untitledLa neuvième compagnie, une troupe musicle originaire de la lointaine planète Llaru, achève à peine une tournée triomphale sur Terre que, déjà, des voix s'élèvent pour crier à l'imposture. Il est vrai qu'à première vue rien ne les distingue du commun des terriens et leur qualité d'extra terrestre est donc sujette à caution. Pour ne rien arranger, ils disparaissent comme par enchantement, laissant Dame Isabel Grayce, la secrétaire de la ligue de l'opéra, en plein désarroi. Celle-ci décide alors d'organiser une grande tournée à destination de Llaru afin de déterminer si les autres races sont également sensible à la musique et surtout, faire la lumière sur la mystérieuse 9ème compagnie.

Outre l'équipage, un orchestre au grand complet et une troupe de chanteurs, elle se fait accompagner de Bernard Bickel un musicologue averti, de son neveu Roger, un charmant dilettante et surtout d’Adolph Gondar pilote d’astronef et impresario de la fameuse compagnie. Dans le même temps, Madoc Roswyn, belle et mystérieuse jeune femme, cherche par tous les moyens à rallier l'expédition...


Si Jack vance est un fantastique créateur d'univers, il sait aussi manier l'humour. La preuve avec ce roman dont rien que le titre annonce la couleur. Car de "space opéra" il sera bel et bien question, au propre comme au figuré ! Mais entendons nous bien. L'humour de Vance est léger. Pas question pour lui de nous servir une grosse farce ou une comédie burlesque et c'est plutôt sur le mode ironique qu'il nous conte les mésaventures de sa troupe de mélomanes.

La cible de ses moqueries ? L'élitisme d'une certaine partie de la société. Celle qui a des idées préconçues sur toutes choses. Celle qui pense que seules les classes sociales les plus "élevées" sont à même d'apprécier l'opéra, que les autres formes de musique ne présentent pas le moindre intérêt ou que les malfaiteurs ont nécessairement un faciès de brute.

Mais cette élite, dont Dame Isabel Grayce est le prototype absolu, en sera pour ses frais. Chacune de ses confrontations avec les races extra-terrestres qu'elle rencontre au cours de son périple fera ressortir le ridicule de sa position : les "striades" les prennent pour des représentants de commerce essayant de placer leurs instruments, un dirigeant des "aquatiques" juge leur musique indigne d'être jouée et les habitants de Rlaru, musiciens accomplis, leur préfèrent le jazz improvisé par les membres de l'équipage !

Côté suspense, action ou aventure, peu de chose à se mettre sous la dent et c'est à peine si l'attitude étrange de Madoc Roswyn puis d'Adolph Gondar éveillent notre intérêt.

En revanche, la profondeur des personnages (le flegmatique Roger, l'inébranlable Dame Isabel...), la richesse des descriptions et l'humour des dialogues nous font passer un agréable moment.

Roman finalement bien classique pour qui connaît l'auteur et sans doute même mineur si on le compare à ses grands cycles, "Space opera" permet néanmoins à Monsieur Vance d'enrichir sa palette de personnages et de planètes. On ne s'en plaindra pas.

Pocket SF -1983