untitledFranck Ridgway est un commercial heureux. Il vient de remporter un important marché permettant à son employeur d'équiper en Robex (des automates dirigés par un ordinateur central) une importante société de distribution. Malheureusement le super ordinateur de la société DESS commence à avoir des ratés et préconise des solutions économiquement aberrantes. Dans ces conditions, les clients ont tôt fait de passer à la concurrence et DESS est absorbée par son principal rival : " SERVEN", propriété de l'insatiable Nicholas Rogan.

Licencié, sans revenus, Franck connaît alors une chute rapide qui l'amène à côtoyer les classes laborieuses qui survivent dans les vieux quartier promis à la démolition. Il y fera la rencontre de Winifred Marsh, une femme mystérieuse déterminée à lutter contre SERVEN et son modèle socio-économique.

 

N'ayant jamais ouï parlé de cet auteur, c'est complètement par hasard que j'ai acheté ce livre. Et le hasard faisant bien les choses, c'est à un chouette petit roman que j'ai eu affaire.

Il commence pourtant de façon très classique avec la description d'une ville du futur assez banale. Une ville où les robots, (Bulmer les appelle Robex, oui...bon...pourquoi pas), y assument la plupart des tâches sous le contrôle de plus en plus poussé et hégémonique d'un super ordinateur.

C'est un peu lent, mollasson même, mais ce rythme de sénateur permet de présenter convenablement les principaux protagonistes de l'histoire et de mettre l'intrigue sur ses rails. Celle-ci n'a, là encore, rien de particulièrement excitant ou original. Sur fond de guéguerre économique entre deux firmes concurrentes se profile une histoire d'intelligence artificielle qui semble vouloir s'émanciper et échapper à la volonté de ses concepteurs.

Arrivé là, je me suis dit que M. Bulmer allait nous refaire le coup de la révolte des robots. Un « Terminator » avant l'heure, opposant ordinateurs et droïdes à de pauvres humains désemparés. Mais c'est un peu plus compliqué que çà. Plus malin aussi. Car, depuis le tout début du livre, l'auteur a soigneusement planté ses jalons, dissimulés des indices qui se révéleront sur la fin. Une fin en feu d'artifice, véritable morceau de bravoure nous décrivant la lutte de deux hommes face à une ville bien vivante, contrôlant tout et où chaque objet, même le plus anodin, peut se révéler mortel.

Toutefois, plus que cette confrontation dantesque, ce sont d'autres aspects du roman qui ont captés mon attention. La critique sociale par exemple, qui transparaît à divers moments (la manifestation sévèrement réprimée, les taudis où sont contraints de vivre les exclus du système, l'automatisation des moyens de production qui condamne les ouvriers au chômage...) mais aussi ses réflexion sur l'usage de l'informatique et de la robotique, outils par nature inoffensifs mais qui peuvent s'avérer dangereux entre des mains malintentionnées ou dénuées de scrupules.

Bref, ainsi qu'il est dit sur la quatrième de couverture : "l'auteur traite de sujets, qui, sans négliger l'attrait de l'intrigue, abordent des problèmes plus proche de nous et sur un ton plus grave". Je ne saurais dire mieux.

Le Masque SF - 1975