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9 mai 2013

LA GUERRE DES ETOILES - GEORGE LUCAS

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Grâce à l’étoile noire, une gigantesque station spatiale surarmée, l’abominable Empire galactique est sur le point de mettre à genoux la rébellion. Mais c’est compter sans la princesse Leia Organa qui dispose des plans du dangereux astronef et tente de les faire parvenir aux généraux rebelles. Elle sera heureusement aidée par un vieux chevalier Jedi, un jeune héros plein de fougue, deux contrebandiers et une irrésistible paire de droïdes. 

Voilà une lecture qui m'a rappelé mes 10 ans et l’émerveillement que j’avais éprouvé à suivre les aventures de Luc, Han et Leia sur la toile du Grand Rex. 

Alors, bien évidemment, je n’ai pu m’empêcher de confronter ma lecture aux images du film qui me sont restées en mémoire et, première constatation, livre et film coïncident en tous points, sans la moindre divergence, le moindre manque ou le moindre ajout. 

Cela m’amène à me demander si c’est bien le roman qui a inspiré le film (comme précisé en quatrième de couverture), où s'il ne s'agirait pas au contraire d'une novellisation. Mais il y a fort à parier que roman et scénario aient été rédigés conjointement pour donner au final deux œuvres identiques.

Deuxième point à aborder, le style de l’auteur. On connaît en effet les qualités de metteur en scène de Georges Lucas, sa maîtrise technique et ses innovations dans le domaine des effets spéciaux, mais qu’en est-il de ses talents d’écrivain ? Et bien je dois dire que le monsieur ne s’en sort pas trop mal dans ce livre ou l’action domine mais où il parvient néanmoins à introduire une bonne dose d’humour.

Enfin, et ce sera mon troisième et dernier commentaire, il convient de dire un mot sur l’histoire elle-même. « La guerre des étoiles » est un exemple de space opéra et rien n’y manque de ce qui fait la particularité du genre : vaisseaux spatiaux, planètes lointaines, voyages sub-luminiques, pistolets lasers et bon nombre d’extra terrestres. 

Mais ce qui a fait sa réussite c’est d’avoir su y adjoindre des ingrédients qui, de tout temps, ont fait le bonheur et le sel de la littérature populaire. Nous retrouvons ainsi les personnages bien connus du vieux sage (Obi Wan Kenobi), du jeune héros (Luc), de la blanche vierge (Princesse Leia), du malfrat qui dissimule un cœur pur (Yan Solo) et de l’incarnation du mal en la personne de Dark Vador. Ajoutons à cela un rien de roman d’apprentissage (celui de l’aspirant Jedï) ainsi qu’une menace mortelle pesant sur le monde et nous avons au final un livre à la fois moderne et intemporel.

Pocket SF - 1978

 

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9 mai 2013

LE DRAGON DU ROI SQUELETTE - SERGE BRUSSOLO

untitledJunia et Shagan sont chargés par leur maître, le magicien-forgeron Massalian, d'une mission auprès du roi de Kromosa. Voici donc l'improbable couple (le cul de jatte et la géante) contraint de pénétrer dans une ville maudite sur laquelle plane l'ombre d'un dragon assoupi. Véritable épée de Damoclès, celui-ci effectue de lentes révolutions au-dessus de la cité qu'il affecte de son influence pernicieuse. Les habitants des quartiers populaires qui vivent dans son ombre sont ainsi victimes d'horribles mutations tandis que les patriciens qui consomme la neige rouge issue de son haleine perdent la faculté de se nourrir normalement. Shagan et Junia auront fort à faire pour contrecarrer de nouveau les noirs desseins du roi squelette.


Ce second volume du " roi squelette " s'inscrit dans la droite ligne du précédent. Nous y retrouvons donc son atmosphère de fantasy d'opérette truffée d'anachronismes que même la magie ne saurait justifier (la montgolfière, le fil de fer barbelé...) et qui mélange allègrement moyen âge et péplum.

Il met également en scène les mêmes protagonistes : le roi squelette, le magicien Massalian et bien sûr notre duo de choc : Shagan et Junia. C'est d'ailleurs cette dernière qui est à l'honneur et qui, la plupart du temps, prend les choses en mains et relègue son compagnon à un rôle d'assistant. Nous aurons d'ailleurs l'occasion d'en savoir un peu plus sur elle (seul l'histoire de Shagan nous avait été dévoilé dans "Le tombeau du roi squelette"), sur son passé et sur la race des femmes Ooni, géantes et cannibales.

Sous ses airs de conte de fée horrifique ce roman est donc un Brussolo pur jus où chaque page recèle son lot d'idées géniales et loufoques. La plupart du temps elles sont pour l'auteur l'occasion d'explorer l'infini variété des mutations et transformations auxquelles il peut soumettre le corps humain. Et il s'en donne à coeur joie le bougre : foetus phagocytés par des esprits malins, enfants malformés, cadavres ramenés à la vie, hommes et femmes transformés en reptiles ou en viande de boucherie ; la liste est longue des mauvais traitement qu'il fait subir à ses personnages.

Mais on ne s'en plaindra pas car cela nous procure quelques agréables frissons et une lecture facile et dépaysante. Que demander de plus ?

Fleuve Noir Anticipation - 1989

9 mai 2013

DARWINIA - ROBERT CHARLES WILSON

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En 1912, un événement aussi extraordinaire qu'inexplicable  frappe l'Europe. En l'espace d'une nuit, toute trace de civilisation y est effacée et, si les contours du continent demeurent inchangés, habitants et bâtiments ont disparus, remplacés par une faune et une flore nouvelle. 

Quelques années plus tard, Guilford Law, un jeune photographe américain, laisse femme et enfant dans une nouvelle Londres en cours de construction pour participer à une expédition au cœur du « nouveau » continent. Seul rescapé de cette aventure, il découvrira une partie des mystères de la Darwinie ainsi que le rôle qu’il est appelé à jouer dans un conflit qui dépasse l'entendement. Parallèlement, un médium corrompu tombe sous la coupe de puissances que l’on devine malfaisantes. 

Ce qui frappe en premier à la lecture de "Darwinia" c'est un côté "XIXème siècle" très marqué. Les débuts de l'ère industrielle, une terre inexplorée, une expédition réunissant savants et aventuriers, tout ces éléments concourent à créer une ambiance "vernienne" assez crédible et c'est avec beaucoup de plaisir que l'on suit le périple de ces découvreurs. 

Mais, si la description de la flore et de la faune est riche et imaginative, si l'ambiance générale est fort bien rendue, l’intrigue met en revanche beaucoup trop de temps à se mettre en place. On finit par se lasser du voyage du jeune Guilford et l'on souhaite qu'il se passe quelque chose de neuf, que l'auteur nous mette sur la piste.

Or, il faudra attendre le dernier tiers de ce gros pavé pour qu'enfin les révélations tombent. Un complot à l’échelle de l’univers se fait alors jour ainsi que la lutte entre deux factions hostiles. Tout s'accélère, le temps comme les évènements. Les différents fils de l'histoire et les personnages convergent vers un même but et nous comprenons enfin où l'auteur voulait nous emmener. 

La fin du roman m’a néanmoins laissé un goût d’inachevé : de tels développements pour un final qui se résume à une improbable bataille entre ersatz d’archanges et insectes humanoïdes. Tout çà pour çà serait-on tenté de dire ! Voilà qui est bien décevant. 

Reste que la langue est belle et que l’on se retrouve un temps plongé dans le souvenir de nos lecture d'enfance. Finalement, "Darwinia" aura surtout eu le mérite de me donner envie d'ouvrir un vieux Jules Verne. Chouette !

Denoël - Lunes d'encre - 2000

 

9 mai 2013

LE TRAVAIL DU FURET - JEAN-PIERRE ANDREVON

untitledParis, deuxième moitié du XXIème siècle. La recherche scientifique a fait d'immenses progrès et malgré un environnement pollué à l'extrême, l'espérance de vie ne cesse de croître. Mais les ressources demeurent limitées et l'état doit juguler une démographie galopante. Aussi, un super ordinateur procède chaque jour à un tirage au sort à l'issu duquel une liste de victimes est établie puis remise à des exécuteurs assermentés. Notre héros est justement l'un de ceux-là. Un furet qui traque et abat son lot quotidien de cibles anonymes, sans se poser de questions. Jusqu'au jour où il en vient à douter de l'impartialité du système.


Encore un bien chouette roman de Jean-Pierre Andrevon. Pourtant, le sujet et l'univers décrits ne comptent pas parmi les plus originaux et constituent presque des classiques de la SF. L'intrigue rappelle notamment celle du roman de E. C. Tubb Le vaisseau monde à cette différence près qu'ici, la "régulation démographique" est connue et acceptée de tous.

Quant au monde dans lequel se déroule l'action, il paraîtra encore plus familier aux lecteurs de SF. Il est vrai que les villes du futur sont rarement décrites comme des modèles d'urbanisme ou d'écologie et le Paris d'Andrevon n'échappe pas à la règle. Ses descriptions sont dures et nous présentent quelques visions dantesques d'un monde triste et sans espoir : démarcation stricte entre quartiers riches et pauvres, ville écrasée par l'industrie, les transports, la publicité, extrême concentration de la population; déshumanisation des services...

Le réalisme dont il fait preuve pour dépeindre les scènes de meurtres ajoute encore à la noirceur du décor. Rien ne nous est épargné ; les crânes explosent en expédiant des bouts de cervelles un peu partout, les artères tranchées vomissent des torrents d'hémoglobine et les viscères se répandent avec leur merde et leurs sanies.

Pour autant, l'humour n'est pas totalement absent. Un humour noir, décalé, parfois incongru telles les nombreuses références cinématographiques qui parsèment les monologues du furet, les noms des rues (allée Mireille Mathieu, rue Ronald Reagan…) ou encore les différentes marques de produits (les bars COKE AND SMOKE, les filtres PETITS BATEAUX).  

Quant à notre héros, et bien… il n'a précisément pas grand-chose d'un héros. Juste un fonctionnaire consciencieux qui fait son boulot. Sans passion, mais sans trop de dégoût non plus. Un professionnel du meurtre qui à aucun moment ne remet en question le système. Sa révolte ne sera d'ailleurs pas dirigée contre ceux qui truquent les règles mais contre les assassins de la femme qu'il aime et contre le mensonge de son chef. Une révolte passagère. Avant de rentrer dans le rang.  "

Le travail du furet " nous offre une vision très noire de notre futur, désabusée mais peut-être réaliste !

Galimard - Folio SF - 2004

9 mai 2013

LE JEU DES SABLIERS - JEAN-CLAUDE DUNYACH

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"Quatre suffiront pour mener la quête, Guerrière et Bouffon, Jongleur et Poète, Quatre seulement iront jusqu'au bout, Ils seront choisis parmi les atouts". Décidé à s'emparer des sabliers qui maîtrisent le cours du temps, le poète Olym recrute à prix d'or les trois compagnons dont parle un très vieux parchemin. Il espère ainsi arrêter son vieillissement et même conquérir l'immortalité. Ensemble ils se rendent sur La Face, une planète étrangement sculptée où se trouve l'objet de leur convoitise. Mais sont-ils bien les maîtres de leur destinée ?


J'ai lu je ne sais plus où que ce roman était un bel exemple de science-fantasy à la française. Je trouve pour ma part que cette étiquette ne rend pas bien compte de son contenu quand bien même on y rencontre des vaisseaux spatiaux ou des pistolets lasers, et c'est plutôt à un univers de fantasy pure qu'il m'a semblé avoir affaire. Les combats s'y font à l'arme blanche, le mode de vie des peuplades rencontrées est plutôt primitif (vêtements, montures, villes fortifiées...) et si la magie est résolument absente de l'histoire, les facultés hors normes des personnages s'en rapprochent considérablement.

L'histoire elle-même est un classique de la fantasy puisqu'il est question d'une quête menée par un groupe de personnages aux talents complémentaires. Mais pas d'inquiétude, il ne s'agit pas d'une tolkienerie de plus. Avec Dunyach, l'important n'est pas l'objectif à atteindre mais le voyage en lui-même. Il s'attarde d'ailleurs beaucoup sur les préparatifs du départ, nous permettant par la même occasion de lier connaissance avec nos quatre aventuriers. 

Et là, question individualités, nous sommes servis. Il y a d'abord Jern, le jongleur globes-trotter que le mal des voyageurs contraindra bientôt à retourner sur sa planète d'origine. Il y a ensuite Aléna, la guerrière surentraînée et quasi invulnérable grâce à son symbiothe, Dorian l'enfant-encyclopédie qu'un trop plein de connaissance oblige à des logorrhées incessantes et enfin Olym le vieux poète en quête d'immortalité dont la voix recèle d'étranges pouvoirs. 

Quatre héros fort dissemblables et pas forcément sympathiques. Ils se jalousent, se tirent dans le pattes, se disputent le leadership mais sont également capables d'altruisme et parfois même d'amour. 

Heureusement d'ailleurs, car de l'entraide et de l'esprit d'équipe il leur en faudra une bonne dose pour surmonter les périls du voyage ! Religions curieuses ou dangereuses (les Paulhistes, les lanceurs de pierres), peuplades soupçonneuses ou hostiles, cauchemars-vivants des enfants-dormeurs : ils trouveront largement de quoi employer leurs talents avant l'ultime épreuve. 

Entre-temps, nous auront découverts avec eux les coutumes et les objets les plus surprenants tels les Kades, ces fruits nocifs dont les habitants de Manne se débarrassent en les offrant aux touristes, les cristaux de Ta'Ha qui boivent lentement la vie de ceux qu'ils embellissent ou les mues des nageurs des sables améliorant le toucher et l'agilité de ceux qui s'en font des gants.

C'est donc à un joli voyage plutôt qu'à une épopée guerrière que nous convie l'auteur. Une aventure où les découvertes de lieux et de personnes priment les combats et ou les personnages se révèlent dans leur entièreté. Personnellement, je ne m'en plaindrais pas.

Fleuve Noir Anticipation - 1987

 

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9 mai 2013

LE BOURG ENVOUTE - B. R. BRUSS

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A la recherche de "matière" pour son prochain roman, un jeune écrivain de littérature fantastique décide de séjourner à Guilclan, petit bourg médiéval de la côte écossaise. Malgré une ambiance pesante et des habitants peu diserts il s'attarde dans la petite bourgade et s'éprend d'une jeune héritière de la noblesse locale. Mais ses amours vont se trouver contrariées par une série de morts suspectes et les révélations de sa dulcinée.


Bien qu'écrit en 1964 par un auteur français, ce livre possède toutes les caractéristiques du roman gothique britannique. La présence du surnaturel (malédictions, sortilèges), des personnages bien typés (la beauté tentatrice, la pure vierge, les sorciers) et un rien d'exotisme (les origines égyptiennes des Ludmar) constituent en effet autant d'éléments propres à ce courant littéraire du XIXème siècle. 

Sans oublier bien sûr le décor médiéval avec ce qu'il faut de châteaux ou de souterrains et, pour faire bonne mesure, une lande de sinistre réputation. Tout cela contribue à distiller une ambiance sombre et angoissante encore renforcée par un climat gris et pluvieux et la morosité des villageois. Des individus souvent inquiétants (les poète fou, les trois boiteuses) et semblant dissimuler de terribles secrets.

L'intrigue est elle aussi conforme à ce que l'on s'attend à trouver dans un roman gothique, savoir la résurgence d'évènements lointains. Ici, nous assistons aux derniers rebondissements d'une vendetta pluri-centenaire entre deux clans : les Salforth et les Ludmar.

On s'y affronte à coups d'envoûtements, de sorts et d'amulettes sans dédaigner à l'occasion le revolver ou l'arme blanche. Quant au pauvre héros il ne sortira pas indemne de son séjour, à la fois enjeu entre les deux camps et amant déchiré entre deux femmes.

Alors on a beau savoir que l'inéluctable se produira, (le narrateur nous le laisse entrevoir dès les premières pages), on se laisse malgré tout happer par l'atmosphère de mystère qui règne à Guilclan et on attend avec impatience le tragique dénouement de cette lutte souterraine.

Fleuve Noir - Super Luxe - 1980

 

9 mai 2013

LA GUERRE OLYMPIQUE - PIERRE PELOT

untitledTerre, année 2200. La planète est divisée en deux camp : d'un côté les pays d’idéologie capitaliste et libérale, les blancs, de l'autre la fédération socialo-communiste, les rouges. Tous les deux ans la guerre olympique est déclarée entre ces deux blocs. Les participants : des athlètes sur-entrainés, conditionnés et dopés qui risquent leur vie dans des épreuves où la défaite est synonyme de mort.

L’enjeu : la suppression dans le camp des perdants d’un certain nombre de citoyens, à raison de quelques centaines de milliers pour une épreuve perdue et de plusieurs millions pour une déroute totale. Les victimes : les délinquants, les condamnés, les asociaux, les déviants de tout poil, à qui l’on a greffé dans la tête une micro-bombe programmée pour exploser en cas de défaite de leur camp.

Nous suivons le parcours de quelques personnages dont le sort est intimement lié au déroulement de cette olympiade : un athlète français et sa petite amie ainsi que deux « condamnés », un rouge et un blanc, l’un résigné et fataliste, l’autre décidé à échapper à son destin en se faisant retirer son implant. 


Les compétitions sportives utilisées comme alternative à la guerre. Voilà un thème bien intéressant mais pas si éloigné que çà de la réalité.

En effet il n’est que de se rappeler les années de guerre froide pendant lesquelles les jeux olympiques étaient l’occasion pour les Etats-Unis et le bloc soviétique d’affirmer leur suprématie. Les athlètes dopés, endoctrinés, asservis à une cause n’avaient finalement guère plus de libre arbitre que les personnages de ce roman et ce ne sont pas les nageuses est-allemandes qui me contrediront.

L’auteur a donc juste forcé le trait et ajouté à cette confrontation idéologique l’idée que les perdants doivent payer leur défaite en vies humaines, permettant ainsi à leur gouvernement de se débarrasser de leurs opposants à peu de frais. Comme qui dirait l’occasion de faire d’une pierre deux coups.

On éprouve en tout cas un léger malaise à voir des populations entières suivre avec passion ces olympiades sanglantes. Heureusement, Pierre Pelot a su alterner les scènes d’action au cours desquelles nous voyons les athlètes s’étriper à qui mieux mieux au cours d’épreuves que l’empereur Néron n’aurait pas désavouées, et des passages plus introspectifs nous permettant de ressentir l’angoisse des condamnés.

De la belle ouvrage, mon cher monsieur Pelot !

Denoël - Présence du Futur - 1980

9 mai 2013

EMERGENCY ! - PIET LEGAY

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Le haut conseil galactique a décidé d’envoyer une expédition scientifique sur Myzar, planète dont on subodore qu’elle recèle une forme de vie intelligente. C’est Univers-T, un astronef gigantesque dont l’équipage est composé de techniciens et de chercheurs, qui est chargé de la mission sous la protection d’un vaisseau commandé par l’intrépide Rod Tilly. Pendant ce temps, sur une lointaine station orbitale, un journaliste cherche à connaître les raisons qui motivent ces recherches. 

Ce roman, le premier que je lis de cet auteur, m’a laissé un sentiment mitigé. A première vue, Piet Legay semble avoir du métier. Il sait en tout cas nous faire pénétrer rapidement dans un univers de space opera convaincant, concocter une petite intrigue accrocheuse et mettre en scène des personnages crédibles. 

Et pourtant, une fois le livre terminé, j’ai eu la sensation que tous ces efforts avaient été déployés en vain. Un peu comme si on utilisait l’Orient Express sur une ligne de banlieue ou le concorde pour un Paris Orléans ! 

A quoi sert en effet de prendre son temps pour décrire station orbitale et vaisseaux spatiaux de façon très précise (et très plaisante je tiens à le préciser) pour n’en faire qu’un usage très limité ? Pourquoi gaspiller tout un chapitre à nous présenter deux des personnages, leur physique et leurs traits de caractère, initier une idylle entre eux et finalement les utiliser à minima ? A quoi bon consacrer presque un chapitre sur deux à l’enquête que mène un journaliste si cela n’a aucune influence sur l’histoire ?

C’est dommage. D’autant plus que la chute n’est pas mal trouvée et a le mérite de nous présenter une rencontre du troisième type (ou plutôt une non rencontre) assez originale. 

Ce livre aurait assurément mérité une cinquantaine de pages supplémentaires et surtout un peu plus d’action.

Fleuve Noir Anticipation - 1990

 

9 mai 2013

LE BARON BAGGE - ALEXANDER LERNET-HOLENIA

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En Hongrie, pendant la première guerre mondiale, une escouade de cavalerie autrichienne subit une violente attaque au cours de laquelle le lieutenant Bagge est blessé. Ses camarades et lui-même trouvent refuge dans une petite bourgade où de sympathique villageois les accueillent chaleureusement. Bagge y est soigné et, à quelques jours de là, rencontre une jeune femme dont il tombe éperdument amoureux. Mais bientôt, des indices le font douter de la réalité des choses. Les villageois sont-ils bien vivants ? Et lui-même, n’est-il pas en train de rêver ?  

Le baron Bagge est un bel exemple de réalisme fantastique, genre qui se joue de la frontière parfois ténue entre monde réel et univers merveilleux. 

Dans ces récits la réalité la plus prosaïque est corrompue par l'irruption d'un élément d'ordre surnaturel ou pour le moins étrange (Mars en bélier). D'autres fois, c'est le rêve qui a toutes les apparences de la réalité et nous le prenons pour tel jusqu'à ce que l'on réalise notre erreur à quelques menus indices (Le baron Bagge). Dans les deux cas nos certitudes sont mises à mal et, toujours, l'auteur nous laisse le soin de nous déterminer en faveur de l’une ou l’autre explication. 

Au cas présent, l’hypothèse la plus crédible est celle du délire d’un homme blessé au combat. Pourtant, le principal intéressé a fait le choix inverse. Un choix assumé et jamais démenti puisque, vingt ans plus tard, il est toujours fidèle à celle qu'il considère comme son épouse. 

J'ai trouvé cette volonté de croire en l'impossible particulièrement touchante, à la fois infiniment pathétique et incroyablement belle. Quelque chose comme une profession de foi romanesque, une adhésion au rêve charmante bien que vouée à l'échec.

Un livre à rapprocher de l’Atlantide de Pierre Benoît, et particulièrement de sa fin qui voit le capitaine Morhange retourner vers Antinéa alors même qu’il sait qu'elle n'est pas d'essence divine et qu'un sort funeste l'attend.

Actes Sud - Babel - 1993

 

9 mai 2013

PROMETHEE DE L'OMBRE - VINCENT VOX

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Lorsqu'un confrère lui demande de s'occuper d'une patiente atteinte d'amnésie, le Dr Lasserre, psychiatre réputé sur la place de Paris, est d'abord tenté de refuser. Mais lorsqu'il apprend que l'amnésique est âgée de près d'un siècle et que, malgré cet âge avancé, elle a conservé l'apparence d'une jeune femme et attend un enfant, il accepte avec enthousiasme et décide de lui consacrer tout son temps. 

Afin de la sortir de son état catatonique, il entreprend de recréer l'atmosphère et les circonstances de son traumatisme. Ils emménagent donc dans le vieux manoir où Martine de Neuville, sa patiente, vécut le drame qui fut cause de son amnésie et au cours duquel son mari disparut et son assistant trouva la mort. L'expérience est couronnée de succès. Martine reprend goût à la vie et sa grossesse parvient à son terme. Mais la sombre demeure où ils ont emménagé recèle bien des secrets, lesquels ont peut-être un rapport avec la croissance accélérée de l'enfant de Martine et son appétence pour...le sang.


L'éphémère collection "Frayeur" du fleuve noir a édité dans les années 90 une trentaine de petits romans écrits pour la plupart par des auteurs peu ou pas connus. Une politique éditoriale qui a permis de révéler de nouveaux talents dont l'excellente Anne Duguel. Malheureusement la qualité ne fut pas toujours au rendez-vous et ce n'est pas ce roman de Vincent Vox qui me contredira. 

Je suis pourtant "bon public" et lorsque je décide de m'envoyer un bouquin d'épouvante, genre où l'on trouve à boire et à manger, je suis d'avance disposé à faire des concessions. Je conçoit même volontiers que l'ouvrage ne soit pas foncièrement original et vampires, fantômes et loups garous ne me rebutent nullement. 

Mais dans ce roman, l'auteur accumule les clichés (le manoir délabré, les souterrains humides avec laboratoire secret et oubliettes, les villageois suspicieux, le savant maudit, un vieux grimoire...) sans que rien ne vienne compenser ce manque d'originalité. 

Les meurtres ne sont pas franchement gore, l'humour est inexistant et même ses scènes de cul manquent de conviction ! Et comme en plus l'intrigue est rapidement éventée, cela nous donne un roman mou du genou et insipide. 

Alors on pourra toujours me dire que son vampire est d'un genre particulier ou que ses morts-vivants différent quelques peu des habituels zombies. C'est vrai. Mais çà n'est quand même pas suffisant pour retenir mon intérêt et seule l'envie de savoir ce qui s'est passé un siècle plus tôt entre le triangle amoureux mari/femme/amant m'a poussé à finir le roman.

Alors si vous croisez ce livre chez un bouquiniste, passez votre chemin ! Vous trouverez sans doute bien mieux à lire dans votre PAL.

Fleuve Noir - Frayeur - 1995

 

9 mai 2013

OEDIPE ROI - DIDIER LAMAISON

untitledLe mythe d'oedipe, roi de Thèbes marqué par une destinée tragique.


Sur la couverture de ce roman il est indiqué "Traduit du mythe par Didier Lamaison". Une façon pour l'auteur de faire preuve de modestie et de s'éclipser derrière le célèbre mythe d'Œdipe.

Il faut dire que passer derrière Sophocle pour nous conter la triste histoire de ce roi parricide et incestueux relève de la gageure. Mais, à la différence du grand tragédien, il ne s'agit pas ici de théâtre mais d'une enquête policière, d'où la présence de ce livre dans la série noire.

Et c'est Oedipe lui-même qui joue les détectives pour confondre les meurtriers de Laios, le roi auquel il a succédé. Son enquête est bien sûr un peu particulière puisqu'il interroge aussi bien les témoins oculaires que les devins mais surtout parce que l'assassin qu'il recherche n'est autre que lui-même !

Cela nous donne en tout cas l'occasion de nous replonger dans ce classique grec auquel l'approche originale de l'auteur donne un petit coup de jeune. Le résultat en est vraiment sympathique, plus facile d'accès que la pièce de théâtre et cependant très respectueux de son illustre prédécesseur. J'en retiendrais plus particulièrement les dialogues entre Oedipe et Tirésias que j'ai trouvé forts savoureux.

Gallimard - Série Noire

9 mai 2013

LE GUERRE DES MOUCHES - JACQUES SPITZ

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Partie des plaines du Laos, une gigantesque invasion de mouches se répand sur tout le continent asiatique. Sur son passage, les épidémies se multiplient et déciment les populations. Bientôt c'est au tour de l'Afrique d'être touchée et l'Europe elle-même se prépare à affronter l'assaut des dangereux insectes. Car la musca errabunda ne semble pas être un diptère ordinaire et Juste-Evariste Magne, un jeune entomologiste français, lui soupçonne même une certaine forme d'intelligence. Les faits lui donneront raison et, devant un ennemi innombrable et déterminé, l'espèce humaine va devoir lutter pour sa survie. 

« Juste-Evariste Magne, né à Cahors, dans le lot, troisième fils d'un tonnelier, avait échappé de justesse au ridicule d'être prénommé Charles, comme son père. Il le devait à sa mère, dont le jugement fut peut-être éclairé par l'approche de la mort : elle mourut en effet trois jours après la venue au monde du nouveau-né ». Ces premières lignes de "La guerre des mouches " donnent le ton de ce roman, véritable petit chef d'œuvre d'humour et de dérision. 

Porté par une écriture extrêmement plaisante, il distille une ironie acerbe mais furieusement drôle. Mine de rien, avec l'air de ne pas y toucher, Jacques Spitz assène petites piques et banderilles sanglantes. Il brocarde les militaires et les scientifiques plus avides d'honneur que d'efficience. 

Il dénonce l'incurie des institutions incapables d'agir en dehors de leurs schémas habituels et l'égoïsme des nations refusant de s'unir contre la menace bourdonnante pour des raisons souvent ridicules : les britanniques se croient protégés des mouches par leur insularité, les soviétiques voient en elles des agents troskystes et le Vatican s'interroge sur l'opportunité de les évangéliser ! 

Jacques Spitz s'amuse aussi énormément à nous décrire une géopolitique de fantaisie ou les noirs du sud des Etats-Unis font sécession et rétablissent l'esclavage...des blancs, où Israël et les pays arabes sont contraints de faire cause commune et où la péninsule ibérique connaît sa seconde guerre d'Espagne. 

Bref, un roman absolument jouissif, regorgeant de situations cocasses ( ah l'attaque de Bayonne !) et de sentences bien choisies dont voici, pour finir, un fort bel exemple : "L'homme, plantigrade pesant, de constitution fragile, aux sens assez obtus, n'ayant que quatre membres dont deux consacrés à la locomotion, n'avait, pour assurer sa suprématie sur les espèces animales, que son intelligence". Une intelligence dont il ne conservera plus longtemps le monopole, pour son plus grand malheur mais aussi pour notre plus grande joie. 

Alors, si ce n'est déjà fait, précipitez-vous sur cette vieillerie de 1938 que tout amateur de SF et de bonne humeur se doit d'avoir lu !

Marabout - 1970

 

9 mai 2013

LE TOMBEAU DU ROI SQUELETTE - SERGE BRUSSOLO

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Junia et Shagan sont esclaves du forgeron Massalian, un sorcier réputé qui utilise la force de l'une et l'intelligence de l'autre pour régler quelques affaires délicates. Une main d'œuvre bon marché dont la fidélité lui est assurée grâce à l'engourdissement qui les saisit sitôt quittée l'atmosphère surchauffée de la forge et que seule peut ralentir une potion connue de lui seul.

Ils seront ainsi amenés à porter secours à un homme victime d’une armure ensorcelée et, surtout, à neutraliser l’esprit du roi squelette dont le réveil menace toute la région. Il leur faudra pour cela vaincre les nombreux périls de la lande des exécutions. 

Ce roman est l'une des rares incursion de Serge Brussolo dans l'univers de l'eroïc fantasy. Cela ne l'empêche pas de nous servir comme à son habitude, une histoire qui foisonne d'idées et de scènes percutantes mais au scénario trop faible pour mettre en valeur toutes ces jolies trouvailles.

Et c'est bien regrettable car Junia et Shagan sont des héros particulièrement originaux. La première est une géante obèse sujette à des crises de sommeil tandis que son compagnon est un cul de jatte à l'esprit vif et aux bras remarquablement musclés.

Complémentaires (comme qui dirait "la tête et les jambes") leurs services sont très appréciés de leur maître qui leur confie les missions les plus périlleuses. Voici résumé le concept de ce qui constitue désormais une série puisqu'aux deux opus parus chez Fleuve noir (le présent livre et Le dragon du roi squelette) il faut ajouter Les cavaliers de la pyramide et Les mangeurs d'argile qui reprennent les deux personnages dans l'univers plus réaliste du péplum.

Après une brève entrée en matière au cours de laquelle l'histoire de Shagan nous est contée, l'auteur nous plonge rapidement dans l'action. Un amuse bouche tout d'abord qui voit nos deux héros affronter une armure ensorcelée puis le plat de résistance en la personne du roi squelette et de ses sortilèges.

Bref, beaucoup d'action, quantité de tableaux surprenants et horrifiques, mais une chute un peu abrupte et qui ne résout rien puisque le danger n'est que momentanément repoussé et que la condition de Shagan et Junia n’évolue pas d’un pouce. Mais on ne s’en étonnera pas puisque c’est là un petit défaut que l’on retrouve dans bon nombre des romans de l’auteur.

On passera en tout cas une paire d’heures bien agréable en compagnie de ce couple aussi improbable qu’attachant et on n’oubliera pas de sitôt la vision hallucinante de gibets et autres instruments de mort s’animant et cherchant à faire de nouvelles victimes

Fleuve Noir Anticipation - 1988

 

8 mai 2013

LA PESTE GRISE - DEAN KOONTZ

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Lorsque Paul Annendale et ses enfants arrivent à Black River pour leurs vacances annuelles, ils ignorent que la petite ville de montagne est le théâtre d'une expérience secrète sur le contrôle des cerveaux. Grâce à l'action conjuguée d'un agent chimique introduit dans l'eau potable et de messages subliminaux, la population est tombée sous la coupe de dangereux industriels qui se livrent à une répétition grandeur nature de leur projet d'asservissement du monde. Confronté à l'horreur d'une population aux ordres d'un fou dangereux, Paul devra surmonter ses réticences pour passer à l'attaque et contrecarrer ses projets criminels.  

Je désirais depuis longtemps lire du Dean Kootz, cet auteur américain considéré comme un maître du suspense et de l'épouvante, à l'instar de King ou de Masterton. Et bien c'est chose faite avec cette Peste grise, agréable mélange de thriller et de roman d'anticipation. 

Première constatation : Monsieur Koontz n'est pas un auteur pressé. Il prend son temps pour planter le décor et nous présenter tous ses personnages.

Il nous balade un peu partout dans la ville, nous fait visiter sa supérette, son église, son unique restaurant et même sa scierie. Il nous présente minutieusement tous les protagonistes de l'histoire, les gentils (le père de famille marqué par le décès de son épouse, sa fille de 11 ans incroyablement précoce ou encore le pharmacien local passionné par le nazisme et tout ce qui touche au contrôle des masses) mais aussi l'abominable triumvirat composé de l'intégriste religieux, du pervers sexuel et du militaire...Ce sont d'ailleurs ces affreux qui captent le plus son attention puisque de nombreux flash-backs nous font revivre la genèse de l'expérience secrète et les débuts de leur association. 

Une chose est en tout cas certaine : lorsque l'action se met en branle nous connaissons parfaitement la géographie locale et les acteurs du drame qui se joue sous nos yeux. Mais cette action, il aura fallu l'attendre longtemps. Près de 150 pages avant le premier dérapage du pervers et le meurtre odieux d'un jeune enfant. A partir de là les évènements s'enchaîneront rapidement jusqu'à une conclusion assez convenue mais bien amenée. 

Ce livre n'est sans doute pas celui qui valu à l'auteur son excellente réputation mais il constitue néanmoins un bon petit thriller a tendance psychologique.

Pocket Sf - 1979

 

8 mai 2013

LES ROBINSONS DU COSMOS - FRANCIS CARSAC

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A la suite d’un mystérieux cataclysme, d’infimes parties de notre planète sont "catapultées" sur un monde inconnu. L'un de ces petits bouts de Terre comprend un village français dont les habitants, nouveaux robinsons, vont devoir repartir de zéro. 

Comme son nom le laisse deviner, ce roman est une « robinsonade » moderne. Nous y retrouvons d’ailleurs, à l'échelle d'une micro société, la plupart des ingrédients inventés par Daniel Defoë : l’installation sur un monde inconnu, l’exploration d’un environnement hostile, l'organisation de la vie sociale et la présence de Vendredis représentés par une race d’ET ressemblant à des centaures.

Mais la comparaison s'arrête là car nos héros ont d’avantage de cartes en mains que le pauvre Robinson. Outre leur nombre, ils bénéficient d’une technologie moderne (certains d’entre eux sont des chercheurs) et de structures intactes facilitant leur installation (rien moins qu’un village entier avec bâtiments de toutes sortes et même un château fort). 

Néanmoins, c'est avec intérêt que nous suivons leurs efforts pour assurer leur survie et jeter les bases d'une nouvelle civilisation. Le récit est tout sauf monotone et ces naufragés de l'espace auront fort à faire entre luttes intestines, contacts avec les autochtones et rencontre avec d’autres "transplantés" américains et norvégiens. 

Un livre bien divertissant quoique loin d’égaler les autres œuvres de Francis Carsac.

Editions NéO - 1988

 

 

 

8 mai 2013

CHASSEURS DE TETES - MICHEL CRESPY

untitledJérôme Carceville a beau être un cadre supérieur, expert en organisation, il est aujourd'hui au chômage et désespère de retrouver un emploi. Aussi ne se fait-il pas prier lorsque la Rolls des cabinet de recrutement lui propose de participer à un stage de sélection. Il se retrouve ainsi en compagnie de quinze autres candidats dans un petit hôtel de montagne, isolé au beau milieu d'un lac.

Là, une équipe de trois personnes les informe des réjouissances. Au programme, mises en situation, confrontations et jeux de rôles destinés à tester leurs capacités et leur motivation. Mais les chances sont-elles bien égales pour tous ? Le jeu n'est-il pas truqué ? Et surtout, jusqu'où les candidats sont-ils prêts à aller ?


"Le thriller des ressources humaines" : c'est ainsi que la 4ème de couverture présente ce roman. Et ce n'est pas faux car, en plus d'être captivant, ce livre constitue une remarquable leçon de microéconomie et de sociologie.

Via les péripéties d'un jeu de rôle où les participants simulent le contrôle d'entreprises concurrentes, Michel Crespy y décrypte les rouages compliqués du monde des affaires et explicite des notions aussi absconses que "prises de participation", "OPA", "downsizing"...

Il nous dévoile un univers hallucinant où pour survivre, une entreprise ne doit plus seulement produire des biens de qualité, innover et conquérir des marchés mais plutôt éliminer la concurrence, prendre le contrôle des sociétés rivales ou dégraisser le personnel afin d'être plus compétitif. Bref, une démonstration spectaculaire de la vraie nature de l'économie mondiale et des entreprises, grandes ou petites.

Son approche est tout aussi passionnante pour ce qui est des rapports qui s'établissent entre les candidats (compétition, séduction, déstabilisation) ou au sein de chaque équipe (leadership, flatterie, chantage...). Nous assistons à un véritable combat (le vocabulaire guerrier est fréquemment utilisé) où tous les coups sont permis, surtout lorsqu'ils se situent en-dessous de la ceinture.

La psychologie des personnages, parfaitement développée, permet de suivre l'évolution des caractères et l'étendue des dégâts provoqués par leurs passes d'armes. Cela nous permet de frémir devant l'intelligence froide et dénuée de scrupule de Charriac, d'admirer la détermination de Carceville et compatir au désespoir de Laurence réalisant l'inutilité d'une vie dévouée à sa carrière.

Le final, avec son côté western, est peut-être un peu outrancier, mais il faut sans doute y voir une parabole de ce monde violent et sans morale qu'est devenu l'entreprise. L'accomplissement ultime de la lutte sans merci qui s'y livre.

Gallimard - Folio Policier - 2002

8 mai 2013

LA VILLE SOUS GLOBE - EDMUND HAMILTON

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A la suite d'une formidable explosion, la petite ville de Middleton et tous ses habitants font un bond dans le temps de plusieurs centaines de millier d’années. Le soleil y est devenu un astre mort et la Terre ne vaut apparemment guère mieux. Passés les premiers moments de stupeur, les miraculés entreprennent de s'organiser et découvrent à quelque distance de leur cité, une mystérieuse ville abritée par un globe transparent. Ils s'y installent et, peu après, y sont visités par les descendants des terriens. Bien plus évolués qu'eux, ces derniers leur enjoignent de quitter leur Terre agonisante et de migrer vers une autre planète. Opposés à un nouveau déracinement, la plupart refusent. D'autant qu'il existe peut-être une autre solution... 

 

Ce roman comporte deux parties qui, bien que complémentaires, sont très différentes l'une de l'autre.

La première s'apparente à un récit apocalyptique avec catastrophe, sauvetage des survivants et réactions de chacun face à l’adversité. Puis, sans crier gare, nous changeons radicalement d'atmosphère et sommes projetés dans un space opéra à l’ancienne mode. Des vaisseaux spatiaux, des voyages inter sidéraux, des planètes et des Extra-terrestres : tout le folkore de la SF des années 50 est au-rendez-vous.

Ça se lit facilement, c'est fort sympathique et plein de bons sentiments mais qu'est-ce que çà a vieilli ! Les déboires amoureux de Kenniston hésitant entre sa fiancée terrienne et une jeune et accorte spationaute en sont un bon exemple. Encore que ce peut-être le reflet de ce que ressentent tout les habitants de Middletown, savoir rester sur un monde qu’ils connaissent ou faire un bond vers l’inconnu.

De la SF de grand papa donc, mais qui se laisse lire sans déplaisir. C'est déjà çà !

Le Masque SF - 1974

 

 

8 mai 2013

TERRE BRULEE - JOHN CHRISTOPHER

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Après avoir ravagé les cultures de riz du continent asiatique et provoqué une famine sans précédent, le virus Chung-Li s’attaque désormais à l'Europe. Pour sauver ce qui peut encore l'être et éviter au pays de sombrer dans le chaos, le gouvernement britannique décide de limiter le nombre de bouches à nourrir en bombardant les grandes agglomérations. Prévenu par l'un de ses amis, John Custance décide de quitter Londres avec sa famille pour rallier la ferme de son frère dans le nord du pays. Mais la route sera longue et semée d'embûches...


Je classe sans hésitation cet excellent roman parmi les meilleurs post-apo que je connaisse, au côté de "Malevil", "Le jour des fous" et "La révolte des Triffides".

Ici, l’auteur a pris le parti de s’intéresser aux premiers jours qui suivent l’apocalypse, lorsque tout est encore possible, le meilleur comme le pire. Bien sûr, c’est souvent le pire qui survient et l’option du repli communautaire est presque toujours retenue. Une démarche d'ailleurs parfaitement compréhensible dans une société qui se délite, où les institutions ne jouent plus leur rôle et où l'on ne peut plus guère compter que sur soit, sa famille et ses amis. Progressivement, l'état de droit est remplacé par la loi du plus fort et seuls les plus déterminés conservent une chance de salut.

La force de John Christopher est justement de nous peindre avec beaucoup de crédibilité le changement de mentalité d'individus contraints de s'endurcir pour survivre. Ainsi, si les premiers meurtres des personnages ont lieu dans le feu de l'action et pour se protéger, les suivants seront commis froidement, d'abord par vengeance puis simplement pour se procurer ce dont ils ont besoin, pour voler.

Un autre aspect intéressant du roman concerne la façon dont se met en place un embryon de système féodal. Le retour à ce système politique est fréquent dans les romans du genre. L'absence d'état, d'armée ou de police donne des ailes aux mégalomanes de tout poil et seigneurs et vassaux réapparaissent rapidement. Mais c'est dans ce roman que les mécanismes qui conduisent à la féodalité sont le mieux décrits.

En effet, si John Custance devient le chef de la petite troupe qui l'accompagne ce n'est pas seulement en tant que "pater familias" ou en raison d'aptitudes particulières. C'est avant tout parce que lui seul est à même de les faire pénétrer sur les terres de son frère, protégées et exemptes de virus. C'est lui qui "possède" la terre et qui a, de facto, le pouvoir de les en faire profiter. C'est ensuite parce que ceux qui l'accompagnent le reconnaisse comme tel. Pirrie notamment qui, meilleure gâchette du petit groupe, lui apporte son soutien en échange d'une parcelle de son "pouvoir", une certaine immunité qui lui permet d'exécuter son épouse volage puis d'accaparer une jeune femme. Une forme d'aristocratie est née. Mais la scène du livre qui exprime le mieux cet état de fait est sans conteste celle du ralliement d'un autre groupe, chaque individu rendant hommage à Custance en s'inclinant devant lui.

Toutes ces transformations, ces changements de personnalité, cette violence qui devient ordinaire, sont d'autant plus frappants que l'environnement immédiat ne paraît pas avoir changé. Une fois posé le principe de l'imminence de la catastrophe (les bombardements) et la nécessité de rejoindre le nord du pays, aucun élément "hors du commun" n'apparaît plus. Cela donne à l'histoire un aspect "véridique", une proximité avec notre quotidien assez dérangeants mais, ô combien, intéressants.

Livre de Poche - SF - 1979

 

8 mai 2013

LE CHINEUR DE L'ESPACE - P-J HERAULT

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La situation de Glenn n'est pas brillante. Echoué sur une planète si lointaine que tout sauvetage est illusoire et seul depuis la mort de son ami dans le crash de leur vaisseau, il envisage même de se supprimer. Sa rencontre avec une forme de vie inattendue mettra un terme à sa solitude et changera le cours de sa vie. 

Encore un roman éminemment sympathique de P. J. Herault dans lequel on retrouve la plupart des thèmes qui lui sont chers : la méfiance envers les gouvernants, les militaires, les industriels, l'éloge de la liberté, sa passion pour le pilotage et surtout l’importance de l’amitié. 

Une amitié cette fois-ci bien particulière puisqu’elle unit deux individualités forts différentes : un homme et…une plante ! Et tout le talent de P. J. va consister à nous décrire l’éveil à la conscience de cette plante, son apprentissage de la vie qui se transformera en une véritable soif de connaissance et, enfin, sa volonté de tendre vers l’humain. Un humain qu’elle admire pour son imagination et sa capacité créatrice au point d’en oublier les défauts pourtant nombreux…

Cela nous donne une petite fable moderne dans laquelle l'auteur prend tout son temps pour nous conter les péripéties de cette rencontre du troisième type. Il y fait preuve d'une belle inventivité pour imaginer comment le contact peut se nouer, la conversation se dérouler et surtout comment deux êtres si différents peuvent échanger impressions et points de vue. 

Pour l’anecdote, j’ai remarqué dans cet ouvrage ce qui constitue sans doute l’amorce d’un roman ultérieur. Il y est en effet question du "bombardement solaire" d’une planète et l’auteur s’interroge sur la réaction des humains s’ils se découvraient doués des dons de télékinésie et de télépathie. Or, il s'agit précisément des thèmes abordés dans "La Confédération de l'amas".

Fleuve Noir Anticipation - 1992

 

8 mai 2013

LE MONDE VERT - BRIAN ALDISS

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Quelques millions d’années dans le futur, la Terre est une planète proche de sa fin, qui a cessé ses révolutions autour du soleil et présente toujours le même hémisphère à cet astre. Conséquence de cette situation, la flore s’est mise à se développer de façon anarchique et incontrôlée jusqu’à devenir l’espèce dominante de la planète. Les rares humains ayant survécus ont régressé à un stade tribal et mènent une vie précaire dans les bas étages de la sylve monstrueuse. 

J’ai éprouvé beaucoup de difficultés à m’intéresser aux mésaventures de ces pauvres humains bien démunis face à un environnement plus que périlleux. Et périlleux est un euphémisme. Il en meure tant dès les premières pages du livre qu’on a peine à croire que d’aucuns survivront assez longtemps pour permettre à l’auteur de finir son récit. Et cette hécatombe rend vaine toute tentative de s’attacher à l’un ou l’autre des personnages, tant leurs désirs, leurs envies semblent illusoires et voués à l’échec.

L’intrigue se résume bientôt à une longue fuite en avant, ponctuées de rencontres souvent désagréables, parfois drôles, mais toujours dangereuses. D’ailleurs, le véritable intérêt du roman réside dans la descriptions des quelques peuplades rencontrées par les héros et surtout dans l’infini variété de forme et d’aspect empruntée par la végétation. Ces descriptions sont l’occasion pour l’auteur de lâcher la bride à son imagination et d’inventer les plantes les plus folles qui soient ainsi que leurs noms bien jolis et forts évocateurs.

Le tout m’aura tout de même paru bien longuet, peu intéressant et ne me laissera pas un souvenir impérissable.

J'ai Lu - 1984

 

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