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Je ne sais plus trop à quand cela remonte mais je me souviens que lorsque j’ai appris que le système solaire ne constituait qu’une infime partie de la constellation de la voie lactée et qu’elle-même était ridiculement petite à l’échelle d’un univers peuplé de milliards d’étoiles, je fus saisi d’une impression de vertige. Comment en effet concevoir l’inconcevable ? Comment imaginer que notre monde n’est qu’une particule insignifiante du « grand tout » et que d’autres espèces intelligentes existent très vraisemblablement et se posent peut-être en ce moment les mêmes questions que nous ? Cet univers où se heurtent et se croisent en un fantastique pandemonium les planètes les plus invraisemblables, David Fossé nous le présente en se référant aux découvertes les plus récentes.

Il le fait avec beaucoup de méthode en prenant les choses par le début. Nous découvrons donc tout d’abord comment sont repérées ces fameuses exoplanètes (planètes situées dans d’autres systèmes solaires) et de quelles manières elles se forment. On apprend à cette occasion qu’elles migrent ou s’évaporent, qu’elles sont orphelines ou possèdent deux ou trois soleils et que certaines sont alignées quand d’autres peuvent être éjectées. L’auteur évoque ensuite l’aspect qu’elles peuvent revêtir (gazeuses ou rocheuses, métalliques ou couvertes d’un seul et gigantesque océan) et la possibilité que certaines puissent abriter la vie. Il nous explique notamment comment on détermine la « zone habitable », c’est-à-dire à qu’elle distance de son étoile une planète doit se situer pour être dotée d’eau et n’être ni congelée, ni grillée. Il s’interroge enfin sur la possibilité d’entrer en contact avec une civilisation extra-terrestre, nous rappelant que quelques tentatives en ce sens ont déjà eu lieu et nous dit même quelques mots du célèbre Paradoxe de Fermi.

J’ai parfois regretté de n’avoir pas été plus attentif lors de mes cours de physique et de chimie car certaines notions évoquées par l’auteur ainsi que certaines de ses démonstrations me sont un peu passées au-dessus de la tête. Néanmoins, je suis dans l’ensemble parvenu à suivre son propos grâce notamment aux nombreux croquis et schémas qui viennent expliciter certaines théories. Il y a aussi de nombreux apartés qui illustrent d’autres aspects de ce domaine passionnant : l’astronomie participative, la façon de nommer une exoplanète, les lunes du système solaire… Et puis il y a les superbes illustrations de Manchu qui viennent souligner son propos et donner de la matière à ses hypothèses.

Une chose reste en tout cas certaine, toutes ces tentatives de deviner à quoi ressemblent exactement les quelques 3800 exoplanètes découvertes à ce jour, resteront limitées en raison d’une part des outils dont nous disposons pour le moment mais surtout parce que nous les imaginons en fonction de schémas propres à notre système solaire. Il y a donc fort à parier qu’en la matière comme en beaucoup d’autre, la réalité dépasse la science-fiction !

Belin - 2018