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Contraint de se réfugier dans le mausolée de Lénine pour échapper à la police, un voleur conçoit le surprenant projet de subtiliser la tête de l’illustre personnage. Son méfait va engendrer une succession d’évènements cocasses et dramatiques et agiter le régime des soviets jusqu’au sommet de l’état. 

Savez-vous ce qu’est un Samizdat ? Non. Et bien moi, si. Depuis deux jours. Depuis que j’ai lu « La tête de Lénine », une nouvelle de Nicolas Bokov écrite en 1970 et diffusée sous le manteau en union soviétique. Ah ! Vous commencez à avoir une petite idée de la chose. Alors autant abréger votre attente. Les samidzats étaient ces textes écrit par les dissidents à l’époque du rideau de fer, reproduits avec les moyens du bord et distribués clandestinement. Le but était donc clairement de critiquer le régime soviétique et ses dérives totalitaires.

Et c’est précisément ce que fait Nicolas Bokov. Avec beaucoup d’humour et toutes les apparences du non-sens, il nous conte les mésaventures d’un pickpocket dans la Russie de Krouchtchev ou de Brejnev. Mais ce qui ressemble au délire d’un junkie sous acide n’est qu’à peine exagéré : le culte du héros, les épurations (fosses communes), le gouvernement par la terreur (les suicides des officiers ayant échoués), les rivalités au sein de l’armée (l’antagonisme entre Biglov et Sourdinguov), tout cela a bel et bien existé. La réalité a largement dépassé la fiction et la grosse farce dissimule à peine une critique extrêmement corrosive d’un système basé sur le mensonge, la manipulation et la répression.

Libretto - 2019