untitledA l’issu de la grande guerre qui a ravagé le continent européen et l’a rendu impropre à la vie, les survivants ont été recueillis par le gouvernement panafricain. Mais les dissensions, puis la guerre, ressurgissent entre ces réfugiés cantonnés dans les strictes limites de la concession de Maldora. Le petit territoire et sa capitale ne sont bientôt plus qu’un champs de ruines que se disputent deux factions rivales.

Altmann, pacifiste convaincu et seul détenteur de la technologie « Linden-Gourov » qui permet de créer des défenses électromagnétiques naturelles, tente d’édifier un îlot de paix au milieu des combats, tandis que plane la menace des armes censurées.

 

Bien qu’ayant été écrit au début des années 80 et s’inspirant sans doute de la guerre du Liban, ce roman m’a fait penser à la lutte que se sont livrés Fatah et Hamas à Gaza et en Cisjordanie. On y trouve en effet bien des similitudes avec le contexte géographique et politique de ces territoires abandonnés de tous, à commencer par la lutte fratricide et suicidaire qui s’y déroule.

Jean-Louis Hubert fait parfaitement ressentir l’absurdité d’un conflit dans lequel les idéologies sont détournées, les alliances incertaines et dont la seule utilité est le renforcement ou l’affaiblissement du pouvoir de quelques dirigeants. Ceci est particulièrement visible dans la description de la ville dévastée où divers groupes s’affrontent pour la maîtrise d’une rue ou d’un pâté de maisons.

Il sait aussi rendre compte de l’âpreté des combats et de la disparition de tout sentiment humain au profit d’un professionnalisme aveugle. Hommes et femmes ne sont plus que des cibles qu’il convient d’abattre par n’importe quel moyen, autorisé ou pas. L’auteur brocarde au passage l’inefficacité et l’hypocrisie des accords internationaux et notamment ceux qui s’attachent à prohiber certaines armes. Ici, en l’absence d’armes à feu, les combattants s’étripent à l’arme blanche et finissent malgré tout par recourir aux « armes censurées ». Et on comprend qu’elles l’aient été, car les effets de la « corrosine » et autres « tortillons vivaces » font  froid dans le dos.

« Scènes de guerre civile » est un roman qui ne brille peut-être pas par la complexité de son intrigue (l’histoire toute entière tient dans son titre) mais qui constitue néanmoins un excellent exemple de politique fiction assez pessimiste quant aux penchants de l’espèce humaine.

Le Liban hier, Gaza aujourd’hui, et demain… Maldora ?

Opta - Galaxie Bis - 1982