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Gérard de Chanois est un propriétaire terrien qui vit confortablement de ses rentes dans son château provincial. Bien que déjà âgé, il n’a pas encore renoncé aux choses de l’amour et se laisse aller de temps à autre à quelques privautés sur sa femme de chambre. Aussi, lorsque la ravissante nièce de son intendant vient passer quelques jours dans sa vieille demeure, il tombe immédiatement sous le charme de la jeune femme au point de faire siennes toutes ses lubies. La jolie Liliane est en effet persuadée d’avoir trouvé dans la chapelle castrale le tombeau de Joseph Balsamo. Depuis, elle croit être guidée par le célèbre alchimiste dans la réalisation du Grand œuvre.  

Deuxième volume de Dominique Arly paru au Fleuve Noir Angoisse, « Comme un sépulcre blanchi » a beaucoup de point commun avec « Les revenantes » qui le précédait de quelques mois seulement au catalogue de la collection à la tête de mort. Les deux romans partagent en effet le même décor (une vieille demeure médiévale dans une petite bourgade provinciale), la même ambiance (un quasi huis-clos dans ledit château) et un même procédé narratif (la confession du principal protagoniste de l’histoire).

Quant à l’intrigue, elle semble presque calquée sur celle des « Revenantes » puisqu’il s’agit là encore d’une histoire de manipulation mentale sur fonds de manifestations surnaturelles et d’évocation d’esprits. Après Barbe bleue et Gilles de Rais, c’est cette fois le fantôme du célèbre comte de Cagliostro qui est appelé à la rescousse. On est donc plongé dans l’univers du célèbre aventurier et on enchaine allègrement les séances de spiritisme et de possession démoniaque. Toute la panoplie de l’apprenti alchimiste est également de la partie avec moult vieux grimoires, athanor et plomb changé en or… et vice versa. Car les expériences de Gérard de Chanois et de ses compagnons vont avoir une fâcheuse tendance à échouer et les réserves de métal précieux du vieux hobereau à fondre comme neige au soleil.

A ce point du récit vous vous direz sans doute que le pauvre homme est en train de se faire plumer par deux arsouilles. Peut-être ? Mais sachez tout de même que le roman se termine sur une jolie pirouette et que, comme dans la fable, tel est pris qui croyait prendre. Le lecteur le premier qui, sûr de lui, commençait à penser que l’auteur était en panne d’imagination. Bien joué monsieur Arly !

Fleuve Noir Angoisse - 1966