untitledEllen et David Cooper ont loué une petite maison en bord de mer et espèrent mettre à profit leurs vacances pour faire le point sur leur couple. Mais ils ignorent qu’une ravissante jeune femme hante les lieux et qu’elle a la fâcheuse habitude de séduire tous les hommes qui passent à sa portée.  Très vite, David succombe à la tentation et ne parvient plus à s’affranchir de sa dépendance vis à vis d’elle. Mais qui est donc cette Marianna ? Une bombe sexuelle dépourvue de la moindre parcelle de moralité ou un succube se nourrissant de l’énergie de ses victimes ? 

J’aime assez la façon dont Richard Matheson aborde le thème du fantôme. Une approche plus psychologique que spectaculaire qui nous fait hésiter un temps avant de reconnaître la présence du surnaturel.

Ainsi, dans ce roman, l’esprit cartésien demeure longtemps indécis et partagé entre deux explications : pur esprit ou projection des fantasmes d’un quadragénaire, fantôme ou délire né d’un sentiment de culpabilité ?

Finalement, c’est l’auteur qui, délibérément, met fin au suspense pour nous brosser le portrait diabolique d’un esprit, certes désincarné, mais qui aspire à goutter encore aux plaisirs de la chair. Ces plaisirs sont d’ailleurs abondamment illustrés et donnent lieu à quelques scènes très chaudes et particulièrement explicites !

L’autre intérêt de ce roman réside dans la peinture très réaliste d’un couple au bord de la rupture. Tout y est : les aspirations différentes et parfois contraires d’un homme et d’une femme, les non-dits, les ressentiments et même les pathétiques tentatives de réconciliation sur l’oreiller.

Après « Echo », Matheson signe donc une nouvelle réussite dans le domaine du fantastique et des histoires de fantômes et de possession.

Denoël - Présence du Fantastiques - 1991