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Les neuf nouvelles qui composent ce recueil nous montrent un Vance différent du créateur d’univers chatoyants dont on a l’habitude. La SF pure et dure y cède souvent la place à une atmosphère d’ordre fantastique où lutins, dieux et manifestations surnaturelles viennent compliquer la vie des personnages. Ces derniers diffèrent aussi  de ceux que l’auteur a coutume de mettre en scène. Ils subissent davantage les évènements et leurs aventures prennent souvent un tour dramatique. Pour autant tous ces textes portent la patte du grand auteur américain et l’humour, même caustique, n’est jamais bien loin.

« Le retour des hommes «  est un récit assez abscons dans lequel j’ai eu du mal à entrer. Il y est question d’évolution et d’adaptation à son milieu mais à aucun moment l’histoire ne parvient à happer le lecteur. Sans intérêt.

« Magie verte » nous plonge dans un fantastique à l’ancienne. Un sorcier est à la recherche d’une forme de magie inconnue de lui. A force de volonté et d’études il parvient à se l’approprier. En sera-t-il plus heureux pour autant ?

Comme la première nouvelle du recueil, « La Terre étroite » nous parle d’évolution. L’histoire de Ern, c’est un peu celle de l’humanité ramenée à la vie d’un homme. D’un humanoïde plutôt qui, s’étant extrait de l’univers aquatique de son enfance, fait l’apprentissage de la vie terrestre et accède aux prémices de la civilisation. Un chemin qui ne se fera pas sans heurts ni confrontations avec ses semblables.

« Le penseur de mondes » mélange SF, fantastique et fantasy. Jack Vance joue tour à tour avec ces trois genres dont il utilise les codes et les conventions. Un récit rondement mené qui se conclu sur une sympathique touche d’humour.

« Des sardines douteuses » met en scène le personnage de Magnus Ridolph auquel les éditions Pocket SF ont déjà consacré un recueil tout à fait réussi. On retrouve avec plaisir ce héros roublard aux méthodes peu conventionnelles dans une histoire d’arnaque commerciale.

« Le temple de Han » nous rapporte la confrontation entre un aventurier américain et un puissant dieu. Ce récit démontre aussi qu’astuce et détermination valent plus que force et assurance.

« Le bruit » est une nouvelle baignant dans une douce mélancolie. Un naufragé de l’espace aborde une planète qui semble inhabitée. Le robinson de l’espace est bientôt la proie de visions étranges. Forme de vie extraterrestre, réminiscences du passé ou folie ?

« L’arche d’Alfred » n’a rien à voir avec les littératures de l’imaginaire. Il s’agit surtout pour l’auteur de se moquer des faux prophètes tout en montrant les mauvais côtés de la nature humaine.

Il faut donc attendre la toute dernière nouvelle du recueil pour retrouver un récit typiquement Vancéen .

« Fils de l’arbre » nous propose une histoire trépidante et dépaysante où il est question de politique, de diplomatie et d’espionnage. Grâce à sa centaine de pages, l’auteur a pu construire une société fouillée, développer des personnages complexes et initier une intrigue relativement aboutie. Il y a de l’action, un peu de sentiments et pas mal d’humour. Il y a surtout cette superbe description de la civilisation des druides, mélange de théocratie et de féodalité  poussée à l’extrême.

Pocket - Science-Fantasy - 1992