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Désormais immobile, la Terre est scindée en deux hémisphères que tout oppose. Une moitié éclairée où science et modernité s’épanouissent et une face obscure livrée aux ténèbres de la magie et de la féodalité.

Parce qu’ils l’ont trahit et lui ont volé l’une de ses vies, Jack des ombres s’est juré de punir les seigneurs du royaume de la nuit. Il lui faudra pour cela affronter les turpitudes de sa renaissance et les dangers de la face lumineuse.

 

Ce court roman de Zelazny ne tient pas ses promesses.

Je m’attendais à découvrir une fantasy subtile jouant de l’opposition entre deux mondes, l’un moderne et cartésien, l’autre fantastique et médiéval. Or ce n’est pas le cas. La quasi totalité de l’histoire se déroule sur la face obscure tandis que l’autre n’est évoqué que le temps de deux brefs chapitres.

C’est dommage, d’autant que le héros est censé y avoir passé plusieurs années, s’y être fait une situation, des relations, un ennemi et surtout, y avoir trouvé la clé de Kolwynia, c’est à dire le moyen d’accroître sa puissance. Nous n’en saurons d’ailleurs pas plus sur la nature de cette clé ni sur la façon dont il se la procure. C’est comme çà. Il faut l’accepter, un point c’est tout.  Comme il faut accepter que sa vengeance soit expédiée en deux coups de cuillères à pot. Et là, c’est encore plus frustrant puisque cette vengeance constituait le moteur même de l’intrigue.

Alors que reste-t-il à évoquer dans la seconde partie de ce roman ? A vrai dire pas grand chose. L’auteur s’y perd en considérations pseudo philosophiques sur le pouvoir, l’immortalité et la conscience tandis que son personnage passe le plus clair de son temps en vaines discussions avec son âme. C’est lent, bourré d’allégories et j’ai beaucoup peiné pour en venir à bout. 

Je préfère Zelazny lorsqu’il est plus léger, moins ambitieux peut-être, mais en tout cas plus distrayant. Je garderais néanmoins en mémoire l’évocation de son royaume de la nuit, nouveau tartare où les immortels sont les prisonniers volontaires du rayon d’action de leurs pouvoirs.

Pocket SF - 1978