untitled

A la recherche de "matière" pour son prochain roman, un jeune écrivain de littérature fantastique décide de séjourner à Guilclan, petit bourg médiéval de la côte écossaise. Malgré une ambiance pesante et des habitants peu diserts il s'attarde dans la petite bourgade et s'éprend d'une jeune héritière de la noblesse locale. Mais ses amours vont se trouver contrariées par une série de morts suspectes et les révélations de sa dulcinée.


Bien qu'écrit en 1964 par un auteur français, ce livre possède toutes les caractéristiques du roman gothique britannique. La présence du surnaturel (malédictions, sortilèges), des personnages bien typés (la beauté tentatrice, la pure vierge, les sorciers) et un rien d'exotisme (les origines égyptiennes des Ludmar) constituent en effet autant d'éléments propres à ce courant littéraire du XIXème siècle.

Sans oublier bien sûr le décor médiéval avec ce qu'il faut de châteaux ou de souterrains et, pour faire bonne mesure, une lande de sinistre réputation. Tout cela contribue à distiller une ambiance sombre et angoissante encore renforcée par un climat gris et pluvieux et la morosité des villageois. Des individus souvent inquiétants (les poète fou, les trois boiteuses) et semblant dissimuler de terribles secrets.

L'intrigue est elle aussi conforme à ce que l'on s'attend à trouver dans un roman gothique, savoir la résurgence d'évènements lointains. Ici, nous assistons aux derniers rebondissements d'une vendetta pluri-centenaire entre deux clans : les Salforth et les Ludmar.

On s'y affronte à coups d'envoûtements, de sorts et d'amulettes sans dédaigner à l'occasion le revolver ou l'arme blanche. Quant au pauvre héros il ne sortira pas indemne de son séjour, à la fois enjeu entre les deux camps et amant déchiré entre deux femmes.

Alors on a beau savoir que l'inéluctable se produira, (le narrateur nous le laisse entrevoir dès les premières pages), on se laisse malgré tout happer par l'atmosphère de mystère qui règne à Guilclan et on attend avec impatience le tragique dénouement de cette lutte souterraine.

Fleuve Noir - Super Luxe - 1980