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8 mai 2013

L'OMBRE DU VENT - CARLOS RUIZ ZAFON

untitledDaliel Sempere est âgé de 10 ans lorsque son père lui fait visiter un lieu étrange connu de quelques rares initiés : le "Cimetière des livres oubliés". Il y découvre un livre de Julian Carax, écrivain mystérieux mort à Barcelone dans les premiers temps du franquisme. Fasciné par ce roman il décide d'en apprendre plus sur l'écrivain et son oeuvre. Bien qu'aidé dans son entreprise par Fermin, un ancien clochard plein de ressources, il se rend vite compte que son entreprise comporte maints dangers.

Il y a d'abord cet homme au visage brûlé qui semble échappé d'un livre de Carax et qui souhaite réduire en cendres tous les livres de cet auteur. Il y a aussi, plus réel mais non moins dangereux, l'ignoble Fumero, le chef de la police de Barcelone qui semble s'intéresser de près à ses recherches. Il faudra en tout cas bien des années à Daniel pour faire toute la lumière sur l'écrivain maudit et éviter de commettre les mêmes erreurs que lui.


Ce livre que l'on m'a offert pour mes 40 ans prenait la poussière sur son étagère depuis déjà une bonne année sans parvenir à capter mon intérêt. Et puis, à force de lire un peu partout des critiques élogieuses à son sujet, d'en entendre parler comme d'un best seller incontournable, je me suis décidé à entamer la lecture de ce gros pavé.

Et c'est vrai que ce roman ne manque pas d'intérêt. Grande et belle fresque de l'Espagne sous la férule franquiste, il nous propose une splendide peinture de Barcelone. Nous visitons en compagnie du jeune Daniel, ses quartiers populaires peuplés de petites gens bien sympathiques et ses banlieues huppées aux villas démesurées. Nous passons des salons de la grande bourgeoisie férue d'art aux taudis et aux hospices dans lesquels s'entassent les miséreux. Nous côtoyons les commerçants sans conscience et les culs bénis satisfaits d'un régime autoritaire mais aussi la foule de ceux qui subissent humiliations et répression. Bref, un gigantesque maelström de lieux et de personnages ainsi qu'un fabuleux chassé croisé de destinées.


Pourtant, ce livre m'a laissé un petit goût d'inachevé. Comment dire ? Un peu comme si l'on m'avait promis l'Everest et qu'au final je me retrouve à bivouaquer sur le Mont Blanc ! Sans doute est-ce en partie dû au fait que le début du roman a une petite connotation fantastique (des livres introuvables, le personnage échappé du roman, le cimetière…), une aura de mystère que l'on perd en cours de route sans que rien de plus excitant ne vienne les remplacer.

Et lorsque le fin mot de l'histoire s'est enfin dévoilé, je n'ai pu m'empêcher d'être un peu déçu par une chute finalement assez logique, presque trop simple. Un peu l'impression d'une baudruche qui se dégonfle pour vous remettre brutalement les pieds sur Terre.

Ceci étant, je dois avouer que j'ai lu les 600 et quelques pages de ce livre sans presque m'en rendre compte : un signe qui ne trompe pas quant à la qualité du bouquin !

Livre de Poche - 2006

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8 mai 2013

ACHETEZ DIEU ! - CHRISTOPHER STORK

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Don Love, jeune illuminé doté d’un charisme hors normes, est exploité par un publicitaire sans scrupules. Un richissime homme d’affaires voyant en eux le moyen d’accroître sa fortune et sa puissance, décide de s’attacher leurs services. Il tentera, avec l’aide d’un spécialiste du comportement et grâce à la télévision, de soumettre hommes et femmes au pouvoir d’une nouvelle secte… 

Petit roman sans prétention sur les thèmes des manipulations mentales et du risque sectaire. Le rythme est enlevé, le déroulement de l’intrigue bien maîtrisé et les personnages plaisants bien qu’un peu caricaturaux (je pense en particulier au directeur de journal). 

Bien sûr, on a un peu de mal à croire que quelques messages subliminaux et des séances d’hypnose soient suffisants pour infléchir la volonté de dizaines de milliers d’individus, mais la démonstration demeure sympathique.

A lire donc, ne serait-ce que pour se convaincre, s’il en était besoin, que religion et télévision sont bien les opiums du peuple.

Fleuve Noir Anticipation - 1979

 

8 mai 2013

COURSE VERS PLUTON - VARGO STATTEN

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Un météore d'une taille peu commune a heurté Pluton et provoqué des radiations qui menacent de faire exploser la planète, bouleversant ainsi l'équilibre du système solaire. Le président de la fédération mondiale décide d'affréter au plus vite un vaisseau chargé d'enrayer la menace radioactive. Le commandement en est confié à Mark Rapier alias "Côtes de fer", le meilleur mais aussi le plus intransigeant des capitaines de l'armée sidérale. En compagnie de deux volontaires et d'un équipage recrutés dans les bas fonds, il s'envole bientôt pour un voyage long et périlleux. Mais arriveront-ils à temps ?


Le thème de ce livre est proche de celui « d'Armaggedon », film dans lequel Bruce Willis et une bande de bad boys sauvent la Terre d'un dangereux météore. Un bon gros nanar que j'ai visionné sans trop de conviction mais qui s'avère finalement bien meilleur que ce bouquin insipide. 

Car que dire de cette course contre la montre désespérément plate et ennuyeuse où l'auteur se borne à nous décrire les accélérations successives du vaisseau pour tenir ses délais et leurs redoutables effets sur l'organisme des passagers ? Ma foi pas grand chose ! 

Oh, il y a bien une tentative de sabotage et quelques escapades de passagers qui semblent tous avoir quelque chose à récupérer dans l'espace (qui un frère sur Jupiter, qui des diamants sur Uranus, qui des lichens sur Neptune...), mais ces péripéties n'apportent absolument rien au récit. 

De plus, Vargo Statten a une conception complètement désuète des voyages dans l'espace et des vaisseaux spatiaux. Le sien est doté d'une chambre de chauffe où des mécaniciens en bras de chemise enfournent du minerai dans une chaudière, il y des hamacs pendus dans la cambuse et les uniformes de l'équipage sont en flanelle !!! 

Enfin, comme si cela n'était pas suffisant, il faut aussi supporter une conclusion militaro-bienpensante sur l'honneur et le sens du devoir triomphant des intérêts particuliers. 

Alors bien qu'il s'agisse d'un des tous premiers FNA et que la couverture de Brantonne soit comme toujours superbe, ce livre n'ira pas prendre la poussière dans ma bibliothèque.

Fleuve Noir Anticipation - 1953

 

8 mai 2013

FAUSSE AURORE - CHELSEA QUINN YARBRO

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Sur une terre ravagée par la pollution et les catastrophes nucléaires, l’errance d’un homme et d'une femme, entre espoir et résignation.  

"Fausse aurore" est l'un des post-apo les plus triste et désespéré qu'il m'ait été donné de lire. Et ce n'est pas peu dire s'agissant d'un genre où il est rarement question de jolies fleurs et de petits zoziaux. 

Le livre reprend d'ailleurs la plupart des canons propres à ce type de littérature et c'est sans surprise que l'on y croise des communautés repliées sur elles-mêmes, des religieux illuminés et des pillards sans pitié. 

Mais, alors qu'il est souvent question de repartir de zéro et jeter les bases d'une nouvelle société, Chelsea Quinn Yarbro prend le chemin inverse et choisit de nous peindre l'agonie de la civilisation.

Grâce aux pérégrinations de Théa et Evan, elle nous fait découvrir des terres empoisonnées où les rares survivants trouvent à peine de quoi subsister. Elle nous fait ressentir la vacuité de leurs efforts dans un monde où méfiance exacerbée et violence aveugle règnent en maîtres. Un monde où tout espoir en l'avenir semble risible devant le manque de ressources, les malformations des nouveaux nés et la folie meurtrière des hommes. Les deux héros eux même n’ont plus guère d’illusions et cherchent juste à profiter au mieux des rares moments de joie qui s’offrent à eux. 

Un roman empreint d’une profonde tristesse mais néanmoins fort beau : le chant du cygne d'une planète moribonde.

Denoël - Présence du Futur - 1980

 

8 mai 2013

PAR LE SABRE DES ZINJAS - ROGER FACON

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Moko, un jeune novice de l'ordre des moines guerriers Zinjas, s'inquiète de la disparition du supérieur du temple des Oiseaux de feu. Soupçonnant certains dignitaires de son ordre, il mène une enquête discrète. Elle lui fera découvrir l'existence d'un vaste complot qui risque de mettre en péril l'équilibre précaire des forces qui veillent sur Paris. Mais il ignore encore que les enjeux sont bien plus vastes et que les sous-sols de la capitale recèlent bien des secrets. 

Après avoir lu les cent premières pages de ce roman, on se demande ce qu'il peut bien faire dans la collection anticipation du Fleuve Noir. La SF en est totalement absente. La fantasy itou et, n'était le fait que l'action se déroule dans un Paris que l'on devine post -apocalyptique, on croirait avoir affaire à un roman historique ayant pour décor le Japon féodal. 

Pas déplaisantes d'ailleurs les aventures de ce jeune moine confronté à un complot qui mêle samouraïs et courtisanes, hauts dignitaires et petit peuple. La reconstitution des us et coutumes est crédible, l'enquête intéressante et les combats à l'arme blanche sonnent justes. 

Mais, d'un coup, l'auteur semble se rappeler qu'il doit écrire un livre de SF et qu'il ne lui reste plus que 90 pages pour ce faire (rappelons qu'un FNA compte environ 190 pages). Alors il enchaîne les révélations. 1° Nous sommes bien dans un univers post-apo et Paris serait un îlot de vie au milieu des « terres empoisonnées » ; 2° Les sous-sols de la ville renferment des éléments de technologie fabuleux que se disputent deux factions rivales : le Consortium et l'Alliance ; 3° La vie a repris un peu partout dans le monde et si Paris est maintenue dans l'ignorance c'est pour des motifs bien inavouables. 

Dès lors il ne lui reste plus qu'à faire échec aux vilains comploteurs, châtier les méchants (des combats, un duel, un seppuku) et récompenser les gentils. 

Cela nous donne un roman bâclé et sans grand intérêt malgré quelques idées amusantes (le découpage de Paris en fonction des différentes ethnies) et quelques combats bien menés.

Fleuve Noir Anticipation - 1987

 

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8 mai 2013

LE FELIN GEANT - J. H. ROSNY AINE

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Alors qu’ils explorent une caverne profonde, Aoûn, le fils de Naoh, et Zhoûr, le dernier des hommes sans épaules, découvrent un passage vers une autre vallée. Ils décident alors d’explorer ce nouveau monde, sa faune et sa flore, ses ressources et ses dangers. Ils feront ainsi connaissance avec une tribu de femmes et un lion gigantesque avec lesquels ils affronteront les hommes-dholes, une horde de terribles anthropophages. 

Sensé être une suite à « La guerre du feu », ce livre en constitue plutôt une copie à l’identique. 

A l’instar de son illustre prédécesseur il nous narre en effet les aventures d’un courageux guerrier confronté aux multiples dangers d’un environnement hostile. 

Rosny aîné s’y livre de nouveau et avec toujours autant d’emphase à d’abondantes descriptions d’une nature encore intacte et des bêtes fabuleuses qui la peuplent. 

Il en profite également pour évoquer les balbutiements d’une humanité encore bien fragile et notamment les premières tentatives de l’homme pour vivre en harmonie avec son environnement et en bonne entente avec ses semblables.

« Le félin géant » constitue donc une lecture dont on peut aisément se dispenser à moins d’être un adepte du grand Rosny ou amateur de récits sur les temps préhistoriques.

Marabout - 1975

 

8 mai 2013

L'ERREUR D'ALEXEI ALEXEIEV - A. POLEISCHUK

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Alexeï Alexeïev vient à peine d'annoncer à l'un de ses amis une découverte qui selon lui va révolutionner le domaine de la physique, que son laboratoire est l'objet d'une inexplicable explosion. Le chercheur et toute son équipe se retrouvent prisonniers d'une masse translucide et incassable, à l'instar d'un bloc de glace. 

A peu de temps de là, un mirage céleste apparaît à heure fixe en divers points de la planète. Les scientifiques chargés de faire la lumière sur les causes du sinistre vont très vite soupçonner un lien de causalité entre les deux évènements. Mais leurs hypothèses les plus folles seront encore en-deçà de la réalité.


Ce roman est un curieux exemple "d'enquête scientifique". J'entends par là une enquête menée par des chercheurs (physiciens, météorologues, astronomes...) qui unissent leurs efforts pour déterminer la nature d'un curieux phénomène stellaire ainsi que le contenu des recherches auxquelles se livrait l'un des leurs. Par le biais d'observations, d'expérimentations, en interrogeant divers témoins ou en consultant notes et correspondance d'Alexeïev, ils essayent de remonter le fil de ses expériences et d'en appréhender toutes les conséquences. 

A première vue, cela peut paraître un peu aride et j'avoue m'être senti un peu perdu au milieu des champs gravitationnels et autres rayonnements électromagnétique. Mais, grâce à beaucoup de vulgarisation et quelques scènes plus légères, l'auteur parvient à rendre accessibles les discussions de toutes ces grosses têtes. Qui plus est, il réussit à maintenir le suspens jusqu'à une chute qui doit beaucoup à Einstein et sa théorie de la relativité. 

J'ai également été amusé de voir évoluer les personnages dans cette URSS qui n'existe plus, mais où il faisait apparemment bon vivre. Les paysans y sont heureux, le directeur du kolkhoze local est incroyablement serviable et même les rapports avec les affreux impérialistes américains sont on ne peux plus cordiaux. 

Mais Poleischuk pouvait-il écrire le contraire en 1963 ? Rien de moins sûr et les réflexions du professeur Topanov, très « soviétiquement correctes », en sont la preuve : "Ce que je crois, camarade, ce que je crois, ami, c'est que l'avenir de l'homme n'a pas plus de limites que le cosmos lui-même. Je crois que tout est Vie, que tout est résurrection. Voilà la vraie découverte d'Alexeï et en quoi résidera son authentique gloire. Grâce à lui, désormais, tout espoir raisonné peut-être certitude." 

Voilà qui témoigne d'une confiance absolue en l'être humain. Le triomphe de la raison sur la croyance, de la science sur l'obscurantisme. Tchernobyl n'était pas encore passé par là !

Hachette - Le Rayon Fantastique - 1963

 

8 mai 2013

LA NUIT DES ENFANTS ROIS - BERNARD LENTERIC

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Une multinationale décide de lancer un vaste programme de recherche dans toutes les écoles maternelles des Etats-Unis afin de détecter les enfants surdoués. Quelques années plus tard, alors que tout le monde s''est désintéressé du projet, Jimbo Farrar, génie de l'informatique chargé du suivi de ce programme, déniche 7 petites têtes blondes incroyablement intelligentes. Malheureusement à l'occasion de leur première rencontre, les enfants sont sauvagement agressés dans Central Park. Dès lors, ils n'auront de cesse de faire payer à tous les adultes le viol de leurs espérances.  


 Malgré un ton volontiers enjoué et un mode de narration original ce livre ne m'a pas du tout accroché. Il faut dire à sa décharge qu'une grande partie de son intrigue repose sur le rôle joué par un super ordinateur ainsi que sur la description de manipulations informatiques. 

Or, si à l'époque de sa sortie (1981) cet aspect pouvait avoir un côté novateur, il ne présente aujourd'hui que peu d'intérêt et prête même à sourire tant la technologie décrite a évoluée depuis lors. 

Mais ce qui m'a réellement gêné dans ce roman, ce sont les petits héros eux mêmes. Leur côté omnipotent et quasi invincible m'a rapidement lassé et j'ai eu un peu de mal à croire en leur communauté d'esprit, leur "symbiose intellectuelle", d'autant que l'auteur n'apporte aucun éclaircissement à ce sujet. 

Finalement, la seule idée qui m'ait intéressée est la philosophie adoptée par ces petits monstres qui assimilent l'âge adulte à une maladie. 

Livre de Poche 1985

 

8 mai 2013

CHUTE LIBRE - ALBERT & JEAN CREMIEUX

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Cinq terriens sont kidnappés par des extra-terrestres et emmenés sur la planète 54 pour d'y être étudiés.

Je ne suis pas certain que l'objectif premier des frères Crémieux ait été de nous proposer une histoire de pure science-fiction. 

Pour ma part, j'y ai plutôt vu un moyen de critiquer notre société bien « terrienne » au travers de certains de ses représentants les plus caricaturaux : le militaire, l'industriel, le poète... 

Certes, ces derniers évoluent sur une planète lointaine où ils découvrent des objets et des institutions surprenants ainsi qu'une façon de penser radicalement différente de la leur. Mais c'est surtout de leurs propres mentalités dont il est question et l'on découvre, en négatif et par opposition, leurs petits travers et leurs grands défauts. 

Cela nous donne une intrigue fort mince et  guère passionnante mais heureusement compensée par un humour agréable et une écriture solide. Un livre qui a beaucoup vieilli mais qui, justement, est sauvé par ce charme légèrement désuet que possède la SF des années 50.

Editions NéO - 1980

 

8 mai 2013

LA NUIT DU VENIN - SERGE BRUSSOLO

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Employée chez Sweeton et Sweet, une société spécialisée dans l'édition d'œuvres lyriques, Cécile est chargée par son patron d'une mission particulière. Il s'agit de retrouver des enregistrements d'Isadela Gest, une illustre cantatrice qui mit un terme brutal à sa carrière et se retira sur une île. Elle reprend ainsi le travail de sa meilleure amie dont le suicide a interrompu les recherches. C'est donc dans ces circonstances particulières qu'elle débarque sur l'îlot et entreprend de mettre la main sur les précieuses bobines. Mais en fouinant dans les affaires de la diva elle va réveiller autre chose que de vieux souvenirs...


Ce roman fantastique est très représentatif de l'univers de Serge Brussolo, tant au niveau de l'intrigue et du décor que des personnages. 

L'action se déroule sur une île isolée au milieu d'un lac aux eaux troubles sur laquelle se dresse une vieille demeure délabrée. Des lieux confinés et mystérieux qui se prêtent merveilleusement à ses récits angoissants. Les nombreuses pièces de la grande maison lui permettent ainsi de réserver à son héroïne quantité de surprises (objets anciens et secrets inavouables) tandis que l'insularité du cadre ajoute une sensation de captivité étouffante, de bête aux abois. 

Cécile campe une héroïne brussolienne classique. Complexe et complexée, elle manque de confiance et subit les évènements plus qu'elle ne les provoque. Sans être totalement dénuée d'initiative ou de tempérament, elle agit le plus souvent sous le coup de la peur ou par défi, sans mesurer les conséquences de ses actes. C'est d'ailleurs elle qui précipitera les évènements et sera cause de la catastrophe finale. 

A ses côtés nous découvrons une belle brochette de "freaks"qui viennent ajouter à une ambiance déjà pesante, leur présence grotesque ou menaçante : une diva déjantée, un médecin bossu et retors, une lesbienne masochiste, un clown décrépit, une attardée mentale et...un tamanoir ! 

Bref, un décor et des acteurs angoissants pour une intrigue placée sous le signe du camouflage. Car dans ce livre, chacun se cache, se dissimule, trompe son monde. Les victimes, contraintes de cacher leurs visages déformés sous des masques de porcelaine ou de dissimuler leur corps à l'agresseur (les taches d'encre de Frane ou la farine d'Amietta), mais surtout l'organisme tueur qui se livre à une partie de cache-cache diabolique, se tapit dans l'ombre, se fait ombre. 

Menace d'origine inconnue et dont la nature se précise au fur et à mesure des découvertes de Cécile (malédiction, virus extra terrestre, protoplasme agressif) cette "chose" constitue l'ingrédient le plus intéressant du livre et permet à l'auteur de nous concocter quelques scènes dantesques et surréalistes.

Fleuve Noir Anticipation 1987

 

8 mai 2013

LES CULBUTEURS DE L'ENFER - ROGER ZELAZNY

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A l'issu des "Trois jours" pendant lesquels l'apocalypse nucléaire s'est déchaînée sur la planète, les États-Unis ont été entièrement ravagés. Seuls deux îlots de civilisation subsistent encore : Boston et Los Angeles. Mais à Boston, une épidémie de peste s'est déclarée qui menace de décimer toute la population. Disposant d'un vaccin, les autorités de Los Angeles font partir un convoi à leur secours et recrutent pour l'occasion Hell Tanner, repris de justice mais pilote émérite. Ce dernier aura fort à faire pour se frayer un chemin à travers un pays dévasté, devenu la proie d'une faune mutante et de nombreux gangs de motards. 

A la lecture de ce livre on ne peut s’empêcher d’éprouver un sentiment de « déjà vu ».

Un univers post-apo, des hordes de malfrats, un homme seul chargé d’une mission a priori impossible, voilà qui n’est pas sans rappeler certains classiques du cinéma d’action. Quelque chose comme un croisement entre "Mad Max" et "New York 2017". Sauf que « Les culbuteurs de l’enfer » a été écrit à la fin des années soixante et par conséquent, s’il y a plagiat ou disons plutôt inspiration, c’est du côté du cinéma qu’il faut le rechercher.

Mais cela nous prive quand même du plaisir de la découverte et enlève au livre une part de l'originalité qu'il a pu avoir lors de sa sortie. Et puis, convenons-en, le récit est assez linéaire et se résume finalement à une folle équipée d’un bout à l’autre des States avec son lot de rencontres désagréables.

Heureusement, il y a le style de l’auteur. Simple, direct, très « parlé », il colle comme un gant à la personnalité de son héros, une espèce d'Hells Angels un peu déjanté mais au cœur d’or. Un passage du roman résume d’ailleurs parfaitement le personnage : « Je suis moi. Un ange. Je n’ai pas besoin de faire semblant d’être quoi que ce soit d’autre. S’il y a des gens à qui ma gueule ne revient pas, ils n’ont qu’à venir m’en parler ».

Et bien si mon pote, ta gueule me revient, et tu m’as fait passé un bon petit moment de lecture !

Jean-Claude Lattès - Titres SF - 1979

 

8 mai 2013

LA CENTRALE D'ENERGIE - JOHN BUCHAN

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Un concours de circonstances conduit un jeune avocat à soupçonner l'existence d'une organisation criminelle qui s'est donnée pour objectif de saper les fondements de la société. Avec l'aide d'un parlementaire et grâce à ses relations il va tout mettre en œuvre pour s'opposer au cerveau de la "centrale d'énergie" et sortir de ses griffes l'un de ses amis. 

Lorsque j'entame la lecture de ce roman, John Buchan ne m'est pas inconnu. De lui, j'ai déjà lu un bon récit d'aventures africaines (Le collier du prêtre Jean) et je le sais auteur des « 39 marches » dont l'adaptation cinématographique d'Alfred Hitchcock a fait la célébrité. Bref, deux bonnes raisons d'espérer une lecture plaisante d'autant que j'apprécie grandement cette catégorie d'écrivains que l'Angleterre a su produire au début du XXème siècle. 

Malheureusement, la meilleure des introductions n'est pas forcément gage de qualité et ce premier opus des aventures d'Edward Leithen est bien décevant. 

Il contient pourtant un certain nombre d'ingrédients qui, pour être classiques, n'en demeurent pas moins digne d'intérêts : une société secrète puissante et mystérieuse, un cerveau dénué de scrupules, des hommes de main prêts à tout, voilà qui promettait du fil à retordre à notre avocat justicier. 

Mais exception faite d'une tentative d'enlèvement et de manœuvres d'intimidations, l'intrigue est désespérément plate et l'adversaire ne semble pas à la hauteur. Finalement, cette centrale d'énergie, malgré des moyens humains et financiers évidents, ne fait peur qu'à l'auteur. 

Peut-être faut-il y voir les effets de la crainte qu'inspire à la "bonne société" de l'époque, les anarchistes et les communistes qui commencent à se faire entendre (le roman date de 1916). Ceci étant, et pour être tout à fait juste, je dois avouer que ce livre est très bien écrit et restitue à merveille l'atmosphère cultivée, élégante et feutrée de la "high society" londonnienne. 

Aussi me laisserais-je peut-être tenté par quelques autres aventures d'Edward Leithen en espérant qu'elles soient plus pimentées que celle-ci.

Editions NéO - Le Miroir Obscur - 1979

 

8 mai 2013

LES CAVERNES DE L'ID - L. P. DAVIES

untitledDans une petite bourgade de la campagne anglaise, Edward Garvey semble être possédé par l'esprit d'un personnage étrange. Sa nièce, un voisin et surtout son médecin unissent leurs efforts pour lui venir en aide et parviennent à "l'exorciser". Mais l’entité a tôt fait de prendre possession du corps d’un vagabond et entreprend d’accomplir sa destinée... 

L. P Davies nous démontre avec ce roman qu'il ne suffit pas d'avoir une bonne idée pour écrire un bon livre. Et pourtant, la sienne était particulièrement originale et aurait pu aboutir à quelque chose de grandiose. 

Imaginez le personnage principal d’un roman s'emparer du corps de son lecteur et tenter de réaliser « pour de vrai » l’intrigue de l’écrivain. Vous en conviendrez, il y avait là matière à quantité de bonnes choses ! 

Malheureusement l’auteur n’a pas su exploiter toutes les possibilités qui s’offraient à lui et s'est contenté de nous proposer une banale histoire de possession. 

Un petit exemple de son manque d'envergure : c’est tout juste si les héros envisagent un instant de mettre la main sur l’ouvrage pour prendre connaissance de l'intrigue du livre et savoir à quoi s’attendre ! 

Bref, de l'imagination, mais bien mal exploitée. Presque de la confiture aux cochons.

Le Masque SF - 1975

 

8 mai 2013

L'HEURE PERDUE - GUY CHARMASSON

untitledIl y a trois siècle, la folie des hommes a conduit la Terre vers un désastre écologique sans précédent. Devenus vecteurs de la peste jaune, les humains ont répandus la maladie partout sur la planète, détruisant toute forme de végétation. Alors, pour préserver les quelques îlots de verdure subsistants encore, ce qui restait de l'humanité s'est réfugié dans deux cités jumelles : Solon et Hadès.

Trois cents ans plus tard, les quelques milliers de solonais qui vivent encore ont perdus l'espoir de quitter un jour leur prison. Seul Renaud, alias "Quatre-vingt", espère encore et recherche dans les profondeurs de la cité la preuve d'un renouveau du règne végétal. Mais les dirigeants de Solon ne semblent pas prêts à le laisser faire...

 

Le hasard de mes acquisitions de "Fleuve Noir Anticipation" m'a fait découvrir ce nouvel auteur et son sympathique petit roman.

Son sujet n'est pourtant pas des plus original puisque l'idée d'une société coupée du monde après une catastrophe et maintenue dans l'ignorance du "dehors", n'est pas neuve et a déjà été exploitée avec plus ou moins de réussite ; "Malterre" de Hugues Douriaux ou "Quand ton cristal mourra" de William Nolan en sont de bons exemples. Mais cela n'empêche pas la version de Charmasson d'être bien plaisante, inventive et riche de détails.

Vous découvrirez dans cet univers clos une société oiseuse où le voyeurisme et le libertinage sont les passe-temps favoris de tout un peuple, vous frémirez en assistant à un procès où la population entière est à la fois juge et bourreau et, bien sûr, vous haïrez des dirigeants corrompus et jaloux de leurs privilèges (les O pour oligarques) et leurs miliciens brutaux (les Rouges).

Vous vous laisserez happer par une intrigue qui se développe tranquillement au gré de chapitres alternant narration à la troisième personne (les scènes d'action ou les passages descriptifs) et monologue intérieur lorsque c'est le point de vue du héros qui domine. Un héros travaillé en profondeur et qui s'étoffe au fur et à mesure que la force brute de Quatre-vingt (je vous laisse découvrir l'origine de son sobriquet) s'efface derrière la froide intelligence de Renaud.

Vous assisterez enfin à l'emballement final qui vous réserve moult révélations et rebondissements.

Vous l'aurez compris, "L'heure perdue" est un chouette roman qui compense son manque d'originalité par la qualité de son traitement.

Fleuve Noir Anticipation - 1986

8 mai 2013

OSE - PHILIP JOSE FARMER

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Sur Ose cohabitent plusieurs races douées d'intelligence dont les humains et les Horstels. Les premiers, lointains descendants des terriens, sont regroupés en cité-états rivales et s'adonnent principalement à une activité agricole. Les seconds, semblables aux hommes exception faite de la longue crinière qui prolonge leur chevelure le long de la colonne vertébrale et se termine en une queue majestueuse, forment des communautés pacifiques et travaillent à l'occasion avec les humains pour les travaux des champs.

Jack Cage, fils aîné d'un propriétaire terrien, prend conscience de l'amour qu'il éprouve pour R'li, une horstel qu'il connaît depuis l’enfance. Mais dans une société où l'attirance pour une horstel est punie de mort, il aura fort à faire pour surmonter les préjugés de sa famille et les lois de son peuple et devra prendre une part active dans le conflit qui opposera les différentes cités humaines. 


"Ose" est un mélange réussi de planet opera et de steampunk. Philip José Farmer nous y propose une histoire palpitante où l'intrigue va s'épaississant et où il est question de sociétés secrètes, de progrès techniques, d'espionnage et de trahison, le tout dans un univers baroque où même les dragons ont leur mot à dire.

L'ambiance XIXème siècle y est très bien rendue, que ce soit grâce au décor ou aux mentalités, et l'on a un peu l'impression de revivre les premiers temps des colons britanniques en Amérique et leurs relations tendues avec les autochtones. De fait, l'attitude des humains à l'égard des Horstel rappelle irrésistiblement le racisme et l'extermination dont furent victime les amérindiens.

Dans ces conditions particulières, l'amour qui unit Jack et R'li est un véritable plaidoyer en faveur de la tolérance qui n'est pas sans rappeler celui d'un autre roman de Farmer : "Les amants étrangers".

L'action est également bien présente et l'on ne s'ennuie pas un instant. Evasions, meurtres et combats en tout genre rythment l'histoire et l'on frémira à plus d'une reprise pour la sauvegarde de nos héros.

Finalement, le seul petit bémol que j'apporterais à ce commentaire plutôt élogieux à trait à la conclusion du bouquin. Je l'ai trouvée un peu précipitée et l'intervention d’humains d’une autre galaxie n’était, à mon sens, pas franchement nécessaire à l’intrigue.

J'ai Lu - 1975

 

 

8 mai 2013

LE SIECLE DE L'ETERNEL ETE - JAMES BLISH

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Alors qu'il travaille sur un télescope révolutionnaire, l'esprit de John Martels est propulsé en l'an 25000. Là, il se retrouve prisonnier du réceptacle contenant le cerveau de Qvant, mémoire vivante et quasi immortelle de l'humanité. Il apprend de celui-ci que la Terre est entrée dans une ère tropicale et surtout que les humains ont considérablement régressé, à tel point que les oiseaux sont sur le point de les supplanter en tant qu'espèce dominante. 

Seul peut-être, l'accès à un super ordinateur situé au pôle sud permettrait à Qvant d'enrayer cette évolution et à John de retourner à son époque. Les deux "cerveaux" s'introduisent donc dans l'esprit d'un homme primitif et entreprennent de rallier l'antarctique. Mais ils devront auparavant échapper à des nuées d'oiseaux et se disputer le "leadership" dans cette entreprise.


La quatrième de couverture de ce bouquin m'avait semblé annoncer un chouette petit roman de voyage dans le temps. Une histoire classique et sans prétention dans laquelle un homme moderne viendrait à l'aide d'aimables barbares grâce à son astuce et ses connaissances. 

Mais au lieu de centrer son récit sur la lutte pour la suprématie entre une humanité déclinante et des oiseaux qui s'éveillent à l'intelligence tout en conservant le meilleur de leur instinct, James Blish s'attarde sur la rivalité entre deux esprits humains. Il se perd dès lors en discussions sans fin, agrémentées de notions absconses qui alourdissent l'histoire au lieu de l'éclairer. 

Le seul moment où l'on vibre un peu concerne la capture de Martels par les oiseaux. L'action semble alors décoller. On découvre les vilains zoziaux, leur organisation sociale et l'on se prend à espérer que l'heure du combat ait sonné. Grave erreur ! 

A l'exception d'une rapide évasion et d'un voyage dans les airs, le récit retombe dans ses travers et le verbiage scientifique reprend de plus belle. Quant à la guerre ultime entre humains et volatiles elle sera expédiée en quelques courts paragraphes. 

Ce livre de James Blish est donc en tout point décevant exceptées quelques notes d'humour à propos de la discrimination dont sont victimes aux Etats-Unis, les noirs, les mexicains et les pauvres en général.

Albin Michel - Super Fiction - 1975

 

7 mai 2013

LE VENT DE NULLE PART - J. G. BALLARD

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Un vent violent, soufflant toujours dans la même direction et dont la vitesse croît chaque jour de 8 km/heure, balaye l’ensemble de la planète. Nous suivons, jour après jour, la croissance de la tempête et les déboires de quelques personnages cherchant selon les cas à accomplir leur mission ou à sauver leur peau… 

Le vent se lève… Il faut tenter de vivre. Cette citation de Paul Valery pourrait presque résumer ce roman de J. G. Ballard, le deuxième de sa tétralogie consacrée aux apocalypses.

Après le feu (Sécheresse) et avant l’eau (le monde englouti) et la terre (la forêt de cristal) c’est donc au vent que l’auteur a choisi de confronter l’humanité. Mais la confrontation tourne court et les éléments déchaînés ont tôt fait de mettre à genoux nos pauvres fourmis humaines qui en sont réduites à se réfugier sous terre.

L’intrigue de ce livre est incontestablement un peu mince. J’ai néanmoins apprécié les descriptions hallucinantes d’une Terre dévastée, lacérée, pelée par cette gigantesque tornade. Le seul petit reproche que je ferais à ce livre concerne sa fin, un peu trop abrupte à mon goût et ne donnant aucune idée de ce que sera l'après catastrophe. Mais il faut faire avec puisque Ballard s'intéresse surtout aux réactions d'humains confrontés à l'extraordinaire.

Juste pour l’anecdote, le personnage principal de ce livre se nomme Maitland comme dans « L’île de béton ».

Pocket SF - 1986

 

7 mai 2013

POUR PATRIE L'ESPACE - FRANCIS CARSAC

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Au cours d'une mission de routine, Tinkar lieutenant de l’armée impériale Terrienne, est contraint d’abandonner un vaisseau visiblement saboté. Dérivant dans l’espace, équipé de son seul scaphandre et bientôt privé d’air, il est recueilli in extremis par un "vaisseau-cité" du peuple des étoiles. Ces derniers sont les lointains descendants de savants ayant fuis les persécutions que leur faisait subir le gouvernement terrien. Aussi est-il accueilli plutôt froidement par l'équipage malgré la sympathie que lui témoigne le commandant. Pourtant, avec le temps et grâce à l’influence de trois jeunes femmes, Tinkar parviendra à se faire accepter comme l’un des leurs.


Sans conteste mon roman favori de Carsac et, en tout état de cause, un grand space opera. On y trouve en effet tout ce qui fait un bon roman du genre et même un peu plus. La description du mode de vie, des institutions et de l'histoire de ces voyageurs de l’espace est minutieuse et inventive. 

L'évolution des personnages à l'intérieur du vaisseau-monde est tout à fait crédible et c'est avec intérêt que nous les suivons le long des coursives, dans les cabines ou les espaces publics, le poste de commandement ou les lieux de culte. La menace d'une attaque des dangereux Mpfifis et, surtout, l'inimitié de tout un peuple à l'égard de Tinkar créent une ambiance tendue qui atteindra son paroxysme à l'occasion d'un duel et lors d'une véritable bataille spatiale. 

Enfin, les sentiments ne sont pas non plus absents de cette histoire et ce ne sont pas moins de trois jeunes et jolies damoiselles qui se disputeront les attentions de notre brave lieutenant. 

Mais par-dessus tout, ce roman brille par l’épaisseur de ses personnages et notamment celle de son héros. La lente métamorphose que subit Tinkar au contact de ses sauveurs est réellement passionnante. D’abord méfiant et encore trop imprégné par l’idéologie fascisante de son monde, il finira par reconnaître la valeur de la philosophie de ses hôtes. 

Il comprendra aussi que leur vision de la vie est plus évoluée que la sienne et surtout beaucoup plus tolérante. Et la tolérance, la largeur d’esprit, l’ouverture à autrui, c’est bien là le principal thème de ce roman !

Pocket SF - 1979

 

7 mai 2013

OTAGES DE LA NUIT - RICHARD MATHESON

untitledEllen et David Cooper ont loué une petite maison en bord de mer et espèrent mettre à profit leurs vacances pour faire le point sur leur couple. Mais ils ignorent qu’une ravissante jeune femme hante les lieux et qu’elle a la fâcheuse habitude de séduire tous les hommes qui passent à sa portée.  Très vite, David succombe à la tentation et ne parvient plus à s’affranchir de sa dépendance vis à vis d’elle. Mais qui est donc cette Marianna ? Une bombe sexuelle dépourvue de la moindre parcelle de moralité ou un succube se nourrissant de l’énergie de ses victimes ? 

J’aime assez la façon dont Richard Matheson aborde le thème du fantôme. Une approche plus psychologique que spectaculaire qui nous fait hésiter un temps avant de reconnaître la présence du surnaturel.

Ainsi, dans ce roman, l’esprit cartésien demeure longtemps indécis et partagé entre deux explications : pur esprit ou projection des fantasmes d’un quadragénaire, fantôme ou délire né d’un sentiment de culpabilité ?

Finalement, c’est l’auteur qui, délibérément, met fin au suspense pour nous brosser le portrait diabolique d’un esprit, certes désincarné, mais qui aspire à goutter encore aux plaisirs de la chair. Ces plaisirs sont d’ailleurs abondamment illustrés et donnent lieu à quelques scènes très chaudes et particulièrement explicites !

L’autre intérêt de ce roman réside dans la peinture très réaliste d’un couple au bord de la rupture. Tout y est : les aspirations différentes et parfois contraires d’un homme et d’une femme, les non-dits, les ressentiments et même les pathétiques tentatives de réconciliation sur l’oreiller.

Après « Echo », Matheson signe donc une nouvelle réussite dans le domaine du fantastique et des histoires de fantômes et de possession.

Denoël - Présence du Fantastiques - 1991

 

7 mai 2013

LES FURIES - KEITH ROBERTS

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Des essais nucléaires simultanés ont provoqué de terribles séismes qui ont bouleversé la surface de la Terre. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, des guêpes d’une taille et d’une férocité hors normes s’attaquent aux survivants de la catastrophe. A peine sortis des décombres de sa maison, Bill Sampson et son amie doivent donc faire preuve d’audace et d’ingéniosité pour leur échapper et rallier les secours.

Mais il leur faut bientôt se rendre à l’évidence : les guêpes constituent désormais la seule force organisée d’Angleterre et, sans doute, du monde. Fait prisonnier par ces insectes, puis interné dans un camp de travail, Bill parviendra à s’évader et, avec une poignée de compagnons, entrera en résistance face à l’envahisseur. 

Voici un bel exemple de roman catastrophe tel que les britanniques s’en sont fait une spécialité. Ici, Keith Roberts a la main lourde puisque ce sont deux calamités qui s’abattent sur ces concitoyens : une catastrophe naturelle (encore qu’un peu aidée par l’homme) et une invasion extra-terrestre.

Un schéma qui n’est pas sans rappeler « Le jour des Triffides » de John Wyndham, dans lequel les hommes étaient confrontés à un aveuglement général de la population et à une invasion extra-terrestre. C’est d’ailleurs cette conjonction des catastrophes qui explique dans l’un et l’autre cas, la rapidité avec laquelle la société s’effondre et se retrouve à la merci de ses assaillants.

Mais la comparaison s’arrête là car, si Wyndham s’attache très vite à nous décrire la façon dont les survivants se réorganisent et entament une lente reconstruction de leur monde, « Les furies » est davantage le récit d’une lutte. Ce côté « roman de guerre » est d’ailleurs particulièrement sensible dans la seconde moitié du livre où il est question de camps de prisonniers, de maquisards et de coups de mains.

J’ai beaucoup moins apprécié cette partie et l’aurait même trouvée bien terne n’eut été la richesse psychologique des personnages. Keith Roberts nous fait parfaitement ressentir l’état d’esprit qui les anime et les différentes phases par lesquelles ils passent. L’espoir né de leur évasion, l’euphorie des premières victoires, la tristesse liée à la mort d’un camarade ou l’accablement face à l’ampleur de la tache à accomplir, tout cela est décrit avec beaucoup de justesse et de sobriété. Et comme l’auteur a une jolie plume, cela donne lieu à de fort jolies pages qui compensent largement la faiblesse du dénouement.

Le Masque SF - 1979

 

 

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