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14 mai 2013

L'OURAGAN DES ENFANTS-DIEUX - FRANCOIS RAHIER

untitledA la tête d'une caravane de trois engins chenillés et avec 8 hommes sous ses ordres, Hilberto parcourt l'arrière pays provençal pour recueillir les enfants abandonnés et les orphelins. C'est ainsi que Jori et Mogo, dont les parents viennent d'être assassinés, rejoignent la quarantaine de gamins qu'il a déjà récupéré et qu'il achemine vers un centre de regroupement du gouvernement.

Une route semée d'embûches puisqu'il leur faut éviter les bandes de pillards qui écument la région et composer avec les caprices du climat. Sans compter les dissensions qui agitent l'équipe et les velléités d'émancipation de certains gamins. Car Jori, Mattio et quelques autres ont des doutes sur leur véritable destination. Certains pensent même qu'ils pourraient n'être qu'une simple marchandise que Hilberto entend vendre au plus offrant. La révolte gronde et, bientôt, l'ouragan va se déchaîner.


En entamant ce roman j'ignorais que j'aurais affaire à un récit post-apocalyptique que ni la belle couverture de Florence Magnin, ni la présentation elliptique au dos du livre ne laissait prévoir.
C'est donc avec une agréable surprise que je me suis plongé dans sa lecture pour découvrir un univers somme toute assez basique.

La catastrophe y semble assez récente, quelques dizaines d'années tout au plus, puisque les adultes en gardent le souvenir et que les infrastructures (routes, immeubles, supermarchés...) sont encore debout bien que fort endommagées. Quant à la nature du grand chambardement, on la devine nucléaire eu égard à cet hiver qui parait sans fin et à la persistance de zones contaminées.

Les conséquences sur la société sont, là aussi, celles que l'on s'attend à trouver en pareil cas : disparition de l'état et de toutes ses manifestations (police, armée, administrations), maigres îlots de vie rassemblés pour le commerce ou la protection, pillards, bandes armées, lutte pour la survie. Et bien sûr, c'est la loi du plus fort qui prédomine avec son cortège de violence et d'anarchie.

Une situation dont pâtissent les plus faibles, à commencer par les enfants dont l'avenir se limite à l'esclavage et la prostitution pour les plus chanceux, au trafic d'organes pour les autres. Ce ne sera heureusement pas le cas de nos petits héros qui vont s'affranchir de la tutelle de ces adultes sans scrupules. Mais leur rébellion ne se fera pas sans mal car ils comptent dans leur rang quelques belles individualités. C'est d'ailleurs cette lutte d'influence entre les meneurs, cette rivalité, qui donne au roman ses meilleures pages.

Pour le reste, l'action demeure convenue à l'exception peut-être des expériences obscènes du docteur Vitreuse, personnage qui n'est pas sans rappeler le Dr Frankenstein de Mary Shelley avec son château médiéval et sa chambre froide pleine de cadavres.

Et puisque j'en suis aux références, j'ajouterais que ce roman m'a aussi fait songer à Sa Majesté des mouches de William Golding. Nous y retrouvons la même innocente cruauté dont font preuve des enfants qui n'ont plus de repères et aussi, en plus embryonnaire, la même tentative de se créer leur propre cosmogonie avec ses règles et ses tabous.

Fleuve Noir Anticipation - 1991

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14 mai 2013

LA GUERRE DES OCEANS - JOSE MOSELLI

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Afin de se venger des Etats-Unis et du Royaume-Uni, le savant fou Fiodor Sarraskine se livre à un odieux chantage. Soit ces deux nations s’acquittent d’une fantastique rançon, soit il continue de couler leurs navires. Un témoignage laissant penser que le repaire du maître chanteur se situe dans les parages du Cap Horn, des navires de guerre sont dépêchés sur place. Un journaliste sans scrupules et un « noble cœur » seront également de l’affaire. 

De la SF de grand-papa, désuète à souhait et débutant à la façon d’une fiction romanesque avec un vilain criminel qui cherche à se venger, une jeune héritière en danger et un courageux officier prêt à tout pour la sauver.

Le problème, c’est que l’auteur n’arrive pas à faire décoller l’action. Il y a pourtant de nombreux rebondissements, comme dans tout roman feuilleton qui se respecte, mais çà reste très convenu.

Les héros triomphent grâce à une chance insolente et les méchants, pourtant incroyablement puissants, sont battus à plate couture. Cà fini par irriter, puis par lasser, et les éléments de SF introduits dans le récit ne parviennent pas à relever le niveau.

Des sous-marins révolutionnaires, une base secrète au fond d’une grotte et un savant acharné à détruire des navires de guerre, çà peut faire un grand roman quand on s’appelle Jules Verne, mais là, çà tombe à plat !

Marabout - SF - 1975

 

14 mai 2013

BELLEVILLE BARCELONE - PATRICK PECHEROT

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Nestor, détective de l'agence Bohman, est engagé par un riche industriel pour mettre un terme à l'idylle que sa fille entretient avec un ouvrier communiste. Une affaire a priori facile mais qui va le plonger au cœur de la lutte qui oppose communistes et trotskystes à la veille de la seconde guerre mondiale.


"Belleville Barcelone" est le second des trois romans que François Pécherot a consacré au personnage de Nestor, détective privé dans le Paris d'avant-guerre. Cette fois-ci nous sommes en 1938, période troublée s'il en est entre guerre d'Espagne et Anschluss, procès de Moscou et chute du gouvernement Blum.

Si l'enquête n'est pas absolument palpitante et si la chute ne casse pas trois pattes à un canard, c'est malgré tout l'occasion d'y voir plus clair sur les coulisses de la guerre d'Espagne et notamment la façon dont Staline s'y est pris pour éliminer les trotskystes et les anarchistes du POUM.

Rien d'étonnant donc, à ce que l'on croise un peu de tout dans les quartiers populos de Paname : des gauchistes de tout bord, des fascistes et même des surréalistes en la personne de Dédé Breton lui-même qui filera un coup de pogne à notre détective.

Le style de Pécherot, teinté d'argot et d'ironie, fait mouche. Il a le don de faire revivre cette époque grâce à une foule de petits riens : l'odeur de savon dans les bains publics, la goualante de Fréhel, la lassitude des filles dans un claque de la rue Paradis... Sous sa plume, c'est tout un petit monde industrieux qui s'offre à nos yeux. Celui des débardeurs du canal de l'Ourcq, des bougnats et des lavandières, des rempailleuses et des concepiges...

Les personnages aussi sont bien plaisants, Nestor en tête, privé presque caricatural dont on se demande s'il a une vie en dehors de son boulot, mais aussi les seconds rôles : la jolie Yvette qui pour être myope n'en a pas pour autant froid aux yeux, le grand Swami, croque-mort le jour et illusionniste le soir et Gopian le restaurateur arménien.

Tout cela nous donne un bon petit polar que l'on lira davantage pour son ambiance que pour son suspens.

Gallimard - Folio Policier - 2007

 

14 mai 2013

NIOURK - STEFAN WUL

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Sur Terre, après un cataclysme d’origine inconnue qui a notamment eu pour effet d’assécher l’océan Atlantique, l’espèce humaine a régressé à un stade néolithique. Dans cet environnement profondément modifié, un jeune enfant noir, en butte aux brimades de sa tribu, découvre sur les hauteurs de l’île de Cuba les restes de l’ancienne civilisation. A l’aide d’une arme puissante et d’un ours apprivoisé, il parviendra à sauver sa tribu de la menace de poulpes mutants, puis entreprendra un long voyage à la découverte de la légendaire Niourk. Là, il rencontrera d'autres humains plus évolués. 

Niourk est un roman dont la construction s’avère étrange et la chute surprenante.

La première partie à la saveur d’un récit d’aventures préhistoriques à la façon de Rosny Aisné. Elle nous met en présence de la classique tribu avec guerriers obtus, vieux sorcier détenant quelques bribes de savoir et jeune héros en quête de reconnaissance.

La seconde partie est en revanche plus ancrée dans la SF. Le jeune héros découvre les vestiges de Niourk (contraction de New-York) et commence à entrevoir la possibilité d’une nouvelle existence avant d’être mis en présence de voyageurs de l’espace.

On le voit,  les thèmes évoqués sont très classiques. Mais ce qui surprend c’est la coupure très nette entre les deux parties, coupure encore renforcée par la trop rapide évolution du personnage principal dont le QI passe en un rien de temps du stade de l’huître à celui d’un Einstein (oui, d’accord, les radiations, mais quand même !).

Ce qui surprend aussi, c’est la présence de cet équipage vénusien, dont la présence n’apporte finalement pas grand-chose au récit à part nous délivrer une information capitale : ils sont asexués !

Et que dire de la fin et de sa petite morale selon laquelle la seule vie qui vaille la peine d’être vécue c’est celle du bon sauvage de Rousseau…

En entamant ce livre, je m’attendais à bien mieux car un roman publié au FNA et réédité en Présence du Futur m’apparaissait comme un gage de qualité. On est finalement  loin du compte et ce livre conviendra davantage à de jeunes lecteurs qu’à de vieux briscards de la SF.

Denoël - Présence du Futur - 1984

 

14 mai 2013

COMME UN LISERON - PAUL BERA

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Que peuvent avoir en commun un nanti, une errante et un gueux du « quartier vieux » ? A priori pas grand-chose. Sauf peut-être un don particulier. Celui de tuer par la pensée par exemple. Malheureusement, ceux qui s'y sont essayés n'ont pas survécu à leur victime. Difficile dans ces conditions pour Vana, Larn ou Nel de tenter l'expérience. A moins de découvrir le secret du vieux Géo, l'alsacien du quartier vieux. Mais ils devront faire vite car le Comité Directorial a décidé d'en finir une fois pour toute avec les dissidents de tout poil ! 

Les récits fondés sur l'opposition entre des cités bulles où la vie est strictement encadrée par une élite qui détient tous les pouvoirs et un « extérieur » peuplé de bons sauvages sont légion et celui de Paul Béra n'apporte rien de neuf au genre.

Son monde reprend le schéma traditionnel de l'affrontement entre ceux de la ville et leur société évoluée mais sclérosée, et les « errants » du dehors qui mènent une vie pastorale, saine et pacifique. Rien d'original donc pour ce roman particulièrement ennuyeux où il ne se passe presque rien.

L'auteur délaye au maximum et ne parvient pas à donner du corps à son récit. Ses descriptions sont minimalistes, les décors à peine esquissés et les personnages manquent de profondeur. Cela a parfois du bon, mais là c'est du foutage de gueule. Tout juste apprend-on que la ville est alimentée par une centrale nucléaire souterraine et que les dissidents ont trouvé refuge dans ses bas quartiers. Quant aux dialogues, insipides, et souvent même ridicules.

Alors quoi d'autre ? Ah oui bien sûr ! Ce fameux pouvoir psy. Cette possibilité de tuer par la pensée dont les personnage sont doté sans toutefois oser s'en servir. Un fameux paradoxe où chacun pense avoir trouvé le moyen de tuer sans risque tout en soupçonnant son voisin d'avoir lui aussi la solution. Et comme personne ne se lance, l'action stagne misérablement jusqu'à un dénouement d'une grande banalité.

Paul Béra a du écrire ce bouquin pour respecter son quota de livraison annuelle au Fleuve. Alimentaire mon cher Watson !

Fleuve Noir Anticipation - 1976

 

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14 mai 2013

LES FLEURS BLEUES - RAYMOND QUENEAU

untitledCidrolin est un individu paisible vivant sur une péniche en région parisienne. Il partage son temps entre la sieste, la liqueur de fenouil et l'observation des occupants du terrain de camping tout proche. Sa seule occupation consiste à repeindre sa barrière qu'un inconnu couvre régulièrement d'insultes. Le duc d'Auge est un chevalier peu conformiste qui a fort à faire pour marier ses trois filles, trouver une nouvelle épouse, combattre la mauvaise influence de son chapelain et modérer les ardeurs langagières de ses chevaux.

Lorsqu'il s'endort, Cidrolin rêve qu'il est le duc d'Auge. Quand ce dernier s'assoupit, c'est de Cidrolin qu'il rêve. Où est le songe, où se trouve la réalité ? Et qui fait ces graffitis sur la barrière de Cidrolin ? C'est ce que Raymond Queneau nous propose de découvrir ainsi que quantité d'autres choses.

 

J'avais déjà tâté de la jolie plume de Raymond Queneau avec Exercices de style, essai dans lequel il explore tout les modes narratifs que lui permet la langue française et même quelques autres de son cru. Avec Les fleurs bleues, il surfe un peu sur le même concept.

C'est un roman bourré de jeux de mots et de calembours où l'auteur triture en tout sens notre jolie langue. Il la malaxe, l'étire, la forme à sa convenance pour lui donner les sonorités les plus belles ou les plus drôles. Il use et abuse du néologisme, du double sens et de la répétition. Il revisite les proverbes, prend des libertés avec l'orthographe tout en nous donnant des leçons d'étymologie. C'est d'une virtuosité rare doublée d'une grande érudition.


L'histoire de France y est tout aussi malmenée. On y passe sans coup férir des croisades à Louis XIII, de la guerre de cent ans à la révolution française. Les anachronismes, notamment ceux qui touchent au langage, sont nombreux et sa relecture de quelques uns des grands événements de notre passé sont irrésistibles. C'est aussi parfaitement loufoque, joyeusement anticlérical et pas du tout politiquement correct.

Cà part dans tous les sens avec des personnages fantasques mais attachants et des seconds rôles récurrents et bien amusants (le passant, le clergyman à mobylette, les campeurs...). Ce livre est une véritable leçon d'écriture et un petit chef d'œuvre d 'humour. Lisez-le vite !

Gallimard - Folio

14 mai 2013

LES LUTTEURS IMMOBILES - SERGE BRUSSOLO

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Parce que les villes ont failli disparaître sous des montagnes de déchets, parce que le règne de l’éphémère et du jetable a mis en péril l’équilibre de la planète, parce que les objets étaient parfois jetés avant même d’avoir servis, pour toutes ces raisons une prise de conscience générale s’imposait.

C’est la Société Protectrices des Objets qui s’est chargé de ce redressement moral et ses méthodes se sont avérées radicales. Désormais, plus question de se débarrasser d’un vêtement avant qu’il soit usé jusqu’à la corde ou de jeter une assiette ébréchée. Chaque objet est estampillé au nom de son acheteur, doté d’un témoin d’usure et de capteurs, et malheur à qui s’en sépare avant le terme, le brise, le déchire, le détériore.

Pour les cas les plus graves, la sanction est exemplaire. Le délinquant est physiologiquement couplé avec un ou plusieurs objets et tous les impacts, les fêlures, les tâches se répercutent sur sa peau ou son squelette.

Alors que ses compagnons d’infortune sont devenus les frères siamois d’objets fragiles (livres, vêtements, microsillons), David se retrouve associé à un Tank. Pourquoi ? Quel est le but recherché par la SPO et y a-t-il un rapport avec les meutes de vandales qui les menacent ? 

 

Sur le thème du rapport de l’homme à l’objet, Serge Brussolo nous déroule une fois de plus une histoire passionnante. En un superbe crescendo qui nous fait passer de la simple anticipation (réglementation anti-gaspillage, marquage des objets, contrôle des poubelles) à la science-fiction la plus poussée (couplage physiologique), il exploite son idée de l’objet roi jusqu’à son paroxysme.

Cela lui permet de nous livrer des descriptions cocasses et sordides de la vie d’hommes et de femmes qui, par un pervers renversement de situation, sont contraints de servir les objets qu’ils « maltraitaient » jusqu’alors.

Mais, là où il excelle particulièrement, c’est lorsqu’il imagine le monstrueux mimétisme qui s’opère sur le corps des victimes : grains de beauté qui restituent les imprimés des vêtements ou les lignes d’un livre, épiderme qui se calcifie jusqu’à prendre la consistance de l’acier…

Voici en tout cas un livre à conseiller en ces temps de surconsommation et de gâchis de matières premières. Bien qu’écrit il y a plus de vingt ans, il illustre assez dans sa première partie les mauvaises habitudes qui nous conduisent vers un désastre écologique sans précédent.  

Un peu de décroissance ne faisant pas de mal, j’ai acheté ce bouquin d’occasion. Aucune nouvelle forêt n’aura donc été coupée pour imprimer un exemplaire neuf. On se donne bonne conscience comme on peut !

Fleuve Noir Anticipation - 1983

 

14 mai 2013

LES DEUX ORPHELINES VAMPIRES - JEAN ROLLIN

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Henriette et Louise sont les plus attachantes des petites pensionnaires de l'orphelinat des Glycines. Aveugles de naissance, les deux jeunes filles sont en effet aussi jolies qu'obéissantes. Raison pour laquelle le Docteur Dennery, ophtalmologue réputé venu les examiner, décide de les adopter. Mais ce que le bon docteur ignore, c'est que ses protégées ne sont pas si aveugles que çà et qu'à la nuit tombée, les charmantes enfants se transforment en furies de la pire espèce. 

Je connaissais Jean Rollin, réalisateur. Je le découvre aujourd'hui écrivain. Soyons clairs, cinéma ou littérature, ses œuvres sont à classer dans la catégorie des bons gros nanars horrifiques. Mais si ses films à petits budgets possèdent une certaine esthétique, une recherche constante de la belle image grâce notamment aux lieux choisis (le Père Lachaise, la plage de Pourville...), son livre en est totalement dénué.

Avec un style narratif extrêmement pauvre et répétitif, il peine à susciter cette atmosphère étrange et saugrenue dont ses films sont empreints. Les sorties nocturnes de ses deux héroïnes son toutes plus ou moins identiques et il utilise trop souvent les mêmes effets de langage. Ainsi la phrase « Tac tac tac tac... font les deux cannes blanches » revient à quatorze reprise (oui, oui, je les ai comptées), ce qui est tout de même beaucoup pour un roman de 180 pages.

Que dire aussi de ces drôles de vampires que la lumière du jour a pour seul effet de rendre aveugles et qui ne craignent pas de pénétrer dans une église. Des vampires qui aiment certes le sang frais mais ne dédaignent pas de se tailler un petit steack dans les fesses bien dodues des petits nenfants. Sont-ce d'ailleurs des vampires ou la réincarnation des dieux aztèque Quetzalcoatl et Murcielago ? On ne le saura finalement pas.

Une chose est en revanche certaine, c'est qu'après un premier meurtre bien sanguinolent et la surprise de voir nos deux petites aveugle se transformer en goules, on s'ennuie ferme. Les meurtres s'enchaînent avec une lassante régularité, les dialogues absolument ridicules ne servent qu'à meubler et l'on devine bien vite que les aventures de nos deux coquines se termineront mal.

Alors si vous êtes malgré tout décidé à découvrir l'univers onirique de monsieur Rollin, je vous invite (une fois n'est pas coutume) à préférer ses films.

Fleuve Noir - Angoisses - 1995

 

14 mai 2013

LE RETOUR D'ATAÏ - DIDIER DAENINCKX

untitledTrois quart de siècle après les évènements relatés dans « Cannibales », Gocéné est de retour en Métropole. C'est désormais un vieil homme de près de 90 ans qui, malgré son âge, n'a rien oublié de sa triste aventure dans le Paris d'avant guerre, l'humiliation subie et la mort de son ami.

Cette fois-ci, il est déterminé à retrouver la tête d'un guerrier kanak tué lors de la révolte de 1878 afin de la restituer à ses descendants.

 

Ce second voyage de Gocéné en France est l'occasion pour Didier Daenickx de mettre en lumière une autre manifestation du colonialisme français : le vol d'objets rituels de la culture Kanak et leur transformation en pièces de musée ou objets de collection. Au fil des recherches de son sympathique papy, il nous dévoile aussi quelques bribes de l'histoire de la Nouvelle-Calédonie : sa colonisation par des militaires et d'anciens communards condamnés à l'exil, la spoliation des terres, la répression mais aussi les révoltes. Car les évènements d'Ouvéa ne furent pas la première manifestation d'hostilité des Kanaks à l'égard de la puissance coloniale.

Mais c'est surtout au sort des « restes humains » détenus dans les musées français qu'il s'intéresse et, si sa tête de guerrier conservée dans le formol est imaginaire, d'autres sont hélas bien réels comme la tristement célèbre Vénus hottentote.

C'est en tout cas avec beaucoup d'intérêt que l'on suit ce vieil homme lancé dans une quête aussi surprenante que palpitante. Elle nous conduira des salles de ventes aux réserves des musées, des baraques foraines aux vitrines des collectionneurs et nous fera rencontrer quelques personnages peu ordinaires...

Hasard du calendrier de mes lectures, j'achève ce roman quelques mois seulement après la restitution par la France au gouvernement néo-zélandais d'une tête Maorie : la réalité rejoint parfois la fiction.

Editions Verdier - 2002

 

14 mai 2013

VISITEURS D'APOCALYPSE - JEAN-PIERRE ANDREVON

untitledUne dizaine de personnes se retrouvent coincés à l'intérieur d'une grotte alors que des événements tragiques (guerre nucléaire, catastrophe naturelle ?) semblent se dérouler au dehors. Lorsqu'ils émergent, aucune trace de conflit mais un brouillard épais qui dissimule tout et quelques militaires qui leur enjoignent de rallier un camp de regroupement dans le sud. Mais, de la Bresse à la Camargue, le chemin est long et la route dangereuse...

 

Lorsqu'il écrit ce livre en 1990, Jean-Pierre Andrevon compte déjà à son actif un grand nombre de récits post apocalyptiques, romans ou nouvelles. Dans ces conditions, pouvais-je raisonnablement espérer un peu de neuf de sa part dans ce genre qu'il a évoqué à tant de reprises ?Sans doute, puisqu'il s'agit d'un thème qui offre de vastes perspectives et dans lequel il s'est encore illustré par la suite et jusqu'à tout récemment avec « La maison qui glissait ».

Avec ce roman toutefois, la surprise n'est pas au rendez-vous et les mésaventures de sa poignée de français moyens ont un côté «déjà lu» très marqué. Les circonstances de leur survie, leur errance dans une France déserte, les mauvaises rencontres (chiens, rats ou bandes armées) sont certes bien rendues mais ne sont pas franchement originales, loin s'en faut.

Il y a bien quelques jolies séquences telles l'attente au fond d'une grotte, dans l'obscurité totale et l'incertitude quant aux évènements du dehors ou une superbe scène d'agapes dans un hypermarché, mais cela ne suffit pas à le démarquer de bons nombre de récits du genre. Malgré tout, ce roman ne manque pas d'intérêt. Jean-Pierre Andrevon a assez de métier pour entretenir ce qu'il faut de suspens et nous entraîner à la suite de ses personnages.

Des personnages qui forment un joli panel de notre société et qui, malgré la minceur du livre, bénéficient d'un traitement en profondeur. Leurs sentiments, crainte, désespoir, désirs, petites et grandes lâchetés nous sont dévoilés au fil du récit et lui apportent un "plus" certain.

Et puis il y a la révélation finale qui, j'en suis sûr, en surprendra plus d'un ! Car si l'on s'attend bien à ce que l'histoire ne se termine pas avec du champagne et des confettis, la noirceur de la chute n'en est pas moins étonnante et m'a fait songer au "Génocides" de Thomas Disch.

Alors, malgré un scénario un peu trop classique, « Visiteurs d'apocalypse » est un petit roman très recommandable que vous lirez d'une traite !

On notera aussi que la jolie couverture du bouquin est de J-P Andrevon himself. Pas mal non !

Fleuve Noir Anticipation - 1990

13 mai 2013

ASUTRA ! - JACK VANCE

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Les Roguskoïs vaincus et rejetés hors du Shant, Gastel Etzwane, a abandonné avec soulagement les rênes du pouvoir. Hésitant désormais sur le sens à donner à son existence il apprend que ses ennemis seraient réapparus au fin fond du Caraz. Voyant là un dérivatif à son ennui, il décide de s’en assurer par lui-même et de s'aventurer au cœur de ce mystérieux continent. 


"Asutra !" est le moins captivant des trois volumes qui composent les « Chroniques de Durdane ». Non qu’il s’y passe moins de choses, loin de là, mais le côté « space-opera » de sa seconde partie se démarque trop du reste du récit. Pour tout dire il m’a paru presque « anachronique », malgré la dimension interplanétaire déjà suggérée par l’intrigue et sa chute trop précipitée. 

Certes nous aurons, in fine, toutes les réponses aux questions soulevées. Mais ces révélations nous serons assenées d’un coup, un peu comme si l’auteur, lassé de son récit, avait hâte d’en finir. Néanmoins, j'ai apprécié de retrouver une dernière fois la planète Durdane, la diversité de ses coutumes, ses habitants hauts en couleur et je regretterais longtemps les superbes descriptions de Jack Vance et ses personnages attachants.

 

Pocket SF - 1981

 

13 mai 2013

LES PALADINS DE LA LIBERTE - JACK VANCE

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Après avoir mis fin au pouvoir de l'Anome, Mur alias Gastel Etzwane organise la résistance du Shant face aux terribles Roguskoïs.


Ce deuxième volet des « Chroniques de Durdane » est tout aussi passionnant que le premier. D'abord parce qu'il en constitue la suite attendue et qu'il apporte à ce titre des réponses aux énigmes posées (d'où viennent les Roguskoïs, quelles sont leurs motivations...).

Ensuite, en raison des nombreux développements apportés tant à l'environnement géographique et institutionnel du Shant qu'aux personnages. L'action se déplace, nous conduit dans de nouvelles provinces et de nouveaux paysages tandis que certains second rôles, tout juste esquissés dans le premier volume, gagnent en épaisseur et voient leur importance s'affirmer. Il en va ainsi pour Ifness le terrien mystérieux, Dystar et Frolitz les musiciens et surtout Gerd Finnerack, l'ami d'enfance et bras armé de la lutte contre les Roguskoïs.

Enfin, pour les rebondissements de l'intrigue qui nous font passer d'une aventure « locale » à l'échelle d'un pays, à une machination beaucoup plus vaste et dont l'enjeu dépasse même les limites de la planète.

Pocket SF - 1981

 

13 mai 2013

L'HOMME SANS VISAGE - JACK VANCE

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Principal continent  de la planète Durdane, le Shant est divisé en une soixantaine de cantons aux coutumes aussi étranges que disparates. Il demeure néanmoins soumis à l'autorité unique de l'Anome, également appelé « l'homme sans visage », qui veille aux respects des lois grâce au torque que portent tous les habitants et qu'il peut faire exploser à tout moment. C'est dans ce monde que Mur, un jeune enfant, cherche à s'émanciper de la société fondamentaliste à laquelle il appartient puis, devenu adulte, entreprend d'infléchir la politique de l'Anome.


Ce premier volume des chroniques de Durdane ne souffre d'aucun temps mort. L'auteur parvient avec un nombre de pages pourtant limité, à planter un décor vaste et fouillé, initier une intrigue captivante et conter par le menu les aventures qui conduisent notre jeune héros à sa révolte contre le pouvoir. 

Le récit fourmille de trouvailles surprenantes, tels ces dirigeables reliés à des voies ferrées et formant un « chemin d'air », "l'indenture" qui constitue une forme d'esclavage sous condition de rachat ou encore un alphabet basé sur les associations de couleurs. 

Mais si la richesse de cet univers est pour beaucoup dans le plaisir que l'on prend à suivre la destinée du jeune Mur, ses efforts pour débusquer l'Anome ne leur cède en rien et l'on devine que bien des développements sont à venir. La suite, vite !

 

Pocket SF - 1980

 

13 mai 2013

MISSION SUR TERRE - PHILIPPE RANDA

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Un vaisseau spatial et son équipage s’étant abîmé sur Terre, l’officier Xagène est envoyé sur cette planète « attardée » afin de porter secours aux éventuels survivants. Pour agir en toute discrétion, il est contraint de prendre la place et l’apparence de Raymond Lebland, un champion de boxe. Mais avant de venir en aide à ses compatriotes il lui faudra faire le ménage dans la vie de son personnage d’emprunt. 

 

Dire que ce livre m’a déçu tient de l’euphémisme. Pourtant cette idée d’extra-terrestres naufragés sur Terre aurait pu déboucher sur quelque chose de pas trop mal à condition de faire preuve d’un peu d’inventivité. Hélas Philippe Randa se contente du service minimum. Deux soucoupes volantes, quelques boules soporifiques et un peu de morphing sont ses seules concessions en la matière. Pour le reste, le roman tient plus du mauvais livre d’espionnage que de l’honnête roman de SF.

Précisons encore que l’écriture est au ras des pâquerettes, que l’intrigue compte bon nombre d’incohérences (si vous souhaitez passer inaperçu vous évitez de prendre l’apparence d’un champion mondialement connu !) et que la conclusion est plutôt prévisible ! Ah oui, j’oubliais, il y a aussi cette vision désopilante à force de convention de l’Allemagne de l’est derrière son rideau de fer.

En tous cas, je comprends mieux maintenant pourquoi la collection Anticipation a pu avoir une réputation de « littérature de gare » : c’est à ce type de livre qu’elle le doit.

Fleuve Noir Anticipation - 1981

 

13 mai 2013

LA DEESSE AUX YEUX VERTS - SAX ROHMER

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Parce qu’un meurtre a été commis à proximité de son domicile et que certaines de ses relations semblent  être mêlées à l’affaire, Jack Addison, journaliste de son état, est sollicité par son ami, l’inspecteur Gatton. Ensemble, ils tenteront de démêler les fils d’une mystérieuse affaire prenant sa source dans l’Egypte des pharaons et seront confronté à une mystérieuse femme-chat. 

J’ai un penchant très affirmé pour les romans fantastiques anglo-saxons du début du XXème siècle et je lis avec toujours beaucoup de plaisir des auteurs tels que Henry Rider Haggard, Rudyard Kipling, Conan Doyle ou Edgar Wallace.

J’ignore à quoi cela tient. Sans doute à ce mélange savamment dosé de conformisme très british et de fantastique décomplexé. Les personnages évoluent dans le meilleur monde, respectent les conventions, font preuve d’une politesse à toute épreuve et en toutes circonstances mais n’hésitent pas à envisager les hypothèses les plus improbables !

Et c’est précisément le cas avec ce roman policier où il est question de femme fatale, de château presque hanté, de savant fou et de possession et où les mystères de l’Egypte éternelle viennent brouiller les pistes. Sax Rohmer nous concocte une intrigue sympathique qui nous fait passer un bon moment même si les scènes d’action manquent un peu de nerf.

Une dernière remarque : le meurtrier, docteur aux origines orientales, me semble préfigurer son très célèbre docteur Fu Manchu.

Editions NéO - Le Miroir Obscur - 1985

 

13 mai 2013

LE FOUILLEUR D'AMES - MICHEL HONAKER

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Brian Shadley est un écrivain raté. Lâché par son éditeur, méprisé et trompé par sa femme, vivant dans un taudis, il aspire à des jours meilleurs. Il est partiellement exaucé le jour où l’espèce de bon génie qui réside dans la masure dont il vient d’hériter, s’attache à ses pas. Un génie qui n’a d’autre raison de vivre que de réaliser ses moindre désirs, formulés ou non. Mais doit-il vraiment s’en réjouir ? Est-ce vraiment une bénédiction que de voir s’accomplir toutes ses envies ? Même les plus intimes, les moins avouables et, peut-être, les plus dangereuses !

 J’ai beaucoup aimé ce petit roman qui renouvelle de façon originale et diabolique le thème du bon génie. Ici, pas de lampe merveilleuse ou de bonne marraine, mais une entité qui a une façon bien à elle de rendre service et une nette prédilection pour les pensées les plus malsaines de son maître. 

Sur la trame classique d’un roman d’horreur, Michel Honaker nous propose de découvrir non seulement les actes monstrueux commis par le démon Mash, mais aussi l’état d’esprit et les réflexions qui animent son héros. D’abord ravi de voir sa situation s’améliorer et ses ennemis ou rivaux punis, celui-ci finit par se rendre compte de la part de noirceur que recèle son âme et des terribles conséquences qui en découlent. 

Au final, cela nous donne un roman gore mâtinée de psychologie, mélange peu commun mais plutôt réussi.

Fleuve Noir Anticipation - 1991

 

12 mai 2013

L'ERE DES MIRACLES - JOHN BRUNNER

untitledIl n'aura fallu qu'une journée aux extra terrestres pour mettre la Terre à genoux. 24 petites heures pour faire sauter tout le combustible nucléaire de la planète et implanter une cité sur chaque continent. Et comme toutes les attaques lancées sur ces dernières ont lamentablement échouées, transformant les agresseurs en débiles profonds, il a bien fallu en prendre son parti et laisser faire les Aliens.

D'ailleurs, ils ne sont pas bien gênant, ne sortent pas de leurs villes et ne manifeste leur puissance qu'à l'encontre de ceux qui auraient de mauvaises intentions. Le véritable danger viendrait plutôt des humains eux-mêmes et notamment de ceux qui se sont installés à proximité de ces villes et qui commencent à menacer les états.

Dans ce contexte incertain, un petit groupe de chercheurs et de responsables locaux tente de comprendre la technologie extra terrestres tout en essayant d'échapper à ces mercenaires.

 

Dans ce roman, John Brunner ne perd pas de temps en préambules et introductions superflues et nous plonge immédiatement dans l'atmosphère chaotique et précaire qui règne sur cette Terre bouleversée par une invasion extra terrestre.

L'environnement géopolitique y est en effet profondément modifié et nous mesurons rapidement l'étendue du désastre. Entre une présence extra terrestre toujours dangereuse et la montée en puissance de chefs de guerre, les gouvernements (ou ce qu'il en reste) de la Russie, du Canada et des États-Unis ont du pain sur la planche.

Et c'est cette double menace qui donne l'orientation générale de l'intrigue puisque nous suivons d'une part les recherches entreprises par une poignée de scientifiques américains et russes pour pénétrer dans les cités stellaires et d'autre part la lutte des autorités contre l'inquiétant Grady ou le terrible Buishenko.

L'essentiel de l'action se déroule d'ailleurs dans l'un des territoires gouvernés par ces petits despotes et la description de ce nouveau Far West occupe une bonne part du récit. On y croise de tout : des trafiquants et des prédicateurs, des porte-flingues et des mendiants, des truands et des mystiques. Les fortunes s'y font et s'y défont en un tournemain et la vie humaine n'y a pas grande valeur. C'est pourtant là, à proximité des mystérieuses cités aliens, que se joueront l'avenir des dernières démocraties et de l'humanité ainsi que les destinées de quelques personnages.

C'est très rapide, peut-être un peu trop puisque quantité de détails nous échappent, mais l'essentiel de l'intrigue se déroule tranquillement jusqu'à son terme. Il m'aura juste manqué un personnage charismatique au pas duquel on aurait envie de s'attacher.

Mais passons et signalons une fin intéressante qui, bien que ne répondant pas à toute les questions (qui sont les extra terrestres, d'où viennent-ils, qu'elles sont leurs motivations?), ouvre de vastes perspectives et fait sacrément penser à « Stargate » et ses portes des étoiles. Mais j'en ai déjà trop dit...

Albin Michel - Super Fiction - 1977

12 mai 2013

L'OMBRE ET LE FLEAU - OSCAR VALETTI

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Lorsque vous êtes recherché par le roi d'Ampelogne pour avoir tué son "maître des rêves" et par celui d'Andalogne pour n'avoir pas su protéger son rejeton, votre avenir semble assez compromis. C'est ce que Ombre, garde du corps au chômage, apprend à ses dépens.

Mais heureusement pour lui, tout est possible dans l'Overmonde. Découvrir qu'on est un demi dieu pouvant pénétrer les failles temporelles, communiquer par télépathie avec ses pairs ou voler dans un bombardier avec un équipage de morts vivants... Et puis, il y a les amis. Moustik le demi-dieu à tête de poulpe et Carlotta la jolie guerrière à la cuisse légère.

Et c'est tant mieux car ils ne seront pas trop de trois pour venir à bout des voleurs à têtes de Porval, des zombies GI's, et d'un sorcier incandescent ! 

 

Je ne suis plus guère attiré par la Fantasy mais il m'arrive encore, de temps à autre, de me laisser enjôler par un titre accrocheur ou une présentation élogieuse. Avec "L'ombre et le fléau" ce n'est pourtant pas le cas. Le titre est commun, le résumé ne résume rien et en plus la couverture est laide. J'ai dû l'acheter il y a fort longtemps, au milieu d'un lot. Mais bon, puisqu'il traîne dans ma bibliothèque... 

J'ouvre donc le machin et je tombe sur une carte. Je ne suis pas surpris, neuf livres de fantasy sur dix en propose une, même quand elle n'est d'aucune utilité. Comme qui dirait une figure imposée du genre. Celle-ci est tout à fait classique avec ses montagnes, ses fleuves et ses villes. Au nord les noms ont une consonance scandinave, au centre l'orthographe se germanise puis laisse sa place au latin et, ô surprise, c'est l'arabe qui règne sur les régions méridionales. Quant à l'Andalogne, royaume où se déroule l'histoire, il évoque sans doute le lieu des dernières vacances ibériques de l'auteur ! 

A ce stade j'ai presque envie de refermer le livre sans même en lire une ou deux lignes. Mais comme je suis confortablement installé dans mon canapé et que j'ai la flemme de me lever pour aller en chercher un autre, je persévère. Et je fais bien ! Parce que le bidule est loin d'être mauvais.

Overmonde est un univers de fantasy assez classique avec une atmosphère médiévale mâtinée de magie. Il y a des dragons, des sorciers et des mages, des voleurs et des assassins. Ça combat, çà incante, çà complote et çà assassine, bref rien de particulièrement neuf. 

Mais il y a une énergie et un humour indéniables. Pas exactement une parodie. Juste une sorte de funny fantasy où tout est prétexte à la rigolade. Les dieux sont pêchés dans les rivières et asservis par les hommes, on y  mange des larves de Bricandogs ou des rognons de Gilmugs et les failles temporelles vous transportent dans le Vietnam de Coppola ! 

Oscar Valetti se lâche dans tous les registres et force le trait. Les noms de ses personnages (Lucilius Hygnivöom, Carlotta Von Sacher-Boulba) sont improbables, son héroïne est une guerrière intrépide sacrément portée sur le sexe tandis que son héros de frangin serait plutôt fleur bleue.

Il y aussi quelques morceaux d'anthologie dont une partie d'échecs grandeur nature où chaque pion perdus est atrocement exécuté ou bien encore l'attaque d'une forteresse par un commando de GI's. 

Tout cela nous donne une lecture bien réjouissante et sans prise de tête, idéale pour les deux ou trois heures de train qui vous séparent de la plage.

Fleuve Noir Anticipation - 1992

 

12 mai 2013

LE MAITRE DES DRAGONS - JACK VANCE

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Aerlith, petite planète isolée aux confins de l'univers, est l'un des derniers bastions d'une race humaine quasi anéantie par les Basiques. Ses habitants y ont régressé à un stade médiéval et s'épuisent en d'inutiles querelles intestines. La menace d'un retour des Basiques permettra-t-elle l'union des hommes face à l'envahisseur ? 


A ceux qui pensent que les romans de Jack Vance ne sont que de jolis guides touristiques des planètes et sociétés qui parsèment l'univers, ce livre apportera un sévère démenti. En effet, si le dépaysement est comme toujours au rendez-vous, c'est l'action qui domine ce récit où les batailles se succèdent à un rythme effréné. Et quelles batailles ! Des affrontements titanesques opposant des armées de dragons et d'extra terrestres en de sanglantes mêlées et où la froide technologie le dispute à une brutalité toute médiévale. 

Malgré tout, Monsieur Vance trouve le moyen de nous brosser un panorama assez complet de cette petite planète des confins. En quelques courts chapitres on y apprend son histoire locale qui se résume à une suite d'escarmouches entres des roitelets dont l'activité principale est l'élevage de dragons. 

On y découvre aussi sa géographie particulière constituée de chaînes montagneuses, de plateaux et de vastes canyons au fond desquels se concentre l'activité humaine. 

En revanche peu de personnages importants même si les portraits de Joaz Bambeck, rusé et visionnaire, et Ervis Carcolo, incorrigible abruti imbu de lui-même, sont assez plaisants. 

De belles inventions aussi côté vocabulaire, qu'il s'agisse de recyclage (la ménestrelle dont on ne sait si elle est trouvère ou concubine) ou de création comme le Démie, chef de la secte des sacerdotes. Cette secte dont les membres ressemblent aux sâdhus, ces mystiques hindouistes détachés du monde et vivant quasi-nus, est d'ailleurs l'une des plus jolies trouvailles du roman. 

Leur stricte observance d'une neutralité vis-à-vis de la destinée des hommes sur laquelle ils refusent d'influer de quelque manière que ce soit est d'ailleurs au cœur du récit. Elle pose la question de savoir si, au nom de principes religieux ou philosophiques, on peut rester étranger au malheur d'autrui et refuser son aide aux victimes.

Pocket - SF - 1979

 

12 mai 2013

LA PETITE ECUYERE A CAFTE - JEAN-BERNARD POUY

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Deux adolescents menottés aux rails et affreusement broyés par le Rouen/Dieppe de 22 h 04, voilà de quoi susciter l'intérêt de Gabriel Lecouvreur. D'autant que la thèse du suicide accréditée par la police, il n'y croit pas beaucoup. Le voici donc parti pour Dieppe, bien décidé à comprendre comment et pourquoi une fille de l'aristocratie locale et un minot de la classe moyenne ont finis en purée sanglante éparpillée sur le ballast. 

 

La petite écuyère a cafté est la première des innombrables aventures du poulpe et l'une des deux seules écrites par son créateur : J-B Pouy. Cette paternité explique certains traits de caractère de cet anti héros, redresseur de torts gauchiste et solitaire. Cela explique aussi la présence de quelques-uns des thèmes favoris de l'auteur : les trains, la RN 86, le spectre de la guerre d'Espagne... ou que l'on y retrouve son goût pour les jeux de mots foireux (les habits çà sert d'auto) et les sentences anarchisantes (une Leffe, la seule chose valable que des moines puissent faire).

Mais il s'agit avant tout d'une enquête palpitante menée à un rythme endiablé. Un condensé d'action et de révélations. Car le poulpe a une façon bien a lui de mener une enquête. Il ne s'embarrasse pas de préambules et se fout de passer inaperçu même s'il dispose d'une impressionnante collection de faux papiers. 

Sa technique, c'est le grand coup de pied dans la fourmilière. Ça soulage et çà fait flipper les affreux. Et c'est bien suffisant quant on ne cherche pas vraiment à faire triompher la justice, l'officielle avec ses flics et ses magistrats, mais juste à empêcher les coupables de dormir sur leurs deux oreilles. 

Là, ce sont les cathos qui vont en prendre pour leur grade. Pas les grenouilles de bénitiers ou les croyants du dimanche. Non, les ultras, les intégristes. Ceux qui mélangent garden party et réunions d'extrême droite, rallye et commando anti IVG, le crucifix dans une main et le Beretta dans l'autre ! 

J'ai également beaucoup aimé ses descriptions de Dieppe et de ses environs. Une cité pas tout à fait balnéaire et pas totalement industrieuse malgré sa centrale nucléaire toute proche. J'y ai retrouvé quelques-uns de mes souvenirs de vacances dont le trajet en train depuis Rouen, les éclats de verres polis par les galets et bien sûr, les falaises de craie. 

Voilà qui me fait regretter de n'avoir pas lu plus tôt l'un des épisodes de ce héros collectif, grand échalas qui a conservé intacte sa faculté de s'indigner des horreurs du monde, qui aime la stout irlandaise, conchie la Budweiser et rêve de faire voler un vieux clou. 

Je compte bien réparer ce tort très prochainement. Avec un nouvel opus signé Daeninckx ou Andrevon ou Raynal ou Quadruppani ou G. J. Arnaud ou...

Baleine -Le Poulpe - 1996

 

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