9782253013464-T

Abandonné au beau milieu des champs, d'où son surnom, le petit François est recueilli par la Zabelle, une vieille paysanne démunie. Tous deux sont hébergés dans une vieille masure appartenant à Cadet Blanchet un meunier peu sympathique. Ils peuvent heureusement compter sur la générosité et le dévouement de son épouse Madeleine qui ne ménage ni ses efforts ni sa tendresse pour élever au mieux le petit François. En grandissant, l'enfant trouvé va vouer un amour inconditionnel à sa presque mère...

Je n’avais encore jamais lu de livre de George Sand et ne connaissait son œuvre qu’au travers des adaptations pour le petit écran des plus connus de ses romans champêtres, « La mare au diable », « La petite Fadette » ou « Les maîtres sonneurs ». « François le Champi » appartient lui aussi à cette série d’histoires régionalistes par lesquelles elle a rendu une sorte d’hommage à son Berry tant aimé.

Elle a cherché au travers de ces textes à composer des récits qui garderaient la fraîcheur et l’authenticité d’un conte campagnard tout en étant accessibles à l’ensemble de ses lecteurs. Elle s’est donc attachée à gommer le plus possible la rudesse du parler berrichon tout en conservant une grande simplicité de style et de nombreux emprunts au patois local. Cela donne à son roman la couleur d’un fabliau raconté au coin du feu, un soir de veillée. C’est d’ailleurs ainsi qu’elle présente son roman dans l’avant-propos : la simple retranscription d’une histoire contée par un chanvreur et la servante du curé.

Outre la fraîcheur de son thème et de son écriture, on retrouve dans ce livre ses idées libérales. Elle y dénonce notamment les a priori et la médisance populaire qui veulent qu’un enfant trouvé soit mauvais par nature. Ce faisant elle démontre que la valeur et les qualités de cœur n’ont rien à voir avec la position sociale et que, à l’instar du bon sauvage de Rousseau, le paysan vaut souvent bien mieux que le citadin.

Pour autant le grand thème du roman reste l’amour. Amour maternel et filial mais aussi amour charnel par-delà la différence de condition et la différence d’âge. On reconnaît là encore les idées d’ouvertures et de tolérance de l’auteur, son affranchissement des conventions sociales de l’époque et sa volonté de vivre pleinement sa vie de femme émancipée.

Le livre de Poche - Classiques