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A la suite d'une expérience qui a mal tourné, tous les mammifères de la planète, dont les hommes, se trouvent plongés dans un profond sommeil. Seuls sont demeurés éveillés les quelques savants responsables de la catastrophe, leur commanditaire et ses hommes de mains. Tandis que les premiers cherchent un remède à Londres ou Paris et que les autres jouissent de la situation, la végétation en profite pour reprendre ses droits ! 


C'est la couverture de ce livre trouvé chez mon bouquiniste favori, qui m'a incité à en faire l'acquisition. Difficile en effet de résister à la vision de ces immeubles submergés par une végétation luxuriante et à son titre accrocheur quand on est, comme moi, amateur de récits post-apocalyptique.
Car voyez-vous, ces quelques indices associés au résumé de la quatrième de couv' m'ont immédiatement fait penser à un livre du genre. Ce en quoi je n'avais pas tout à fait raison.

On ne peut en effet pas vraiment parler de post-apo à propos de ce roman puisque c'est surtout la catastrophe, sa genèse, son déroulement et les bouleversements qu'elle induit qui intéressent l'auteur. L'après, le comment les survivants s'organisent n'est pas envisagé et, de toute manière, l'histoire se termine sur la promesse d'un retour à la normale.

En fait, si je devais lui trouver une filiation, ce serait plutôt avec les romans catastrophes de "l'école britannique" et plus particulièrement avec les "Triffides" de John Wyndham car, dans ces deux livres, l'humanité est victime d'un fléau qui permet au règne végétal d'occuper le devant de la scène.

Pour ce qui est de l'écriture, des dialogues ou du rythme, on est bien dans le ton de ce qui se faisait en France au début des années soixante. C'est particulièrement sensible avec les personnages qui demeurent assez convenus : un héros fort et néanmoins intelligent (c'est un chercheur !), une héroïne belle et volontaire (c'est une journaliste !) et un méchant tout à fait caricatural, à la fois savant fou et milliardaire mégalomane. Il y a même le petit détail qui tue avec cette inquiétante main métallique dont paraissent dotés tous les affreux de la littérature populaire !

On notera malgré tout quelques scènes de violence gratuite qui surprennent et dénotent dans ce livre par ailleurs bien sage. On y voit ainsi des soudards faire des cartons sur les passants endormis, en défenestrer quelques autres ou assister comme au spectacle au déraillement de trains que la main de l'homme n'est plus en mesure d’arrêter.

Nous avons aussi quelques belles descriptions d'un Paris non pas désert, mais figé. Un peu comme si le temps s'était arrêté, transformant la ville en un gigantesque musée Grévin. Plus loin, l'auteur nous propose une jolie peinture d'une nature émancipée et comme prise de frénésie. Des rosiers barbelés, des lianes serpentines et des fleurs carnivores s'attaquent à de pauvres humains transformés en gibier.

Lisez-le ! C'est classique mais néanmoins surprenant, désuet mais original.

Hachette - Le Rayon Fantastique - 1961