans ce type de littérature : exotisme, action et mystère. Henri Vernes sait ce que ses lecteurs viennent chercher et il le leur donne sans barguigner.

Pour le cadre, la baie de Hong-Kong et son chapelet d'îles, pour le "sport", de dangereux chinois, pirates ou malfrats et, pour l'aventure, des pagodes en ruine, des passages secrets et des messages codés. Il y a même une charmante jeune femme qui vient agrémenter de sa jolie présence le quotidien des deux héros et permettre à Bob de jouer les chevaliers servants. Une belle asiatique qui nous en rappelle une autre (Tania Orloff, l'amour impossible de Bob, pour ceux qui ne le sauraient pas).

C'est court. Ça se lit vite et sans effort. C'est de la pure distraction. Il y manque bien un peu de suspense puisque l'on sait que Bob s'en tire à tous les coups mais çà fait partie du jeu. C'est un postulat de base dont il faut s'accommoder.

C'est qu'il est fort ce Bob. Il vise juste, tape dur, conduit adroitement et n'est pas non plus handicapé des neurones. Un homme parfait. Et un gentleman aussi ! Pas une seule fois il ne cherche à courtiser la demoiselle en détresse qui ne demanderais pourtant pas mieux !

Alors, malgré la nostalgie qu'ils dégagent, les Bob Morane sont à réserver à un public juvénile. Encore que je ne sois pas sûr que les ados d'aujourd'hui y trouvent véritablement leur compte.

Marabout - Bob Morane - 1964

 

15 mai 2013

L'ANGE AUX AILES DE LUMIERE - GILLES THOMAS

untitled

Jeune diplomate en poste sur une planète primitive des confins, Jason Carren est dégoutté par les coutumes barbares qui ont cours au royaume d'Urriakan. Aussi, lorsqu'une femme enceinte que les prêtres de Jacris mènent au supplice lui demande asile, il n'hésite pas à l'accueillir dans l'ambassade terrienne, provoquant du même coup l'ire de la population.

Pour faire retomber la pression pesant sur la légation terrienne, Jason et sa protégée s'envolent dans une navette vers une autre région où la jeune femme compte retrouver le père de son futur enfant. Mais un crash inopiné va les précipiter sur un continent inconnu où ils devront affronter une nature sauvage et la cruauté des hommes. 

Comme dans Les voies d'Almagiel ou La croix des décastés, Gilles Thomas situe l'action de ce roman longtemps après ce qu'elle nomme La Grande Expansion, période qui vit la terre essaimer des colonies un peu partout à travers l'univers. Mais avec le temps, les liens avec la planète mère s'estompèrent et bien des mondes oubliés des terriens régressèrent à un stade primitif.

Ce postulat lui permet de mettre en place des décors d'inspiration médiévale où elle peut donner libre cours à son penchant pour les histoires picaresques saupoudrées d'un rien de spéculation scientifique. De petits récits de science-fantasy forts simples, bourrés d'action mais toujours de grande qualité.

C'est encore le cas avec ce roman dont l'intrigue est rehaussée par la façon dont elle traite la psychologie de son héros. Celui-ci va en effet traverser des épreuves qui vont remettre en question ses certitudes d'homme civilisé et ses belles pensées humanistes.

Au contact des idées rétrogrades du royaume d'Urriakan, des mœurs rudimentaires de la tribu d'Ikolaker ou de la cruauté de mise à la cour du baron Gresselk, Jason va éprouver des sentiments jusqu'àlors inconnus : colère, haine, désir de vengeance. La précarité de sa position lui fera aussi comprendre que ses beaux principes de respect d'autrui et de non-violence ne pèsent pas lourds lorsqu'il s'agit d'assurer sa survie.

Une expérience qui lui permettra de plaider la cause de son propre monde lorsqu'il s'agira de faire comprendre à des êtres encore plus évolués que les terriens, que les hommes sont imparfaits par nature mais peuvent néanmoins s'amender et marcher sur le chemin de la sagesse.

Mais Jason n'est pas le seul personnage digne d'intérêt et j'ai beaucoup apprécié celui de Valika Brunode, la libre-commerçante sans scrupules, maîtresse-femme qui entend rester libre de sa destinée.

Alors procurez-vous vite ce livre, ou n'importe quel autre de l'auteur, et vous plongerez dans deux cent pages de pur plaisir.

Fleuve Noir Anticipation - 1990

 

15 mai 2013

TROIS COEURS, TROIS LIONS - POUL ANDERSON

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Danemark, hiver 1943. Sur le point de succomber aux nazis, Holger Carlsen se trouve projeté dans un univers médiéval fantastique. Sans le vouloir, il y prend la place d'un preux chevalier dont il ignore tout mais qui semble appeler à jouer un rôle déterminant dans le conflit qui oppose les forces de la Loi aux puissances du Chaos. Décidé malgré tout à retourner dans son pays et son époque, il se met en quête du moyen d'y parvenir. Il rencontrera sur son chemin un nain râleur et une fort jolie femme-cygne qui lui feront découvrir le monde du Milieu, ce dangereux territoire qui sépare l'empire carolingien du royaume de Faërie.  

En refermant ce livre je reste sur une impression mitigée : pas franchement déçu mais bien loin de l'enthousiasme escompté. C'est que je m'attendais à beaucoup mieux de la part du grand Poul, l'homme aux 7 prix Hugo. A du grandiose, de l'épique ! Quelque chose comme une formidable épopée médiévale qui nous aurait conduit de la cour de Charlemagne au royaume de Faërie. Un récit où l'on aurait assisté à des batailles dantesques entre preux chevaliers et démons, à des alliances contre nature, à des trahisons et de hauts faits d'armes. Parce que, c'est pas pour dire, mais c'est à rien moins que la lutte entre la Loi et le Chaos qu'il nous conviait !

Or, qu'avons-nous réellement ? Rien de plus qu'une gentille quê-quête menée par un chevalier errant et ses trois compagnons. Pas exactement une promenade de santé puisque les quat'zamis devront surmonter bien des périls et affronteront tour à tour un dragon, un géant, un loup-garou, une ondine et un troll. Mais pas de crainte, ils en viendront facilement à bout grâce à Holger et ses connaissances scientifiques d'homme du XXème siècle.

C'est que le monsieur a beau être plongé dans le plus extraordinaire des mondes, côtoyer fées et sorcières, il n'en cesse pas moins de chercher des explications rationnelles à tout ce qui l'entoure. Pour lui, le feu d'un dragon s'explique par quelques notions de thermodynamique, la malédiction pesant sur un loup-garou est un simple problème de gêne récessif et lorsqu'un géant se change en pierre il y voit a transformation de carbone en silicium entraînant la formation d'un isotope radioactif !

Tout cela apporte évidemment une note d'humour décalé qui constitue d'ailleurs la principale réussite de ce livre et que l'on retrouve aussi dans des dialogues plutôt bien tournés (les remarques sarcastiques du nain Hugui, l'échange d'amabilités entre Morgane ou Alianora...). Mais là encore ce n'est pas transcendant et en la matière, je lui préfère de beaucoup celui de Sprague de Camp.

Bon, n'allez tout de même pas croire que je me sois ennuyé. Le récit est rondement mené et ne souffre d'aucun temps mort. Il y a même quelques très bonnes idées dont cet imaginaire Carolingien qui nous change agréablement du sempiternel folklore breton.

Alors si vous aviez décidé de lire ce bouquin, ne changez surtout pas vos plans. Il vous réserve quelques bons moments de franche gaieté.

Garancière - Aventures Fantastiques - 1986

 

15 mai 2013

LE RESCAPE DE LA TERRE - P-J HERAULT

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La guerre entre Mars et la Terre vient tout juste de commencer et les premiers missiles ne tarderont pas à percuter les planètes. En urgence, Giuse place son ami Cal, anesthésié suite à une opération, dans une capsule spatiale et l’expédie à des années lumières du système solaire.

A son réveil, la capsule orbite autour d’une planète qui paraît habitable. Après avoir pris connaissance d’un message laissé par son ami et l’informant de la situation, Cal décide de s’y installer. Il y fait la connaissance des vahussis, un peuple pastoral aux mœurs pacifiques et se fait bientôt adopter par l'une de ses tribus avec laquelle il décide de partager ses connaissances.

Le jour où il découvre une base secrète construite par une race extra-terrestre, les Loys, et dotée d’une technologie remarquablement avancée, il décide d’utiliser ces moyens pour veiller à l’épanouissement des Vahussis. Il espère ainsi leur éviter de reproduire les erreurs qui ont conduit les terriens à leur perte. 

Ce volume est le premier des 7 livres nous contant les aventures de Cal de Ter. Il peut d’ailleurs être regardé comme une sorte d’introduction à ce cycle dont il plante le décor. De longs passages sont ainsi consacrés à la description de la planète Vaha, ses continents, sa faune, sa flore et ses habitants.

Le personnage de Cal est aussi abondamment décrit, au physique comme au mental, ce qui nous permet de mieux comprendre son attitude face aux évènements. La tristesse d’avoir quitté son monde et ses proches, ses difficultés d’adaptation à un peuple et à une « époque » qui ne sont pas les siens constituent en effet autant de motifs qui le conduiront à prendre la décision d’exister sur un autre plan que les vahussis. Et c’est précisément ce postulat qui sert de base à la suite de ses aventures.

Pour ce qui est du style et de l’intrigue, il faut avouer qu’ils sont fort simples, mais c’est ce qui fait le charme de ce roman et le rend accessible à de jeunes lecteurs.

On pourrait aussi reprocher à P. J. Herault d’aplanir bien vite toutes les difficultés que rencontre son héros quitte pour cela à le doter de qualités sans nombre et à mettre à sa disposition des moyens hors normes. Mais là encore, tout est parfaitement assumé. Cal dispose d’un pouvoir quasi divin. Et bien soit, il se comportera désormais comme un dieu et ne viendra visiter ses ouailles que pour les remettre dans le droit chemin.

Au final, cela nous donne un bouquin qui se dévore et qui laisse envisager beaucoup de bonnes choses pour la suite.

Fleuve Noir Anticipation - 1975

 

15 mai 2013

RN 86 - JEAN-BERNARD POUY

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Léonard est profondément affecté par le décès de sa femme dans un accident de la circulation d'autant que les circonstances du drame laissent supposer un suicide. Cherchant à connaître les raisons qui ont pu pousser Lucie à cet acte désespéré, il décide d'enquêter sur ses derniers jours et notamment sur ce mois passé en séminaire dans le sud de la France. Son seul indice : une carte postale du pont du Gard. 

Jean-Bernard Pouy a le don de nous proposer des polars qui sortent des sentiers battus.

Celui-ci n'en est d'ailleurs presque pas un. Pas de policiers, pas de malfrats, pas de meurtre. Juste une sorte de jeu de piste post mortem qui voit un homme tenter de reconstituer les derniers jours de son épouse et qui découvre une femme qu'il ne soupçonnait pas, presque une étrangère.

Sa tâche semble de prime abord désespérée, voire impossible. Comment retrouver la trace d'une personne dans une région que l'on ne connaît pas quand on ignore où elle a séjourné et qui elle a pu côtoyer. Mais avec de la persévérance et un peu de chance, il va remonter le fil ténu qui le relie à son épouse. Une réceptionniste d'hôtel, une collègue de stage, un écrivain en villégiature, un voyeur, lui dévoileront des bribes de son histoire. A lui de combler les trous pour que, de fil en aiguille, le passé prenne forme et la vérité se fasse jour dans toute sa crudité.

Au cours de son enquête, Léonard va se prendre quelques grosses claques dans la gueule. Au propre comme au figuré. Mais il ira jusqu'au bout de sa démarche et boira le calice jusqu'à la lie. Une quête désespérée sur fond d'arrière-pays nîmois avec ses campagnes écrasées de soleil, ses jolis villages et le pont du Gard où tout commence... et tout s'achève.

Gallimard - Folio Policier - 1998

 

15 mai 2013

LE CLOWN DE MINUIT - ALAIN VENISSE

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Depuis le décès de son époux, Clara a bien des soucis. Outre les problèmes domestiques, les assiduités du médecin de la famille et une vie amoureuse au point mort, il lui faut prendre soin de sa fille de 12 ans qui a mystérieusement perdu l'usage de ses jambes et qui se renferme de plus en plus sur elle-même. Ce n'est pourtant rien en comparaison de ce qui l'attend puisqu'une série de meurtres touchant plusieurs de leur connaissances conduit la police à s'intéresser à elles... 

C'est donc à Alain Vénisse qu'était revenu l'honneur d'inaugurer cette collection Frayeur, ultime avatar de la mythique collection Angoisse du Fleuve Noir. Un choix a priori judicieux s'agissant d'un auteur capable de trousser de bons petits récits horrifiques, pas toujours très originaux mais tenant parfaitement la route (cf : L'étreinte de la bête ou Cimetière des chats). Manque de bol, ce n'est pas du tout le cas avec ce roman gore sans intrigue et sans suspens.

Pourtant, l'idée de cet d'amour filial suffisamment puissant pour réunir par-delà la mort un père et sa fille aurait pu donner quelque chose d'assez joli et d'un peu profond. Malheureusement cela n'aboutit qu'à une succession de meurtres abominables dont on sait trop rapidement qui en est l'auteur et pourquoi.

Côté personnages, Monsieur Vénisse n'a pas fait beaucoup plus d'efforts et louche sans vergogne sur les romans de Stephen King. Sa petite héroïne rappelle irrésistiblement une certaine Carrie (télékinésie, rapports conflictuels avec maman) et son clown psychopathe pourrait être le frère jumeau de Cà.


Finalement, seules les scènes de meurtres sont assez réussies, notamment celle qui se déroule dans le cabinet d'un dentiste avec roulette et fraise... Brrrr ! Heureusement, çà se lit très vite : cent cinquante pages en gros caractères qui permettent de passer rapidement à autre chose.

Fleuve Noir - Frayeur - 1994

 

 

15 mai 2013

LE JOUR DE L'ENFANT TUEUR - PIERRE PELOT

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Les clans voisins des Ohihani et des Anäanni ont conclu un accord. Les premiers fourniront plusieurs jeunes femmes nubiles aux seconds qui en manquent cruellement. En échange le plus fort des guerriers Anäanni rejoindra les Ohihani afin de suppléer la disparition de nombreux guerriers de ce clan. Ahorn se réjouit d'avoir été désigné par les siens puisque cela lui permettra de retrouver Enea'a, une jeune femme dont il est épris.

Cependant, son arrivée chez les Ohihani ne se passe pas sous les meilleurs auspices. Plusieurs de leurs femmes, dont Enea'a, ont été enlevées par le clan des Ohisihan et la plupart de leurs guerriers sont devenus Nokh, c'est à dire subissent l'influence de l'esprit d'Agough et vivent désormais à l'écart. Pour rompre cette malédiction, Ahorn accepte de se rendre chez les Ohisihan afin d'abattre leur chef et récupérer la femme qu'il désire. Mais lui a-t-on décrit l'exacte vérité ?


Ce n'est pas la première fois que Pierre Pelot s'aventure aussi loin dans l'histoire de nos ancêtres. Il s'y est déjà essayé avec les cinq volumes de sa série "Sous le vent du monde" rédigée sous le patronage avisé de Yves Coppens. Cette série a, semble-t-il, rencontré un vif succès et reçu de bonnes critiques. Ne l'ayant pas lue je ne peux me prononcer sur sa valeur mais je dois avouer ma profonde déception à la lecture du "Jour de l'enfant tueur".

Apparemment, l'idée de l'auteur était de nous livrer un polar préhistorique. Une idée pour le moins originale car, après les polars antiques, médiévaux, victoriens, etc... j'étais curieux de découvrir une enquête chez Cro Magnon. Mais là, l'auteur me semble être passé un peu à côté de son sujet.

L'intrigue est plus mince que du papier à cigarette, le suspens quasi inexistant et la chute décevante. On apprend également peu de chose sur le mode de vie de ces hommes primitifs et seule la difficulté à communiquer et les balbutiements du langage sont assez bien rendus.

Alors, malgré quelques bonnes idées (les guerriers Nokh à la bouche cousue) ce roman nous permet juste de découvrir que la convoitise, les machinations, la vengeance et le meurtre existaient déjà il y a 35000 ans. Mais qui en doutait ?

Editions du Seuil - Points - 1999

 

14 mai 2013

L'ENIGME DU REDOUTABLE - J. H. ROSNY JEUNE

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Mais que fait le Redoutable au large des côtes bretonnes ? Pourquoi cet imposant navire de guerre britannique stationne-t-il à la limite des eaux territoriales françaises ? Que cherche-t-il de si précieux au fond de la Manche pour s'entourer de tant de précautions ? Voilà des questions auxquelles Castrec, un ancien agent de renseignement retiré à Saint-Malo, aimerait avoir des réponses. Devant l'inertie des autorités françaises, il décide de mener sa petite enquête. Il ignore encore quelle fabuleuse découverte l'attend au fond de la mer. 

Y'a pas à dire, une petite vieillerie d'avant-guerre, de temps à autre, çà fait du bien ! La preuve avec ce roman écrit en 1920 par J. H. Rosny Jeune. Non, pas celui de La guerre du feu. L'autre. Le p'tit frère. Qui se débrouille d'ailleurs aussi bien que son frangin dans le domaine de la littérature d'évasion. Il nous propose ici un cocktail d'aventures maritimes, d'espionnage et surtout, de merveilleux. Une histoire de monde perdu. De Terre Creuse plus précisément.

Comme dans la plupart des récits du genre, c'est la découverte du mode de vie de cette civilisation oubliée et de son environnement qui constitue le plus gros de l'intrigue. Un gros chapitre est ainsi consacré au récit du cataclysme qui isola sous la mer un petit bout de Bretagne et à la façon dont ses habitants s'adaptèrent à leur nouveau milieu.

Rosny Jeune décrit avec humour et minutie cet univers sous-marin où les champignons sont devenus des arbres, les fourmis prospères faute de prédateurs et dans lequel l'air parvient grâce à un piston naturel actionné par les marées. La SF n'est pas en reste. Les douariens (de Douar, domaine en breton) ont une avance technologique considérable. Ils disposent ainsi du visiophone, de la télévision, de bathyscaphes et de quantité d'inventions domestiques ou militaires liées au contrôle de la pression sous-marine. Une pression dont les effets ce sont faits sentir sur leur morphologie puisque les traits de leur visage se sont aplatis et leur donne une allure de batraciens.

Ils sont aussi très en avance sur le plan de la philosophie. Résolument pacifiques, ils répugnent tout particulièrement à user de la force et ne s'opposeront à l'intrusion des britanniques que lorsque ces derniers passeront les bornes.

L'auteur se montre d'ailleurs assez critique vis-à-vis de ses congénères et son héros exhortera plus d'une fois ses nouveaux amis à se méfier des hommes et particulièrement de leur cupidité.

Albin Michel - Les belles aventures - 1941

 

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