ldp37045-2004

Antonus Crassus Samsalla est à la recherche du trésor d’Ankhnoût qui, selon la légende, serait caché dans les tréfonds d’une pyramide elle-même engloutie dans une poche de sables mouvants. Pour mener à bien son entreprise il lui faut décrypter des hiéroglyphes quasi effacés par l’usure du temps et la seule personne capable d’une telle performance, est une jeune femme sévèrement gardée dans un temple. Il confie son enlèvement à Junia et Shagan, la paire de mercenaires la plus redoutable d’Egypte… 

Serge Brussolo a beau être pourvu d’une imagination époustouflante, il lui arrive parfois d'être moins inspiré et de recycler certaines idées ou certains personnages. C’est le cas avec ce roman dans lequel on retrouve le duo Julia/Shagan, les héros du dyptique du Roi Squelette. Il se permet même de reprendre mot pour mot le récit des origines du cul de jatte et de l’ogresse, s’assurant ainsi une soixantaine de pages à peu de frais.

Tanita Taït est en revanche un personnage tout à fait neuf. Elle rappelle cependant beaucoup celui d'Anouna, l'héroïne des deux volumes que l’auteur a consacré à l’Egypte ancienne (Le labyrinthe de Pharaon & Les prisonniers de Pharaon). Une différence toutefois, Tanita Taït n’a pas d’odorat surdéveloppé mais est dotée d’un sens du toucher et d’une ouïe exacerbés. Quant à l'intrigue, elle reprend plus ou moins celle du premier de ces deux romans puisque nous sommes encore une fois lancés dans une chasse au trésor dans le désert égyptien puis à l’intérieur d’une pyramide recelant quantité de pièges et de périls. 

Bien que dieux, divinités, sorcières et autres fantômes soient fréquemment évoqués, l’histoire ne fait que flirter avec le fantastique. On est incontestablement en présence d’un péplum quand bien même l’Egypte de Brussolo est plus fantasmée que franchement réaliste. Il nous donne cependant ce qu’il faut d’éléments et de détails (vestimentaires, alimentaires, religieux…) pour que  l’immersion soit suffisamment crédible.

Les égyptologues ou, plus modestement, les amateurs de Christian Jacq, seront sans doute déçus d’autant qu’il se permet aussi quelques fameux anachronismes (le scaphandre, les chars à voiles). Mais cela n’est pas bien grave puisqu’au bout du compte, le maître nous régale une fois de plus d’idées aussi grandioses que ridicules : une pyramide coulée dans des sables mouvants, une carte au trésor auditive ou un défilé au vent si abrasif qu’il écorche jusqu’à l’os quiconque a le malheur de s’y hasarder : qui dit mieux !

Le livre de poche - 2004