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Lorsqu’il se rend compte que son amie Gaya est tombée sous la coupe de trafiquants de drogue, Francis Deacon entreprend de la tirer d’affaire. Il va trouver face à lui des femmes particulièrement coriaces. 

Boris Vian est un artiste adulé par des générations d’adolescents pour ses romans décalés tels que « L’écume des jours » et « L’arrache-cœur ». Pour ma part, je n’ai lu que « L’automne à Pékin » et, le moins que je puisse dire, c’est que la rencontre ne s’est pas faite. J’avais alors une petite vingtaine d’années. Trente ans sont passés depuis et je me suis dit qu’il était peut-être temps de lui donner une nouvelle chance. Et c’est ce que j’ai fait avec l’un de ses polars publiés sous le pseudo de Vernon Sullivan.

S’il eut à l’époque quelques problèmes avec la censure, je pense qu’il aurait aujourd’hui des soucis à se faire du côté des ayatollahs du politiquement correct. Le roman est en effet truffé de remarques machistes et homophobes. Mais il faut replacer le bouquin dans son contexte et se rappeler qu’il date de la fin des années quarante. Les mentalités n’étaient pas les mêmes et le regard porté sur les femmes et les homosexuels a depuis, et c’est heureux, largement changé. Et puis on signalera à sa décharge que les femmes sont très présentes dans cette histoire qui met en scène, et ce n’était alors pas si fréquent, un gang de femmes.

Pour le reste, on est en présence d’un roman noir tout à fait classique mais traité sur le mode comique. Une sorte de bon gros pastiche avec ce qu’il faut de filatures, de fusillades, de malfrats et de pépées en détresse. Le rythme est trépidant. On n’a vraiment pas le temps de s’ennuyer et les impressions et reparties du héros/narrateur apportent au récit  une note de gaieté et d’humour qui lui va bien.

Le livre de Poche - 2000