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Eric Nelson est un mercenaire américain engagé sous la bannière d’un chef de guerre chinois en lutte contre la jeune république populaire. A la suite d’un engagement plus rude qu’à l’accoutumée, sa petite troupe a été décimée et attend l’estocade finale dans un village du sud de la Chine.

Alors qu'ils ont perdus tout espoir d'échapper à la mort, Nelson et ses compagnons sont abordés par un individu étrange : Shan Kar. Ce dernier se fait fort de les tirer de ce mauvais pas en échange de leur intervention dans le conflit séculaire qui opposent deux clans rivaux. Soulagés de sauver leur peau et attirés par la promesse d’une riche récompense, les mercenaires acceptent.

C'est ainsi qu'ils découvrent L’lan, vallée perdue au cœur de l’Himalaya, monde étrange où certains animaux sont doués d'intelligence et reconnus comme leurs égaux par les humains du camp de la "Fraternité". Mais Nelson et ses hommes ont été engagés par les "Humanites" qui s'opposent farouchement à cette parité. Ont-ils choisis le bon camp ?


"La vallée magique" est un chouette petit roman, rafraîchissant, dépaysant et inventif.

Il débute pourtant de façon bien conventionnelle puisqu'il y est question d'aventuriers découvrant une civilisation oubliée, de lutte entre deux clans rivaux et de l’existence d’un mystérieux secret. Mais, alors que nous croyons avoir affaire à une ènième histoire de "lost race" à la Haggard ou à la Burroughs, l’auteur déjoue les pronostics et se démarque de ses illustres prédécesseurs.

Il y parvient surtout grâce à ses personnages, plus profonds et complexes qu'il n'est d'usage dans ce type de récits. Il y a bien des bons et des méchants, des cœurs purs et d'infâmes crapules, mais les caractères sont suffisamment étoffés pour qu'on y décèle les changements de mentalité et l'ouverture à autrui qui s'opèrent chez certains.

Cette absence de manichéisme est surtout sensible chez le héros qui combattra un temps au côté des agresseurs et ne rejoindra le camp de la sagesse qu'à la suite d'une expérience d'une nature toute particulière.

La présence d’animaux doués de raison (comme aurait dit Robert Merle) est également pour beaucoup dans l'originalité de ce roman. Chevaux, loups et aigles y ont des rôles aussi importants que les humains et constituent des personnages à part entière. L'auteur nous fera même vivre, le temps de quelques chapitres, les évènements par les yeux d'un loup.

Enfin, Edmond Hamilton a su ajouter à ce roman de pure fantasy une petite touche de science-fiction lui permettant d'y apporter une conclusion astucieuse.

Le tout constitue donc une agréable distraction qui plaira particulièrement aux plus jeune grâce à la présence de nombreux animaux.

Le Masque SF - 1975