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SF EMOI
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7 mai 2013

LAVINIA - ANNE DUGUËL

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Dans un futur indéterminé mais que l'on devine assez proche, la Terre est devenue totalement stérile. La pollution a eu raison de l'agriculture et l'élevage ou la pêche ne sont plus que de lointains souvenirs. Seule alternative au manque de nourriture : l'anthropophagie. Chaque citoyen en fin de vie, mais aussi les délinquants ou les malades, sont "recyclés" dans de vastes usines et finissent en choucroute, ratatouille ou cassoulet. 

Mais selon que vous êtes puissants ou misérables votre sort n'est pas le même. Pour les premier, nourriture délicate et mort douce, pour les autres, l'abattoir sans autre forme de procès. Car la France de Big Butcher ne souffre pas la moindre contestation, même muette. Dans ces conditions, difficile pour la jolie Tatoo et les autres laissés pour compte du système d'échapper à leur triste destinée.


Cœurs sensibles, passez votre chemin ! Ce livre n'est assurément pas pour vous. 

Anne Duguël ne prend pas de gants pour nous décrire l'abjection de ses personnages et l'ignominie de leurs actes. Elle ne fait pas non plus dans l'euphémisme ou la périphrase, appelle un chat, un chat et décrit crûment massacres et scènes de cannibalisme, éviscèration et castration, exécutions et extermination de masse. 

Un style percutant qui désarçonne et met mal à l'aise. Mais ce condensé d'horreur n'est pas utilisé gratuitement. Il sert à dénoncer les dérives d'un système et la corruption de ses dirigeants au premier rang desquels ce Big Butcher (référence évidente au Big Brother de Georges Orwell) qui campe un président malade et névrosé mais aussi une classe aisée qui sait fermer les yeux pour ne pas gâter son petit confort. 

Quant à l'univers dans lequel se déroule son histoire, il se situe à mi chemin de la Terre affamée de "Soleil vert" et de l'Allemagne du IIIème Reich. Du célèbre film des années 70' on retrouve en effet l'idée d'un monde où les humains sont recyclés en nourriture tandis que la terrible répression dont sont l'objet les opposants et les exclus de tout poil (mendiants, gitans, rastas...), la suppression aveugle des vieillards, des malades et des fous, leur transport dans des wagons à bestiaux, les humiliations et la tristement célèbre douche avant l'extermination, font irrésistiblement penser au nazisme et à sa solution finale. 

Tout cela nous donne un roman d'une très grande noirceur qui ne laisse aucune place à l'espoir.

Fleuve Noir - Frayeur - 1995

 

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7 mai 2013

LE DIEU DE LA GUERRE - ALAIN PARIS

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1968, dans la jungle cambodgienne. La vie de Michael Anderson, jeune soldat américain de 24 ans, ne tient plus qu'à un fil. Poursuivi par les viet congs, il est en passe d'être rattrapé lorsqu'il est mystérieusement "téléporté" en un lieu ressemblant à l'Olympe des dieux grecs. Zeus, Apollon, Aphrodite et compagnie ne tardent d'ailleurs pas à apparaître et lui expliquent la raison de sa présence parmi eux. Arès, le dieu de la guerre s'est mis en tête de participer à toutes les guerres qui ont marquées l'histoire de l'humanité. Ce faisant il risque tôt ou tard de créer une distorsion de la trame temporelle et de modifier la réalité historique. 

Afin de le stopper, ses pairs ont décidé de faire appel à Michael, guerrier expérimenté, pour le pister et le ramener sur l'Olympe. Pour mener a bien sa mission, notre jeune militaire est donc contraint de participer à quelques-unes des plus grandes batailles de l'histoire. Mais Arès est-il réellement l'exalté qu'on lui a décrit ? Les dieux disent-ils toujours toute la vérité ? 


Alain Paris est féru d'histoire et cela se sent. Il connait parfaitement les batailles dont il nous parle, leur déroulement et le nom des principaux protagonistes. Ses reconstitutions de combats sont donc particulièrement fidèles et l'on est plongé avec beaucoup de réalisme dans les sanglantes mêlées qui jalonnent l'histoire de l'humanité. 

Nous revivons ainsi la victoire de Guillaume le conquérant à Hastings, nous participons aux croisades avec Richard Coeur de lion et nous frémissons lors de la "Noche triste" de Cortes à Mexico. Au passage nous découvrons que les aztèques ont des armes rudimentaires en obsidienne, que les « huscarls » constituent la garde d’honneur du roi Harold et que les carabins ne sont pas que des étudiants en médecine. Bref, de quoi briller au trivial pursuit ! 

Le problème, c’est que ces descriptions, aussi complètes soient-elles, ne suffisent pas à masquer la faiblesse du scénario. L'argument de départ (la recherche d'Arès) est un peu léger et les révélations sur la nature des divinités ne suffisent pas à relancer pleinement l'intrigue. On a finalement l'impression d'assister à une partie de cache-cache à travers le temps et ce n'est pas la pirouette finale qui suffit à rattraper le tout. 

Ceci dit, il doit être bien difficile de pondre une histoire plus étoffée en seulement 150 pages et Alain Paris réussit malgré tout à nous divertir. Il fait même preuve d’un certain humour lorsqu’il nous décrit les relations de Michael avec Aphrodite et ses démêlés avec le cyclope Argès). Cela nous donne au final un "FNA" de facture honnête, sans plus.

Fleuve Noir Anticipation - 1989

 

7 mai 2013

LE JOUR J DU JUGEMENT - GRAHAM MASTERTON

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Alors qu'il met à profit ses vacances en Normandie pour effectuer quelques recherches sur les combats qui s'y sont déroulés en 1944, l'attention de Daniel McCook est attiré par un vieux tank Shermann abandonné en bord de route. De découvertes en confidences, il en vient à suspecter la présence d'une entité maléfique à l'intérieur du char d'assaut. Avec l'aide d'une jeune femme et d'un curé versé en démonologie, il entreprend alors de libérer la campagne environnante de son influence néfaste et pernicieuse. Mais il apprendra à ses dépend que l'on n'embête pas impunément l'un des 7 de Rouen. 


Pour le lecteur français le premier intérêt de ce roman réside dans le fait que l'action se déroule pour une large part dans le bocage normand, parmi ses vertes pâtures, ses haies ombragées, ses fermettes isolées et ses petites routes de campagne. 

La description que nous en donne l'auteur sonne plutôt juste même s'il ne parvient pas à éviter un certain nombre de clichés et l'on sourira à l'évocation de paysans portant béret, fumant des gitanes et se baladant avec leur baguette de pain à la main. D'autres images sont heureusement plus réalistes, tels ces paysans soupçonneux et peu diserts, la soupe à l'oignon mangée sur un coin de table ou encore le vieux et sympathique curé de campagne. 

Cocorico également du côté des démons puisque Elmek et ses petits copains viennent aussi du terroir normand. Des démons peut-être moins impressionnants que de coutume, plus doués pour les palabres que pour l'action mais aussi un peu victimes d’hommes qui usent et abusent de leurs services si particuliers. D’ailleurs, l'utilisation à des fins militaires de ces êtres démoniaque et les risques qui en découlent comptent parmi les aspects les plus intéressants de ce roman. 

Au final, un Masterton moins percutant et moins sanglant que la plupart de ses autres productions mais distillant une chouette atmosphère, sombre, morose et nostalgique.

Editions NéO - 1987

 

7 mai 2013

LA FLAMME NOIRE - STANLEY G. WEINBAUM

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Après le gigantesque cataclysme qui a ravagé la planète, les Etats-Unis comme le reste du monde, sont retourné aux ténèbres de la féodalité et le territoire est morcelé en une multitude de villes-états et de communautés paysannes rivales et inégalitaires. Toutefois, une nouvelle renaissance s'annonce sous la houlette de Joaquin et Margareth Smith, des conquérants visionnaires et immortels qui tentent d'imposer leur paix au monde. A plusieurs siècles d'intervalle, il trouveront sur leur route deux hommes bien déterminés à s'opposer à leur projet.  

"La flamme noire" est un roman de SF qui aborde de nombreux thèmes à commencer par le post apo qui donne au récit son cadre général, mais aussi l'immortalité, le voyage dans le temps ou les manipulations génétiques. Mais ce livre est aussi et surtout un bel exemple de récit dystopique. 

La société mise en place par Joaquin Smith a en effet toutes les apparences de l'utopie qui a mal tourné. Son régime est quasi dictatorial et concentre tous les pouvoirs entre les mains de quelques immortels. La population est étroitement surveillée (des hologrammes qui vous suivent pas à pas, des caméras partout...) et toute protestation sévèrement réprimée. Pourtant, ce sont des considérations humanistes qui l'ont poussé à accaparer le pouvoir. 

L'expérience d'une longue vie et le retour à la barbarie dont il a été le témoin l'ont convaincus que les hommes faisaient trop souvent un mauvais usage de leur liberté et qu'il était nécessaire de leur imposer la paix, fut-ce au prix de leur libre arbitre. 

La peinture de ce monde sous contrôle permet à l'auteur quelques jolies réflexions sur le pouvoir mais aussi de chouettes descriptions d'une technologie qui se veut futuriste. Il est à ce propos amusant de constater que Stanley Weinbaum, enfant de son époque, a axé les découvertes de ses savants sur l'électricité et le nucléaire, des énergies encore relativement neuves et pleines de promesses dans les années trente. 

Il s'est aussi laissé aller à quelques idées farfelues dont ces "dormeurs" plongés en catalepsie volontaire pendant plusieurs siècles et qui espèrent à leur réveil jouir des intérêts accumulés de leurs placements. 

Il me faut enfin dire un mot de cette "Flamme noire" qui donne son titre au roman et illustre de si belle manière la couverture de ce livre. Immortelle comme son frère, Margaret Smith n'est malheureusement pas soutenue par le même idéal. Elle n'a pas devant elle de grand œuvre à réaliser et continue d'être la proie de ses désirs et de ses émotions. Elle succombera d'ailleurs à deux reprises à des hommes pourtant déterminés à entraver la politique de son frère et déjà engagés auprès d'une autre femme. Heureusement pour elle ces deux aventures ne connaîtront pas la même conclusion et Steinbaum terminera son récit sur une happy-end un peu surprenante et à contre-courant de son histoire. 

Un peu trop romanesque à mon goût, ce livre n'a pas trop mal vieilli et mérite qu'on lui consacre quelques heures. A condition de mettre la main dessus !

Hachette - Le Rayon Fantastique - 1956

 

7 mai 2013

IMMORTELS EN CONSERVE - MICHAEL CONEY

untitledAu XXIIème siècle, la population sur Terre étant devenue incroyablement nombreuse et les famines chroniques, le gouvernement mondial décida d'appliquer une proposition du Dr Théo Kleinmaker. C'est ainsi que fut édictée la Loi sur la Transplantation Obligatoire : toute personne âgée de 40 ans voit son corps détruit et son cerveau transplanté dans celui d'un enfant de 6 mois. L'objectif recherché est triple : faire baisser la population mondiale, conserver les connaissances, supprimer d'inutiles personnes âgées.

La mesure donne très vite d'excellents résultats. Il faut dire que les hommes et les femmes ne sont désormais plus pressés d'avoir des enfants puisque ceux-ci sont destinés à accueillir la cervelle de parfaits inconnus ! La démographie enregistre une chute spectaculaire et les "hôtes" disponibles commencent même de manquer. Et comme nul ne souhaite renoncer aux transplantations et à la quasi immortalité qu'elles procurent, il est bientôt nécessaire de conserver les cerveaux dans des boîtes où ils baignent dans un liquide nutritif en attendant le corps d'un nouvel enfant...

 

"Immortels en conserve" est un petit bijou de la SF qui bénéficie d'une construction intelligente au service d'un propos qui ne l'est pas moins. En 5 saynètes mettant en scène quelques individus au cours d'une seule et même journée, Michael Coney nous propose de découvrir une société dystopique fondée sur le principe de la perpétuation des cerveaux grâce à leur transplantation dans de jeunes corps.

Tel un joueur d'échec, l'auteur y avance ses pions sereinement, sachant parfaitement où il va et à quoi lui serviront chacun de ses personnages. De fait, tel d'entre eux qui ne jouait qu'un rôle secondaire dans la première nouvelle occupe la place principale dans l'une des suivantes et vice-versa.

Cela lui permet de croiser plusieurs destinées qui ont en commun d'être bouleversées par les lois de ce système absurde et criminel. Cela lui permet surtout de démontrer l'aberration d'une société qui finit par se scléroser faute de nouveauté et de jeunesse, qui ne fait plus que se continuer, se répéter ad infinitum.

Nous suivons ainsi, tour à tour, une jeune femme qui n'a pas déclaré la naissance de son nouveau né pour pouvoir le garder près d'elle, une adolescente qui a échappé au rôle de "corps d'accueil" mais qui n'a depuis aucune existence légale, une femme qui risque de perdre son droit à la transplantation à quelques mois de son quarantième et fatidique anniversaire et une communauté qui tente de survivre en marge du système...

La découverte de ces tranches de vies nous conduira aussi, l'air de rien,  à nous interroger sur la valeur d'une existence, sur ce qui fait qu'elle a été remplie ou pas, sur notre égoïsme et nos rêves d'immortalité...mais encore sur le désir d'enfants et la continuité qu'ils représentent, sur la joie qu'ils apportent et l'espérance de renouveau qu'ils incarnent.

Au final, et malgré l'effroi que fait naître la description de cette société d'un genre particulier, c'est l'espoir qui domine et la conviction que l'humanité peut toujours se bonifier. Un bien joli roman qui bénéficie d'une belle écriture et d'un humour en demi teinte particulièrement subtil.

Après ma lecture des "Enfants de l'hiver", ce deuxième roman de Michael Coney est une deuxième satisfaction. Je vais donc continuer d'explorer sa bibliographie.

Pocket SF - 1983

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7 mai 2013

LA MEMOIRE DU MORT - CURT SIODMAK

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A la fin des années soixante, en pleine guerre froide, un scientifique Est-Allemand est gravement blessé alors qu’il tente de passer à l’ouest. Désespérant de le sauver, la CIA demande au Dr Cory d’expérimenter sur le moribond sa technique de transfert de la mémoire afin de récupérer des informations capitales. La mémoire du mort est ainsi « implantée » dans l’organisme de l’assistant du docteur Cory. Sa mémoire, mais peut-être aussi, sa personnalité… 

Voici le deuxième livre que Curt Siodmak publie dans la série noire et, là encore, il est question d’une expérience sur le cerveau et des conséquences induites sur la vie du cobaye. Nous y retrouvons d’ailleurs le docteur Cory, héros du «Cerveau du nabab », qui joue cette fois-ci les seconds rôles, simple observateur de la transformation de son assistant.

Ce petit rappel étant fait, précisons de suite que ce livre ne souffre pas la comparaison avec son prédécesseur. L’aspect « scientifique » de l’histoire n’est que peu développé et la partie espionnage guère intéressante. On y passe quantité de frontières, on y est capturé, emprisonné, interrogé, on s’échappe, on est repris et interrogé à nouveau, puis l’on s’échappe encore… C’est affreusement long, répétitif et ne présente aucun intérêt d’autant que la chute se laisse très vite deviner. 

Non vraiment, Siodmak aurait pu faire beaucoup mieux. Un exemple : l’esprit du défunt qui fût une victime du nazisme se retrouve placée dans le corps d’un juif. N’eut-il pas été plus captivant de placer dans ce même corps les pensées d’un nazi et suivre le combat intérieur qui en découlerait ?

Gallimard - Série Noire - 1969

 

7 mai 2013

LA COURONNE DE LUMIERE - LYON SPRAGUE DE CAMP

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Iroedh est une ouvrière d'Elham, l'une des nombreuses communautés Avtiniennes que compte la planète Ormazd. Bien que dévouée à sa cité et à sa reine, elle est pourtant une ouvrière atypique. Rêveuse, passionnée par l'archéologie et l'histoire de ses ancêtres elle éprouve une amitié profonde autant qu'incongrue pour le bourdon Antis. Lorsqu'elle apprend que son ami va être éliminé lors du prochain "nettoyage" de la ruche, elle décide de s'enfuir avec lui et de se réfugier auprès d'humains qui explorent la planète. 

En leur compagnie, ils se mettront en quête de l'oracle de Ledvidh et vivront des aventures éprouvantes autant que passionnantes, au terme desquelles nos deux humanoïdes seront amenés à revoir leur conception de la vie. Ils découvriront au passage qu'Iroedh est peut-être cette "reine des truands" dont parle la légende et qui est appelée à réformer la société atvinienne. 

Le "Viagens Interplanetarias" est un cycle de science fantasy auquel appartiennent bon nombre de romans de Lyon Sprague de Camp. Bâti sur le concept d'une Terre qui, ayant maîtrisé le voyage interplanétaire, entreprend d'explorer les nombreuses planètes qui parsèment l'univers, il repose sur deux idées forces. 

Premièrement,  le Brésil est la principale puissance terrienne et la compagnie "Viagens Interplanetarias" détient le quasi monopole des voyages intergalactiques. Deuxièmement, il est interdit d'introduire sur les mondes les plus rétrogrades des éléments de technologie moderne. 

Or, ce sont précisément ces planètes qui, le plus souvent, sont visitées. Cela explique l'ambiance "médiévale" de ces récits et le fait que la possession d'objets "modernes" ou les connaissances supérieures des terriens soient presque toujours au cœur de l'intrigue. C'est d'ailleurs le cas dans "La couronne de lumière" où quelques armes à feu et un hélicoptère seront à l'origine de bien des bouleversements. 

Si la planète Krishna sert de cadre à la plupart des histoires (Zei, La main de Zei, Chasse cosmique...), ce roman se déroule en revanche sur un autre monde : Ormazd et sa société calquée sur l'organisation communautaire des abeilles. L'occasion pour Sprague de Camp de comparer le système politique et social de la ruche à celui, plus égoïste mais plus épanouissant, de la Terre. 

J'ai craint un instant que l'auteur ne s'y livre à une critique du communisme et de son collectivisme duquel se rapproche l'organisation des insectes mais, à part une brève allusion, il ne s'est pas lancé sur cette pente savonneuse. Il s'est concentré sur son héroïne qui fait l'apprentissage de l'individualisme et qui se rend compte que l'amour pour un être cher peut être plus important que celui qu'elle porte à sa communauté. Au contact d'un couple d'humains et du bourdon Antis, elle prendra également conscience de sa féminité et découvrira la sexualité. Un thème rarement abordé dans la SF au début des années soixante !

On pourra sans doute reprocher à ce livre une intrigue un peu légère et des surprises quelques peu éventées (l'identité du devin, le destin de l'héroïne) mais son rythme alerte et l'alternance d'action et de discussions fort drôles en font une lecture réjouissante. 

Cet humour bien présent est d'ailleurs une constante chez de Camp, presque une marque de fabrique. Ici, il a principalement trait aux relations entre Iroedh et Antis (le bourdon passant de la soumission à une reine à une attitude un tantinet machiste), à l'oracle de Ledvidh qui s'amuse follement à inventer ses prédictions ou aux rapports explosifs des deux terriens. 

En ces temps où il est de bon ton de honnir cet auteur en raison de ses adaptations un peu trop libre du Conan de Howard, il me semble juste de rappeler que son œuvre est riche de nombreux cycles de qualité et qu'il s'est illustré avec bonheur dans tous les genres de la SF : space opera, héroïc fantasy et uchronie.

Hachette - Le Rayon Fantastique - 1963

 

7 mai 2013

LES FLAMMES DE LA NUIT - MICHEL PAGEL

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Fuinor est un monde magique perdu au milieu d'un vaste océan et divisé en sept contrées (de l'or, de l'amour, de la guerre, des semailles..) entourant le royaume du miroir sur lequel règne Turgoth III. Lorsque la princesse Rowena, sa fille, s'amourache du marchand de nuage, le monarque n'a d'autre choix que de l'exiler dans la contrée de la folie. 

Là, elle devient l'élève d'un enchanteur qui entreprend d'en faire une sorcière. Rowena espère ainsi se venger de son père qui l'a bannie et du séducteur qui l'a abandonnée tandis que l'enchanteur compte se servir d'elle pour réformer la société du Fuinor. 

Dans le même temps, un jeune homme tente d'échapper à sa condition et une ambitieuse essaye de s'emparer du trône. 

"Les flammes de la nuit" est un roman de fantasy atypique, sorte de conte de fées pour adulte qui revisite sur un mode décalé l'univers habituellement convenu et mièvre des frères Grimm ou de Charles Perrault. 

De fait, il ne faut pas s'étonner d'y voir Michel pagel reprendre à son compte les codes de la littérature pour enfant puisqu'il s'en sert pour mieux les détourner, les ridiculiser et les dynamiter consciencieusement. Alors il convie rois et princesses, fées et sorcières, ogres et dragons mais aussi le vieux conseiller et la servante dévouée, le médecin à chapeau pointu et le bourreau encagoulé, la marâtre avide de pouvoir, le preux chevalier... Tous les personnages de l'imagerie populaire sont là, caricaturés à l'extrême et ne faisant que ce que l'on attend d'eux, ni plus, ni moins. Dépourvus de libre arbitre, sans initiatives, ils respectent scrupuleusement des lois qui semblent n'avoir d'autre objectif que la perpétuation d'un ordre établi une fois pour toutes. Ainsi la reine doit-elle invariablement mourir en couches, le baron félon être systématiquement vaincu et les princesses être belles mais stupides. 

Cet ordre immuable est encore plus sensible dans la description des règles qui régissent la vie du trio femme/héros/fou. Ces petites cellules familiales qui résident dans une multitude de criques sur le pourtour de Fuinor, perpétuent à l'infini un schéma voulu par les dieux et instauré par les fées : à l'issu d'une épreuve initiatique opposant deux jeunes hommes, le vainqueur est proclamé héros et le vaincu devient le fou. Au premier les honneurs et les faveurs de la femme, au second tâches ingrates et mépris. 

Mais l'auteur va bientôt semer le vent de la révolte et, par l'intermédiaire d'un fou, d'une princesse et d'un enchanteur, faire voler en éclat les principes millénaires en vigueur à Fuinor. Ces trois personnages, tour à tour alliés ou ennemis, seront le levier d'une révolution qui affectera les destinées de tout un chacun. Intéressants parce que complexes, déchirés, torturés, comptant à leur actif de bonnes et de mauvaises actions, ils captent l'attention par leur quête de la justice et leur recherche du bonheur. Ils refusent de suivre le chemin qu'on leur a tracé et sont prêts à tous les sacrifices pour donner un sens à leur vie. Douleur surtout, qui représente le mieux la lutte contre l'autorité et l'arbitraire qui règne à Fuinor mais aussi Rowena partagée entre sa vengeance et ses idéaux. 

Les personnages secondaires ne leur cèdent toutefois en rien à commencer par Auriana qui campe une ambitieuse sans scrupules ou la brochette de doux dingues qui accompagnent la princesse. 

Tout cela nous donne un récit plaisant, riche d'inventions et mêlant intelligemment drame et humour. Le final n'est pas non plus en reste et je dois avouer ne pas avoir vu venir une chute qui explique pourtant bien des choses. 

Ce roman est en tout cas une jolie démonstration de l'arbitraire, du sexisme et de la violence que recèlent la plupart des contes de fées. Des histoires où les femmes sont bien souvent ravalées au rôle de potiches, où les inégalités foisonnent et où le petit peuple est asservi aux puissants. 

Bref, de quoi réfléchir sur la moralité parfois douteuse de ces bouquins que nous donnons à lire à nos petites têtes blondes.

Fleuve Noir Anticipation - 1986

 

7 mai 2013

LE VIEUX ET SON IMPLANT - PAUL BERA

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L'implant de Laura vient de mourir et il lui faut en trouver un autre au plus vite. Les implants ce sont les vieux, les seuls à ne pas être atteint par l'épidémie de choléra qui a ravagé la majeure partie de la population mondiale. Les jeunes, eux, doivent vivre à proximité d'un implant, rester à son contact pour ne pas subir les assauts de la maladie. Sans lui c'est la mort assurée, en 3 jours, pas plus. Laura finira par trouver son implant, des implants même. Des ordures qui profitent de la situation et d'autres, plus sympas, qui la protégeront. Elle rencontrera aussi quelques jeunes dont Pil échappé d'un de ces mystérieux refuges et qui détient sans le savoir la clé d'un vaccin

La lecture de ce roman m'a laissée une impression mitigée. Il comporte d'excellentes idées au premier rang desquelles cette maladie qui n'épargne que les anciens et oblige les jeunes à rechercher leur présence, quitte à accepter toutes les compromissions. 

Une thème intéressant qui, une fois n'est pas coutume, fait la part belle aux personnes âgées. D'aucuns y verront même un gigantesque pied de nez au culte de la jeunesse et, à tous le moins, un clin d’œil ironique sur la place et le rôle de nos aînés.

Mais Paul Béra n'en fait pas pour autant des saints car, pour être vieux, ils n'en sont pas moins des homme avec leurs qualités et, bien sûr, leurs défauts. On en croisera donc de toutes sortes. Des profiteurs et des revanchards mais aussi des victimes "parasitées" par des groupes de jeunes qui se relayent auprès d'elles comme des puces sur un chien.

On trouve aussi dans ce livre, par touches, une jolie démonstration sur la façon dont une religion peut voir le jour. Comment, le temps aidant, un chercheur acquiert le statut de divinité. Comment ses discours ou les écrits qu'il a pu laisser sont "récupérés", dénaturés puis transformés en "parole d'évangile". Comment des rites sont initiés et un culte créé. 

Bref, de bien bonnes choses, mais traitées un peu par-dessus la jambe, comme si l'auteur était pressé d'en finir et se contentait de jeter ses idées sur le papier sans chercher à en tirer le meilleur. 

C'est dommage car, au final, nous n'avons qu'un petit livre sympathique et original au lieu de l'excellent roman post-apocalyptique auquel Paul Béra aurait pu aboutir. Mais ça n'est déjà pas si mal !

Fleuve Noir Anticipation - 1975

 

 

 

7 mai 2013

ETRANGE CONFLIT - DENNIS WHEATLEY

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Londres, 1941. Alors que la bataille d’Angleterre fait rage, l’intelligence service requiert l’aide du duc de Richleau. Ce dernier se voit ainsi confier la tâche de découvrir par quel moyen les allemands se procurent les itinéraires de la flotte britannique et parviennent à couler leurs convois maritimes. Grâce à ses connaissances en magie blanche, il soupçonne très vite une intervention surnaturelle et parvient à remonter jusqu’à un prêtre du culte vaudou. Aidé de ses trois fidèles compagnons il se lance alors sur les traces de cet allié des nazis et le traque jusqu’en Haïti. Mais de chasseurs, les voilà bientôt transformés en gibier… 

 

Voici un nouvel épisode des aventures du Duc de Richleau contre les forces des ténèbres.

Après avoir lutté contre le Guépéou dans la Russie des soviets (Territoire interdit) et contre une secte satanique (Les vierges de Satan), il est cette fois confronté à un grand maître du Vaudou.

C’est une nouvelle occasion pour l’auteur de nous faire partager ses connaissances en matière de sorcellerie, de magie, de vie après la mort et bien sûr de Vaudou. C’est que monsieur Whaetley s’est parfaitement documenté et n’ignore plus rien des pentacles, bâtons d’encens, eau magnétisée et autres objets propices à l’évocation des forces surnaturelles. 

Malheureusement, ces explications sont surabondantes et les trop nombreuses séances de « spiritisme »  ralentissent le déroulement de l’intrigue. Et comme les quelques scènes d’action qui émaillent le récit ne sont pas très convaincantes, on peine à s’intéresser au sort de nos héros.

Dommage car cette alliance des forces maléfiques avec le nazisme, autre représentation du mal absolu, était plutôt bien trouvée. Restent quelques idées sympathiques dont la description du corps astral des personnages vivant une vie indépendante pendant leur sommeil ou encore une utilisation originale du mythe des zombies.

Un autre intérêt de ce roman, plus anecdotique, réside dans le fait qu’il fut rédigé en 1941 c’est à dire pendant les évènement qui lui servent de cadre. Il ne faut donc pas s’étonner d’y entendre les allemands appelés nazi ou boches, ni être surpris que l’un des personnages secondaires souhaite « couper la gorge à tous les français sans discrimination » en raison de la trahison du régime de Vichy.

« Etrange conflit » est en quelque sorte la participation de Dennis Wheatley à l’effort de guerre britannique et c’est à dessein qu’il conclu son livre en prophétisant que le Royaume-Uni sera le rempart du monde. L’histoire lui a donné raison.

Editions NéO - NéO Plus - 1988

 

7 mai 2013

LARCHMÜTZ 5632 - JEAN-BERNARD POUY

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Adrien et Benno viennent d'être réveillés. Comme çà. D'un coup. Sans crier gare. Après un long sommeil de 25 ans. Vingt-cinq longues années à jouer les pécores dans la Bretagne profonde. Vingt-cinq ans à traire les vaches et regarder pousser les patates. Mais le temps n'a pas eu raison de leurs convictions et, sitôt reçu le signal de l'Orga, les voici prêts à reprendre le combat. Mais quel combat au juste ? Contre qui ? Et pour le compte de qui ? 


J'ai littéralement dévoré cette histoire de gauchistes vieillissants qui reprennent du service avec l'idée de s'en payer une dernière bonne tranche. 

Difficile en effet de ne pas s'attacher à ces soixante-huitards sur le retour qui, malgré les années, les femmes et les gosses, ont gardé leurs vieux réflexes et un peu du feu sacré qui les animait autrefois. Bien sûr, ils ne croient plus beaucoup à la dialectique trostsko-anarcho-maoïste, au Grand Soir et aux lendemains qui chantent. Mais qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse. Car tout ce qu'ils demandent Benno et Adrien, c'est de s'étourdir encore une fois, faire comme si rien n'avait changé et retrouver un peu de leur jeunesse disparue. 

Et on se prend au jeu nous aussi. On est impatient de voir ce qui les attend. Et l'on ne sera pas déçu. Ce qui commence un peu à la façon d'une blague de potache, prend des couleurs nettement moins gaies et tourne au mauvais polar et à la conspiration nauséeuse. 

La qualité du bouquin tient aussi à son ton percutant. Un style très "parlé" avec un petit côté à la Audiard qui colle parfaitement à cette comédie dramatique et douce-amère. En fait, "Larchmütz 5632", c'est surtout un livre sur le temps qui passe. Sur les gens qui changent et les saloperies qui, elles, restent immuables. Sur la société qui ne va pas bien et sur les gens qui s'en foutent. 

Jean-Bernard Pouy y porte un regard désabusé sur un monde pas joli joli et sur la perte de nos illusions. Mais comme le dit Adrien : « l'important c'est d'avoir fait quelque chose, d'avoir essayé. Même misérablement. » 

Quant à Larchmütz, c'est juste le nom de leur maison, une longère de granit couverte de jolies ardoises toutes bleues. Et 5632, c'est le matricule de Momone, la vache télépathe qui observe tout çà d'un regard pas si bovin. Mais je vous laisse la découvrir par vous-même. 

Gallimard - Folio Policier - 2001

 

7 mai 2013

LE JEU DE LA POSSESSION - JOHN BRUNNER

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Godwin Harpinshield mène une existence merveilleuse. Il possède un appartement luxueux, des voitures de collection, dîne dans les meilleurs restaurants et fréquentent les femmes les plus jolies. De temps en temps, il peut même réaliser quelques-uns de ses rêves comme sauver une petite fille des flammes pendant le Blitz londonnien et être décoré par le roi en personne. Le prix à payer pour tout cela ? Trois fois rien. Juste une petite mission de temps à autre consistant à recruter les personnes qu'on lui désigne. Mais les choses sont- elles vraiment aussi simples qu'elles en ont l'air ? Qui sont ses "employeurs" ? D'où tiennent-ils leur puissance et surtout, quel jeu mènent-ils ? 


Le mythe de Faust revu et visité par John Brunner. Présenté de la sorte, ce livre ferait envie à n'importe quel amateur de SF ou de littérature fantastique. Pourtant, je me suis profondément ennuyé à sa lecture et il a fallu attendre les 20 dernières pages pour que mon intérêt se réveille. 

Le reste de l'histoire se résume à une succession de rencontres entre le héros et ses pairs. De bien longues pages dans lesquelles John Brunner laisse dériver son imagination : des plantes qui marchent, des fauteuils qui flottent, des décors qui changent sans cesse. 

Au début c'est amusant bien qu'un peu déconcertant et puis çà fini par devenir franchement lassant. En fait, l'intrigue met beaucoup trop de temps à se décanter même si l'on se rend bien compte à quelques indices que la vie de Godwin n'est pas aussi fantastique qu'il le pense. On se doute même qu'il y a comme qui dirait "une couille dans le potage" et on attend que les "patrons" (comme Godwin les appelle) montrent le bout de leur nez. 

Et ils le montreront, à la toute fin du récit, mais pas suffisamment pour que l’on saisisse leur véritable nature. Dieux, démons, extra-terrestres, toutes les réponses restent possibles. En revanche leurs motivations nous sont dévoilées. Des motivations finalement bien futiles, ludiques. Un jeu. Le jeu de la possession. 

Et un Brunner très, très mineur, à ne lire que si l'on a déjà lus tous les autres titres du monsieur. 

Pocket SF - 1984

 

 

6 mai 2013

DERIVE - MILAN

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Eden est une île spatiale, un immense satellite artificiel où l'humanité à trouvé refuge lorsque la Terre est devenue inhabitable. Enfin, une petite part de l'humanité. Dix millions d'individus seulement dont la moitié de clones. Car sur Eden, chaque citoyen à son clone, copie conforme de l'original à l'exception de ses mains noires. Parce que, tout de même, faudrait voire à ne pas se tromper de personne. Les clones ont beau être le reflet fidèle de leurs originaux, ils n'ont pas les même droits. Ils n'en ont même aucun et sont, la plupart du temps, honteusement exploités, quand ils ne servent pas de banque d'organe. Et si, par extraordinaire, l'original décède avant lui, le clone est supprimé dans la semaine qui suit ou bien finit dans l'arène.

Aussi, quand Roy Gurdhal est assassiné, son clone sait qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre...mais peut-être assez  pour tenter de faire triompher l'idée de l'égalité entre hommes et clones. D'autant que celle-ci a ses défenseurs, à commencer par la fiancée du défunt Roy. Mais elles a aussi de redoutables ennemis dont Manuel Rissi, le dangereux chef de la secte des pénitents.


Confus et inabouti sont les deux mots qui me viennent à l'esprit à propos de ce roman.

Confus parce que le lecteur s'y trouve submergé par une multitude de personnages dont beaucoup ne font pourtant que des apparitions brèves et guère essentielles au déroulement du récit. Et comme il faut, la plupart du temps, compter avec leurs clones qui, à une lettre près, portent le même nom que leur modèle, je vous laisse imaginer le bordel !

Confus aussi parce que l'auteur multiplie les pistes et les points de vue ce qui, au lieu d'ajouter de la perspective au roman, nous embrouille davantage. On se perd ainsi entre l'enquête sur l'assassinat de Roy, les actions politiques ou terroristes des mouvements de libération des clones, les assassinats perpétrés par les pénitents, le complot ourdi par les K... Bien sûr, on imagine que les différents fils du récit se rejoindront tôt ou tard mais il n'empêche que çà ne facilite pas la compréhension de l'histoire.

Inabouti car, si l'assassin de Roy fini par être démasqué, bien des questions restent en suspens. Nous ne saurons notamment pas si le statut des clones est appelé à changer, et si oui quel peut-être leur avenir. D'ailleurs, en ont-ils seulement un, puisque, étant stériles, ils ne peuvent se reproduire. Dès lors, pourquoi donc continuer à en fabriquer de nouveaux si l'on met fin à l'exploitation dont ils étaient l'objet ?

Alors, malgré les révélations finales sur le Klone et l'identité de l'assassin, ce roman m'a paru bâclé. C'est d'autant plus dommage qu'avec deux volumes à sa disposition, Milan aurait pu prendre le temps de fignoler intrigue et ambiance. Il avait d'ailleurs de la matière comme le prouvent les têtes de chapitre qui apportent un éclairage intéressant sur la genèse des îles spatiales et sur la façon dont la société "édenite" s'est organisée autour du clonage.

Fleuve Noir Anticipation - 1988

6 mai 2013

LA CITE FOLLE - KENNETH BULMER

untitledFranck Ridgway est un commercial heureux. Il vient de remporter un important marché permettant à son employeur d'équiper en Robex (des automates dirigés par un ordinateur central) une importante société de distribution. Malheureusement le super ordinateur de la société DESS commence à avoir des ratés et préconise des solutions économiquement aberrantes. Dans ces conditions, les clients ont tôt fait de passer à la concurrence et DESS est absorbée par son principal rival : " SERVEN", propriété de l'insatiable Nicholas Rogan.

Licencié, sans revenus, Franck connaît alors une chute rapide qui l'amène à côtoyer les classes laborieuses qui survivent dans les vieux quartier promis à la démolition. Il y fera la rencontre de Winifred Marsh, une femme mystérieuse déterminée à lutter contre SERVEN et son modèle socio-économique.

 

N'ayant jamais ouï parlé de cet auteur, c'est complètement par hasard que j'ai acheté ce livre. Et le hasard faisant bien les choses, c'est à un chouette petit roman que j'ai eu affaire.

Il commence pourtant de façon très classique avec la description d'une ville du futur assez banale. Une ville où les robots, (Bulmer les appelle Robex, oui...bon...pourquoi pas), y assument la plupart des tâches sous le contrôle de plus en plus poussé et hégémonique d'un super ordinateur.

C'est un peu lent, mollasson même, mais ce rythme de sénateur permet de présenter convenablement les principaux protagonistes de l'histoire et de mettre l'intrigue sur ses rails. Celle-ci n'a, là encore, rien de particulièrement excitant ou original. Sur fond de guéguerre économique entre deux firmes concurrentes se profile une histoire d'intelligence artificielle qui semble vouloir s'émanciper et échapper à la volonté de ses concepteurs.

Arrivé là, je me suis dit que M. Bulmer allait nous refaire le coup de la révolte des robots. Un « Terminator » avant l'heure, opposant ordinateurs et droïdes à de pauvres humains désemparés. Mais c'est un peu plus compliqué que çà. Plus malin aussi. Car, depuis le tout début du livre, l'auteur a soigneusement planté ses jalons, dissimulés des indices qui se révéleront sur la fin. Une fin en feu d'artifice, véritable morceau de bravoure nous décrivant la lutte de deux hommes face à une ville bien vivante, contrôlant tout et où chaque objet, même le plus anodin, peut se révéler mortel.

Toutefois, plus que cette confrontation dantesque, ce sont d'autres aspects du roman qui ont captés mon attention. La critique sociale par exemple, qui transparaît à divers moments (la manifestation sévèrement réprimée, les taudis où sont contraints de vivre les exclus du système, l'automatisation des moyens de production qui condamne les ouvriers au chômage...) mais aussi ses réflexion sur l'usage de l'informatique et de la robotique, outils par nature inoffensifs mais qui peuvent s'avérer dangereux entre des mains malintentionnées ou dénuées de scrupules.

Bref, ainsi qu'il est dit sur la quatrième de couverture : "l'auteur traite de sujets, qui, sans négliger l'attrait de l'intrigue, abordent des problèmes plus proche de nous et sur un ton plus grave". Je ne saurais dire mieux.

Le Masque SF - 1975

6 mai 2013

LA VALLEE MAGIQUE - EDMUND HAMILTON

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Eric Nelson est un mercenaire américain engagé sous la bannière d’un chef de guerre chinois en lutte contre la jeune république populaire. A la suite d’un engagement plus rude qu’à l’accoutumée, sa petite troupe a été décimée et attend l’estocade finale dans un village du sud de la Chine. 

Alors qu'ils ont perdus tout espoir d'échapper à la mort, Nelson et ses compagnons sont abordés par un individu étrange : Shan Kar. Ce dernier se fait fort de les tirer de ce mauvais pas en échange de leur intervention dans le conflit séculaire qui opposent deux clans rivaux. Soulagés de sauver leur peau et attirés par la promesse d’une riche récompense, les mercenaires acceptent. 

C'est ainsi qu'ils découvrent L’lan, vallée perdue au cœur de l’Himalaya, monde étrange où certains animaux sont doués d'intelligence et reconnus comme leurs égaux par les humains du camp de la "Fraternité". Mais Nelson et ses hommes ont été engagés par les "Humanites" qui s'opposent farouchement à cette parité. Ont-ils choisis le bon camp ?


"La vallée magique" est un chouette petit roman, rafraîchissant, dépaysant et inventif. 

Il débute pourtant de façon bien conventionnelle puisqu'il y est question d'aventuriers découvrant une civilisation oubliée, de lutte entre deux clans rivaux et de l’existence d’un mystérieux secret. Mais, alors que nous croyons avoir affaire à une ènième histoire de "lost race" à la Haggard ou à la Burroughs, l’auteur déjoue les pronostics et se démarque de ses illustres prédécesseurs. 

Il y parvient surtout grâce à ses personnages, plus profonds et complexes qu'il n'est d'usage dans ce type de récits. Il y a bien des bons et des méchants, des cœurs purs et d'infâmes crapules, mais les caractères sont suffisamment étoffés pour qu'on y décèle les changements de mentalité et l'ouverture à autrui qui s'opèrent chez certains. 

Cette absence de manichéisme est surtout sensible chez le héros qui combattra un temps au côté des agresseurs et ne rejoindra le camp de la sagesse qu'à la suite d'une expérience d'une nature toute particulière. 

La présence d’animaux doués de raison (comme aurait dit Robert Merle) est également pour beaucoup dans l'originalité de ce roman. Chevaux, loups et aigles y ont des rôles aussi importants que les humains et constituent des personnages à part entière. L'auteur nous fera même vivre, le temps de quelques chapitres, les évènements par les yeux d'un loup. 

Enfin, Edmond Hamilton a su ajouter à ce roman de pure fantasy une petite touche de science-fiction lui permettant d'y apporter une conclusion astucieuse. 

Le tout constitue donc une agréable distraction qui plaira particulièrement aux plus jeune grâce à la présence de nombreux animaux.

Le Masque SF - 1975

 

6 mai 2013

JE SUIS UNE LEGENDE - RICHARD MATHESON

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L'espèce humaine a été quasiment anéantie par une épidémie d'origine inconnue et les rares survivants ont désormais toutes les caractéristiques de vampires. Seul Robert Neville a échappé à ce fléau. Isolé, menacé et désespérant de rencontrer un autre rescapé, il s'acharne à trouver un remède à la maladie. 


" Je suis une légende " est sans doute le roman le plus connu de Richard Matheson et c'est amplement mérité ! 

Pourtant, les thèmes de ce livre, post-apo et vampires, ne comptent pas parmi les plus originaux de la SF. Nous n'échappons d'ailleurs pas à certaines scènes éculées telles que les balades dans un monde à peu près désert ou le recours à l'ail et aux pieux bien aiguisés. Mais, heureusement, l'intérêt du livre réside ailleurs. 

L'auteur a pris le parti de nous décrire l'existence de son personnage de façon presque routinière. Le jour il parcourt sa ville à la recherche de nourriture et de matériel, fait la chasse aux vampires assoupis, répare sa maison transformée en bunker et cherche un vaccin à l'épidémie. La nuit, il résiste aux assauts des vampires et tente de noyer chagrin et solitude dans l'alcool. 

Nous voilà donc bien loin du héros sans peur et sans reproche que l'on trouve dans bon nombre de récits du genre. Ici  l'accent est mis sur les états d'âmes du personnage plutôt que sur l'action, ce qui contribue à nous rendre Robert Neville plus familier et à faire notre ses petites joies et ses peines, ses doutes et ses tourments. 

Mais surtout, ce roman brille par une conclusion qui, sans en dévoiler la teneur, se traduit par une mise en abîme des convictions du personnage principal et sonne le glas de toutes ses certitudes. Robert Neville se rendra finalement compte qu'il n'est pas tant le dernier représentant de l'espèce humaine qu'un monstre aux yeux d'une humanité nouvelle. Une légende.

Gallimard - Folio SF - 2001

 

 

6 mai 2013

SILENCE ROUGE - FRANCOIS SARKEL

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Francine et Stéphanie partagent une petite maison dans un quartier populaire de Reims. Une cohabitation pas toujours évidente pour Francine qui doit supporter la musique assourdissante de sa cadette, une ado fan de hard rock. Malgré tout, les deux sœurs sont très proches. Aussi, lorsque Stéphanie est abominablement assassinée, Francine plonge dans une profonde dépression et seule la volonté de débusquer l'assassin l'empêche de sombrer définitivement. 

Pressentant l'inefficacité de la police, elle décide de mener sa propre enquête avec l'aide de Maxime, un garçon sympa bien qu'un peu porté sur la bouteille et avec lequel elle entretient une relation épisodique. Ensemble, ils seront confrontés à la dangereuse secte des "Zélateurs du silence" et à leur chef, un psychopathe de la pire espèce... 

 

Avec quelques scènes absolument écœurantes et gorgées d'hémoglobine, ce livre aurait eu toute sa place dans la collection "Gore" du Fleuve Noir. Pour le reste, il s'agit d'un roman un peu faiblard et quasi dénué de suspens. 

Dans ces conditions, on ne s'intéresse guère qu'à la façon dont les malheureuse victimes de cette secte "décibelophobe" vont être trucidées. Et là, l'auteur se lâche carrément. On y tue avec beaucoup de recherche et un grand sens de la mise en scène. Une sorte d'esthétisme macabre qui frise parfois le grand guignol. D'ailleurs, l'auteur emploi lui-même cette expression à une ou deux reprises, comme s'il entendait de la sorte prendre un peu de recul avec son histoire, nous rappeler que tout cela est à prendre au second degré, voire au troisième... 

De fait, plus que toutes ces descriptions sanguinolentes, c'est surtout l'atmosphère qui baigne le récit qui a retenu mon attention. Une ambiance cafardeuse, grise et pluvieuse qui n'est pas sans rappeler celle de "Dépression", un autre roman de François Sarkel. Les gouttières ne cessent de glouglouter, les murs suintent, l'humidité est partout. Les coupures d'électricité plongent régulièrement la ville dans l'obscurité et une odeur nauséabonde imprègne toute chose. 

Les héros eux même sont parfaitement raccords puisque l'on est coincé entre une dépressive profonde et un alcoolique notoire ! Bref, tout cela n'est pas bien gai et ce n'est pas la fin qui viendra y changer quelque chose, loin s'en faut.

Fleuve Noir Angoisses - 1993

 

6 mai 2013

HEYOKA WAKAN- JEAN-LOUIS LE MAY

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La confrontation entre l'est et l'ouest a fini par avoir lieu et le feu nucléaire s'est abattu sur Terre, détruisant, irradiant, vitrifiant. Seul continent épargné : l'antarctique où américains et soviétiques s'observent en chiens de faïence, maintenus à distance respectueuse par l'éloignement et les conditions météorologiques. Confortablement installés dans leurs stations suréquipées, ces survivants, militaires et scientifiques, souffrent de leur isolement. L'inaction leur pèse et l'absence de nouvelles sape leur moral. 

Dans ces conditions particulières, parviendront-ils à surmonter leurs différences et à donner une chance à l'humanité de repartir sur de nouvelles bases ou se laisseront-ils guider par la haine et le ressentiment ? L'américain Adam Scott et le russe Yvan Kostlof ont fait le choix du rapprochement. Mais quand l'idéologie, le sexe et la vengeance s'en mêlent, tout est possible...


"Heyoka Wakan" occupe une place originale dans l'univers du post-apo. Ici, l'apocalypse n'est que suggéré par l'auteur et imaginé par les personnages. La
guerre et son cortège de destructions ne sont donc pas réellement palpables, les survivants évoluent dans un environnement encore intact et bénéficient même d'un confort tout à fait convenable. 

De fait, la plupart des incontournables du genre se trouvent absents du récit. Pas de villes désertes, pas de bandes armées, pas de lutte quotidienne pour la survie. Toutefois, pour intact qu'il soit, leur univers n'est pas pour autant dénué de dangers. Il y a le froid bien sûr, la neige, le blizzard et, plus dangereuse encore, la tempête qui prospère sous les crânes de tous ces miraculés. Sans nouvelles de leur pays et de leurs proches, ignorants les développements de la guerre, ils sont prêts à tout pour rompre la monotonie des jours et faire cesser l'angoisse qui les ronge. 

Et c'est précisément cet aspect psychologique que Jean-Louis Le May explore dans son roman. Il le fait d'ailleurs plutôt bien et les sentiments des personnages, la confusion qui les habite, sont correctement rendus. Malheureusement le sujet est une peu faible pour nous tenir en haleine pendant 220 pages. 

L'auteur brode donc un peu et s'étend avec beaucoup de complaisance sur l'activité sexuelle débridée de ses personnages. Cà copule dans tous les coins, en couple ou en groupe, entre hommes ou entre femmes, hétéros et lesbiens confondus, et si Le May parvient à ne pas sombrer dans le scabreux c'est seulement grâce à l'humour avec lequel il nous raconte tout çà ! 

Bref, malgré un style bien agréable et des personnages assez convaincants, j'ai été déçu par ce livre au sujet prometteur dont j'attendais beaucoup. Sans doute trop. En fait, plus qu'un véritable post-apo, "Heyoka Wakan" est un roman sur le froid, l'isolement et la folie des hommes. Une lecture sympathique, sans plus.

Fleuve Noir Anticipation - 1980

 

6 mai 2013

CORSAIRE TRIPLEX -PAUL D'IVOI

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L'amirauté britannique est en émoi. Trois de ses ports militaires distants de plusieurs milliers de kilomètres les uns des autres, ont été détruit simultanément par le mystérieux corsaire Triplex. Mais qui est donc cet individu qui paraît doué du don d'ubiquité ? Pourquoi réclame-t-il un procès à charge contre Toby Allsmine, le tout puissant chef de la police du pacifique ? Comment fait-il pour narguer si effrontément la flotte britannique ? Et que viennent faire dans cette histoire un célèbre journaliste français et un prisonnier égyptien ? C'est ce que nous découvrirons dans ce roman.


Bien que le héros de ce cinquième épisode des "voyages excentriques" soit un anglais contraint de lutter contre son pays, nous y retrouvons également les très gaulois Armand et Robert Lavarède. Toutefois, seul le second joue un rôle de quelque ampleur dans ce livre où il est aussi question de Lothia, sa fiancée égyptienne, et des évènements qui secouent la terre des pharaons sous le joug britannique (voir "Le cousin de Lavarède). 

Mais ici, ce sont les possessions australiennes de l'Angleterre qui servent de cadre à une gentille petite histoire de vengeance. Gentille mais guère passionnante. L'auteur y utilise les thèmes éculés d'un romanesque très XIXème siècle (assassinat pour hériter d'une riche veuve, enlèvement d'enfant et réapparition bien des années plus tard, confusion d'identité) et le mystère qui entoure la personnalité de triplex est trop vite levé pour maintenir l'intérêt du lecteur.

Heureusement, quelques scènes d'action et un peu d'humour nous sauvent in extremis de l'ennui. On frémit donc un tantinet chez les Dayaks réducteurs de têtes, on sourit aux patronymes de certains personnages ( Allsmine = tout est à moi, ....) et l'on s'amuse des déboires et des petits travers des militaires anglais (notamment leur amour du Gin et du rosbif). 

Je soupçonne à ce propos Paul d'Ivoi d'avoir pris un plaisir très cocardier à ridiculiser l'Angleterre dans ce qu'elle a de plus fort : sa puissance navale. D'autant qu'il ne se prive pas de critiquer sa politique colonialiste tout en soulignant la grandeur de l'empire français. 

Pour le reste signalons que, comme à son habitude, l'écrivain en profite pour instruire et faire rêver ceux de ses lecteurs qui n'ont pas la chance de voyager. Cette fois, c'est l'Océanie qui est à l'honneur. Nous visitons donc l'Australie des kangourous et ses immenses déserts, la jungle de Bornéo peuplée d'orangs-outangs, le détroit de Malacca et les chapelets d'îles qui parsèment l'océan pacifique. Son récit s'agrémente également de nombreux apartés que l'on croirait directement issus d'un dictionnaire et qui nous permettent d'apprendre bien des choses sur la culture de l'huître perlière ou la formation des récifs coralliens. 

L'auteur se montre en revanche moins prolixe en matière de spéculation scientifique et se contente de puiser sans vergogne dans l'œuvre de Jules Verne : Triplex doit beaucoup à Némo, ses sous-marins ressemblent énormément au Nautilus (jusqu'au piano dans le salon du navire) et l'île d'or rappelle étrangement l'île mystérieuse. 

Pourtant, malgré ces petits défauts, les livres de Paul d'Ivoi constituent une lecture naïve et rafraîchissante dont on aurait tort de se priver sous prétexte qu’ils ont mal vieillis. Alors si vous voulez entendre parler de bicyclistes ou d’automédon, et revenir à une époque où les femmes se laissent mourir à cause d’un amour malheureux, n’hésitez plus. 

Pour ma part je vais me laisser tenter par le volume suivant qui doit voir Robert Lavarède prendre la tête des insurgés égyptiens. Encore un rude coup porté à la couronne britannique !

J'ai Lu - Voyages Excentriques - 1983

 

6 mai 2013

STATION SOLAIRE - ANDREAS ESCHBACH

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Rien ne va plus à bord de la station spatiale « Nippon ». Toutes ses tentatives de récupération et d’acheminement de l’énergie solaire vers la Terre échouent lamentablement alors que les tests s’étaient jusqu’alors avérés concluants. Suspectant un sabotage, le commandant Moriyama demande au chef de la sécurité, Léonard Carr, de mener une enquête discrète. L’assassinat de l’un des neuf membres de l’équipage vient confirmer leurs doutes, des doutes qui sont définitivement levés lorsqu’ils sont abordés par le module d’une fusée européenne.

Mais qui sont donc les trois individus armés qui prennent possession de la station ? Des pirates de l’espace espérant une rançon fabuleuse ou bien des terroristes ? Et comment faire pour les empêcher de mener à bien leurs projets ? Voilà quelques unes des questions que Léonard Carr devra résoudre pour sauver sa peau, celle de ses compagnons et peut-être même celles de bien d’autres personnes. 

 

« Station solaire » est un roman à double détente. Il débute à la façon d’un roman d’Agatha Christie, nous proposant un huis clos entre neuf personnages isolés et confrontés au meurtre de l’un d’entre eux. Mais, alors que l’on s’attend à découvrir une version SF de ses « Dix petits nègres », la partie de cluedo tourne court et se transforme en véritable thriller. Le flegme britannique cède alors la place au punch américain et l’action se substitue allègrement à la réflexion et à l’introspection.

Malheureusement, ce côté « hollywoodien » est beaucoup trop marqué. L’auteur n’est pas parvenu à éviter les poncifs du genre et notamment celui du « héros désabusé mais conscient de ses devoirs, qui n’a que quelques heures devant lui pour contrecarrer le sinistre projet de dangereux terroristes et sauver ainsi son fils et des dizaines de milliers d’individus ».  Ouf !

Malgré cela, Eschbach parvient à maintenir l’intérêt du lecteur grâce à d’excellentes descriptions de la station spatiale et des conditions de vie particulières en apesanteur. C’est d’ailleurs la principale réussite de ce livre que d’avoir su trouver un juste équilibre entre science et romanesque. 

De la hard science pas chiante, c’est suffisamment rare pour être salué !

L'Atalante - La Dentelle du Cygne - 2006

 

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  • Blog consacré à mes lectures dans les domaines de la fantasy, du fantastique et de la science fiction. Mais comme je ne suis pas sectaire et que mes goût sont assez éclectiques, il n'est pas exclu que j'y parle aussi d'un bon polar ou d'un essai.
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