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Henriette et Louise sont les plus attachantes des petites pensionnaires de l'orphelinat des Glycines. Aveugles de naissance, les deux jeunes filles sont en effet aussi jolies qu'obéissantes. Raison pour laquelle le Docteur Dennery, ophtalmologue réputé venu les examiner, décide de les adopter. Mais ce que le bon docteur ignore, c'est que ses protégées ne sont pas si aveugles que çà et qu'à la nuit tombée, les charmantes enfants se transforment en furies de la pire espèce. 

Je connaissais Jean Rollin, réalisateur. Je le découvre aujourd'hui écrivain. Soyons clairs, cinéma ou littérature, ses œuvres sont à classer dans la catégorie des bons gros nanars horrifiques. Mais si ses films à petits budgets possèdent une certaine esthétique, une recherche constante de la belle image grâce notamment aux lieux choisis (le Père Lachaise, la plage de Pourville...), son livre en est totalement dénué.

Avec un style narratif extrêmement pauvre et répétitif, il peine à susciter cette atmosphère étrange et saugrenue dont ses films sont empreints. Les sorties nocturnes de ses deux héroïnes son toutes plus ou moins identiques et il utilise trop souvent les mêmes effets de langage. Ainsi la phrase « Tac tac tac tac... font les deux cannes blanches » revient à quatorze reprise (oui, oui, je les ai comptées), ce qui est tout de même beaucoup pour un roman de 180 pages.

Que dire aussi de ces drôles de vampires que la lumière du jour a pour seul effet de rendre aveugles et qui ne craignent pas de pénétrer dans une église. Des vampires qui aiment certes le sang frais mais ne dédaignent pas de se tailler un petit steack dans les fesses bien dodues des petits nenfants. Sont-ce d'ailleurs des vampires ou la réincarnation des dieux aztèque Quetzalcoatl et Murcielago ? On ne le saura finalement pas.

Une chose est en revanche certaine, c'est qu'après un premier meurtre bien sanguinolent et la surprise de voir nos deux petites aveugle se transformer en goules, on s'ennuie ferme. Les meurtres s'enchaînent avec une lassante régularité, les dialogues absolument ridicules ne servent qu'à meubler et l'on devine bien vite que les aventures de nos deux coquines se termineront mal.

Alors si vous êtes malgré tout décidé à découvrir l'univers onirique de monsieur Rollin, je vous invite (une fois n'est pas coutume) à préférer ses films.

Fleuve Noir - Angoisses - 1995