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James Starr est dubitatif. Il vient de recevoir coup sur coup deux missives. La première est signée du contremaître de la mine d'Aberfoyle dont il fut directeur, qui le presse de venir le rejoindre. La seconde, anonyme, lui enjoint au contraire de ne pas répondre à cette invitation. N'écoutant que sa curiosité il retrouve son ancien employé qui lui annonce avoir découvert un gisement qui permettrait peut-être de reprendre l'exploitation de la mine. Après quelques recherches leurs espoirs sont exaucés et l'extraction de la houille repart de plus belle. Mais des incidents étranges font suspecter la présence d'individus malintentionnés. Qui se cache dans les recoins inexplorés de Coal City? Y-a-t-il un rapport avec la lettre anonyme ?  

Je me souviens que ce roman figurait au programme de ma classe de 4ème dans le cadre d'un thème consacré au travail dans les mines. J'avais pour ma part opté pour "Qu'elle était verte ma vallée" de Richard Llewellyn et ne l'avais pas regretté. Mais les exposés de mes petits camarades sur ce roman de Jules Verne m'avaient donné envie de le lire. Trente ans plus tard c'est chose faite ! Mais, si la promesse est tenue, le plaisir escompté ne fut pas au rendez-vous.

Cela démarrait pourtant bien. Un scientifique courageux, de fidèles compagnons, une plongée dans un univers sombre et mystérieux, tout concourrait à la production d'un Jules Verne de bonne facture. La mine et son dédale de galeries proposaient un décor propre à susciter le mystère tandis qu'une menace d'origine inconnue et l'apparition d'une étrange jeune femme fournissaient l'essentiel de l'intrigue.

Mais très vite celle-ci passe au second plan et l'ami Jules se contente de jouer les guides touristiques. Il célèbre les beautés de l'Écosse, son patrimoine culturel et ses paysages variés. Il discoure sur les patriotes écossais, encense l'œuvre de Walter Scott et nous abreuve de références historiques ou folkloriques. Cela devient vite lassant et ce n'est pas l'amourette entre Harry et Nell qui relève ce récit bien trop romanesque et contemplatif.

J'ai également été gêné par sa peinture idyllique du monde de la mine. Ses ouvriers ravis de leur sort m'ont parus quelque peu suspects et je n'ai pu m'empêcher de les comparer aux mineurs miséreux et révoltés de Germinal. Certes Jules Verne ne fait pas dans le roman social. Mais pouvait-il ignorer que les conditions de travail dans les houillères britanniques n'étaient pas plus reluisantes que dans celles du nord de la France ?

Alors oui, sa vision de cet univers souterrain donne lieu à quelques belles images dont Coal City, la ville érigée au fond de la mine, n'est pas la moindre. Oui le personnage de Nell, jeune femme née dans la mine et n'ayant jamais vu la lumière du jour, est attendrissant. Ça ne suffit pourtant pas à combler le vide laissé par une intrigue extrêmement légère.

Livre de poche - 1976