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Le petit Lindbergh vit avec ses parents dans une zone pavillonnaire proprette avec de jolies maisons et de charmants voisins. Il y a là Monsieur Barclay le banquier, Monsieur Barre le maître nageur, la jolie Madame Domenico qui l'aide à faire ses devoirs et son mari, jaloux comme un poux. Un vrai petit coin de paradis qui ronronne dans la torpeur et le soleil jusqu'à ce que deux spécialistes en insectes xylophages viennent troubler le calme de l'été et faire découvrir à Lindbergh les turpitudes des adultes.

Pris au piège est un roman qui se dévore en un rien de temps. Il est vrai que sa petite centaine de pages écrites en gros caractères contribue largement à une lecture rapide. Mais c'est surtout son ton drôle et naïvement cruel qui donnent envie de l'avaler d'une traite.

Le récit à la première personne est celui d'un enfant de onze ans. Le vocabulaire employé est donc simple et les phrases courtes. Le gamin se contente de décrire ce qu'il voit et entend avec ses mots, sans faire de commentaires, sans analyser la situation. Coincé dans le grenier de ses voisins il n'est d'ailleurs qu'un témoin indirect et ne comprend sans doute même pas le sens de la scène qui se joue à quelques pas de lui. L'analyse, c'est au lecteur de la faire. C'est à lui de donner un sens aux faits décrits, de les « traduire » et d'en tirer une conclusion. En l'occurrence une histoire tristement banale de violence conjugale.

Mais comme je le disais plus haut, le récit est empreint d'une constante bonne humeur qui lui évite de sombrer dans le pathos. Les apparitions récurrentes des pseudo spécialistes nous donne quelques scènes savoureuses qui permettent de faire retomber la tension. Elles auront néanmoins permis d'entrouvrir la porte des coquets pavillons et d'en dévoiler les secrets. Le petit Lindbergh y aura perdu une partie de son innocence.

Les Editions de Minuit - 2005