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2 mars 2016

LE CYCLE DE TSCHAÏ - JACK VANCE

jl5796-2000

Le cycle de Tschaï est sans le moindre doute la plus connue et la plus emblématique des œuvres de Jack Vance, celle qui caractérise le mieux son univers et qui a fait de lui le maître incontesté du planet opera. Son intrigue est pourtant d’une grande simplicité puisque toute l’histoire repose sur la volonté d’un terrien échoué sur une planète inconnue, de trouver le moyen de retourner chez lui. Tout au long des quatre volumes qui composent ses aventures, Adam Reith cherche à mettre la main sur un vaisseau spatial capable de le ramener sur Terre. Ce faisant, il parcourt en tous sens la planète Tschaï et découvre les multiples races qui la peuplent. On le voit, il n'y a là rien de particulièrement fouillé et pourtant ses romans se dévorent en un rien de temps.

C’est que Jack Vance a du métier et sait varier ses effets. Chaque tome baigne dans une ambiance différente, médiévale pour le Chasch (caravanes commerciales, despotes régnant sur une citadelle, culte mortifère), renaissance italienne dans le Wankh (pirates, guildes d’assassins, duels) et enfin plutôt XIXème siècle, genre ruée vers l’or, pour le Dirdir. Cela lui permet d’éviter des situations par trop semblables et empêche la monotonie de s’installer. Et puis soyons honnêtes, il se passe quand même pas mal de choses. En compagnie de notre héros, nous voyageons sur mer, dans les airs et sous terre ; il y a des batailles, une chasse au trésor, des jeux du cirque et bien d'autres scènes d'action.


Mais surtout il y a son talent de créateur d’univers. L’imagination de Jack Vance est stupéfiante lorsqu’il s’agit d’inventer de toutes pièces des sociétés originales et de concevoir leur organisation et  leurs particularismes dans les moindres détails.  Il nous emmène ainsi dans la steppe du Kotan où vivent les Kruthes dont le rôle, le rang et le comportement sont définis en fonction de l’emblème qu’ils portent sur leur casque ; il nous fait débarquer à Vervodeï  en ce pays de Cath où les habitants disposent de plusieurs noms qu’ils utilisent en fonction des circonstances, nous assistons aussi aux étranges pratiques sexuelles des khors, nous baguenaudons dans Urmank la ville dédiée aux jeux d’argent et partons même à la pêche aux sequins dans les redoutables Carabas où les Dirdir chassent le gibier humain… C’est un véritable melting pot de races et de peuples, un gigantesque brassage de cultures et de traditions, un continuel mélange de modernisme et d’archaïsme.

Le très grand nombre de personnages qui peuplent ces romans compte aussi pour beaucoup dans la qualité du récit. Je passerai rapidement  sur Adam Reith qui campe un héros particulièrement monolithique, parfait représentant de cette Amérique des années soixante sûre d’elle et qui ne dévie jamais de l’objectif qu’elle s’est fixé.  Ses compagnons sont heureusement beaucoup plus nuancés et par là même plus attrayants. On voit leur personnalité évoluer au fil des romans et des expériences vécues. C’est ainsi un plaisir que de voir Zap 210 faire l’expérience de sa féminité et découvrir la sexualité ou d'assister aux changements qui s’opèrent chez Traz Onmale qui passe de l’état de barbare un peu fruste à celui de jeune homme à l’aise dans un monde moderne, sans oublier bien sûr la mauvaise foi de Anke at afram Anacho.

Mais il y a aussi quantité de seconds rôles qui apportent de l’épaisseur à l’histoire et font vivre tous ces lieux enchanteurs. J’ai ainsi pris plaisir à détester l’abominable Aïla Woudiver qui jouera plus d’un mauvais tour à notre héros ou à m’agacer du mercantilisme de Zarfo Detwiler le sympathique mais ô combien intéressé technicien lokhar. Je pense encore à Ylin-Ylan, la fleur de Cath qui sombrera dans la folie de l’Awaile, à son compatriote Dordolio Or et Cornaline le gandin insupportablement arrogant, à Baojian, à Artilo, à Cauch et tant d’autres.

Alors, si d’aucun hésitent encore à se lancer à l’assaut de ces quatre volumes, qu’ils se rassurent, le temps passe bien vite en compagnie d’Adam et de ses compagnons. Beaucoup trop vite !

J'ai Lu

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Commentaires
P
Qu'est ce qu'il raconte ? Qu'est ce que je viens faire là ? ....Quel guignol!!! :(
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F
Lu il y a très longtemps. J'avais beaucoup aimé et j'ai, sur ma liseuse, un gros paquet de romans de Vance... <br /> <br /> Il faut à tout prix que je trouve le moyen de vivre 500 ans de plus pour pouvoir lire ma PAL papier et électronique... ou, tout au moins aussi longtemps que Suisse 24, mais c'est de la science fiction... :(
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F
Yessss !!!<br /> <br /> <br /> <br /> Encore une fois, tu parles remarquablement de cette merveille qu'est le cycle de Tschaï. Tu te doutes que ce n'est pas pour rien que mon "espace à gribouiller" s'appelle 4269 de la Carène. Adam Reith c'est mon Ulysse, mon Bob Morane à moi, le héros de ma jeunesse, et je suis resté raide dingue de Zap-210 ! C'est bien simple, à force de lire et relire ce livre durant des décennies, je suis parvenu à m'envoyer la version rosbeef ; Planet of Adventure. Ça commence comm' ça :<br /> <br /> To one side of the Explorator IV flared a dim and ageing star, Carina 4269; to the other hung a single planet, grey-brown under a heavy blanket of atmosphere...<br /> <br /> <br /> <br /> Le Père Jack Vance est le confesseur de mes nuits blanches depuis longtemps, et à ton exemple, je ne saurais trop recommander aux aficionados de ton blog de lire et relire ce maître de la SF baroque et picaresque. <br /> <br /> <br /> <br /> Merci à toi Lek-76, que Az et Traz veuillent sur toi et les tiens.<br /> <br /> <br /> <br /> Fils@Cugel
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FLEUVE NOIR
fl no
ANTICIPATION

 

 

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  • Blog consacré à mes lectures dans les domaines de la fantasy, du fantastique et de la science fiction. Mais comme je ne suis pas sectaire et que mes goût sont assez éclectiques, il n'est pas exclu que j'y parle aussi d'un bon polar ou d'un essai.
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