17498667_1145903862202594_1452966623969257828_n

Clotide et Vanessa viennent d’emménager dans une vieille ferme des Ardennes où elles rêvent d’ouvrir un lieu de culture alternative, un endroit qui leur corresponde, indépendant et atypique. Mais deux jolies nanas seules dans un coin paumé ça suscite forcément des interrogations… et des envies. 

A la lecture du pitch de ce 19ème opus des éditions Trash, je m’attendais à un roman gore on ne peut plus classique, mettant en scène des citadins confrontés à des culs-terreux arriérés façon « Délivrance ». Ce en quoi je ne m’étais guère trompé même s’il me faut avouer que l’auteur est parvenu à me surprendre en détournant légèrement les codes de ce genre de littérature.

Il faut d’abord souligner le fait que Crazy Farmer (un pseudo de circonstance) n’est pas tombé dans l’excès. Si certains passages sont particulièrement éprouvants, le nombre de scènes de violence demeure finalement assez limité. Six morts en tout et pour tout, ce n’est vraiment pas beaucoup pour les amateurs d’hémoglobine. Idem côté sexe puisque, excepté quelques attouchements saphiques, on ne dénombre qu’une malheureuse scène de cul, deux si l’on compte les amours zoophiles de l’un des personnages ! Cela n’empêche toutefois pas « Carnage » de nous fournir quelques séquences bien cracra et très « visuelles » dont un dépeçage en règle réalisée par les deux charmantes héroïnes en tenue d’Eve.

C’est d’ailleurs la façon dont l’auteur utilise ces jolies demoiselles qui donne au récit toute son originalité. Dans le roman gore, les femmes jouent la plupart du temps le rôle de victimes et la violence, la perversion ou la domination y sont presque toujours l’apanage des hommes. Ici, c’est exactement le contraire puisque, perversité mise à part, tous les meurtres sont à imputer à Clotilde ou Vanessa. Renversement de point de vue ? Girl power ? Pas vraiment car si nos deux lesbiennes deviennent meurtrières, c’est à leur corps défendant et pour tout dire un peu par hasard. 

Les circonstances de leurs premiers assassinats sont même carrément burlesques et je dois dire que c’est un ton que j’aurais aimé voir perdurer. Mais cet humour décalé reflue très vite pour se réfugier presque exclusivement dans les titres des chapitres ou dans les monologues intérieurs d’un abruti consanguin. C’est peu mais néanmoins suffisant pour faire de « Carnage » un gore rondement mené qui remplit pleinement son rôle : deux heures d’une lecture bien sympa.

Trash Editions - 2016