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Après un siècle de guerre contre l'empire de Tehlan, Vonia peut enfin croire à l'avènement de la paix. Le roi Illert a épousé Elka la fille de son ancien ennemi et tous deux s’apprêtent à gouverner le puissant royaume. Hélas le souverain sombre dans la folie laissant à sa jeune épouse les rênes du pouvoir. Ses puissants vassaux se sentent alors pousser des ailes et commencent à contester son autorité…  

Avec ses sept volumes et ses presque deux mille pages, « Les chroniques de Vonia » s’annonçaient comme une bonne grosse saga de fantasy pleine de bruit et de fureur. De ce seul point de vue, il me faut avouer ne pas avoir été déçu. Beaucoup de personnages, de villes et de contrées, des duels et des combats en veux-tu en voilà, de la magie blanche ou noire bref, on n’est pas volé question quantité. Pour ce qui est de la qualité en revanche, c’est une autre affaire.

Tout d’abord le roman de Douriaux est beaucoup trop manichéen. Seul le personnage d’Elka, partagée entre sa passion pour Khor Varik et son amour du pouvoir, est véritablement digne d’intérêt. Les autres se contentent de faire (en bien ou en mal) ce que l’on attend d’eux et, à de très rares exceptions près, ne nous surprennent jamais. Et c’est bien dommage car avec des vassaux se retournant contre leur suzerain, un chambellan qui complote contre sa reine, un héritier qui convoite le trône de son père, des barbares et une guerre de religion, il avait matière à nous concocter quelque chose comme un « Game of Thrones » à la française.  

Hélas, malgré un gros travail sur le background (coutumes, lieux, religions, histoire...) et la volonté de n'épargner aucun personnage, l'histoire ne décolle jamais vraiment. L'intrigue demeure convenue et, pire encore, tout semble écrit d'avance puisque les humains ne sont apparemment que les pions d'un jeu conçu par les dieux.

L'autre aspect du roman qui m'a un tantinet gêné est l'activité sexuelle débridée des personnages. Je ne pense pas être particulièrement prude mais en matière de littérature, je n’apprécie le sexe (ou la violence) que s’il est mis au service de l’intrigue. Or, dans la saga de Douriaux, c’est presque le contraire. Le nombre de scène de cul est tel qu’on a l’impression que l’histoire n’a été conçue que pour lui permettre de décrire les ébats amoureux de ses personnages. Le monsieur a certes une imagination fertile en la matière mais à raison d'une galipette par chapitre on finit tout de même par se lasser de la chose.  

Il semble d’ailleurs s’en être rendu compte puisqu’il fait dire à l’une de ses héroïnes : « Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais qu’est-ce que ça compte, le sexe, dans cette histoire ! Vous imaginez, non ? Bâtir des intrigues à partir des poils de cul des reines ? ». Il ne se prend dès lors plus beaucoup au sérieux et le dernier tome de sa saga prend des allures de parodie. Il s’y moque de sa propre intrigue, soulignant ce qu’elle peut avoir de ridicule et termine son histoire sur une note joyeusement farfelue. 

Fleuve Noir Anticipation - 1990