untitledTrois quart de siècle après les évènements relatés dans « Cannibales », Gocéné est de retour en Métropole. C'est désormais un vieil homme de près de 90 ans qui, malgré son âge, n'a rien oublié de sa triste aventure dans le Paris d'avant guerre, l'humiliation subie et la mort de son ami.

Cette fois-ci, il est déterminé à retrouver la tête d'un guerrier kanak tué lors de la révolte de 1878 afin de la restituer à ses descendants.

 

Ce second voyage de Gocéné en France est l'occasion pour Didier Daenickx de mettre en lumière une autre manifestation du colonialisme français : le vol d'objets rituels de la culture Kanak et leur transformation en pièces de musée ou objets de collection. Au fil des recherches de son sympathique papy, il nous dévoile aussi quelques bribes de l'histoire de la Nouvelle-Calédonie : sa colonisation par des militaires et d'anciens communards condamnés à l'exil, la spoliation des terres, la répression mais aussi les révoltes. Car les évènements d'Ouvéa ne furent pas la première manifestation d'hostilité des Kanaks à l'égard de la puissance coloniale.

Mais c'est surtout au sort des « restes humains » détenus dans les musées français qu'il s'intéresse et, si sa tête de guerrier conservée dans le formol est imaginaire, d'autres sont hélas bien réels comme la tristement célèbre Vénus hottentote.

C'est en tout cas avec beaucoup d'intérêt que l'on suit ce vieil homme lancé dans une quête aussi surprenante que palpitante. Elle nous conduira des salles de ventes aux réserves des musées, des baraques foraines aux vitrines des collectionneurs et nous fera rencontrer quelques personnages peu ordinaires...

Hasard du calendrier de mes lectures, j'achève ce roman quelques mois seulement après la restitution par la France au gouvernement néo-zélandais d'une tête Maorie : la réalité rejoint parfois la fiction.

Editions Verdier - 2002