jl0649-1976

Joanna Eberhart, son mari et leurs deux enfants ont quitté New-York pour s’installer à Stepford, une petite commune du Connecticut. Femme active et photographe semi-professionnelle, elle est très vite intriguée par l’attitude de ses concitoyennes qui semblent n’avoir d’autre centre d’intérêt que les tâches ménagères. Les premières investigations à laquelle elle se livre la conduisent à s’intéresser au mystérieux Club des hommes où tous les époux de Stepford passent leurs soirées. Et notamment le sien…

J’ai littéralement dévoré ce petit roman d’Ira Levin. L’extrême fluidité de son style, la simplicité de sa prose facilitent il est vrai la lecture mais une chose est certaine, une fois commencé, il est bien difficile de le lâcher. On est immédiatement happé par l'histoire de cette jeune femme qui se rend compte que la petite bourgade dans laquelle elle vient d'emménager dissimule une bonne grosse saloperie derrière ses façades rutilantes et ses pelouses impeccables. Ira Levin gère parfaitement la montée en puissance de son intrigue. La tension grimpe lentement à mesure que les doutes de Joanna se transforment en certitudes et qu’elle soupçonne les hommes de la petite bourgade de transformer leurs épouses en femmes dociles et parfaites ménagères.

Tout commence par la surprise de la citadine confrontée à l’ambiance « provinciale » de son nouvel environnement, au manque de dynamisme de la communauté et à la passivité de ses voisines. Puis vient le temps des premières interrogations et des réflexions échangées avec les dernières arrivées. Quelques soupçons se font jour, des idées sont échangées et des théories élaborées. Enfin, lorsqu’un changement radical s’opère chez l’une d’entre elles, c’est la peur qui s’installe, l’envie de fuir et enfin la nécessité d’enquêter et de contre-attaquer…

On pourra certes trouver que ce roman constitue une critique un peu facile de la place des femmes dans la société américaine. Mais dans les années soixante-dix (le roman date de 1972) tout restait encore à faire en matière de libération de la femme et la satire, pour grossière qu’elle soit, fait indiscutablement mouche. Certains seront peut-être aussi déçus par une fin un peu abrupte et relativement attendue même si l'on espère jusqu'au bout qu'il en ira différemment. Elle n’en est pas moins glaçante dans sa simplicité et dans ses implications.

Pour ma part, ce qui m’a le plus gêné est l’absence d’explication concernant les motivations des hommes. Trouvent-ils leurs femmes trop émancipées, se sentent-ils menacés par le rôle grandissant qu’elles entendent jouer dans la société, ont-ils un projet à plus grande échelle ? Ces questions resteront sans réponses. Dommage.

J'ai Lu - Science-Fiction - 1976